Le blog d'un littéraire qui a survécu
Henri Michaux, belge d’origine, est connu pour sa poésie. Cependant, c’est oublier bien vite ses carnets de voyages comme le succulent Un Barbare en Asie publié en 1933. Un carnet étonnant tant le ton est particulier. Michaux décrit les peuples asiatiques qu’il rencontre. L’Inde, par exemple, est pour lui l’occasion de disserter sur les mœurs de ses habitants. Le ton est acerbe mais jamais directe, il conserve cette distance du dandy, de l’homme qui foule les kilomètres avec le regard malicieux.
Néanmoins, les propos de Michaux n’ont rien d’inutiles ou de superficiels. Bien souvent, avec ses paragraphes lapidaires, son sens de la formule, de la phrase joliment complexe, sa façon à lui de démolir, il touche juste. Lorsqu’il parle du théâtre local, des habitudes culturelles/culinaires de tel ou tel peuple. Bien souvent également, il dit ce que l’on n’ose avouer, nous occidentaux. L’extrait ci-dessous, provenant donc d’Un Barbare en Asie, évoque la langueur des Indiens avec humour et pertinence.



