Bréviaire des vaincus - Expérimentations littéraires

Bréviaire des vaincus - Expérimentations littéraires

Par maitrenanar Blog créé le 30/04/10 Mis à jour le 26/07/14 à 13h50

Le Bréviaire des vaincus vous proposent une plongée originale dans la littérature : science-fiction, romans noirs, fantastique ou oeuvres inclassables. Nous sommes ouverts à toutes les propositions, ceci est un terrain propice aux expérimentations littéraires !

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Extrait

Dire que l'on assiste à une confiscation du pouvoir politique semble excessif pour certains. Hors, entre les lois cadres (lois de l'Union Européenne qui prévalent sur les lois nationales), la puissance des lobbies (de tous les types) installés à Bruxelles et les groupes d'influence (Bilderberg, Trilatérale, Le Siècle, etc.), il est clair que le pouvoir politique a une marge de manoeuvre plus mince qu'avant. Le pouvoir du politicien ne s'exerce plus comme il y a encore quelques décennies. Il doit se soumettre à certains impératifs.

 

Joseph Stiglitz

 

On l'a vu durant la crise des subprimes, les agences de notation avaient une réputation de tueur. Les dirigeants français craignaient une dévaluation d'une note attribuée par un organisme extérieur (non rattaché à la France), non démocratique (pas de représentants élus par le peuple). Une note virtuelle (se basant sur peu de choses au fond) qui émerge d'institutions le plus souvent financées par les banques et les entreprises (ce qui explique la dent dure envers les nations vu que les agences de notation ne leur doivent rien).

Lorsque l'on évoque la domination du système banquier sur le système politique, il y a souvent un regard courroucé chez l'interlocuteur, un énervement retenu. Drumont et d'autres que j'évoquais précédemment, malgré leur phobie juive, ne disaient pas autre chose. Ils critiquaient cette dévaluation du politique au profit de la finance. Ce qui passe mal dans la bouche de Drumont passera, je l'espère, mieux dans la bouche d'un prix Nobel.

Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie en 2001, effectua ces mêmes critiques (la focalisation ethnique en moins) à plusieurs reprises. Tout d'abord, dans son livre La Grande Désillusion où il dit :

"La mondialisation semble souvent remplacer la dictature des élites nationales par la dictature de la finance internationale...Le changement le plus fondamental qui s'impose pour que la mondialisation fonctionne comme elle le devrait, c'est celui de son mode de gouvernement".

Dans le numéro de Marianne du 15 janvier 2011, Joseph Stiglitz réaffirma ses propos en chargeant une nouvelle fois les banques et la suprématie de la finance sur le politique :

"La démocratie est un bon principe selon lequel "un homme égale une voix". Mais hélas, aujourd'hui, les banques disposent de 51% des votes car aujourd'hui elles achètent les gouvernements.".

Il ne s'agit pas d'un propos d'antisémite (Stiglitz est issu d'une famille juive pour information), ni d'un déluré sans fondement (prix nobel d'économie en 2001 pour un travail commun avec George Akerlof et Michael Spence).

 

L'article d'origine : http://breviairedesvaincus.blogspot.fr/2012/10/joseph-stiglitz-et-la-suprematie-de-la.html


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Commentaires

maitrenanar
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maitrenanar
« Si vraiment, leur intention avait été de critiquer les banquiers ou les hommes d'argent, ils n'auraient pas pris soin de préciser "juif", puisque (et c'est vous-mêmes qui l'avez soutenu à plusieurs reprises) tous les juifs ne sont pas banquiers et tous les banquiers ne sont pas juifs. ». Je suis d’accord sauf qu’il ne s’agit pas de moi mais de Drumont. Drumont ne fait pas les distinctions que j’effectue. Il cerne un problème (pouvoir des banques) et il flanque à ce problème une origine ethnique. A mon sens, tout cela est abusif (l’origine ethnique j’entends). Drumont exagère en se basant sur des affaires réelles impliquant, en effet, des gens de la communauté juive (ce que fera Zola dans l’Argent et d’autres).

Les scandales financiers existent à l’époque de Drumont, on observe la spéculation de Rotschild (famille juive) qui participe au krach de l’Union générale qui conduisit la ruine du banquier Eugène Bontoux. (ce qui est la base du roman L’Argent de Zola). A mon avis, mais il faudrait confirmer tout cela en lisant dans le détail La France juive, Drumont pense que le problème financier est lié à une communauté précise (même s’il ne met pas toute la communauté dans le même sac) parce qu’il note que beaucoup des maîtres de la finance sont juifs (Hors Rotschild, on peut rappeler que Lehman Brothers est une société fondée par deux frères, immigrants juifs allemands, Emanuel et Mayer Lehman).

Drumont n’est pas un imbécile pour autant, il est à l’époque souvent à la pointe pour démanteler les arnaques financières comme le scandale de Panama (de sa prison, il relève les noms des politiciens et journalistes corrompus et explique les mécanismes de l’escroquerie (référence, Enquête sur l’histoire, numéro 6, printemps 1993 Le Scandale du Panama (p.17)). Ce qui montre que malgré sa généralisation juive, il est loin d’être idiot (un idiot ne démonterait pas des scandales financiers ni ne ferait des critiques proches d’un Stiglitz). Je pense que la pensée de Drumont est très horizontale. Le problème c’est la finance, et la finance est juive (exagération du fait de quelques patrons qui sont juifs). Il ne veut pas s’attaquer à la communauté juive, pourquoi épargner les rabbins alors ?, mais à ce qu’il pense être le juif de la finance. Il évoque un type (excessif) et des mécanismes (authentiques).

Mon avis ne cesse de s’exprimer à travers les billets de ce blog. Rien que par les commentaires entourant les extraits. Je suis d’accord avec Stiglitz (que je cite) et du coup j’essaie d’apporter des arguments. De même que je donnais une explication au dualisme de Zola, etc.

Pour information, je ne me suis pas spécialisé dans la littérature antisémite. Encore une fois, je ne cesse de le marteler, environ 10 articles sur un total de 90. On a vu mieux comme spécialisation. D’ailleurs, les prochains articles parleront d’éducation et de télévision…rien à voir avec la question juive.

Que veut-on ? Que je dise que je ne suis pas antisémite ? Je ne le suis pas. C’est une bêtise mais je pense qu’il est important de dépassionner les débats. Pourquoi jeter à la poubelle un auteur du fait de ses idées ? On peut être en désaccord avec les idées du bonhomme mais vouloir lire, analyser et comprendre, aller au cœur du texte et non se fier à des intermédiaires. Faire un boulot intellectuel honnête donc. C’est ma ligne de conduite. C’est comme ça que l’on découvre, par exemple, que Céline défendait (bien avant Martin Aubry) les 35h. C’est une anecdote mais elle montre que la nuance vient toujours lorsqu’il s’agit d’étudier minutieusement et par soi-même un texte et des auteurs. Et puis surtout, cela montre qu’on veut le dialogue, comme au temps du cercle Proudhon. Anarchistes, syndicalistes et monarchistes se réunissaient afin de dialoguer, de se comprendre et, pourquoi pas, de s’unir.
BillCarson
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BillCarson
"Suprématie des finances", oui.
Je m'égare peu être, mais c'est bien le système économique actuel qui permet aux banques et autres oiseaux de la finance de se remplumer encore et encore. Société de consommation, cela ne mènera nul part à long terme. Comme tout système, à bout de souffle, comme le montre les disfonctionnements de ces dernières années, il s'effondre. Je suis peu être pessimiste, mais la finance ne sera pas notre salut; Je ne suis pas un spécialiste du genre, alors pardonnez moi si ma vision des choses semble, "simpliste" ou "erronée", mais je m'inquiète pour l'avenir de mes enfants.
Blinis
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Blinis
Ralala, c'est dommage que je n'ai plus de temps a perdre, sinon je me serais, j'en suis sûr, délecté de ces analyses...

EDIT : pour faire court, je plussoie "square hands". Stiglitz - qui n'a pas eu de prix Nobel pour son économie politique mais pour ses recherches fondamentales - est un chic type, mais un piètre analyste politique.

Là où il a raison, c'est de souligner qu'il ne s'agit pas de problème de personnes mais de système, ou de structure. Rien de révolutionnaire la dedans, Marx était à la pointe il y a 150 ans.

Là où il a tort, c'est de croire en une relation pyramidale du pouvoir. C'est une méprise commune, mais qui pourtant ne résiste pas a 300 ans de philosophie politique "libérale", dont les principales conclusions est que le pouvoir est au moins autant horizontal que vertical. Les banquiers ont un champ d'influence, mais le pouvoir politique aussi. La chute de Lehman, le Dodd-Frank act ne viennent pas de nul part.

La tentation complotiste, ce n'est pas d'analyser ces faits, mais de les retourner pour "montrer" en quoi ils serviraient en réalité ce gloubi-boulga qui s'appelle alors le "système", au lieu d'y voir ce qu'ils sont : une victoire (ou une défaite) toujours temporaire.

Le temps qui passe, l'inertie des choses, les luttes inutiles peuvent rendre amer. Stiglitz, qui doit faire aveu de défaite après avoir collaboré avec Clinton et dirigé la Banque Mondiale, autrement dit avoir été aux manettes pendant un sacré bout de temps, ne peut que chercher à accuser quelqu'un d'autre.

Il faut regarder The Wire pour comprendre ça, empiriquement : pendant trois saisons, les protagonistes sont suspendus aux décisions du City Hall, truc tout puissant dont proviendraient les ordres. Une fois rentrés dans le City Hall, une fois que l'on voit qu'elles sont les marges d'action
du maire, on se rend compte que lui aussi doit rendre des comptes et manger ses bols de merde. Il n'y a pas de pyramide du caca, comme le dit un personnage : tout le monde en mange, à tous les niveaux.

Et c'est pareil pour le monde économique.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Maître Nanard, vous êtes doué. Si. Je l'écris sans arrière-pensées. Certes, le talent que vous avez me glace un peu, je l'écris sans arrière-pensées aussi, mais votre façon de vous tirer des plus mauvais pas argumentatifs avec des propos pourtant si discutables, c'est de la belle ouvrage. Impossible, semble-t-il, de vous prendre en défaut ou de mettre objectivement le doigt sur la ou les parties de vos discours qui démangent/dérangent.

Ce nouveau billet est une belle démonstration de vos capacités en la matière : reprendre ici vos thématiques aux implications potentiellement douteuses, tout en donnant la parole à ceux qu'on peut vous soupçonner de ne pas porter dans votre coeur, c'est brillant. Si.

Seulement il y a un hic. Car contrairement à ce que vous suggérez, la différence entre ce que dit Joseph Stiglitz et ce qu'écrivaient les auteurs que vous aimez convoquer en file indienne est FONDAMENTALE. En effet, vous posez que "Drumont et d'autres (...), malgré leur phobie juive, ne disaient pas autre chose". Et oui, absolument, c'est très juste, comme Joseph Stiglitz, " ils critiquaient cette dévaluation du politique au profit de la finance". Sauf qu'à la différence de ce dernier, ils ne se contentaient pas de cette seule critique : au contraire, ils attaquaient le général pour pouvoir s'en prendre au particulier. En l’occurrence : une catégorie spécifique, identifiée à une culture qui ne l'est pas moins. En l’occurrence, la culture juive.

Si vraiment, leur intention avait été de critiquer les banquiers ou les hommes d'argent, ils n'auraient pas pris soin de préciser "juif", puisque (et c'est vous-mêmes qui l'avez soutenu à plusieurs reprises) tous les juifs ne sont pas banquiers et tous les banquiers ne sont pas juifs. Si leur cible avait vraiment été les banquiers, et non les juifs, préciser n'aurait rien apporté à leur argumentaire. Au contraire : ça aurait entraîné un brouillage et une confusion qui auraient desservi celui-ci. Ce qui semble sous-entendre que soit ils manquaient cruellement d'intelligence, soit ils avaient tout autre chose en tête.

Stiglitz ne commet pas cette erreur, et c'est sans doute ce qui lui vaut un prix Nobel : il n'identifie pas abusivement ce qu'il entend dénoncer à une catégorie de population, quelle qu'elle soit. Il n'établit pas de parallèles culturels douteux, même pour les réfuter en partie. Il ne se sert pas d'un ensemble (le monde de la finance) pour en atteindre un autre (la communauté juive). En somme, sa mise à l'index du système financier est une fin, pour lui. Chez les auteurs que vous convoquez habituellement, elle est un moyen. Tout se joue là. ça peut sembler n'être qu'un détail mais conceptuellement et symboliquement, la différence est fondamentale et invalide totalement le parallèle que vous établissez ici. Lequel n'apparaît finalement que comme un sophisme de plus.

Autant dire qu'après l'avoir lu, je ne suis pas plus convaincu de votre bonne foi qu'auparavant.

Il y aurait cependant un moyen fort simple de la prouver une fois pour toutes, cette bonne foi, au lieu de tourner sans arrêt autour du pot comme vous le faites (ce qui rend votre lecteur d'autant plus méfiant, tenez-vous le pour dit) : pourquoi, en effet, vous appliquez-vous à ce point à ne pas exprimer votre propre position en la matière ? Vous me parlerez de souci d'objectivité, sans doute. J’objecterais un peu crument que le souci d'objectivité, vous avez fait une croix dessus au moment du choix de votre corpus de textes publiés dans ce blog, et où vous avez décidé de vous spécialiser dans la littérature antisémite. Ces choix étant profondément subjectifs, toute l'objectivité (apparente) du monde ne pourra ensuite rééquilibrer. Partant de là, l'affirmation claire de votre position par rapport à cette thématique n'est plus seulement souhaitable, elle est indispensable.

Vous me rétorquerez que vous n'avez pas à vous justifier. A quoi je rétorquerais à mon tour : pourquoi l'avoir déjà fait par deux fois, alors ?

Mais au vu de vos réponses précédentes, je ne doute pas que vous puissiez m'éblouir à nouveau en esquivant mes objections d'une pirouette experte. Du coup, j'ai acheté du pop corn.
maitrenanar
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maitrenanar
"Mettre les lois prévues dans le cadre de la Constitution Européenne sur le même plan que des prétendus lobbys financier est une ânerie sans nom", pas forcément puisqu'il s'agit d'évoquer la marge de manœuvre de l'homme politique (sur le plan national), forcément réduite. Le lobby n'empêche pas de la même manière qu'une loi cadre mais au final le politicien a moins la main sur la politique de son pays (car l'argent du lobby peut influencer une loi, parce que loi européenne peut empêcher de conduire un certain projet au niveau national...d'ailleurs le lobby et la loi européenne sont parfois liés puisque le lobby peut exercer son influence au parlement européen donc sur des lois européennes). Ce sont des empêchements, différents, dans les deux cas.


"À défaut antisémitisme, comme c'est la mode ici", ne sois pas ridicule et ne tombe pas dans la caricature, ce n'est pas digne de toi. Statistiquement, la question de l'antisémitisme représente un pourcentage faible du total des publications. Pas de délire, des chiffres. 10 articles environ sur 90 billets au total. En effet, énorme mode.


"Ah ! La théorie du complot !", je n'y crois pas. Point. Tu tentes de faire de moi un amateur du complot...ce qui n'est pas le cas. Je m'intéresse, comme les auteurs de Circus Politicus (Christophe Deloire et Christophe Dubois) à des groupes qui méritent un regard. Et, comme eux, je ne crois pas au complot. Oui, c'est possible.

"l'évolution de la situation", je ne nie pas l'évolution. Je la constate, je ne suis pas bête, mais je suis critique sur cette évolution. N'essayez pas de me faire passer pour un anti-évolution (après l'amateur de complots il fallait trouver une autre calomnie), c'est assez risible. On peut regretter, comme Stiglitz, le pouvoir de la finance sur le pouvoir politique. Ou, comme Christophe Deloire et Dubois le déficit de démocratie, l'opacité de certains groupes (Bilderberg, Trilatérale et compagnie) et les collusions d'intérêts.

"Je parie que dans le "etc." vous rangez les sages de Sion, pas vrai ?", non vu que c'est un tissu de conneries.

On peut être pour le fédéralisme européen, ce n'est pas ma tasse de thé. Je suis plus du côté d'une union d'états européens. Chacun sa souveraineté mais des unions sur des projets entre pays (projets économiques, culturels, etc.). Parler d'une seule voix me semble utopique (échec de la constitution européenne, etc. : difficile de mettre d'accord plus d'une vingtaine de pays très différents), pour ne pas dire impossible, et surtout assez violent pour les peuples (dont certains en Europe sont attachés à l'idée de nation et ne veulent pas s'en dépouiller).

C'est vrai que ces agences sont très utiles. Il faut voir avec quel talent elles ont vu venir la crise...heu finalement non. Je peux comprendre le principe d'une agence de notation, je ne vais pas leur donner des cornes de diable (j'ai été probablement excessif) mais il y a tout de même un pouvoir d'influence assez fou. Enfin, le plus important ce sont les instances qui sont au-delà des agences de notation (si on veut rentrer dans l'explication technique). Exemple, l'IASB (International Accounting Standards Board), un groupe indépendant de 15 experts qui doit établir les normes comptables utilisables dans le monde entier. En 2002, l'Union européenne officialise l'influence de ce groupe d'experts. Un règlement européen impose à toutes les entreprises cotées en Bourse de se soumettre aux normes IFRS (International Financial Reporting Standards). Ces normes sont fondées sur le principe de la "fair value", la valeur juste des entreprises, le prix du marché à un instant t. Alors que les normes comptables françaises traditionnelles, respectueuses du long terme ne modifiaient pas la valeur des actifs avant leur cession, l'IFRS considère qu'il faut prendre en compte des évolutions de marché à court terme, très court même. Bref, des experts indépendants (pas tant que ça du fait si on se penche sur leur financement) qui influencent des décisions politiques européennes, donc nationales par ricochet. Voici l'exemple d'un vrai problème politique (et économique).


"Présentation d'un raisonnement qui se tient et d'une conséquence simple : les milieux financiers ont trop d'influence sur le monde politique.", comme le dira Stiglitz à la fin de l'article.


"Se montrer comme minoritaire (we always root for the underdog).", tu sors ça où ?


"Sortir un nom, pour ainsi dire au hasard et montrer qu'il ne dit rien d'autre.", Drumont ? Autre critique du capitalisme et plus précisément des banques donc pas de hasard (c'est le sujet de l'article).


"Évacuer d'une pirouette le petit défaut (l'antisémitisme notoire du monsieur) en prétextant que ce n'est pas lié au propos", je ne dis pas ça, je n'évacue pas, j'essaie de montrer la réflexion du bonhomme sans piquer un coup de sang parce que le monsieur est antisémite (je ne m'arrête pas à ça). Je dis que Drumont fait une critique des banques avant de cerner ethniquement le problème. Le fait d'être antisémite ne veut pas dire qu'on ne dit que des conneries (enfin, pas pour tous les antisémites).


"les rabbins, non, les rabbins sont des gens sympas, mais les juifs, oui, les juifs aveuglés par le veau d'or du capitalisme bla bla bla bla).", c'est le propos de Marx dans Sur la question juive. Ne pas parler du rabbin mais du juif réel (j'oublie l'expression exacte là).


Il y a des points d'accord entre la pensée de Drumont et Stiglitz. Ca te défrise mais je n'y peux rien, c'est un fait. Je ne dis pas Drumont = Stiglitz mais il y a des points communs. D'où le fait que j'en parle dans le billet...


L'idée n'est pas de réhabiliter un antisémite mais de lire dans le texte la pensée d'un tel personnage, dans l'apaisement. C'est au contraire un geste profondément sain que de sortir des passions (un antisémite, le vilain ! Oust !) pour chercher à comprendre. Pas de haine dans une démarche de compréhension. Souvent, on évacue la pensée de tels personnages, ou on caricature. Je ne suis dans aucune de ces démarches. Je veux comprendre. Je sais que c'est compliqué.


J'effectue des liens avec d'autres articles (Stiglitz et Drumont; Verne et Zola) car il y a des liens. Je ne suis pas dans une pensée uniquement parcellaire. Il y a une idée du tout au-delà des bribes. C'est pour ces raisons (ce paragraphe et l'autre ci-dessus) que j'ai évoqué un moment Drumont. Pas de manipulation mais une cohérence dans l'écriture, la réflexion et le projet du blog (enfin un des projets).

Pour parler de manipulation, il faut déjà comprendre le sens du texte que l'on critique, ce qui n'est pas toujours ton cas si je m'en tiens à ton commentaire. Tu t'en tiens à ce que tu penses être le sens de l'article (réhabilitation d'un antisémite and co), du coup tu vises à côté de la cible.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Bon, on va corriger les coquilles.

Mettre les lois prévues dans le cadre de la Constitution Européenne sur le même plan que des prétendus lobbys financier est une ânerie sans nom. Les lois sont des lois. C'est-à-dire le cadre dans lequel le souverain exerce son autorité. Alors, puisque le jeu est de faire parler les autres, je soulignerai que ce n'est pas moi qui le dit, c'est Th. Hobbes, dans Léviathan. À défaut antisémitisme, comme c'est la mode ici, il est anglican et fortement contre l'influence de l'Église dans l'éducation. Ça compte ?

Ah ! La théorie du complot ! Ça faisait longtemps ! Allez, ne soyons pas bégueules. Je parie que dans le "etc." vous rangez les sages de Sion, pas vrai ? Cela dit. La réunion du groupe Bilderberg est un forum. Où des gens discutent. Échangent leurs idées. Essaient de trouver des solutions à des problèmes. Forcément, il y a de l'influence, puisqu'on n'y invite pas des clowns dans mon genre. Mais de là à en faire des vampires, allons, s'il vous plaît, ne vous faites pas le relais imbécile d'Agoravox, cela serait dommage.

Le pouvoir politique - oui, pas politicien, n'en déplaise aux journalistes, les termes ne sont pas interchangeables. Selon mon Robert, "politicien" désigne tout d'abord une personne, tandis que "politique" désigne les affaires relatives à la cité - s'exerce forcément différemment d'il y a dix ans. Et je gage mes deux testicules qu'il s'exercera encore de manière différente dans dix, vingt ans. Cela s'appelle.... Hum... Voyons voir, l'évolution de la situation ? Vous savez, cela a donné lieu à des choses magnifiques : la sortie des juifs d'Égypte, la Glorieuse Révolution, la Magna Carta, l'Habeas Corpus, la Révolution Française. Des détails de l'histoire, j'imagine ?

Cela dit, j'aime beaucoup la manière dont vous passez un petit message souverainiste, comme ça, sans avoir l'air d'y toucher. Alors, soyons clair : je n'ai rien contre le souverainisme. Je trouve que c'est une idée d'une autre époque, complètement à côté de la plaque et qui fait preuve d'un manque de discernement assez incroyable vis-à-vis de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, mais, intellectuellement, c'est une idée valide et à propos de laquelle le dialogue est ouvert. Je suis, moi-même, un idiot fédéraliste, pour qui les gouvernements régionaux, quel qu'ils soient, devraient s'effacer au profit d'un véritable pouvoir central européen, qui s'exprimerait d'une seule voix. Idée passablement idiote, j'en conviens.

Ensuite, si mes souvenirs sont bons, et en général ils le sont, la crise des subprimes désigne spécifiquement l'emballement des hypothèques aux États-Unis. Cette crise a servi de catalyseur et de déclencheur à une seconde crise, plus profonde, plus structurelle, que nous essuyons encore aujourd'hui. C'est seulement ensuite, plus précisément l'an dernier, entre septembre 2011 et juin 2012, que le gouvernement français s'est soudainement inquiété de sa note.

Là, cela devient compliqué et un peu de vulgarisation ne peut pas faire de mal au lecteur innocent.
Les agences de notations sont des sortes de chiens de garde féroces des marchés financiers, qui évaluent la solvabilité des États. Cela signifie, en gros, que quand un État emprunte de l'argent aux marchés, ceux-ci vérifient d'abord sa note souveraine et décide 1) du taux d'intérêt, 2) de la quantité qu'ils peuvent prêter. Plus la note est bonne, plus le prêt est facile (taux d'intérêt faible) et accordé facile. Dès qu'elle se dégrade, cela pose problème. Pourquoi est-ce important ? Parce que les États, depuis, grosso-modo, Keynes, ne sont plus des modèles d'équilibre budgétaire. Ils sont obligés de vivre à crédit. Pour faire simple, un peu comme j'ai hypothéqué mon rein et mes poumons pour faire mes études, ils empruntent pour subventionner leur budget.
Ensuite, la note. D'abord, une précision. Je ne crois pas qu'en français on puisse écrire "baser sur". C'est un anglicisme des plus horribles et journalistiques, qui ne mérite pas de figurer ici. Cela dit.
La note ne se fonde pas sur du vent. Les agences l'évaluent selon le degré d'endettement du pays en question, son déficit budgétaire par rapport à son P.I.B., ainsi que les perspectives de croissance sur l'année. J'imagine aussi - ici, je fais dans la prospective logique, dans l' "educated guess" donc autant ne pas me croire sur parole - que la note est calculée par rapport aux perspectives de relance dans le pays, les possibilités économiques qui lui sont offertes, etc.
En conséquence de quoi, oui, deux fois oui, c'est nébuleux. Mais de là à dire qu'elle est fondée sur du vent, il y a un pas à ne pas franchir.

Pour ce qui est de l'origine des agences de notations, soyons pratiques, un peu. Lorsque je suis allé faire mon prêt à la banque, celle-ci a tout naturellement demandé quelques informations sur moi. Et je ne vous apprendrai pas que les banques classent leurs clients par rang de "solvabilité" ? Eh bien, voilà, c'est la même chose, à plus grande échelle. Lorsqu'on prêt de l'argent, à plus forte raison quelques milliards chaque année, j'imagine qu'on aime bien savoir s'il y aura retour. D'où les organismes. Non, ils ne sont pas démoniaques. Certes, ce sont des pit-bulls qui ne lâcheront aucune gorge, mais cela est, somme toute, logique. Ce n'est pas une question de "dent dure." Juste de risques. On surveille toujours les mauvais payeurs.

Bon. Vous semblez déplorer que ces entreprises privés possèdent, de facto, une influence importance sur les États du monde entier. Je suis complètement d'accord avec vous. Cela me désole également. Pas pour les mêmes raisons - je me fous qu'une entreprise privée n'ait aucun membre élu par le peuple, pour des raisons que j'évoquerais peut-être plus loin - mais globalement, je suis d'accord. À ceci près que ces agences N'ONT PAS - pardonnez les majuscules, je ne sais pas mettre en italiques dans les commentaires - la main mise sur les États. Ceux-ci sont souverains et possèdent des voies de sorties. Certaines infamantes - la banqueroute, par exemple, ou quand l'Argentine envoie les marchés se faire mettre - et d'autres moins - la rigueur budgétaire et l'effort national, entre autre. Mais surtout, la faute repose sur les gouvernements et sur eux seuls. Un ménage cohérent ne vit pas au-dessus de ses moyens. Un État devrait être capable de faire de même. Et donc, d'une certaine façon, et c'est là que cela devient très drôle, la faute, ultimement, revient au peuple, qui a cautionné une ou des politiques particulières pendant des années et se retrouve le bec dans l'eau, à hurler au meurtre. Ah... La plèbe...

Pour ce qui est de l'agacement, nous ne devons visiblement pas avoir les mêmes genres d'interlocuteurs. Je veux dire, ceux avec qui je discute sont totalement d'accord avec moi - sauf quand ils sont vraiment de droite et là le débat devient intéressant - et déplore le poids de plus en plus important de l'économie dans le domaine politique. Et ce d'autant plus après le reportage sur la Goldman Sachs diffusé sur Arté récemment.

Oh ! Je me demandais quand le juif sortirait du chapeau. Bon, là, analyse rhétorique, niveau cinquième.
1) Présentation d'un raisonnement qui se tient et d'une conséquence simple : les milieux financiers ont trop d'influence sur le monde politique.
2) Se montrer comme minoritaire (we always root for the underdog).
3) Sortir un nom, pour ainsi dire au hasard et montrer qu'il ne dit rien d'autre.
4) Évacuer d'une pirouette le petit défaut (l'antisémitisme notoire du monsieur) en prétextant que ce n'est pas lié au propos (ce qui, finalement, est foncièrement faux. Le petit extrait de Drumont présenté en ces lieux il y a peu montrait que, pour lui, qu'il y avait une franche opposition entre le "bon peuple de France", voire, une bonne race de bons hommes - dois-je VRAIMENT souligner ce que cela a de nauséabond ou est-ce le sens commun suffit ? - et les juifs, qui forment le milieu de la finance. Ah, évidemment, pas les rabbins, non, les rabbins sont des gens sympas, mais les juifs, oui, les juifs aveuglés par le veau d'or du capitalisme bla bla bla bla).
5) Prétendre que les arguments du nom lâché se retrouvent dans la bouche de gens respectables (ce qui, encore une fois, est foncièrement faux et malhonnête : distinguer la forme du fond est une erreur tragique en lettre quand elle est involontaire, une manipulation inélégante quand faite sciemment).
Conclusion : rien n'est apporté au propos global du texte, mais on réhabilite un antisémite. Bien joué. Malhonnête, manipulateur, mais bien joué.

Cela mis à part, il n'y a plus rien à dire sur l'article. Mystérieusement, une fois la thèse souverainiste bien insidieusement mise en exergue et l'antisémite réhabilité, il n'y a plus d'analyse. Plus rien. Quelques précisions bon chic bon genre pour bien montrer que le but de l'article n'est pas l’antisémitisme - mais alors, pourquoi en parler ? Une prétérition gigantesque ? Ou une manoeuvre autre ? - mais bien la domination de l'économie sur le politique. Et hop, on plie les gaules.

Difficile, évidemment, de réfuter Stiglitz. C'est un grand monsieur - et, bien que juif, il n'est pas roux, nous avons de la chance - qui ne dit pas que des bêtises. Mais c'est une bonne habitude. Terminer par les mots d'un autre permet de ne pas se mettre en avant et de laisser dans l'esprit de l'interlocuteur une belle impression de concision et de clarté.

Merci pour ce magnifique précis de manipulation.

Celim.

Édito

Oeuvrant sous le pseudonyme d'Alfoux, je vous propose ici de découvrir les talents d'hier (oubliés) et les talents d'aujourd'hui et de demain. Des personnes intelligentes et proposant des écrits sortant des sentiers battus.

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