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The Bast-Cave

The Bast-Cave

Par Bast6 Blog créé le 21/08/10 Mis à jour le 25/03/17 à 21h16

Le blog d'un monteur vidéo ayant biberonné à grands coups de sprites et polygones.

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Cinéma (Séries TV)

Alors déjà ceci n'est pas une critique mais juste un avis rédigé comme il me vient de manière informelle. J'ai beaucoup aimé la série (contrairement à beaucoup d'après Rotten Tomatoes) que j'ai trouvée vraiment agréable, honnête et prenante. Elle n'est clairement pas exempte de défauts de mise en scène, de structure d'écriture et de rythme dans les combats MAIS à côté de ça elle propose une écriture des personnages extrêmement riches et une alchimie entre ses comédiens (Finn Jones et Jessica Henwick en tête, forcément) toute en nuance qui est vraiment mais alors vraiment appréciable. De plus, la qualité de "l'écriture de fond" de la série et de ses vrais thèmes est très appréciable et ses influences "shakespeariennes" vraiment bienvenues. On sort du cliché du justicier pour aller chercher quelque chose de plus humain. Enfin, les personnages sont cools mais je les appréciais avant la série donc bon... :p
Donc au final, JE pense que c'est un exemple typique où les défauts se font botter copieusement le cul par des qualités très humaines qui font que j'ai passé un très très bon moment devant la série et que j'ai hâte d'en découvrir la suite. (et si Netflix pouvait nous la sortir en Blu-ray...)
Du coup, mon palmarès personnel des série Netflix/Marvel :

  1. Daredevil Saison 1
  2. Iron Fist et Jessica Jones ex-æquo
  3. Daredevil Saison 2
  4. Luke Cage (qui malgré ses influences super cools était une série très molle dont le seul intérêt était Cotton Mouth. J'ai aimé hein, mais c'est clairement celle que j'ai le moins aimé...)
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Cinéma (Cinéma)

 « Chérie, j'ai étiré le gosse ! »

Pays :
Etats-Unis
Genre :
Action, Aventure
Réalisation :
Zack Snyder
Avec :
Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams, Jesse Eisenberg...
Durée :
3h02
Sortie :
03 Août 2016

Avertissement : cette critique CONTIENT des spoilers.
Cette critique complémente celle de la version cinéma publiée précédemment.

Synopsis :
Craignant que Superman n’abuse de sa toute-puissance, le Chevalier Noir décide de l’affronter : le monde a-t-il davantage besoin d’un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d’un justicier à la force redoutable mais d’origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se  profile à l’horizon…

Critique :
Ce n’est pas très fréquent de réécrire une critique d’un film juste parce qu’une version « extended cut » ou « director’s cut » ou encore « ultimate edition » (comme Warner a décidé de l’appeler ici) accompagne les éditions vidéos du film en question… Mais dans le cas de Batman V Superman, jeter un nouveau regard sur le métrage parait assez intéressant tant le distributeur a fait de la sortie de cette version rallongée d’une demi-heure un argument promotionnel du film et ce jusqu’à 6 mois avant sa sortie en salles (!). Est-ce que la version cinéma n’était qu’une bande-annonce pour cette version complète du film ou bien n’était-ce qu’un argument commercial pour sauver les meubles et vendre du Blu-ray ?
Tout d’abord : oui cette version longue améliore le film. Les deux premiers actes s’en retrouvent réécrits (tout est relatif mais n’empêche) et permettent de mieux développer les tensions qui sont sensées supporter le troisième acte. Ainsi, de nouvelles scènes viennent bien étirer la relation que Bruce Wayne a envers le monde qui l’entoure et ses points de vue au sujet de Superman et réciproquement, l’aversion de Clark Kent pour la chauve-souris de Gotham a beaucoup plus de place pour se nourrir et mûrir. L’ensemble du conflit entre les deux personnages est donc plus compréhensible, plus digeste et nettement moins proche d’une dispute de cour de récréation. Cette rallonge permet aussi de donner plus de place aux piliers d’équilibre des deux protagonistes : Alfred et Lois. Si le premier s’offre même une vraie relation de mentor/père de substitution et offre à Jeremy Irons de quoi étoffer son jeu, on ne peut malheureusement toujours pas en dire autant du personnage de Lois. Elle n’est toujours pas écrite correctement, sert toujours aussi souvent de faire-valoir et est toujours aussi cruche.
Cette dernière met en lumière assez rapidement les limites de cette version longues. Si ce montage corrige beaucoup de choses, équilibre les personnages de Lex Luthor et Wonder Woman et dilue très largement l’aspect « bande-annonce format long-métrage pour Justice League », certaines incohérences diégétiques restent bien présentent et certaines sont même ajoutées (que Lois sache que Superman ne voit pas à travers le plomb évidemment que ça fonctionne mais comment Lex est-il au courant ?). De plus, le troisième acte reste majoritairement le même malgré les nouveaux plans et les variations du montage. Le combat de Batman pour sauver la mère de Superman est toujours aussi réussi mais le reste est toujours aussi maladroit voire raté. Dommage donc.

Note : 5/10

C’eut été extrêmement agréable de pouvoir dire que cette version longue transforme le métrage en bon film et on aurait même été prêts à excuser la démarche commerciale douteuse de Warner pour ça… Malheureusement, ce n’est pas le cas. Est-ce que le film est meilleur ? Oui, indubitablement. Est-il un bon film pour autant ? Absolument pas. La plupart des défauts sont toujours présents et malgré les efforts pour améliorer les choses, on a l’impression de voir un pâtissier ajouter du sucre sur un gâteau loupé pour en masquer le goût infecte et ça c’est triste. Ceci étant dit, si comme moi vous devez ajouter ce film à votre collection de Blu-ray (on a tous nos raisons) cette version reste plus intéressante que la version cinéma (qui est de toute manière présente dans l’édition ainsi que deux heures de bonus pour être complet) et restera à coup sûr un bon défouloir pour les soirées films et canapés entre potes sans se prendre la tête. Puis bon, le niveau n’est quand même pas aussi abyssale qu’un Transformers.

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Cinéma (Cinéma)

 « iSalaud »

Pays :
Etats-Unis
Genre :
Biopic, Drame
Réalisation :
Danny Boyle
Avec :
Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rodgen, Jeff Daniels
Durée :
2h02
Sortie :
16 Novembre 2015

Avertissement : cette critique peut contenir des spoilers. 

Synopsis :
Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Critique :
L’histoire du film Steve Jobs à elle seule pourrait presque donner un film tout aussi complexe et intéressant que son sujet. Bringuebalé à droite et à gauche dans un cycle de développement tumultueux ponctué de la fréquente difficulté, surtout quand il s’agit d’un biopic aussi sensible (on parle tout de même d’une des personnalités de l’informatique les plus influentes du monde), de trouver un réalisateur. Forcément, David Fincher était un temps rattaché au projet, probablement parce que c’est Aaron Sorkin, le scénariste de The Social Network, qui est à nouveau à la tâche du récit du métrage en se basant sur la biographie papier éponyme écrite par Walter Isaacson…Seulement voilà, un différent artistique pousse l’ami David à quitter le projet et c’est finalement Danny Boyle qui prend la suite à la réalisation. Pourquoi pas ? Côté casting, c’est grand luxe : un Michael Fassbender en guise de Jobs (et Leonardo DiCaprio, Ben Affleck, Matt Damon, Bradley Cooper ou encore Christian Bale ont tous été considérés pour le rôle !), la fabuleuse Kate Winslet pour interpréter la courageuse assistante de ce dernier Joanna Hoffman et Seth Rodgen pour jouer l’inénarrable Steve Wozniak, l’autre Steve de la marque à la pomme. Voilà pour le trio de tête qui sera accompagné entre autre par Seth Ortiz qui joue le rôle de Joel Pforzheimer, journaliste chez GQ qui interviewe Steve Jobs pendant le film (et cet acteur a un je ne sais quoi qu’il faut surveiller car il sait toujours jouer ces seconds rôles avec une justesse qui force le respect) ou Michael Stuhlbarg en Andy Hertzfeld, développeur émérite de l’équipe Macintosh originale.

La structure du film diffère largement de celle de Jobs, précédent biopic sur Monsieur Pomme avec le sémillant Ashton Kutcher dans le rôle titre, car contrairement à ce dernier il n’essaye pas de retracer de manière littérale la vie du personnage en en montrant les étapes clefs d’un point A à un point B mais nous propose plutôt de suivre les coulisses en temps réel de trois keynotes (conférences de lancement de produits) clefs de l’histoire du bonhomme et de ses marques (oui, SES). Et c’est plutôt brillant comme idée car ça permet de découvrir l’homme tel qu’il était vraiment (ou tel qu’on veut nous raconter qu’il était) dans ces moments particuliers où sa transformation en orateur opère alors qu’il est sans cesse rattrapé par son passé et ses erreurs. Et Danny Boyle a en plus la bonne idée de casser la chronologie des ces moments. On ressent le malaise, on ressent les problèmes des personnages et la tension est en permanence palpable. Les évènements choisis par le film sont le lancement du premier Macintosh, le lancement du Cube de NEXT (la société que Steve Jobs a fondé quand il a été viré d’Apple) et le lancement de l’iMac au retour du fondateur de la société. Trois produits clefs dans l’histoire de l’informatique et personnelle de Jobs : la réussite incomprise, l’échec et le retour en grâce. On retrouve d’ailleurs ici un schéma d’apprentissage et de quête car le fond du propos du film c’est bien ça : la quête de Steve Jobs pour s’intégrer et comprendre les êtres humains. Et cette idée est portée par le personnage de Kate Winslet, témoin de la lutte constante de Jobs contre ses maux mais surtout celle qui lui permettra de se sauver lui-même et de garder la tête hors de l’eau. En ce sens, l’actrice crève littéralement l’écran par sa présence et la justesse de son jeu et éclipserait presque Fassbender, pourtant très bon. C’est son personnage qui maintient l’odieux Steve dans la réalité du monde qui l’entoure et qui finit par lui faire prendre conscience qu’il se conduit comme un salaud avec les autres (en particulier son ex-petite amie avec qui il a eu une enfant qu’il a longtemps refusé de reconnaître et qui est le point de pivot central entre Steve Jobs et le monde réel, le ramenant toujours brutalement à la réalité), ceux-là même qui ont petit à petit pris leur distance, fait leur deuil de la relation conflictuelle qu’ils ont eu avec le co-fondateur d’Apple et enfin qui l’ont pardonné.

La mise en scène à la fois simple mais très sophistiquée, et très cut, elle émerveille tout au long du film et pour cause : Alwin H. Küchler, le chef opérateur, a choisi de tourner le film dans un format différent pour chaque époque. En effet, les séquences de 1984 (lancement du Macintosh) sont tournées en pellicule 16mm, les séquences de 1988 (lancement du Cube de NEXT) sont tournées en pellicule 35mm et les séquences de 1998 (lancement de l’iMac) sont tournées en numérique (Arri Alexa en 2,8K) le tout étant post-produit en 2K (même si bien évidemment le Master final a été fait à la fois en DCP pour les projections numériques ET en kinescopage 35mm de haute qualité afin de permettre de scanner le film en 2 à 9K et ainsi pouvoir le ressortir dans toutes les futures définitions que l’on va nous commercialiser ces 15 prochaines années…). Cela donne une vraie patte visuelle à chaque période et est une véritable prise de risque à une époque où les studios hollywoodiens semblent être de plus en plus frileux quant à la manière de travailler préférant très souvent un workflow type. Cependant, on ne peut s’empêcher de prêter attention au revers de la médaille : le film ne serait-il pas en train de nous regarder de haut ? En effet, à force de réussite esthétique aussi marquée, le film ne devient-il pas également aussi prétentieux que son sujet ? On ne peut en effet s’empêcher, malgré toute la réussite de ce dernier, de voir dans sa mise en scène, sa structure et sa technique la même prétention artistique et mégalo qui animait Steve Jobs au point d’être un vrai reflet de la personnalité du bonhomme, avec ses hauts et ses nombreux bas et de nous les envoyer en pleine poire. A moins que ce soit ça, la réussite du film ?

Note : 8/10

Brisant les habitudes des biopics opportunistes dont Hollywood a le secret (depuis longtemps, très longtemps…) en proposant une structure intéressante au service et/ou à l’image de son sujet, Steve Jobs est un film aussi fascinant qu’irrémédiablement tête-à-claques que son personnage… Ce qui fait que finalement Danny Boyle a réussi à transcender son sujet et à en faire un véritable objet filmique passionnant. iBravo.

 

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Cinéma (Cinéma)

 « Papier glacé »

Pays :
Etats-Unis
Genre :
Thriller, Horreur
Réalisation :
Nicolas Winding Refn
Avec :
Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote, Abbey Lee, Keanu Reeves...
Durée :
1h58
Sortie :
08 Juin 2016

Avertissement : cette critique peut contenir des spoilers. Ce film contient des scènes pouvant choquer un public sensible. Le film a été interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles.

Synopsis :
Jesse, une jeune fille souhaitant devenir mannequin, se rend à Los Angeles pour réaliser son rêve. Celui-ci tourne très vite au cauchemar lorsqu’elle réalise qu’elle est l’objet de tous les désirs de femmes obsédées par sa beauté et sa vitalité et qui sont prêtes à tous les moyens nécessaires pour s’en emparer.

Critique :
The Neon Demon est l’archétype du film compliqué à critiquer tant il lui est facile de diviser les avis. Peut-être également parce que le film est, plus que les précédents films de Nicolas Winding Refn, une expérience sensorielle (au sens physique du terme) cherchant à mettre le spectateur dans un état de fatigue et d’oppression. La vraie question étant : exercice de style réussi au service du propos de l’oeuvre ou auto-contemplation masturbatoire de la part du réalisateur ?

Le réalisateur danois a choisi de mettre en scène Elle Fanning qui joue Jesse, une jeune fille de 16 ans venue s’installer à Los Angeles pour essayer de percer dans une carrière dans le mannequinat. Son chemin, sur lequel elle croise une galerie de personnages tous plus glauques les uns que les autres (du gérant de motel pédophile aux photographes obscènes en passant par un créateur de mode ultra-narcissique et obsédé par la beauté et les différentes mannequins prêtes à tout) aboutira par une rencontre majeure en la personne de Ruby (Jena Malone), maquilleuse aussi bien pour les shootings photo que pour les cadavres aux pompes funèbres et qui la guidera dans ce monde impitoyable. Enfin, qui la guidera jusqu’à ce que Jesse ne réponde pas favorablement à ses avances et que ça lui coûte la vie. Ainsi, l’auteur célébré pour le très brillant Drive une poignée d’hivers plus tôt nous propose un regard extrêmement acide et brutale sur le milieu de la mode et plus largement l’obsession qu’ont les gens pour la beauté et ce qu’ils sont prêts à faire pour elle.

Cette obsession, le réalisateur l’illustre dès le générique d’ouverture du film, signé
« NWR » (pour Nicolas Winding Refn, NDLR) sur fond de couleurs saturées éclairées au néon à l’effet papier glacé et de paillettes virevoltantes en dehors de la zone de profondeur de champ. Et cet effet « papier glacé et lumière néon » sera le maître mot de l’esthétique visuelle du film. En effet, la superbe lumière est accompagnée d’un étalonnage extrêmement bien dosé qui  met en valeur les couleurs et les contrastes et accentue largement cet effet « photo de magazine » de chaque plan. Et c’est d’autant plus crucial à l’esthétique globale du film que toute la mise en scène, relativement lente, est très millimétrée, les cadres très bien composés et le découpage très soigné. Clairement, Refn et son équipe impressionnent. L’auteur joue même avec les censeurs et contourne certains problèmes légaux (l’actrice principale est mineure) avec un symbolisme bien venu et globalement inspiré. Enfin, Cliff Martinez répond à nouveau présent pour le score avec une partition là aussi très inspirée, pleine de puissance et de nappes enivrantes. Le film se clôture sur une chanson de Sia plutôt réussie sur des images qui rappellent le passage du temps, très réussies.

Le film est donc une grande réussite mais malheureusement tout n’est pas rose bonbon et paillettes au Royaume de Danemark et il se pourrait qu’Hamlet doive venir faire un peu de ménage. En effet, le scénario du film est finalement très simple : une jeune fille, très belle, veut percer dans le monde de la mode et les autres mannequins la voient comme une menace. Son succès foudroyant n’aidant pas, il faut éliminer la menace (et la dévorer, et se baigner dans son sang, et…). L’obsession pour la beauté donc, qui pousse les gens aux pires extrêmes pour rester dans la lumière des projecteurs. Seulement la dénonciation des problèmes de la mode et de l’objectification des femmes finit par passer pour un effet de style et passer complètement à la trappe tant on sent que l’obsession du réalisateur lui-même pour la beauté formelle de ses plans et de sa mise en scène semblent largement l’emporter sur le propos. On pourra ainsi trouver que les femmes dans le film finissent par devenir non pas des objets de convoitise physique ou des symboles de la jeunesse et de la beauté mais de simples accessoires dans l’expression artistique d’un réalisateur obnubilé par son reflet dans le miroir. Un peu dommage donc, et à regarder avec des pincettes intellectuelles.

Note : 7/10

Nicolas Winding Refn semble courir après lui-même dans une spirale infernale artistique. Alors certes, c’est très joli et mieux que son précédent film, mais le réalisateur semble s’être perdu en privilégiant l’esthétisme sans que cela ne serve réellement l’histoire de son film. The Neon Demon reste un bon film largement au dessus d’un paquet de titres sortis cette année, mais ce n’est pas la perfection imaginée par l’auteur.

 

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Cinéma (Cinéma)

 « Roh non, snooze ! »

Pays :
Etats-Unis
Genre :
Action, Aventure
Réalisation :
Zack Snyder
Avec :
Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams, Jesse Eisenberg...
Durée :
2h33
Sortie :
23 Mars 2016

Avertissement : cette critique CONTIENT des spoilers.

Synopsis :
Craignant que Superman n’abuse de sa toute-puissance, le Chevalier Noir décide de l’affronter : le monde a-t-il davantage besoin d’un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d’un justicier à la force redoutable mais d’origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se  profile à l’horizon…

Critique :
Un des blockbusters les plus attendus de l’année dernière, le film de Zack Snyder polarise quelque peu toutes les attentions de ce tout début de printemps. Et pour cause : un affrontement entre Batman et Superman, beaucoup de fans attendaient de pied ferme de voir ça sur l’écran d’argent (un écran de cinéma n’est pas blanc mais argenté, NDLR) après avoir lu ledit affrontement à plusieurs reprises dans des comic books pour la plupart de très grande qualité. Mais ce film, malheureusement, part avec de sérieux handicaps. En effet, le réalisateur déjà à l’½uvre sur Man of Steel continue de proposer sa vision et son univers qui ne font pas nécessairement l’unanimité auprès des fans et des cinéphiles et il n’est pas non plus aidé par son studio, Warner Bros. (aussi propriétaire de DC Comics), trop pressé de rattraper son concurrent Marvel (Disney) et d’avoir sa méga-franchise super-héroïque « avengeresque » au cinéma accompagnée d’autant de sagas que de personnages, que ce soit sur le grand écran ou sur le petit. Marvel a son MCU (Marvel Cinematic Universe), Warner veut son DC Extended Universe (parce que sinon ça aurait fait DCCU et comme le titre du film dont il est question dans cette critique nous l’apprend : une même lettre identique qui se répète c’est vilain… !). Pour atteindre cet univers, Warner n’hésite pas à y aller au boulet de démolition et à s’asseoir sur toute forme de subtilité.
Autant vous prévenir tout de suite : cette critique sera longue. Si ce qui vous intéresse c’est la note attribuée au film la voici : 4/10. Si vous n’avez pas un besoin vital de le voir, passez votre chemin et allez voir autre chose. Pour les autres, c’est parti !

Donc, Batman v Superman fait suite à Man of Steel et en reprend fort logiquement le casting. On retrouve ainsi Henry Cavill en Clark Kent/Superman, Amy Adams en Lois Lane (personnage à l’écriture insupportablement improbable… on y reviendra), Diane Lane en Martha Kent (la mère de Clark) et Laurence Fishburne en Perry White le rédac’ chef du Daily Planet. Parmi les p’tits nouveaux on notera surtout Jesse Eisenberg en Lex Luthor et enfin pour le côté Batman du film (mais si, souvenez-vous : il y a Batman dans le film !) on nous propose Ben Affleck en Bruce Wayne/Batman et Jeremy Irons en Alfred. Ah oui, j’oubliais : il y a aussi Gal Gadot en Wonder Woman, Jason Momoa (Khal Drogo dans Game of Thrones) en Aquaman, Ezra Miller en Flash et Ray Fisher en Cyborg. Et là, vous vous demandez peut-être ce que foutent tous ces personnages dans Batman v Superman ? Le sous-titre à la subtilité d’un pilier de bar au bord du coma éthylique devrait vous éclairer : « l’Aube de la Justice ». Et là, on commence à grandement craindre pour le film : ne va-t-il pas finalement se contenter de n’être qu’une mise en bouche pour le film suivant ?

Le scénario du film est signé David S. Goyer qui avait participé à l’écriture des Batman de Christopher Nolan mais qui a également prouvé que quand il travaille seul il est aussi performant qu’un manchot tentant un lancer de poids. Ici, c’est Chris Terrio, qui a par exemple bossé sur le scénario de Argo, qui vient lui prêter main forte. Il nous propose de découvrir Batman (puisque le générique du film nous permet de revoir, encore mais c’est nécessaire, le meurtre de ses parents, leur enterrement et finir sur la découverte de la grotte pleine de chauve-souris… sur laquelle je vais revenir dans peu de lignes), la quarantaine bien tassée, amer et dépressif aux nuits remplies de cauchemars (et de conquêtes). Alors qu’il se rend à Metropolis pendant les événements finaux de Man of Steel, il assiste impuissant à la destruction d’une partie de la ville. Il essaye de sauver quelques personnes parmi les victimes d’un immeuble lui appartenant, dont un homme qui en perd ses jambes. Pour lui, c’est clair : ces nouveaux surhumains, ou plutôt ces extraterrestres parmi les humains, jouissent d’une puissance quasi-divine dangereuse pour l’humanité compte tenu des conséquences de leurs actions et s’il n’y a ne serait-ce que 1 % de chance que l’un d’eux soit mauvais il faut faire comme si c’était une absolue certitude et l’éliminer. C’est que le Batman de Snyder n’est pas le personnage super-héroïque que nous avons l’habitude de voir. Bon, l’homme chauve-souris a toujours été plus ou moins correctement montré comme un hors-la-loi (qu’il est) au cinéma mais le réalisateur (et ses scénaristes) en fait ici un justicier fatigué en pleine vendetta contre Superman pour sauver l’humanité qui ne lui a rien demandé, trop occupée qu’elle est à l’aduler et/ou à se poser vaguement des questions au sujet de l’irresponsabilité de ses actions. C’est plutôt un bon choix. D’autant que l’écriture de sa névrose est appuyée par des rêves étranges dont le premier permet même de surprendre le spectateur et de littéralement l’emmener dans la psyché de Bruce Wayne et de ce que Batman représente pour lui : sa rédemption personnelle et sa vengeance contre le monde qui lui a pris sa famille. La bonne idée pour appuyer tout ça, c’est d’avoir remis la découverte de la grotte (qui deviendra la Bat-Cave) après le décès des parents et non pas pendant l’enfance heureuse du petit Bruce. Bon, mettre ladite découverte pile le jour de l’enterrement des parents c’est manquer de subtilité mais peu importe ça fonctionne tout de même. Mais déjà le soleil commence à se coucher et c’est l’heure du crépuscule. En effet, si Affleck joue parfaitement bien le rôle et si Jeremy Irons campe un Alfred rafraichissant, il y a déjà quelques problèmes. En effet, on peut apercevoir dans le repaire du milliardaire héroïque le costume de Robin recouvert de graffitis probablement faits par le Joker (dont la présence passée est mentionnée lamentablement plus loin dans le film au cours d’un dialogue ronflant). Et Ben Affleck de nous faire la moue pour appuyer le fait que le clown a visiblement tué l’acolyte de Batman qui a du mal à s’en remettre et culpabilise. Mais à peine a-t-on le temps de se dire « mais attends ? Le film est un reboot de l’histoire de Batman qui commence aussi tard dans sa mythologie ? » que le film se transforme et repasse chez Superman. Lex Luthor, personnage très réussi, semble être un milliardaire scientifique très intelligent mais aussi un peu fou sur les bords. Ses équipes ont trouvé de la kryptonite et il essaye d’en faire un arme anti-Superman à vendre au gouvernement, vous savez juste au cas où quoi. Mais le personnage a une vraie profondeur et un vrai traumatisme. Probablement son enfance, mystère car le film l’explique très mal. Ce qui est certain c’est que ce dernier a de sérieux problèmes à accepter qu’on lui dise non et qu’il va se lancer dans une croisade pour prouver que Superman est bel et bien un danger et qu’il faut que l’humanité s’en protège. Cependant, il n’a pas grand-chose à voir avec le personnage d’origine… Je ne vais pas m’étendre plus sur les personnages de l’univers de Superman car ce sont à peu près les mêmes que dans Man of Steel si ce n’est que Superkent a gagné en épaisseur et qu’il est rongé par le doute : il veut se faire une place dans son nouveau monde mais n’arrive pas à s’intégrer totalement. Il essaye de bien faire, mais on lui reproche toujours des trucs… Bref, il voit le verre à moitié plein alors que le reste du monde le voit à moitié vide ! Et lui aussi, il rêve : il voit son père adoptif (Kevin Costner, qui passait par là en allant régler ses impôts) qui lui parle. Donc, au milieu de références bibliques maladroites comparant Superman a Dieu venu punir l’humanité, l’intrigue du film mène très lentement vers la nécessité pour cape noire et cape rouge de s’affronter. Cela passe par Lex Luthor qui va piéger le fauteuil roulant d’une victime de Superman (le gars sauvé par Bruce Wayne deux ans plus tôt à Metropolis donc) pendant une audition publique de ce dernier afin de le faire passer pour un meurtrier, puis par enlever la femme qui compte le plus à ses yeux (en fait, les femmes, car il va enlever et retenir sa mère en otage mais aussi enlever Lois Lane pour la pousser dans le vide et refaire la scène mythique de Superman la sauvant in extremis) et lui dire que s’il ne lui ramène pas la tête de Batman (pourquoi ? Parce que ce dernier farfouille trop dans ses affaires voyons puisque dans Batman v Superman, le port de Gotham City sert comme de par hasard de plate-forme de trafic terroriste financé par Lex Corp) sa maman se fera tuer. Et là, ça y est, c’est le combat… Qui ne dure que quelques minutes avant que les deux protagonistes comprennent l’arnaque et décident de devenir potes. C’est dommage, Batman avec son armure tout droit sortie du The Dark Knight Returns de Frank Miller avait le dessus et on assistait presque à un début de métaphore engagée sur la puissance de l’humain face au divin. Mais, malheureusement et comme si il avait peur que ce soit trop compliqué pour les mômes, le film nous renvoie tout de suite dans l’action. Batman va sauver la mère de Clark, Luthor a récupéré la technologie krytonienne et s’en est servie pour créer Doomsday (à partir du corps de Zod et de son propre sang) parce que… Bah parce que si il n’arrive pas à faire passer Superman pour un méchant autant faire passer tous les extraterrestres pour des êtres dangereux en créant un monstre. Grosse bagarre sur le port de Gotham avec Wonder Woman en guest-star (on y reviendra), Superman se sacrifie pour l’humanité, tout le monde est triste et Batman s’engage auprès de Wonder Nana à réunir les « surhumains » ensembles parce qu’il a une intuition qu’ils vont avoir besoin d’être unis pour affronter quelque chose (probablement la call sheet du tournage de Justice League…).

Batman v Superman est un ratage de narration. Si vous vous demandez ce que Wonder Woman fait à la fin du paragraphe précédent c’est parce que, comme l’ont fait les scénaristes du film, j’ai pris la décision de la jeter comme je pouvais. Et pourtant, dans le film, c’est un personnage presque réussi. Le problème est qu’il lui manque une séquence d’introduction. Et c’est symptomatique du film : le manque d’introduction et de caractérisation des personnages. D’accord ils sont connus mais il n’empêche que le film ne s’adresse pas qu’à des lecteurs de comics et ne peut se passer d’une introduction propre des personnages. Mais pire encore, le film rate totalement leur caractérisation et la transformation de ses héros en icônes, héros qu’il nous vend pourtant comme autant de créatures bibliques et mythologiques. Quant au personnage de Lois Lane, était-il possible de faire pire ? Caricature insupportable de l’archétype de la demoiselle en détresse, elle est en plus présentée comme une égoïste de la pire espèce préférant sans problème ses pauvres sentiments au reste du monde en ne comprenant pas les problèmes de son Superman de petit ami (oui, en deux ans, il s’en est passé des choses). Elle souffre en plus encore du syndrome du « besoin du scénario » ! En effet, à la fin de Man of Steel déjà elle parcourait des dizaines de kilomètres à pieds aussi vite que Superman en volant pour se retrouver témoin de la mort de Zod. Dans ce Batman v Superman elle se permet le luxe d’arriver à la fin du combat entre les deux héros et de crier « c’est le nom de sa mère » (Superman vient de dire à Batman « sauve Martha » et comme c'était également le prénom de la mère de Wayne, ce dernier, pourtant parti pour achever l’homme d’acier, stoppe son geste en criant « pourquoi est-ce que tu as dit ce nom?! ») alors qu’elle ne peut physiquement pas avoir entendu le dialogue entre les deux héros. Mais c’est pas grave, c’est la « magie Goyer », la liqueur miracle pour les scénaristes coincés dans leurs intrigues !

Pour couronner le tout, la mise en scène et le scénario donnent l’impression d’assister à trois films. En effet, il commence en ayant l’air d’un reboot de Batman mais les séquences autour de Superman ressemblent quand même à un Man of Steel 2 mais en même temps on nous distille des infos mal amenées sur d’autres personnages pour faire monter la sauce autour du futur film Justice League !

C’est indigeste, ça ne se lie pas et c’est mal amené, en particulier pour la partie « teaser pour Justice League » puisque, concrètement, Wonder Woman est présentée comme une femme qui a des secrets, qui semble exister depuis longtemps et qui finalement déboule pour se battre et montre que malgré les apparences elle est surhumaine elle aussi, et les autres personnages simplement au travers de données vidéo récupérées par Bruce Wayne et qui montrent Flash intervenant dans un braquage sur des bandes de surveillances, le journal vidéo du père de Cyborg le transformant et une vidéo de plongée sous-marine où on aperçoit Aquaman. Voilà, emballé c’est pesé ! C’est le niveau zéro de l’écriture.
La mise en scène quant à elle est paradoxalement plate et très convenue et, comme dit plus haut, loupe la caractérisation des personnages comme icônes. Les combats sont filmés comme des combats de films de super-héros sans la moindre idée. On arrive tout juste à percevoir la puissance des protagonistes dans quelques plans mais pour le reste on s’emmerde fermement. Quant au reste du film, c’est très plan-plan, seules les séquences de combat de Batman sont intéressantes en terme de rythme et de cadrage (bien que beaucoup d’idées semblent empruntées à la série de jeux vidéo Batman Arkham). La réalisation n’a aucune personnalité et on a presque du mal à reconnaître le style de Snyder, comme si on l’avait bridé. Et c’est pourtant pas faute d’essayer. Entre un rêve qui fait lourdement référence à l’arc Injustice : les dieux sont parmi nous (comics et jeux vidéo), l’arc DC Renaissance de Justice League ou bien les références esthétiques (et seulement esthétiques, ce qui est tellement dommage) au Batman de Frank Miller on ne peut pas dire que l’équipe créative du film n’y va pas avec de bonnes intentions. Seulement quelque part sur le trajet, ça se casse la gueule et on obtient cet espèce de crumble méli-mélo maladroit bourré de références bibliques mal utilisées et de références aux bandes-dessinées comme autant de clins d’½il forcés aux fans. D’ailleurs, ce qui fonctionne sur une planche de BD ne fonctionne pas forcément en film ! Autant l’armure que Batman porte pour affronter Superman fonctionne très bien autant son costume normal est laid et peu crédible. Autre aspect repris de l’½uvre de Miller : la violence de Batman. Ce dernier va, en effet, se montrer beaucoup plus vindicatif envers les criminels que dans les films précédents. Sauf qu’ici le réalisateur n’a pas osé aller jusqu’au bout. La Batmobile, équipée de mitrailleuses, ne va pas tirer sur les méchants mais plutôt provoquer des accidents et événements qui leurs seront mortels. Ainsi, Snyder n’assume pas non plus ses idées.

Enfin, la présentation du film s’avère elle aussi très discutable. Si le look « gritty » fonctionne plutôt bien avec son esthétique tout en grain de pellicule et le duo photo/étalonnage très contrastés (repris de Man of Steel) , le montage, lui, pue la scène coupée à plein nez et pour cause : la version cinéma du film a été amputée d’une bonne demie-heure. Non pas pour des raisons artistiques mais pour des raisons commerciales. En effet, Warner Bros., au travers de déclarations de Snyder, a beaucoup communiqué sur le fait qu’une version dite « director’s cut » sera disponible sur le Blu-ray (et le DVD) du film et explique cela par la volonté de supprimer de la version cinéma tout ce qui aurait empêcher le film de sortir PG-13, la mention déconseillant le film aux moins de 13 ans aux USA. En France, il est sorti seulement avec un avertissement « ce film contient des scènes, propos ou images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs ». Cela exprime aussi la volonté de contenir le récit dans un format d’environ deux heures et demie, tout ça pour maximiser le nombres d’entrée et le nombre de projections quotidiennes (et aussi justifier l’achat du Blu-ray auprès des spectateurs déçus, comme s’ils savaient déjà que le film allait récolter de mauvaises critiques ?). Seulement, le problème, c’est que les coupes sont visibles et qu’elles nuisent réellement à la cohérence du récit (comment, par exemple, Lex Luthor peut à la fin appeler Superman « Clark » ou même kidnapper sa mère alors qu’il n’a jamais été dit à aucun moment du film qu’il connaissait ces informations ? Et surtout, s’il connaît son identité, pourquoi ne la révèle-t-il pas ?). Tellement que la partie « teasing pour Justice League » ressemble… Bah à des pages de pub ! Inadmissible, tout comme la bande-originale, enfin la partie proposée par Junkie XL, car le score de Hans Zimmer fait le job même si ce n’est pas sa partition la plus inspirée. C’est bruyant, très bruyant, et parfois très en décalage avec l’action et/ou le propos en particulier sur un plan sur Wonder Woman vers la fin du film (je me demande même si c’est pas le thème du personnage qu’ils essayent de nous marteler dans le crâne). Quel dommage donc.

Note : 4/10

Partant probablement avec de bonnes intentions, Zack Snyder et les scénaristes de Batman v Superman : l’Aube de la Justice échouent pourtant lamentablement. Le film est un monstre à trois têtes qui ne sait pas ce qu’il veut être ni comment il veut se raconter et il n’en ressort qu’un mélange extrêmement bruyant et fatigants d’images mal stylisées et d’effets spéciaux vomis au visage des spectateurs. Le film est échec dans son symbolisme, dans son impact et dans son rôle finalement évident de prologue à Justice League. Il est beaucoup trop dense et le scénario aurait été beaucoup mieux raconté sur deux voire trois longs-métrages de deux heures et demie. Mais il apparaît clairement que le sous-titre du film a primé sur le titre qui n’est qu’un prétexte à présenter à la va-vite un univers et des personnages afin que Warner Bros. puisse rattraper son retard cinématographique sur son concurrent, et tant pis pour la qualité. Avec son ton plus mature, plus violent et plus sombre, le film aurait pu être l’un des piliers d’une autre façon de faire des films de super-héros, pour un public plus adulte, et se différencier des autres mais il échoue là aussi. Marvel n’a donc aucune raison de s’inquiéter de la concurrence.

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Cinéma (Cinéma)

 « Anger Therapy »

Pays :
Etats-Unis, Royaume-Uni
Genre :
Action, Aventure
Réalisation :
Christopher Nolan
Avec :
Christian Bale, Michael Caine, Liam Neeson...
Durée :
2h20
Sortie :
15 Juin 2005

Avertissement : cette critique peut contenir des spoilers.

Synopsis :
Comment un homme seul peut-il changer le monde ? Telle est la question qui hante Bruce Wayne depuis cette nuit tragique où ses parents furent abattus sous ses yeux, dans une ruelle de Gotham City. Torturé par un profond sentiment de colère et de culpabilité, le jeune héritier de cette richissime famille fuit Gotham pour un long et discret voyage à travers le monde. Le but de ses pérégrinations : sublimer sa soif de vengeance en trouvant de nouveaux moyens de lutter contre l’injustice.

Critique :
On est en 2005. Marvel Comics et Sony/Columbia Pictures se frottent les mains et nagent dans leurs piscines de dollars tels l’Oncle Picsou grâce au succès de leurs deux premières adaptations cinématographiques du célèbre Spider-Man, porté à l’écran par un Sam Raimi certes de talent mais loin de sa classe habituelle (ceci n’engage que moi). Constat inadmissible pour Warner Bros, la société mère (propriétaire) du concurrent principal de Marvel : DC Comics qui prend la décision de relancer sa vague d’adaptations cinématographiques de ses franchises de bandes-dessinées et principalement des deux plus grosses : Batman et Superman (qui restera tellement moins bien traité par le cinéma que la chauve-souris avec un Superman Returns mauvais et d’un autre temps et un Man of Steel qui passe à côté de son sujet et qui échoue dans sa volonté de crédibilité à cause d’un Zack Snyder surexcité qui ne peut pas s’empêcher d’en foutre partout). Seulement voilà, le chevalier noir a laissé quelques traces de pneu sur les écrans de cinéma avec ses deux dernières adaptations foireuses et imbitables (mais pas dénuées de bonnes intentions… Probablement) signées Joel Schumacher en 1995 et 1997. Le studio part donc avec une volonté de relancer sa franchise au cinéma en tranchant complètement avec ce qui a été fait. David S. Goyer, scénariste qui a bossé entre autres sur Dark City de Alex Proyas, sur Blade et Blade 2 (une franchise Marvel) ou encore Mission To Mars, est choisi pour l’écriture du projet tandis que la chaise du réalisateur est proposée à Christopher Nolan dont les deux précédents films, Memento et Insomnia, l’ont propulsé sur le devant de la scène et lui ont donné une vraie crédibilité auprès du studio.

Ce qui a probablement motivé Warner à signer Nolan sur le projet Batman Begins, c’est sa volonté de reprendre le récit à zéro et de l’ancrer dans une narration la plus réaliste possible et centré sur le conflit intérieur du personnage de Bruce Wayne plutôt que sur Batman lui-même. Ainsi, on nous raconte la naissance du super-héros. Une naissance dans la douleur, dans le conflit intérieur et dans le sang. Plutôt que d’un Bruce Wayne dépressif qui décide un jour en voyant une chauve-souris de devenir justicier, c’est un adolescent rongé depuis son enfance par l’assassinat de ses parents et dont la rage se transforme en violence et le pousse à envisager le meurtre au tribunal du criminel responsable de son statut d’orphelin bourgeois. Éc½uré par la criminalité grandissante à Gotham City, éc½uré également par lui-même (culpabilité du survivant), Bruce craque son slip et décide de s’exiler en Asie et de se mêler aux criminels afin de comprendre le monde qui lui a enlevé ses parents. Nolan dresse ici les bases de son arc narratif ultra simple proche de la tragédie : la chute, l’apprentissage et la rédemption. Bruce Wayne fait la rencontre de Ducard, homme de main d’un certain Ra’s al Ghul, le leader de la Ligue des Ombres, sorte d’organisation criminelle de ninjas défoncés à la toxine de la peur et qui prétend vouloir rétablir la Justice dans le monde en faisant tomber les sociétés occidentales rongées par la corruption et le crime pour les faire renaitre de leurs cendres. Forcément, voyant Wayne à sa porte, c’est une aubaine financière et politique pour le groupe puisqu’il compte le renvoyer vers Gotham pour accomplir leur funeste projet. Sauf que Bruce se sort la tête du fondement, se rend compte de l’embrouille dans laquelle il est et décide de trahir le groupe et de retourner vers Gotham pour mettre à profit ce qu’il a appris (la muscu, la bagarre et l’art du déguisement over-the-top). Il revient, met à profit le département R&D de Wayne Enterprises mais dans le feutré afin de confectionner ses bat-accessoires et il a juste le temps de faire la bise à Lucius Fox interprété par le génial Morgan Freeman qu’il doit déjà démêler une affaire de toxine de la peur mise en place par l’Épouvantail alias le Dr. Crane joué par Cillian Murphy. Bref, en fait tout ça c’était une machination de la Ligue des Ombres, Ducard était en réalité le vrai Ra’s Al Ghul et c’est lui qui veut contaminer tout Gotham pour lancer un mouvement de panique, une guerre civile et finalement achever la ville et tutti quanti sauf qu’évidemment Batman lui botte le cul et tout va bien. Sauf qu’en fait non car un criminel masqué, violent et dangereux qui signe ses crimes en laissant une carte à jouer de la figure du Joker apparaît en ville et est engendré par la médiatisation de Batman et fin. Oui, fin.

Nolan réussit sa démarche de réalisme en noyant la quête initiatique de son personnage au milieu de sous intrigues sur fond de mafias, de police corrompue (à part Jim Gordon qui comme de par hasard est le flic qui a consolé Bruce enfant le soir de la mort de ses parents… On y reviendra dans deux films…) et de dépression du personnage. Et ce que le réalisateur a bien compris c’est que Batman n’est pas un super-héros : c’est un justicier au sens le plus primaire du terme, et égoïste en plus. Il ne cherche pas à faire « triompher la justice youpi » mais à se venger de son malheur personnel à lui en s’en prenant à tous les criminels façon « plus jamais ça ! ». Noble projet, mais qui reste égoïste, froid et qui fait marcher le personnage sur la ligne jaune et ça le réalisateur l’a bien compris. Pour appuyer son propos, Nolan s’appuie sur deux choses : une réalisation froide et une esthétique réaliste. Exit le gothique de Tim Burton, place à la froideur des immeubles de Chicago (lieu de tournage des extérieurs du film), à la crasse et à la puanteur des dealers, meurtriers et criminels. Le réalisateur n’aime pas le numérique alors son film est tourné en pellicule, les cascades sont tournées en réel et le numérique ne viendra que gommer quelques détails ou ajouter des matte paintings. La lumière est froide. La narration est en mouvement. Mais c’est un peu le propre du cinéma de Nolan, un de rares réalisateurs actuels à Hollywood à ne pas avoir peur de l’ellipse. Il va à l’essentiel, le montage est découpé. Mais l’image est toujours impeccablement soignée et organique. Tout n’est pas une réussite bien sûr. Les combats, d’une part, parce qu’ils sont filmés en longue focale avec un effet caméra épaule rendant la lecture compliquée (n’est pas Paul Greengrass qui veut ! ). Ou bien certaines facilités de scénario qui s’acharnent à justifier l’arsenal du personnage. Enfin, si Nolan est un grand cinéaste qui aime la narration complexe, on ne peut s’empêcher dans ce retour de Batman de ne trouver qu’une histoire simpliste complexifiée par des artifices de narration. C’est plaisant, carrément même, mais ça fait un peu écran de fumée. L’histoire ne va jamais assez loin du côté de la corruption de la figure réaliste de la Justice (la police, les magistrats) et nous en parle plus comme d’une excuse au comportement de Bruce Wayne qu’autre chose. C’est dommage, même si on apprécie la moue frustrée de Christian Bale dans le rôle du milliardaire (et beaucoup moins son délire de changer sa voix en forçant quand il porte le costume) d’autant que ce dernier est épaulé par un Michael Caine dans le rôle de son majordome Alfred absolument fantastique ainsi qu’un score signé Hans Zimmer de toute beauté, tout en puissance et en crescendos.

Note : 7/10

Malgré le talent du réalisateur, un casting de luxe XXL (Gary Oldman, Liam Neeson, pas Katie Holmes !…) et une volonté de raconter l’histoire au travers du regard de Bruce Wayne et non de Batman, d’un personnage déchu, dépressif, en quête de rédemption, Batman Begins ne parvient pas aux sommets qu’il laissait espérer. C’est une fondation solide à un édifice prometteur, mais trop de détails maladroits l’empêchent de transcender son propos.

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Cinéma (Cinéma)

« Raconte-moi une histoire... »

Pays :
Italie, France, Royaume-Uni
Genre :
Conte, Fantastique
Réalisation :
Matteo Garrone
Avec :
Salma Hayek, Vincent Cassel, John C. Riley, Toby Jones...
Durée :
2h13
Sortie :
1er Juillet 2015

Avertissement : cette critique peut contenir des spoilers.

Synopsis :
Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Critique :
C’était un peu la surprise du dernier Festival de Cannes : un film fantastique, onirique, adaptant Il Pentamerone, le recueil de contes de Giambattista Basile qui a inspiré ou en tout cas précédé d’au moins 200 ans les ½uvres de Charles Perrault et des Frères Grimm, et réalisé par Matteo Garrone (Gomorra, Reality, Terra di mezzo…) ! C’est donc un genre complètement différent auquel s’attaque le cinéaste et un genre à mon avis souvent sous-représenté au Festival de Cannes et dans le cinéma sud-européen. Et pour supporter cette intrigante mais néanmoins bonne surprise, un casting plutôt quatre étoiles puisqu’on retrouve Selma Hayek (qui a enflammé le Red Carpet soit dit en passant) en Reine obsédée par son désir d’enfant que n’arrive pas à lui donné son Roi interprété par le grand John C. Reilly. On a aussi le plaisir de découvrir un Vincent Cassel complètement « cassellien » dans un rôle de Roi déjanté et obsédé par la luxure et ça faisait franchement longtemps qu’on l’avait pas vu s’éclater comme ça au cinéma (non pas qu’ailleurs il ne s’éclate pas en tant qu’acteur, au contraire c’est un de ces rares acteurs qui suinte la passion du jeu, mais ça faisait un sacré bail qu’on ne l’avait pas vu revenir à un rôle aussi loufoque et drôle) ! Un bout du casting de différents Harry Potter vient compléter le casting puisque l’on retrouve Toby Jones (qui faisait la voix de Dobby l’Elfe de maison) dans le rôle d’un autre Roi cette fois obnubilé par un étrange insecte et qui fuit ainsi ses responsabilités de père et Shirley Henderson (Mimi Geinarde) qui interprète ici Imma, une vieille teinturière qui accepte mal de vieillir et qui subit les décisions et les plans farfelus de sa s½ur interprétée par Hayley Carmichael. On complète le tableau avec la jeune Bebe Cave (la s½ur de Jessie Cave qui jouait Lavande Brown dans Harry Potter et le Prince de sang-mêlé) qui interprète (plutôt très bien) la fille délaissée du Roi joué par Jones qui s’ennuie au château à un âge où elle est sensée trouver un époux et partir découvrir le Monde à l’extérieur de ses murs, ainsi que Guillaume Delauney qui interprète son Ogre de futur promis.

Le film entremêle un triptyque de contes (La Biche ensorcelée, La Pouce et La Vieille écorchée) prenant place dans trois royaumes voisins en prenant ici et là des éléments des autres contes du recueil pour faire une sorte de fresque onirique et métaphorique. Le premier par exemple nous raconte l’histoire d’une Reine ne pouvant avoir d’enfant et qui apprend de la bouche d’un nécromancien qu’en faisant cuire le c½ur du monstre marin locale par une vierge et en le mangeant elle(s) tomberai(en)t instantanément enceinte. Le Roi meurt dans l’opération mais elle a son fils (et la vierge le sien et que la Reine interdit de visite au château). On peut d’ailleurs y voir un peu de Le Prince et le Pauvre. Les deux « frères jumeaux » vont tout faire pour rester ensembles jusqu’à ce que Jonah (le pauvre) soit forcé de quitter le Royaume. Il finira perdu dans un grotte où une chauve-souris géante le piègera et quand Elias (le prince) viendra à son secours et tuera le monstre, ce dernier se changera en sa mère.

Dans le second conte, le Roi du Royaume de Altomonte vit avec sa fille Violette. Cette dernière, qui aime son père plus que tout n’arrive guère à attirer son attention lorsque ce dernier se prend d’affection pour une puce qu’il va nourrir et choyer jusqu’à ce qu’elle devienne géante et finisse par mourir. Dévasté par cet évènement, et sous la pression de sa fille qui cherche à vivre dans le Monde en prenant un époux plutôt que de rester enfermée, le Roi va organisé un concours et offrir la main de sa fille à celui qui saura dire de quel animal provient la peau de la puce étendue sur le mur. Evidemment, ça ne se passe pas bien et c’est l’Ogre qui trouve et part avec Violette, dévastée que son père accepte prétextant qu’un Roi ne peut pas revenir sur sa parole. Avec l’Ogre, elle va souffrir et grandir et finir par le tuer et revenir femme auprès de son père meurtri de chagrin et montera à son tour sur le trône.

Enfin, dans le troisième conte, le Roi du Royaume de Roccaforte est une espèce de gros pervers obsédé par la luxure et les femmes qui devient fou lorsqu’il entend le chant (magnifique) d’une femme du village en bas du château qu’il s’imagine être une jeune fille magnifique alors qu’en réalité ce n’est qu’une vieille teinturière. Ce qu’il ne sait pas non plus c’est qu’elles sont deux et que la s½ur de celle dont le chant lui a tant plu va lui jouer un mauvais tour d’abord en se « maquillant » en jeune pour coucher avec lui, ce qui ne manquera pas de la dégoûter et de la faire jeter par la fenêtre, puis transformer en jeune fille par une sorcière et finalement épouser le Roi. Lorsque sa s½ur se rend compte qu’elle a rajeuni, elle lui raconte qu’elle s’est écorchée la peau pour en avoir une nouvelle. Du coup, Imma va payer le barbier pour se faire écorcher vive. Elle va souffrir d’autant plus en comprenant la tromperie de sa s½ur mais cette dernière ne sera pas en reste puisque le charme finira par se rompre.

Les trois histoires sont centrées sur l’égoïsme des personnages qui finira par les détruire à cause de leurs désirs lubrique plutôt que l’amour véritable. La Reine obsédée par le désir d’avoir un enfant puis par le désir d’être aimé réciproquement par son fils préfèrera le faire souffrir plutôt que d’accepter que ce dernier a un ami et finira tuée par le fruit de ses entrailles. Le Roi obsédé par sa puce qui perd toute notion de devoir paternel et royale va perdre sa fille aux mains d’un Ogre et quand cette dernière finira par se sauver elle-même et reviendra avec la tête de se dernier, le Roi (le seul personnage à exprimer des regrets) est destitué de son rôle de père et de souverain. Enfin, dans le troisième conte c’est évident : l’égoïsme d’une s½ur pour son bonheur auprès d’un Roi lubrique et l’obsession qu’elle partage l’autre s½ur pour leur jeunesse perdue va les consumer et les faire atrocement souffrir et au final elle ne se rendra pas compte que le Roi avait finit par trouver la solution à son problème d’addiction alors qu’elle n’en était devenue que le miroir et que ce dernier ne s’en rendait même pas compte.

Matteo Garrone aborde ici des thèmes forcément universels (les contes sont quand même une grosse base de nos cultures et de nos principes moraux) avec un juste mélange hypnotisant, voire paradoxale, de simplicité et de sophistication. La caméra est toujours fluide, et cette fluidité se transmet au rythme et au montage, accentués par des cadrages inspirés qui n’hésitent pas à chercher l’esthétisme ou la simplicité brute quand cela s’avère nécessaire et ne fait quasiment jamais de faux pas. On pourra en effet regretter que le metteur en scène n’ait pas filmé le viol de Violette de manière un peu moins superficielle car sans aller chercher du graphique ou du démonstratif (la chose qu’il fallait à tout prix éviter pour rester dans le bon goût) la séquence se démarque un peu trop du reste comme si à ce moment précis le metteur en scène n’arrivait plus à filmer. C’est d’autant plus dommage qu’à d’autres moments du film, il ne s’interdit pas l’économie de moyen au profit d’un onirisme bienvenu et riche (même si, honnêtement, une séquence sur fond vert est complètement loupée). Cependant, le travail de mise en scène reste admirable tout comme le jeu des acteurs avec une mention particulière pour Bebe Cave dont c’est le second rôle dans un long-métrage ainsi que Vincent Cassel qui est fantastique et se paye même sa meilleure entrée en scène depuis bien longtemps dans une scène de… Luxure franchement drôle. Le metteur en scène a su parfaitement retranscrire avec une justesse admirable les contes qui sont sublimés par la bande originale signée Alexandre Desplat qui est somptueuse.

Note : 9/10

Véritable pépite surprise sur la planète Cannes en 2015, Tale of Tales est une magnifique déclaration d’amour au conte, le vrai et la preuve qu’on peut faire du cinéma de genre sérieusement, avec de petits moyens et surtout en Europe (en dehors de l’Angleterre qui s’est toujours montrée très douée pour ça) ce qui devient de plus en plus rare malheureusement de nos jours. Le film a tout d’un film polarisant les critiques mais pour peu qu’on aime se plonger de ces contes oniriques on ne peut que vivre une très belle expérience de cinéma.

 

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Cinéma (Cinéma)

« Thanks for playing ! »

Pays :
Canada, États-Unis, Royaume-Uni
Genre :
Action, Comédie, Fantastique
Réalisation :
Edgar Wright
Avec :
Michael Cera, Mary Elizabeth Winstead, Jason Schwartzman...
Durée :
1h52
Sortie :
1er Décembre 2010

Avertissement : cette critique peut contenir des spoilers.

Synopsis :
Scott Pilgrim n’a jamais eu de problème à trouver une petite amie, mais s’en débarrasser s’avère plus compliqué. Entre celle qui lui a brisé le c½ur – et qui est de retour en ville – et l’adolescente qui lui sert de distraction au moment où Ramona entre dans sa vie – en rollers – l’amour n’a jamais été chose facile. Il va cependant vite réaliser que le nouvel objet de son affection traîne les plus singulières casseroles jamais rencontrées : une infâme ligue d’ex qui contrôlent sa vie amoureuse et sont prêts à tout pour éliminer son nouveau prétendant. À mesure que Scott se rapproche de Ramona, il est confronté à une palette grandissante d’individus patibulaires qui peuplent le passé de sa dulcinée : du mesquin skateur à la rock star végétarienne en passant par une affreuse paire de jumeaux. Et s’il espère séduire l’amour de sa vie, il doit triompher de chacun d’eux avant que la partie soit bel et bien « over ».

Critique :
Adaptation du comics quasi-éponyme, Scott Pilgrim vs. the World c’est un peu le fils prodigue de la pop culture geek au cinéma. En effet, et contrairement à d’autres adaptations de comics, le studio a choisi d’impliquer l’auteur, a confié le projet à un très bon réalisateur et a permis à ce dernier d’engager un casting de choix. Brian Lee O’Malley, l’auteur du comics n’avait pourtant pas fini d’écrire son ½uvre lorsque les droits ont été vendus et que le film a été mis en chantier. Il a donc étroitement collaboré avec le grand et fabuleux Edgar Wright, le réalisateur britannique/geek-qui-s’assume dont les succès de Shaun of The Dead et Hot Fuzz lui ouvraient enfin les portes d’Hollywood… Enfin façon de parler : le film reste un métrage relativement indépendant simplement distribué par Universal Pictures.

Ce qui fait d’Edgar Wright un réalisateur talentueux, hormis son point de vue artistique évident et dont on reparlera, c’est son flair pour les comédiens qui collent parfaitement à la peau de ses personnages. Il aime ses comédiens, et on sent bien qu’il est plus intéressé par ce qui fait le sel du jeu d’acteur de ces derniers que par leur aspect bankable. C’est ainsi qu’il nous propose le sympathique Michael Cera dans le rôle principal, qu’on avait pu voir avant surtout dans Superbadou Juno (que je vous recommande très très chaudement d’ailleurs) et qui campe parfaitement bien la côté cool-mais-hyper-stressé du personnage de Scott Pilgrim avec un dosage juste ce qu’il faut de naïveté, combativité et d’humour. Il a une vraie complicité avec tous les comédiens du film, même les seconds rôles, et apporte une vraie vie au métrage. Il est bouleversant quand il brise le c½ur de son adolescente de petite amie jetable Knives Chau campée par une Ellen Wong impeccable et tellement drôle quand il essaye de séduire la fantastique Ramona Flowers interprétée par l’irrésistible Mary Elizabeth Winstead. Cette dernière, elle aussi, propose une interprétation très juste de son personnage, si bien qu’on a l’impression qu’elle est directement sortie des pages du comics. Magnifique, pleine de cette grâce des grandes actrices de l’Âge d’Or d’Hollywood (elle est de la famille d’Ava Gardner) et elle aussi très drôle, elle est le vecteur de cette forme d’énergie acidulée dont déborde le film.

On retrouvera également dans le film l’excellente Brie Larson de le rôle de l’ex complètement garce de Scott qui l’a plaqué pour la sainte coolitude et sa carrière musicale. Elle est complètement jalouse, elle joue très juste et c’est encore une fois un vrai régal. Scott partage un studio avec un colocataire gay, Wallace, interprété par Kieran Culkin, qui, oui oui, est bien le frère de Macaulay « Home Alone » Culkin ! Bon vous commencez à me voir venir : il est là aussi impeccable est extrêmement drôle en particulier dans ses interactions avec la s½ur de Scott (interprétée par Anna Kendrick que vous connaissez déjà probablement tous pour sa participation à The Hit Girls dans son numéro avec les gobelets). Bon, on ne va pas énumérer tout le casting mais il me paraît important quand même de saluer la prestation de Chris Evans, qui n’était pas encore ce bon vieux Captain America, ainsi que le grand Jason Schwartzman, que vous connaissez probablement pour son rôle de Louis XVI dans Marie-Antoinette de Sofia Coppola et dans les films de Wes Anderson et qui campe ici Gideon, le principal antagoniste du film et l’ex petit ami de Ramona bien décidé à la récupérer au grand désespoir de Scott Pilgrim.

La mise en scène du film est une gigantesque déclaration d’amour à la culture geek de tous bords. Les cadrages sont hyper inventifs, le montage est extrêmement rythmé et la direction artistique qui soutient la mise en scène est remplie de références musicales, vidéo-ludiques, à la bande-dessinée et au cinéma. Comment ne pas sourire aux effets sonores de Legend of Zelda, aux onomatopées et phylactères intégrés aux images exactement comme dans le comics d’origine, ou bien encore au fait que quand Scott bat un de ses rivaux ce dernier explose en pixels et pièces de monnaie comme dans les bons beat’em’all de notre enfance ? Ou encore la formidable séquence de comédie musicale qui sert de combat entre Pilgrim et les frères Katayanagi avec une référence aux Kaiju totalement délectable et d’une pêche d’enfer… Bref, le film est très généreux et malin dans ses références mais au-delà de ça est totalement bienveillant envers son public. On sent que le réalisateur a un vrai amour pour son sujet, et ça transpire pendant toute la durée du métrage. Et c’est là où la collaboration entre Wright et Brian Lee O’Malley est fantastique : en faisant le film en même temps que le second écrivait la suite de sa BD, le réalisateur a réussi à s’approprier totalement l’½uvre et à adapter totalement son style de storytelling à cette dernière pour créer une sorte de symbiose jouissive entre le papier et la pellicule. L’esthétique du film est très stylisée et a un vrai grain de BD filmée où même les effets spéciaux s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Il n’y a ainsi jamais de décalage ni aucune faute de goût. L’étalonnage est tout aussi réussi avec un jeu particulier sur la texture de la pellicule utilisée ainsi qu’un jeu tout en nuance sur la vibrance des couleurs. C’est pop, c’est acidulé, c’est stylisé, c’est très propre et surtout c’est très frais. Et c’est finalement ça la clef du coffre au trésor qu’est Scott Pilgrim vs. the World : c’est un film très frais comme on en a rarement vu. Au delà des geekeries, il traite avec une bienveillance exemplaire du passage à l’âge adulte, de la complexité des relations amoureuses et humaines, du bien et du mal avec humour, le tout enrobé dans une bande-son rock/pop/folk/indé tout à fait magnifique à laquelle participe, entre autre, Beck.

NOTE : 8,5/10

Film générationnel, généreux, drôle, prenant et inventif, Scott Pilgrim vs. the World est de ces perles rares qui font passer un formidable moment de cinéma, donnent le sourire et remontent le moral. Si les ados et jeunes adultes des années 80 avaient le très bon La Folle Journée de Ferris Bueller, ceux des années 2010 peuvent compter sur le film d’Edgar Wright pour porter haut leurs couleurs. La seule question qui subsiste : est-ce que le réalisateur fera l’adaptation de Seconds, la dernière BD en date du canadien rock’n’roll geek dessinateur ?! On ne peut que l’espérer très fortement !

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Cinéma (Cinéma)

« For the love of Pong ! »

Pays :
États-Unis
Genre :
Comédie, Aventure
Réalisation :
James Rolfe et Kevin Finn
Avec :
James Rolfe, Sarah Glendening, Stephen Mendel…
Durée :
1h55
Sortie :
21 Juillet 2014

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs.
Cette critique peut contenir des spoilers.

Synopsis :
Une légende urbaine raconte que des millions de copies du jeu Atari 2600 E.T. The Extra-Terrestrial, proclamé »pire jeu vidéo de tous les temps » et responsable de l’effondrement du marché en 1983, seraient enterrées dans le désert du Nouveau Mexique. Après avoir longtemps refusé d’en faire la critique en vidéo, l’Angry Video Game Nerd (The Nerd) cède à la pression de ses fans et se lance dans une quête visant à prouver qu’il n’y a rien d’enterré et que ce n’est qu’une légende. Cependant, lui et son équipe se retrouvent pourchassés par les autorités fédérales, menées par le maléfique Général Dark Onward, croyant qu’ils enquêtent sur la fameuse Zone 51 et sur les crashes présumés d’un OVNI.

Critique :
Pour ceux qui ne connaitraient pas James Rolfe, il incarne depuis 2004 l’Angry Video Game Nerd, sorte de Joueur du Grenier avant l’heure et avec un humour plus proche de South Park et plein de références cinématographiques. En effet, au-delà de cette web-série, Rolfe est surtout un diplômé d’une Université de Cinéma, passionné de films de genres et réalisateur de plusieurs centaines de courts-métrages indépendants. Après des années de gestation, un passage par le crowdfunding afin de s’assurer une totale indépendance, lui et son camarade de fac Kevin Finn ont lancé la production d’un long-métrage basé sur le personnage du Nerd. Véritable tour de force dans la sphère des YouTubers et des passionnés de cinéma bis, la production très low cost du film a duré plus de deux ans et fait appel à plusieurs centaines de personnes à travers le Monde.

Il était évident que le scénario du film tournerait autour du jeu E.T. (Eee-Tee dans le film afin d’éviter d’évidents problèmes juridiques avec Tonton Steven) et dériverait vers la Zone 51. En effet, James Rolfe est un fan de Godzilla et autres films de monstres et son scénario est le prétexte idéal pour s’adonner à sa passion pour les effets spéciaux réels et face caméra à l’ancienne. Mais plus que ça, les deux scénaristes et réalisateurs du projet ont réussi à accoucher d’une histoire d’aventure plutôt bien fichue avec un dosage plus que correct de clins d’½il, d’absurde et de private jokes que seuls les fans les plus hardcore de Cinemassacre (leur société de production) pourraient comprendre. Et de l’absurde il y en a. Entre un Général mi-homme mi-char miniature totalement maladroit et ô combien idiot (il se fait quand même sauter les deux bras à la grenade, avec un savoureux clin d’½il au Sacré Graal des Monty Python), un acolyte certes qui a envie de bien faire mais nom d’un goomba en short qu’il est maladroit, le tout saupoudré d’un zeste de complots, de trahisons et de monstres et vous en êtes pour un cocktail qui pourrait presque faire passer Austin Powers pour un numéro de Vivement Dimanche Prochain. Certains personnages toutefois mériteraient un peu plus de profondeur, car sous-développés, comme par exemple Mandi, l’employée de Cockburn Inc qui édite dans le film Eee-Tee 2 et qui souhaite monter un plan marketing en finançant l’expédition du Nerd qui devra en contre-partie tester (et défoncer) son jeu afin que ses fans achètent en masse  »un aussi mauvais jeu ». Ses motivations sont claires mais le personnage flotte un peu au milieu du casting et donne l’impression de n’être qu’un faire-valoir féminin d’autant que dans les trois quarts de l’aventure sa présence n’est finalement pas utile au déroulement du scénario. Les personnages secondaires sont nettement plus savoureux mais cela est probablement dû au fait qu’on les voit peu d’une part, et qu’ils ne font la plupart du temps que délivrer un gimmick comique. Cependant, le dernier quart du film vaut vraiment le détour. Tandis que le Nerd découvre un extraterrestre (en animatronic, s’il vous plait!), un monstre géant du nom de Death Mwauthzyx (et non ce n’est pas une faute de frappe !) se lance dans la destruction de l’univers tel qu’on le connaît ! Sa réalisation n’est d’ailleurs pas sans rappeler les glorieuses heures de notre enfance quand nous regardions Bioman et autres Power Rangers ou tout simplement les films de monstres classiques japonais.

C’est amusant et un vrai triomphe que l’équipe soit parvenue à créer de vrais enjeux avec un tel sujet, de tels personnages et une réalisation volontairement cheap là où il aurait été facile de perdre le public à cause d’un effet mal fait, d’une maquette trop visible ou d’un acteur un peu à côté de la plaque. Mais tout n’est à mon avis pas une réussite. En effet, pour des questions de moyens probablement mais aussi par une volonté propre aux réalisateurs, le film a été tourné avec une caméra numérique Panasonic AF100 qui pourrait être ce qui se fait de plus low cost dans le domaine (sans pour autant dire que c’est mal, au contraire c’est un très bon outil professionnel). Mais surtout, les vrais problèmes à mon avis, ce sont les optiques utilisées (photo, et pas forcément bonnes) ainsi qu’un étalonnage et/ou une lumière qui font trop ressortir la froideur de la vidéo numérique, là où avec le background des réalisateurs on aurait été en droit de s’attendre à quelque chose de plus organique, de plus proche de la pellicule. Mais leur faible budget (325 327$ c’est à dire rien du tout à l’échelle du cinéma américain) ne pouvait clairement pas leur permettre de tourner en pellicule. Autre souci : la mise en scène. C’est pas que c’est mauvais, c’est que c’est extrêmement plat et plan plan ! On a tellement l’impression de voir l’application à la lettre d’un cours de mise en scène lambda que ça en devient incompréhensible. Où sont passés les éclats de génie qui faisaient le succès des vidéos et courts-métrages de James Rolfe ? Aucune prise de risque, des cadrages mous, une utilisation de la profondeur de champ juste mais ramenarde et quelques erreurs basiques vis-à-vis de la Loi des 180 degrés. C’est dommage car avec de l’audace à la Troma la mise en scène aurait sublimé le film et ses effets visuels délicieusement en carton mais tellement chouettes, surtout en 2015. Ceci étant dit, la musique est à la rescousse. Et quelle bande-son mes enfants ! Composée par Bear McCreary (récompensé pour la B.O de Battlestar Galatica tout de même) elle colle parfaitement à l’action, à l’esprit (les chip tunes sont dans la place !) nerd du film et est un plaisir pour les oreilles. La chanson The Angry Video Game Nerd écrite et interprétée par Kyle Justin est évidemment de la partie.
Du coup, on a mine de rien affaire à un film très équilibré dans le sens où certains défauts sont compensés par des réussites. J’aurais tout de même aimé que tout soit réussite mais que voulez-vous. Par contre, mention spéciale pour la distribution du film. En effet, outre quelques salles américaines et des services de VOD (Vimeo, YouTube etc.), le film est édité en Blu-ray avec une quantité titanesque de bonus très intéressants. Il est  »all zones », sous-titré en français et trouvable chez Amazon en import U.S pour un prix plus que correct. Bref, c’est un Blu-ray plein d’une générosité qui force le respect, surtout comparé aux éditions de blockbusters qui coûtent pourtant plus de 600 fois plus cher !

NOTE : 7,5/10

Il faut aimer le cinéma bis pour apprécier ce film, c’est sûr. Et on passe un super bon moment pour peu que sa simplicité et ses défauts nous fassent l’effet d’un gros câlin de toute la pop culture de notre enfance. Cependant, il me semble très important de sanctionner ses défauts car le budget ou les conditions de tournage d’un film ne doivent pas influencer le ressenti que l’on a au visionnage… sinon Sharknado serait un film supportable. AVGN:The Movie reste un super premier long-métrage garantissant de grands moments de rigolade avec quelques caméos (dont l’inénarrable Lloyd Kaufman) alors ne boudez pas votre plaisir et foncez !

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Jeux Vidéo

Il est enfin là : LE jeu dérivé de la licence Pokémon que beaucoup (juste pour ne pas dire tous) de fans attendaient ! L'évolution logique de la formule Pokémon Stadium peut-être ? Quoiqu'il en soit, depuis la sortie de ce dernier, j'imaginais un jeu de versus fighting basé sur la licence à bestioles alors que pourtant, à part Pokémon Blue sur la Game Boy Originale quand j'avais 12-13 ans et le premier Pokémon Stadium chez un pote quand il est sorti sur N64, je n'ai jamais suivi la licence. Je ne pense absolument pas que ce sont de mauvais jeux, bien au contraire, mais juste qu'après avoir terminé le premier je suis passé à autre chose et que je n'ai jamais eu l'envie de revenir vers cette simulation de collectionnite aigüe. Par contre, je suis un gros fan de versus fighting donc j'ai chopé la démo sur l'eShop de la Wii U pour voir de quoi il retourne de ce jeu de baston développé par les pères de la saga Tekken.

Bon, déjà, un gros carton rouge à Nintendo qui non seulement n'autorise le lancement de ladite démo que 10 fois (sans déconner pourquoi vous limitez l'utilisation de vos démos ? Vous êtes les seuls à faire ça !) mais en plus celle-ci est très limitée en nombre de combattants et de modes de jeu (y compris de type de contrôles... En tout cas chez moi la démo n'est jouable qu'avec le Gamepad et pas avec le Pro Controller machin truc). Mais bref, passons, de toute façon ici je ne compte pas faire un test mais juste livrer un avis à chaud en quelques points (désordonés, comme ils me viennent à l'esprit)...

- C'est pas vilain visuellement et c'est plutôt dynamique (après, il faut apprécier l'univers de la saga pour en profiter pleinement)

- Les contrôles sont... Très troublants à mon goût. Au lieu de faire un clone de Tekken, ils ont mondu un truc plus proche d'un Naruto (c'est d'ailleurs précisé dans le test de Gameblog il me semble) avec un bouton de Saut, deux de coups, un de special etc etc... Et des déplacements en 3D. Bon, pourquoi pas hein, mais quitte à faire un jeu de baton j'aurais largement préféré un gameplay plus proche de Tekken ou Street Fighter (et je pense que c'eut été totalement possible).

- Je n'ai, personnellement, pas (encore) compris le système de phases (si ce n'est que dans l'une d'elle on se déplace "en 2D"). Pour moi, on se bat exactement pareil dans chacune d'entre elle.

- Les super-attaques (celles qu'on déclenche avec L+R) sont plutôt fun.

- Les personnages ont des stats qui leur sont propres et ça se ressent donc c'est super...

- ... Sauf que, en tout cas dans la démo, je les trouve extrêmement mal équilibrés. Chez moi, Dracaufeu me parait beaucoup beaucoup trop puissant. J'ai gagné un combat en moins de 30 secondes avec !

- Ce n'est évidemment pas visible dans la démo mais si j'en crois le test de Joniwan le roster du jeu est limité... Au nombre de personnages proposés... Et ÇA c'est à mon avis une très très grosse erreur ! S'il y a bien une chose qu'il fallait garder de Pokémon Stadium c'est la possibilité d'importer ses bestioles depuis une cartouche 3DS (d'autant que la connectivité 3DS/WiiU elle existe !).

En conclusion, je pense que malgré ses défauts ce doit être un très bon titre qui doit bien avoir une profondeur (il est à l'EVO après tout même si j'en suis le premier surpris) mais c'est juste dommage de ne pas être allé plus loin dans le gameplay Versus Fighting (à mon goût en tout cas). PAR CONTRE, quand je vois le jeu je ne peux m'empêcher de penser à l'histoire du projet avorté de "jeu de catch/volleyball" avec les personnages de l'univers Mario (sensé être développé par l'équipe à qui on doit le fabuleux Mario Striker Charged Football si je ne m'abuse ?) et je me dis qu'en reprenant les bases de ce Pokkén Tournament et en rafinant un petit peu les quelques bricoles dans le gameplay (notamment au niveau des "coups spéciaux" qui mériteraient d'être un poil plus complexe à sortir histoire d'être plus gratifiants) il y a moyen de faire un jeu de Versus/Catch ultra fun dans l'univers du plombier moustachu et/ou de Nintendo en général. Quelque chose que j'apprécierais beaucoup pour changer un peu de la formule Smash Bros.

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Édito

Tombé dans la marmite de pixels et le ragout de pellicule depuis tout petit, il a fait ses armes dans le milieu du film amateur avant de faire une école de cinéma et d'en ressortir monteur et étalonneur barbu ascendant scénariste réalisateur. Tendance à l'éclectisme même si c'est un sport fatigant, c'est avec une tendresse sévère qu'il brûlera de tout son cosmos pour transmettre ses passions à ses lecteurs. En temps normal, il ne parle pas de lui à la troisième personne non plus. Ne pas nourrir après minuit.

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