Retour vers le Turfu : Le Podcast de la popculture, passé, présent et futur

Retour vers le Turfu : Le Podcast de la popculture, passé, présent et futur

Par Koreana_ Blog créé le 27/05/10 Mis à jour le 20/09/17 à 09h23

Le Podcast de la "Pop Culture" passé,présent et futur Animé par Koreana_ (Luc le Gonidec) & Pezzo (Maxime Pezzoni). Dispo sur Itunes/Soundcloud/Youtube

Ajouter aux favoris

Édito

 

 

 

 


 

 

Archives

Favoris

  
Signaler

"Il y a que les cons qui changent pas d'avis" dicton populaire qui a quand même sa grande part de vérité et un sens plus pertinent qu'on pourrait le croire. Saints Row 3, le précédant volet de la licence, pour moi était une erreur, un jeu bancal où les très peu moments de fun se sont résumer à l'éditeur du personnage et un moment marquant et pas des moindres : "Power" de Kanye West en fond sonore, mon avatar avec un gros gun pour déboîter le clan rival dans leur propriété luxueuse. Malgré un gameplay archaïque, un enrobage graphique en carton et bug à foison qui freezait ma PS3, il y avait de l'humour, potache, assumé et complètement absurde, mais que voulez-vous, j'ai le sourire facile.

 "L'humour c'est prendre conscience de l'absurdité, tout en continuant à vivre dans l'absurdité"

-Paul Claudel : Poète moustachu et Gamer assidu.

Oui de l'humour, absurde comme ce n'est pas permis, mais il aura eu l'audace de me faire rire. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts de la bourse, THQ se vautre et tombe en faillite. La société allemande Koch Media via sa filiale Deep Silver (Dead Island) rachète le studio Voltion pour 22 millions d'euros en début d'année. Les développeurs sont soulagés, ils vont enfin pouvoir continuer leurs parodies. Oui, la licence n'a plus rien de commun avec le rival qu'on lui avait collé par défaut dès 2006 : GTA ou "Grant Teft Toto" à la française. Parce que c'est ça l'intérêt de la licence désormais, c'est une parodie absurde de l'industrie vidéoludique. Il se démarque de toute concurrence en reprenant un peu les codes du tristement non célèbre "Eat-lead : The return of Matt Hazard". Alors bien sur, ça ne suffit pas à combler les 50 euros à débourser pour un simple "Scary Movie" du jeu vidéo, je vais vous détailler le "pourquoi ?", il mérite tout de même une attention particulière.

I'm your president, so would you shut the fuck up ?

La vie d'un président des États-Unis est un quotidien très stressant et routinier. Il faut chaque jour avoir des décisions à prendre, signer des papiers pour sauver le monde ou éradiquer le cancer, remettre ces "putains" de députés dans le droit chemin en leur mettant des mandales, des gens à écouter pour prendre compte de leurs conseils bien futiles et surtout, les conférences de presse pour annoncer aux journalistes "ki cest ki est la plus bonne entre Shaundi et Kinzie". Ce cercle vicieux, c'est vous qui le vivez, oui vous ! Profitez mes enfants, après avoir éradiquer le quartier et le pays de vos rivaux et sauver le monde en désamorçant un missile nucléaire lancé dans les airs. Maintenant, c'est les Aliens qui viennent vous marcher sur les plates-bandes. N'en déplaise à notre ami Rolland Emmerich, réalisateur spécialiste du pyrotechnique aux côtés de Michael Bay, quand il s'agit de tout faire péter de façon décérébrée, nos deux coco sont les "too much" hors-pair du cinéma hollywoodien, un peu comme les ennemis du jeu. Les Zins, aliens tout droit sortis d'un mauvais épisode de Stargate, font exploser la façade de la Maison Blanche pendant une conférence de presse routinière. Ils envahissent votre jolie pelouse verte de la résidence présidentielle et surtout, vous kidnappent, ainsi que votre crew "Les Saints". Vous vous réveillez dans votre ville où votre clan a régné autrefois, "Steelport" qui s'avère être une simulation façon Matrix. Votre objectif, faire bugger cette matrice et récupérer votre charmante et classieuse troupe violette. A l'instar d'un Mass effect 2, vous devez renforcez votre troupe, afin de, vous avez deviné : Sauvez le monde ! (ce qui n'est pas gagné aux premiers abords).

Ami qui aime le "Story-telling" ou moult scénarios à multiples interprétations. Laissez comme moi, le cerveau dans un bocal, histoire de le garder pour de meilleures écritures qui demanderaient de la concentration accrue.

Les pleins super pouvoirs, De Gaulle en avait rêvé, Saints Row l'a fait.

Reprenant les grandes lignes de la Saga. Très simple à prendre en main, ce quatrième volet est encore un monde ouvert où les quêtes annexes pullulent (fraude, course contre la montre, vol de véhicule, chaos tank, rift de plateformes, Prof Genkin's mind over murder, club de baston,ect) avec quelques nouveautés comme le piratage de magasin qui vous permet de récolter de l'argent de façon chronique ainsi que les tours Zins à désactiver en mettant à rude épreuves vos super pouvoirs. Tiens des super pouvoirs ? Oui, c'est la nouvelle feature du jeu. Dans votre rôle de président des États-Unis et parallèlement le seul espoir de l'humanité, Kinzie votre acolyte "geek" via un bug de la matrice vous donne les pleins pouvoirs à l'instar d'un Cole ou Alex. C'est donc avec un plaisir jouissif que vous allez faire joujou avec vos ennemis qui sont nombreux, hargneux et sans pitié, les bougres. Vos pouvoirs sont disposés au nombre de deux grandes bases, actif et passif. Le côté passif de vos pouvoirs s'illustre dans le mouvement même de vote personnage. La possibilité de courir à la vitesse du son ou faire des sauts gargantuesques. De l'autre côté, les pouvoirs actifs sont des attaques (télékinésies, pouvoir de feu/glace et tremblement de terre) nocives pour vos amis aliens. Trop de pouvoirs auraient pu embrouiller l'organisation de votre petit esprit, sachez que le système de choix des pouvoirs est agréablement bien foutu, similaire à Jak 2 avec le choix des armes via les flèches directionnelles : flèche gauche pour la glace, flèche du haut télékinésie ect.

Rien d'original vous remarquerez. Mais tout de même, à côté d'un Prototype 2 d'Activision qui propose les mêmes features, SW 4 s'en sort haut la main. Pourquoi ? Le fun mes amis, LE FUN. Avec tous ces pouvoirs, vous avez entre les mains la clé pour mettre la pagaille en ville. On pourrait penser qu'avec ces pouvoirs "cheatés" que les armes deviennent un poil désuet. Heureusement , Voltion a pensé à équilibrer ces deux forces. Ils ont réduit l'utilisation des pouvoirs avec une simili-ATB : une jauge qui se remplit à chaque action de ces pouvoirs. Ils ont également renforcé la défense des ennemis, certains ennemis auront des boucliers à détruire avant de pouvoir les savater joyeusement comme Hulk contre Loki. Quelques missions vous bloqueront vos atouts, ce qui rend le jeu beaucoup plus corsé qu'il n'en paraît et met en avant votre talent pour la poudre (armes que vous pouvez améliorer et personnaliser). Dans la difficulté la plus élevée, on peut encore aisément mourir face à un troupeau d'aliens pourvus eux aussi, d'habilités surnaturelles. En quelque sorte, les pouvoirs ont réussi à ressuscité le Gameplay un poil moribond et bancal des trois premiers. Il y a juste un bémol, avec la possibilité de courir et d'envoyer valdinguer tous les véhicules sur notre passage, l'utilisation même d'un véhicule devient obsolète surtout avec la possibilité de courir à l'infini, c'est peut-être une des solutions pour la sauvegarde écologique de notre belle vieille planète ?

Pimp my President

"Jolie n'est ce pas ? Laisser tomber, moi je l'ai fait en cette version"

Revenons sur nos grandes lignes de la licence, comme à chaque itération, le jeu pompe les mécaniques des RPG à succès. L'éditeur de personnage est toujours aussi complet et aussi poussé, c'est même devenu la spécialité de la licence, a par les Sims et Little Big Planet, aucun jeu ne vous a laissé autant de créativité débordante pour vos avatars. Tout y est : la taille du torse, les cheveux, les couleurs, oreille décollée ou non, barbe de 3 jours à la moustache "Sakaguchi" etc. Le jeu se targue même de vous proposer le choix entre plusieurs grains de voix ainsi que celle de l'envahissant Nolan North (le regretté "Marc Alfos" américain). Par ailleurs, Voltion vous donne la possibilité de prendre vos exploits créatifs via l'appareil photo de votre portable pour les transposer sur le site officiel du jeu, histoire de faire un bon concours pour "Mardi gras". Outre la possibilité de faire de "l'instagram WTF", votre smartphone virtuel est le centre névralgique du jeu. Il permet d'appeler vos potes pour venir en aide au cas où vous galéreriez comme un porc sur certains objectifs. Vous permet également de récolter vos revenus issus de moult piratages et activités annexes, choisir vos missions ou quêtes annexes, ainsi que faire apparaître des véhicules que vous débloquez au fur et à mesure de votre progression.

Autre mécanique du RPG : Le Levelling. Vous augmentez de niveau (jusqu'à 50) à force de mettre le bazar en ville, faire les activités annexes ou en accomplissant les missions principales. Niveaux qui au fur et à mesure vous donne la possibilité d'upgrader votre personnage, le renforçant en santé, augmenté sa tolérance aux dégâts et autres avantages, qui vous seront accordés moyennant finance. L'Upgrade des pouvoirs est quand à lui assurer par la collection de "Clusters" sorte d'orbes bleus, simili des fragments de métasphère dans Infamous.

Un défouloir tant pour les développeurs que les joueurs

Après une introduction parodiant les codes du film "Zero dark thirty", sans ben Laden, mais l'antagoniste du troisième volet dans le rôle du terroriste accompagné de personnages tout droit sorti d'une grotte d'un pays qui a connu quelques soucis avec une grande puissance mondial. Pour finir votre parcours sur un missile nucléaire lancé à pleine trombe que vous devez désamorcer avec Aerosmith en musique. On peut aisément se demander comment se passaient les réunions de "Brainstorming" entre les développeurs, ça devait être vraiment bien fun. Outre ce clin d'oeil bien vu du blockbuster de Kathryn Bigelow (réal de démineurs), des easters egg, il y en a des tonnes. C'est simple, je me suis amusé à faire deux listes (films et jeux vidéo) sur sens critique pour répertorier le tout. S'enfuir d'un vaisseau extraterrestre avec une navette branché sur "What is love" de Haddaway ou Kinzie qui vous conseille par un : "Do a Barrel Roll", mon petit coeur de fan balance. Il y a plein de moments de cet augure, surtout que les missions principales sont toutes différentes, car elle traite d'un thème de jeu vidéo précis. N'hésitant pas avec le vocabulaire outrancier, les blagues connotés bas du pantalon. Entre les personnages féminins aux proportions plus qu'avantageuses (DOA inside), les personnages masculins stéréotypés, entre le geek sentimental et la grosse brute Badass. Vous avez votre parodie des codes de l'industrie, on voit clairement que les développeurs de chez Voltion se sont éclatés. Avec toutes ses situations variées, c'est comme les boîtes de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber.

A Purple Clockwork

"Même si, il possède un joli enrobage cartoonesque, la saturation des couleurs est horrible pour les yeux."

On arrive à la technique du jeu, le côté pompeux d'une critique. Si vous avez déjà joué à un Saints Row sur console, vous ne serez pas surpris des bugs d'affichages (Tearing, pop des passants), le moteur Havoc qui commence sérieusement à prendre de l'âge avec la physique des personnages et véhicules un poil abusé. Les couleurs saturées du jeu vous explosent les yeux après une heure de jeu. La framerate qui reste instable sur Playstation 3 avec quelques freeze de la console (ça s'est amélioré quand même avec le 1,03). Un défaut récurrent de la série également, c'est le manque de punch dans les phases de shoot, j'entends par les armes ne procurent aucun plaisir de tuer quelqu'un, on sent que les armes ne font pas grand-chose. Quelques autres aberrations comme quand vous êtes déconnecté du PSN, le jeu vous le fait rappeler toutes les dix minutes ou les quêtes annexes qui deviennent redondantes à la longue. Pour finir les complaintes de client relou, il y a clairement un manque de finition. Un énorme rush dû au délai plus que serré pour l'équipe qui a dû finir le jeu un mois avant le mastodonte GTA afin d'éviter la confrontation direct.

"-T'es défoncé ou t'as une conjonctivite ? -Nan, j'ai joué à Saints Row ! -Ahhhhh ok.."

Malgré tous ces défauts, j'ai pris part à leur délire, un défouloir assumé de bout en bout. L'ambiance du jeu est vraiment réussie là où par exemple un "RE6" se retrouve le cul entre deux chaises entre série Z ou parodie ou encore le film Gangter Squad de Fleischer, où on se demande encore si le film est sérieux dans son ambiance L.A Noire ou non. Voltion se rapproche un peu plus dans l'esprit à un "Tony Hawk's Underground Pro Skater 2" (oui avec les Jackass). C'est l'avantage et le grand défaut de Saints Row 4, soit on plonge dans le délire total de Voltion soit on rejette l'idée de jouer à un jeu bourré de défauts qui peut entacher le plaisir de jeu, cruel dilemme.

Saints to Saints

Si je n'ai pas encore sorti la technique de la comparaison bâtarde avec le mastodonte de Rockstar Games, c'est qu'il y a bien une raison. Les développeurs du studio Voltion ont décidé de prendre leur jeu à contre-pied de ce qui se fait naturellement dans l'industrie, dans le sens où ils ne veulent plus être comparés à quelconque jeu. C'est dans leur manière qu'ils ont trouvé un créneau et une identité à eux, d'ailleurs les premières phrases de l'introduction sont une mise en abîme du joueur, un message des développeurs aux joueurs, un quatrième mur exploser à coup de pelleteuse :

"When The Saints made their presence know to the world in 2006. They were decried for being pretenders to the throne. The People were confused. [...] The Saints needed clarity of purpose, and so the course was set...More fun, less mercy killing. The simple choice revitalized the Saints, transforming them from a degenarate street gang into beloved pop culture icons. But even then the Saints were not satisfied... For it's one thing to be revered as a hero, it is another to be hero. And that, my friends, is where our journey begins." -Une narratrice à la voix suave

"Je ne ferais pas de traduction foireuse, fallait suivre vos cours d'anglais au lieu de vous toucher la nouille"-Koreana_ aka Luc, élève assidu, aux premiers rangs à chaque cours d'anglais.

Un message clair et efficace pour justifier la direction prise de la licence aux joueurs. C'est touchant ce genre de choses, crée un jeu c'est une chose complexe, l'assumé de A à Z et de faire part aux joueurs leurs visions du soft directement dans le jeu, je trouve ça vraiment couillu. Voltion commence une relation joueur-développeur par : "ok , vous n'aimiez pas jouer à un Sous-GTA, nous on aimait pas à être comparer à lui, faisons les choses différemment et on verra pour la suite". Un début de dialogue entamé par Voltion, il n'y a plus que nous pour répondre et accueillir positivement ou négativement le soft. Tout le monde sait que le plus dur à supporter quand on est développeur, c'est d'essuyer les remarques acerbes des joueurs ou critiques sans fondement (surtout quand les joueurs en question n'ont pas joué au jeu). L'argumentation et le respect, importantes vertus humaines tombées dans l'oubli aux côtés de la patience, Hey! Arnold et la Nvidia portable, quelle absurdité.

En guise de conclusion j'insisterai que comparer qualitativement Saints Row à GTA serait une énorme bourde de débutant. Certes ils ont tous les deux le point commun de partager le même genre, mais le créneau et le but ne sont pas les même. La licence de Rockstar est une critique subversive de la société américaine et propose en somme, beaucoup d'innovations à chaque itération. Alors que la licence de Voltion n'est qu'une parodie des codes et de la pop culture états-uniennes. Saints Row n'innove en rien ou pas grand-chose, mais sublime son soft en proposant de bons gros moments défoulant sous la forme d'une bonne comédie potache assumée tant au niveau du Gameplay que de la narration. Loin d'être parfait, mais tellement rafraîchissant.

 

Voir aussi

Jeux : 
Saints Row (PS3), Saints Row IV
Sociétés : 
KOCH Media
Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Commentaires