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Le blog d'EsKa

Le blog d'EsKa

Par EsKa Blog créé le 07/03/10 Mis à jour le 08/10/12 à 00h05

Le blog de moi-même, David Grivel, Game Designer sur Splinter Cell: Blacklist à Ubisoft Toronto ;)

Note : Suivez les mises à jour via Twitter : http://twitter.com/DavidGrivel

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Catégorie : Souvenirs

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Souvenirs

Bonsoir à toutes et à tous,

 

Ca fait un petit moment que je n'ai pas écrit sur ce blog. Non, pas dans le genre "ça fait un petit moment que je n'ai rien posté sur ce blog" mais plutôt dans le genre "ça fait longtemps que je n'ai pas écrit quelque chose sur mon expérience personnelle".

Mais si, rappelez-vous, des billets comme lorsque j'ai démarré le blog, plein de choses intéressantes (ou pas) sur mon parcours dans le monde incroyable et cosmique des jeux vidéo (sisi).

Alors puisque c'est ainsi (je reviendrai mardi) je vous écris, cette fois-ci, à propos de quelque chose qui m'a toujours obnubilé / intrigué / intéressé (rayer la mention inutile) lorsque j'ai démarré dans cette industrie, c'est d'avoir "mon nom dans les crédits".

Oui je sais, dit comme ça, ça sonne très prétentieux mais écoutez l'histoire que je vais vous conter avant de vous faire votre avis.

...

Allez quoi, restez lire un peu au moins, soyez sympa !

Bref...

Où en étais-je...blabla petit moment...blabla je vous écris...

Ah oui !

 

Les crédits !

Pourquoi cette obnubilation ? (ça se dit ?)

Depuis avant même que je démarre dans cette industrie, lorsque je finissais un jeu, je regardais toujours les crédits jusqu'à la fin, parfois pour me moquer des noms farfelus qui peuvent exister sur cette planète (j'avoue) mais surtout car j'étais fasciné par ces personnes, là, qui défilent sur cet écran et qui viennent de me faire rêver pendant quelques heures.

Oui alors c'est un peu l'instant (norvégien ?) "sortez vos mouchoirs" mais pour moi c'était un monde intouchable.

A l'époque, pas d'internet pour contacter ces personnes... Mais pourtant qu'est-ce que je respectais ces gens !

A cette époque j'aurais tout donné pour passer quelques minutes avec Miyamoto, Kojima ou David Perry... Mais c'était pour moi inconcevable ne serait-ce que d'entrer en contact avec eux. D'ailleurs pour être tout à fait honnête, je n'aurais même pas sû par où commencer !

Je me souviens à cette époque, avoir adoré les reportages fait dans les Joypad, Player One ou autres Consoles +, où l'on voyait le bout du bureau d'un grand designer (Miyamoto par exemple) et se demander qu'est-ce qui se cachait alentours, en dehors de la frame de l'image ? Qu'avaient-ils qui tournaient sur leur écran ? Le prochain Zelda ? Ou bien le tant attendu Mario 64 ?

Et tout cela commencait pour moi par lire ces fameux crédits.

Et puis un beau jour (ou peut être une nuit) je me suis dit, tiens, ça serait "énorme" (comme disent les djeunz) d'avoir mon nom dans les crédits d'un jeu !

Mais n'y croyant pas trop, j'ai laissé passé l'idée, jusqu'au jour où je me suis bel et bien retrouvé dans cette industrie. Et là ça m'est revenu, je me suis dit "ça y est, le jeu qu'on développe actuellement, je serai dans les crédits !" (joie).

Le plus drôle finalement c'est de me rendre compte que les premiers crédits dans lesquels j'ai été, c'était dans un jeu sur lequel je n'ai pas beaucoup participé (Crysis Warhead). Du coup, ça ne représentait pas grand chose pour moi. C'était cool, mais je ne me sentais pas à ma place dans ces crédits, après tout, c'était le studio de Budapest qui l'avait créé ce jeu (j'étais à Frankfurt à l'époque), je me sentais un peu comme si j'avais "volé" cette place dans ces crédits, même si j'ai participé un tant soit peu au développement.

Non pour moi, je voulais pouvoir me dire "je suis dans ces crédits parce que j'ai vraiment participé au développement du jeu". Du coup j'ai dû attendre jusqu'à mars 2011 où je me suis enfin vu apparaitre dans les crédits de Crysis 2. Et là, je n'ai pû m'empêcher d'esquisser un sourire, tout en disant au David Grivel adolescent "tu vois, ça y est, tu l'as ton nom dans les crédits".

Je vous entends déjà penser "c'est tout ?" oui oui, c'est tout. C'est juste ce petit plaisir personnel que j'ai eu de me dire "ça c'est fait" :).

Mais pour finir, j'aimerai souligner que cette petite histoire sur les crédits est l'une des choses qui m'a fait ouvrir ce blog dans un premier temps, c'est-à-dire, comme je l'expliquais plus haut, de faire partager mon expérience à vous, joueurs et de créer et de garder ce dialogue primordial entre joueurs et développeurs que je n'ai pas eu la chance d'avoir lorsque j'étais plus jeune (bon je vais m'arrêter là, je commence à parler comme un grand-père).

Sur ce, amis gamers, je m'en vais vous souhaiter une excellente soirée, et n'oubliez pas, la prochaine fois que vous verrez des crédits défiler, lisez-les bien jusqu'à la fin car ce sont ces personnes qui ont travaillées de longs mois / années pour vous servir ces quelques heures de bonheur !

 

Et qui sait, un jour aussi ce pourrait être vous qui a votre nom dans les crédits ;)

 

David Grivel

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Souvenirs

 Bonjour à tous et à toutes !

Après un E3 bien mouvementé sur Crysis 2, voici un article un peu différent. Je le classerai dans la section « souvenirs » ou bien même « constat ». Je vais parler ici de comment, d'un point de vue personnel, au jour d'aujourd 'hui, je réagis face à l'internet et surtout comment je vivais ma passion (le jeu vidéo, et oui, surpriiiiise, je ne parlerai pas des coquelicots (ma deuxième passion cachée)) avant internet (je vais également proposer cette phrase pour gagner l'award de la « Best construction de phrase Ever »).

Bref, de quoi je veux parler ici ?

Et bien suite à cet E3 sur-médiatisé, j'ai fait le point et je me suis posé la question « comment je suivais l'E3 et les news dédiées au jeu vidéo avant d'avoir internet ?


Avant internet 


Bon déjà sachez que je suis arrivé, mon surf sous le bras, un peu tard sur la vague internet, puisque mon premier contact a eu lieu en 2000 et mon premier abonnement en 2001. A l'époque c'était encore un vieil abonnement où l'on payait par minute consommée avec connexion 56k (rappelez-vous, ces bon vieux « tuuuuu tuuiiiiiii tin tin tin tschhhhhhhhhh.... » toute une époque).

Mais nous reviendrons sur internet plus tard. Je vais commencer par parler de comment j'arrivais à avoir mon fix d'infos sur les jeux avant 2000.

Comme la plupart d'entre vous, ma source principale d'informations était dans la presse papier. Aaaah ce que j'ai pu attendre ces numéros de Joypad, Joystick, Consoles +, Player One. Mais ce n'était pas une attente frustrante pour moi, car finalement a cette époque, on (les joueurs) était habitués à devoir attendre les nouvelles.

Mais lorsque lesdits magazines arrivaient finalement en kiosque, je me ruais chez mon buraliste préféré (Tabac-Presse, « Le Brazza » rue de la république, 68040 INGERSHEIM, allez un peu de pub leur fait pas de mal :P) et là je restais une bonne dizaine de minutes devant cet étal de news, à choisir quel mag allait être mon livre de chevet pour les soirées à venir. Bien souvent mon choix se portait sur Joypad (aaah ce Joypad de la grande époque, ce qui explique pourquoi j'aime autant Gameblog d'ailleurs, spéciale dédicace à Julo, Gollum, RaHaN, Traz, Angel, Kendy, représente, wesh). Et lorsque je voulais mon fix d'info pour PC, c'était Joystick, bien évidemment (oui, je ne t'ai pas oublié Caf ;)).

Déjà dans le Joypad de l'époque, il y avait un truc bien sympa en plus des news  tests / reportages, c'était le fameux poster ! Les murs de ma chambre changeaient de couleur chaque mois, au gré des sorties vidéoludiques (snif, c'est beau).

Pareil pour Joystick, que dire du (ou des) fameux CD vendus avec le mag, bourrés de mini-jeux gratuits, de démos (fallait bien les choper quelque part avant internet !) et de vidéos en tout genre, à l'image de « La Balunga » de Greg ou bien de « Je suis un gentil poulet », véritable ode à la volaille française.

Alors bien sûr de nos jours, ces vidéos seraient uploadées sur youtube et créeraient peut-être un « buzz » d'un jour ou deux, mais rappelez-vous, à cette époque, ce n'était pas le cas ! Et des mois durant on a déliré avec des potes dessus (eeet oui on était jeunes ;)).

Donc il y avait ces fameux magazines pour avoir les nouvelles mais également, à l'approche de l'E3 j'achetais bien souvent les cassettes vidéos (et ensuite les DVD) montrant les conférences de presse et toutes les nouveautés à venir (je me rappelle même que ces cassettes n'étaient vraiment pas données ! ils en profitaient bien les saligauds).


Et internet fut ! 


Bon internet a été créé bien avant 2001 certes mais pour moi cela marque l'année de mon arrivée sur le web.

Au début, je ne savais même pas par quel bout prendre cette « chose », cette base de données énorme renfermant moultes informations à propos de tout et n'importe quoi. Après être tombé plusieurs fois sur des sites plus que douteux (je vous jure, je faisais pas exprès !), j'ai commencé à comprendre « comment interroger internet » afin d'en apprendre plus sur ce que je voulais, et notamment les jeux vidéo.

J'ai commencé par suivre les news et tests sur des sites américains (bizarrement) mais à l'époque, des sites comme gamespot ou ign étaient parmi les premiers à proposer des émissions vidéo, des reportages vidéo, etc... Et c'est vrai que voulant en savoir plus en plus sur la création de jeux vidéo, c'était le paradis de l'information pour moi.

Puis j'ai découvert quelques sites plus pour les professionnels comme gamasutra par exemple, où je pouvais lire des présentations de personnalités du jeu vidéo et ainsi en apprendre plus sur les coulisses de celui-ci, ce qui m'a bien aidé par la suite.


Information overdose 


Voulant en savoir toujours plus, j'ai commencé a suivre les infos de ces sites toutes les semaines, puis tous les 2-3 jours, puis tous les jours, puis toutes les quelques heures...La touche « F5 » était devenue ma nouvelle meilleure amie sur le net.

Mais avec cet E3 2010, j'ai pratiquement fait une overdose d'informations...En appuyant pour la 128.369 ème fois de la journée sur la touche F5 je me suis rendu compte qu'avec une pression sur cette touche, je recevais mon fix d'information. Ce dont je me suis également rendu compte c'est que, plus j'ai d'informations sur un jeu, moins je l'attends etmoins je suis surpris lorsqu'il sort, alors que ce jeu peut très bien être un GOTY...Et honnêtement ça m'a rendu triste quelque part.

Ce qu'aujourd'hui on obtient, gratuitement, en pressant une touche, à l'époque il fallait attendre un mois et le payer 5 euros. Dit comme ça, on dirait que c'est mieux maintenant...Et bien à mon avis, pas tout à fait, je m'explique : l'internet est quelque chose de merveilleux, car sans cela nous ne pourrions pas communiquer aussi aisément entre nous mais je trouve que cette surcharge d'informations, ce matraquage marketing et les news « minute par minute » tuent quelque chose qui dans le milieu vidéoludique était pour moi un plus : l'attente, les zones d'ombre, le mystère entourant un titre avant sa sortie.

Par exemple, je me rappelle de la sortie de Zelda : The Ocarina of Time. On savait que ce jeu allait être énorme, mais on ne savait rien ou presque que de ce qui allait avoir dedans (quelques images dans Joypad, une interview du producteur par-là) et lorsque j'ai reçu ma copie, j'étais scotché devant l'écran, exaltant de joie à chaque trouvaille incroyable que Nintendo avait apporté à son titre. Tout était une surprise dans ce jeu finalement, grâce au manque d'informations que j'avais.

Maintenant imaginons que ce Zelda sorte en 2011. Déjà aujourd'hui vous auriez vu sur internet des interviews vidéo des créateurs, accompagnées de vidéos de gameplay et les 6 derniers mois avant la sortie du titre, on vous aurait bombardé de trailers, teasers et autres annonces « fracassantes » de contenu exclusif que vous pourriez avoir si vous précommandiez le jeu dans telle ou telle boutique...

Tout ceci fait que lorsque vous aurez enfin le jeu entre vos mains, vous verrez chaque séquence de gameplay et vous vous direz « mouais déjà vu ça dans un trailer... » et finalement je trouve qu'en tant que joueur on perd de cet effet de surprise qui rendaient les sorties de jeu si excitantes auparavant.

C'est pour cela que personnellement lorsqu'une entreprise annonce un nouveau jeu et que je suis intéressé de l'acheter, je vais éviter au maximum de visionner des vidéos le concernant avant sa sortie.

 

Alors c'était mieux avant ? 


Tout ça pour dire que non, je ne pense pas qu'internet soit une mauvaise chose dans le domaine des annonces du jeu vidéo, mais je regrette tout de même cette époque où l'on n'était pas omniscient sur toutes les sorties.

Oui j'aimais ces magazines papiers, oui ça m'a fait de la peine d'apprendre qu'ils sont tous plus ou moins morts aujourd'hui...

Mais heureusement, quelques magazines très intéressants ont été créé récemment et je me suis remis à lire depuis peu. J'en citerai 2 en particulier : IG magazine (où beaucoup d'anciens journalistes de la presse écrite participent) et aussi Pix N Love, qui est comme un coffre à souvenirs pour moi (au passage, merci les gars d'avoir parlé de Toki dans votre numéro 1, ça m'a fait super plaisir ^^).

 

En conclusion 

Aller chercher son magazine au bureau de tabac d'à côté, attendre 1 mois pour avoir de l'information...oui c'est d'une autre époque. Internet a changé beaucoup de choses, pour le meilleur comme pour le pire, mais pour moi j'aurai un conseil a prodiguer à ceux qui n'ont pas vraiment connu cette époque : ne vous laissez pas blaser par le surplus d'informations. Vous attendez un jeu ? Retenez-vous de regarder tous les trailers, gardez l'effet surprise pour la fin, lorsque vous aurez le jeu entre les mains. Vous verrez, vous l'apprécierez encore plus ;).

Ce conseil est d'autant plus valable que de nos jours, de plus en plus de jeux sortent et, la quantité d'information allant de pair, on peut souvent se faire engloutir.

Voilà, au risque de passer pour un jeune / vieux con (rayer la mention inutile) je voulais vous faire part de mon ressenti personnel sur la chose.

Sur ce, je vais aller rejouer à Uncharted 2 pour la 782 ème fois :)


A bientôt,


David Grivel

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Édito

Salut à tous !

Voici un petit blog sans prétention pour vous raconter mon expérience en tant que Game Designer dans l'industrie. Ca parle principalement de jeux vidéo, notamment de mon expérience professionnelle à Crytek (sur Crysis2), à Ubisoft Paris sur GRFS et actuellement à Ubisoft Toronto sur SC: Blacklist.

Enjoy !

David Grivel aka. EsKa

PS : Suivez les mises à jour via Twitter : http://twitter.com/DavidGrivel

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