Le Blog de 3 Nuances 2 Geeks

Par 3 Nuances 2 Geeks Blog créé le 24/04/14 Mis à jour le 11/06/16 à 10h38

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Tous les mois sortent sur les étals de nos libraires préférés des flopées de nouvelles séries, toutes (ou presque) aussi appétissantes les unes que les autres. Pour s'y retrouver, on jette un ½il sur les différentes critiques qui pullulent sur le net (on se compte dedans, évidemment^^), on fait son choix en laissant de côté d'autres titres moins aguicheurs ou jugés trop longs, en se disant "on verra ce que ça donne dans quelques tomes...", pour finalement oublier ces "seconds couteaux" qu ne demandent qu'à être de fines lames, aiguisées par l'appétit de voraces lecteurs ou lectrices. C'est donc pour rendre justice ou enterrer définitivement ces titres que cette rubrique est née! Cette fois-ci,c'est au tour de Gamaran, le shonen tranchant de chez Kana!

gamaran-633317Le pitch de poche: Gama est un gamin un peu bêta mais pas manchot avec un sabre entre les mains.Heureusement, car dans le fief d'Unabara, ça tranche plus vite que son ombre. Alors, quand s'organise un tournoi avec en toile de fond l'avenir de l'archipel, ça donne une bonne raison à Gama de regler ses comptes avec un paternel un brin sanguin....

 

 

 

 

 

Pourquoi vous l'avez pas pris:

  • shonen, japon médieval, sabres...vous avez dit Kenshin?gamaran-3393049
  • les noms de techniques à rallonge, ça m'épuise...
  • un tournoi? c'est teeeeeeeellement original...
  • 22 tomes,ça commence à faire long...

Pourquoi vous auriez dû:

  • Le tournoi n'est qu'une étape...Ouf!
  • Des personnages secondaires à la hauteur
  • Un trait simple mais hyper vif
  • un mec, quand il est mort, il est....mort! Incroyable, non?

Alors, ça donne quoi?

Dans un genre où les classiques surabondent (Kenshin le vagabond et Samurai Deeper Kyo, ça vous dit rien?), il est bien difficile de se faire une place au soleil.gamaran-633279 Malgré l’écueil, Gamaran possède des qualités indéniables: une trame qui, sans réinventer la roue, prend une belle ampleur avec de nombreux coups de théâtre: elle insiste sur la complexité à cette époque de faire la bascule entre une certaine modernité un peu cynique et une ère du sabre archaïque, symbolisé par certains combats mémorables, on aurait aimé que ce soit traité moins superficiellement, mais pour le genre, c'est déjà pas si mal. Pour ce qui est de la baston, on est servis, et l'auteur sait mettre en valeur ses Gamaran-tome-1combattants et varier suffisamment ses effets pour éviter la redondance dans les combats (un peu moins vrai sur la fin, mais rien de bien méchant). Autre chose appréciable, c'est l'absence de retours "miraculeux", reproche habituel pour ce type de titre, dont l'absence ici renforce le réalisme (relatif, bien sûr, ça reste un shonen) des affrontements. Bon, tout n'est pas parfait non plus: on n’échappe pas à certains passages obligés (l'entrainement de la mort qui tue, par exemple) et l’intérêt pour certains combats est plus que limité. Mais, dans l'ensemble, ça passe, car les personnages secondaires, bien qu'archétypaux (le petit sérieux, la grande tige sans cervelle mais au c½ur d'or, le "grand frère" un peu dark...) sont bien exploités et défendent chacun leur vision du sabre de manière honorable, bien loins de ne servir que de faire-valoir à Gama, qui gagne indéniablement en charisme au fil de l'aventure. Dans le casting, il manque juste un "bad guy" véritablement imposant, mais ça correspond finalement bien à la philosophie du titre, où ces hommes ne cherchent finalement qu'à défendre les principes qu'on leur a enseignés, voyant la modernité d'un oeil méfiant. Une vision que l'on pourrait transposer à notre époque actuelle et qui rend Gamaran si...moderne, au final! Un bon titre, pas indispensable, mais qu'il serait dommage de ne pas découvrir si vous appréciez le genre!

Voir aussi

Jeux : 
Samurai Shodown
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Salut les geeks, salut les geekettes!

Au programme de ce podcast dénué de toute vulgarité:

- un puncheur qui cartonne!
- du Prodigy sans musique !
- de la virtualité bien réelle!
- un medley salé/sucré sauce Metroid!
- des bonnes soeurs pas très catholiques...
- des hommes qui aiment le Hard...ware!

Et pour finir, un ménage à 3 placé sous le signe du Q, avec l'opposition perpétuelle entre le quantitatif et le qualitatif: Le plus est-il définitivement l'ennemi du bien? 

Enjoy, et n'hésitez pas à nous laisser vos commentaires!

 

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Bonne Année! Comment? On est déjà en Avril? Je suis si à la bourre que ça? Bon...On va essayer de rattraper le temps perdu via ce retour sur toutes les nouvelles séries que j'ai pu découvrir en ce début d'année, malgré un planning disons...chargé (merci Sommergeeks!). Pas de top cette fois-ci, mais des catégories qui, je pense, parleront d'elles-mêmes...

Catégorie  "je crois que j'ai perdu une heure de ma vie pour rien"

Reprendre dlost-seven-1-dokies personnages de classiques de la littérature pour se les réapproprier, ça peut donner de bonnes surprises, Pandora hearts en étant l'exemple le plus récent. Mais comme pour tout phénomène de modeon trouve toujours des éditeurs opportunistes qui vont vous sortir des titres de seconde voire de troisième zone, en priant pour qu'ils trouare-you-alice-1-kazevent leur public sur un malentendu. C'est le cas pour Lost seven, une courte série (4 tomes), dont les 2 premiers volumes sont sortis chez Doki Doki, tout comme Are you Alice? chez Kaze, qui se terminera en 12 tomes . Les 2 icônes maltraitées ici sont Blanche Neige et Alice, embarquées pour la première dans un récit Héroic Fantasy bancal à grosses ficelles qui pioche un peu partout pour cacher son abyssal ininterêt, et pour la seconde,
dans un énième death gae qui n'apporte rien au genre et reste très brouillon dans sa narration. Puis Alice en garçon, ça casse un peu le mythe... Après avoir pleuré sur la tombe de L. Carroll et des frères Grimm, penchons nous sur le cas du nouveau survival en 3 tomes de chez Soleil Abyss, qui n'a rien à voir avec le film culte de J. Cameron,abyss-1-soleil que ce soit dans son contenu ou dans sa qualité, jugez plutôt: un jeune garçon se réveille seul dans un souterrain labyrinthique avec une télécommande à la main dont il va vite comprendre qu'elle lui donne des pouvoirs, bien utiles pour éliminer le vilain monstre qui bloque la sortie. Originalité? zéro. Personnages?Re-member-1-ki-oon Caricaturaux. Suspense? Aucun. Next... Re/member chez Ki-oon complète le trio survivaliste et bien qu'il soit un cran au-dessus des 2 autres, ma patience vis à vis de ce genre de production arrive à son terme: trop, c'est trop, cette mode doit cesser, sous peine de gaver le lecteur définitivement! Dommage, car le titre n'a rien de fondamentalement mauvais, avec son coté Un jour sans fin version macabre mixée avec Ring. Mais rien de mémorable non plus...

Catégorie "ça plaira pas à tout le monde, mais sur un malentendu..."

Le problème avec l'originalité, c'est que ça ne plaît pas à la majorité, ça se saurait, et Shueisha ne vendrait pas ses shonens par milliere-des-cristaux-1-glenatons... La preuve en est avec L'ère des cristaux, un seinen ô combien étrange avec ce postulat de départ: dans un lointain avenir, l'être humain n'existe plus en tant que tel mais s'est réincarné en cristaux humanoïdes dont le caractère est le reflet de sa composition ( Ex: Diamant est dur mais sensible), dont l'avenir est mis en danger par les Séléniens, un peuplanus-beaute-1-kurokawae lunaire adorateur des pierres précieuses. Vous avez dit étrange? C'est certain, mais une fois le postulat de départ intégré, découvrir tout à tour les différents personnages, au design épué et quasi-asexué, donne une lecture en apesanteur dont on ressort avec une agréable sensation d'apaisement. Sensation qu'aimerait éprouver Mitsuki, le héros malheureux de l'OVNI Anus beauté, une série en 2 tomes au sujet scabreux: les hémorroïdes! Un sujet improbable, que l'auteur réussit à parfaitement intégrer dans un triangle amoureux classique: le garçon au secret inavouable, amoureux de la plus belle fille du lycée, aidé dans sa quête libératrice voleur-estampes-glenatpar une apprentie proctologue paradoxalement coincée du c....Drôle sans tomber dans la vulgarité, avec une vraie fonction éducative sur un sujet pas évident, voilà un titre qui mérite son buzz! Ce qui n'est pas tout à fait le cas du voleur d'estampes: ce global manga, prévu en 2 tomes, prend le parti graphique de raconter son histoire sous forme d'estampes japonaises, un challenge plutôt réussi, bien que ça fige un peu l'action. Plus gênant, c'est son contenu, avec une histoire de Robin des bois asiatique, menant la vie dure au vil gouverneur. Ce dernier souhaite marier sa fille de force pour satisfaire ses propres ambitions, mais cette dernière ne l'entend pas ainsi et voit dans le voleur un échappatoire au charme indéniable... Une prise de risque minimale qui ne satisfera que les plus romantiques d'entre vous. La romance écolière, c'est ce que laisse augurer la couvemonde-de-uchu-1-castermanrture du dyptique de chez CastermanLe monde selon Uchu, mais ce serait bien réducteur, puisqu'il est question ici de prise de conscience brutale du personnage principal qu'il est...dans un manga! Une mise en abymes dont découlent une multitude de questionnements de notre héros malgré lui et sur ses compagnons au destin qu'ils n'ont pas choisi. Menant une réflexion sur notre position de lecteur-despote, l'auteur varie les plaisirs, passant de l'humour au drame avec égal bonheur. Dommage que le style de l'auteur ne soit pas aussi fin que son propos, mais ça ne rend pas la lecture désagréable, loin de là.

Catégorie "Reviens en deuxième semaine"

Il est des séries dont le potentiel ne saute pas immédiatement aux yeux, mais qui se révèlent bons sur la durée. Hawhawkwood-1-dokikwood, le seinen historique de Doki Doki en fait partie, car la lecture du premier tome m'avait laissé sur ma faim, bien que le dessin soit agréable et le choix de raconter le destin d'un mercenaire "chevaleresque" en pleine Guerre de 100 ans piquait ma curiosité. La faute à un déroulement bien trop classique pour surprendre. Mais le second tome a fini de me convaincre du potentiel de la série dont l'intrigue rebondit de manière plutôt bien vue. Terminée en 8 tomes au Japon, cette sérieoldman-1-kotoji pourrait se révéler être un solide divertissement médiéval au final. Tout comme le manhua Oldman, dont la couverture m'a charmé immédiatement, aidée par ce au synopsis énigmatique : une reine, dont la beauté et la jeunesse permanentes interrogent, garde emprisonné un homme aux capacités étonnantes. Mage? Escroc? Prestidigitateur? Personne ne sait... Mais quand ce dernier s'échappe et cherche à se venger de sa geôlière, aidé d'une femme-tronc revancharde et d'un anatomiste lubrique, une chasse à l'homme s'organise... Ca part un peu dans tous les sens, entre comédie burlesque, baston débridée et mystères multiples, mais la curiosité sur la suite des événements l'emporte, aidé par une patte graphique à la hauteur. Dommage que l'édition pêche, avec une impression floue du plus mauvais effet...Tout comme la lecture du premier tome de Beyond evil, court seinen de Kaze, qui ne m'avait pas cobeyond-evil-1-kazenvaincu, avec son héros-boyscout découvrant les bas-fonds de Tokyo où des humains passent des contrats avec des démons par appât du gain, en échange de leur vie. Une énième revisite du mythe de Dante qui accumulait les personnages agaçants et les situations convenues, avec des abus graphiques (trop de trames!) gênants. Heureusement que le second tome sorti en même temps corrige certains défauts et développe un scénario plus complexe qu'il n'y paraît, mais un doute subsisteAnguilles-demoniaques-1-komikku pour la suite. Autre série qui m'a laissé perplexe après avoir refermé son premier volume, c'est Anguilles démoniaques, polar en 3 tomes chez Komikku. Enfin, polar...c'est ce que laisse penser le 4ème de couverture, avec cette histoire de trafics étranges menés par un colosse au coeur tendre qui ne sait pas dans quoi il s'est embarqué. Mais ce serait franchement réducteur vis àvis du récit, car on y voit davantage la transformation mentale et physique d'un homme au contact d'un charismatique prêteur sur gages aux intentions troubles. Intriguant, tout cela...Un peu comme la couverture de Soul keeper, dernière production de Tsutomu Takahashi (Sidooh, Alive, Bakuon rettô), photoshop indigne et repoussant qui ne rend pas hommsoul-keeper-1-paniniage au travail de cet auteur de grande qualité. Il nous séduit encore ici avec cette histoire de fantôme obligé de retourner sur Terre pour bonifier son âme, mais qui voit sa tâche compliquée par la personne qu'elle doit protéger, rien de moins que le Premier Ministre japonais, en proie à des problèmes de santé et mis en difficulté politiquement! Une banale histoire d'ange gardien, me direz vous? Peut être, mais trop de mystères s'accumulent pour ne pas titiller la curiosité du lecteur sur la suite des événements, et comme l'auteur maitrise graphiquement, vivement la suite!

Catégorie "Dessine moi un blockbuster"

Difficile de passer à coté de certains titres mis en avant massivement par leur éditeur, à la limite du matraquage parfois. Parlons donc un peu du phénomène One-Punch Man, nouveau mastodonte shonen aux chiffres de vente boostéone-punch-man-1-kurokawas par un bouche-à-oreille flatteur. Après la lecture des 2 premiers tomes, j'avoue m'interroger un peu: c'est beau, bien rythmé, le concept du super-héros blasé trop fort pour ses ennemis est plutôt bien vu avec des passages francmy-hero-academia-ki-oonhement drôles, mais pour le moment, je n'arrive pas à être totalement emballé, faute d'un fil conducteur accrocheur qui tarde à venir. Mais j'ai bon espoir, car tout est là pour obtenir une perle. Un peu de patience, donc... Pour ce qui est de My Hero Academia, on navigue en terrain connu, avec un jeune garçon né sans pouvoirs dans un monde peuplé de super-héros (décidément!), dont le fol espoir est d'en devenir un malgré tout! Sa rencontre avec le plus fort d'entre eux va bouleverser son destin et va lui permettre d'intégrer la prestigieuse académie super-héroïque. Classique mais efficace, avec des personnages plutôt attachants, MHA est une introduction parfaite au shonen, à défaut d'être davantage pour le moment. Tout comme Q, série post-apocalyptique de Ki-oon en 3 tomes, qui ne tient pas toutes les promesses que son scénario et sonQ-1-ki-oon statut de seinen laissaient présager. Je m'explique: l'abus de kawaiitude de l'héroïne (design mimi tout plein, qui craque pour un donut mais aux capacités destructrices redoutables) adoucit bien trop l'ambiance d'un récit au départ si sombre (une sphère extra terrestre terrorise les humains en larguant des monstres énormes dès que les terriens lèvent les yeux au ciel) pour rester un minimum crédible.  Ajouté à cela un personnage principal masculin pétri de contradictions et des situations qui semblent n'être là que pour faire plaisir au lecteur, vous obtenez un petit divertissement qui ne devrait pas rester dans les annales, dommage.

Catégorie "les séries c'est bien, les one-shot c'est mieux"

On reproche souvent aux tomes uniques de manquer un peu de consistance, faute de place pour developper les personnages et l'intrigue. Rien de tout ça dans Snegurochka, formidable récit d'espionnage dans la Russie stalinienne des annsnegurochka-hiroaki-castermanées 30, où l'on suit la recherche douloureuse d'une mystérieuse vérité pour Belka, une handicapée à la volonté inébranlable et Shchenok son serviteur à la santé précaire. Un "couple" obnubilé par une datcha appartenant au régime dont les secrets vont les mener aux 4 coins d'une Russie malmenée par les travers d'un état autoristariste. Un bel ouvrage magnifié par le dessin de Samura, l'auteur de L'habitant de l'infini, qui sort des sentiers battus. Tout comme le mangaka Syoichi Tanazono dans son manga auto-biographique Sans aller à l'école, je suis devenu mangaka chez Akatasans-aller-a-lecole-akata, dont le but n'est pas de pousser les enfants à faire l'école buissonnière, mais de démontrer que le système scolaire n'est pas forcément adapté à tous, et que l'on peut choisir une autre route sans que l'échec soit au bout. C'est le cas ici de notre petit écolier qui fait un blocage dès qu'il entre dans la classe, ce qui oblige ses parents à envisager d'autres alternatives pour l'éducation de leur fils malgré une pression sociale qui les pousse à revenir dans le "droit chemin". Un récit fort, à la lecture fluide, juste alourdi par certaines séquences superflues qui auraient dû laisser la place à des explications un peu plus fournies sur certains pans de l'histoire, ce quRitournelle-komikkui laisse un petit goût d'inachevé dans la bouche. Ce qui est loin d'être le cas avec Ritournelle, très belle oeuvre en couleur chez Komikku se déroulant dans un couvent, où l'on suit les destins contrariés de différentes soeur: l'une, brillante et promise à un grand avenir  parmi l'institution mais dont le coeur recèle des failles bien difficiles à combler, et l'autre, pupille abandonnée en admiration devant la première aux multiples questions sur sa propre utilité en ce bas monde. Le trait d'Ikebe, magnifié par une mise en couleur au diapason, respire le calme et la douceur, et suivre le quotidien pas si austère qu'on pourrait l'imaginer de ces jeunes filles en quête de sens se révèle passionnante à plus d'un titre. Une très jolie découverte, en tout cas.

Catégorie "A tout seinen, tout honneur"Black-Bullet-1-doki

Le grand écart: telle est l'idée qui me vient à l'esprit quand je vois les différents seinens peuplant cette catégorie, démontrant (s'il le fallait) la richesse de l'univers manga. Commençons par Black bullet et son action survitaminée, à base de virus mutant transformant les humains en prédateurs dont seuls des agents travaillant en duos peuvent se débarrasser à l'aide d'armes spéciales et de capacités surhumaines. Rythmé, agréable à l'oeil mais assez classique dans le fond, ce titre comblera les amateurs dbienvenue-chez-protect-1-akata'action teintée de fan-service kawaii. Au contraire de Bienvenue chez protect, plongée interessante mais bavarde dans la réalité économique des maisons d'édition et des mangakas d'aujourd'hui, qui demandent à un conseiller un brin fantasque de trouver des solutions pour éviter le déclin. Un sujet casse-gueule auquel l'auteur apporte suffisamment de fraicheur pour ne pas étouffer le lecteur entre les diagrammes et les courbes de progression, et qui devrait passionner les économistes en herbe. Pas sûr que ce soit la tasse de thé de Ren, le jeune orphelin de l'adaptation manga du chef d'oeuvre Le Garçon et lagarcon-bete-1-manga-kaze Bête, une fort jolie fable initiatique narrant la rencontre improbable entre cet enfant et Kumatetsu, une bête colossale un peu bourrue mais au coeur tendre qui va prendre le jeune garçon sous son aile dans un monde peuplé d'animaux. Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de voir le film, voici une belle introductionau travail de Mamoru Hosoda, où chacun de pere-fils-1-ki-oonnos protagonistes s'enrichira et grandira au contact de l'autre. Dans la veine "récit initiatique", Père et fils propose sa version, celle d'un homme apprenant à être père en prenant soin de son fils après le décès de sa mère. Un apprentissage complexe pour cet herboriste habitué à parcourir les chemins pour soigner les gens. C'est d'ailleurs en voyageant, et au gré de rencontres enrichissantes, que cette relation père-fils se développera tout en douceur mais non sans difficulté. Bonne pioche pour KI-oon avec ce road trip prometteur, et qui double la mise avec Kasane la voleuse de visage, sombre thriller fantastique au coeur duquel tente de grandir une jeune fille pas gkasane-voleuse-visage-1-ki-oonâtée par la nature et orpheline d'une superbe femme. Mais son apparence la contraint à la solitude malgré le soutien d'amies bien plus belles qu'elle. S'installe une forme de jalousie, qu'un mystérieux (miraculeux?) rouge à lèvres va finir de faire basculer notre anti-héroïne... Réflexion pertinente sur la beauté et la force des apparences, Kasane est une lecture agréable, plutôt bien illustrée et vite addictive! C'est une autre forme d'addiction qu'on découvre dans Deathco: celle du meurtre! Car Deathko n'a qu'un seul but dans sa vie: dézinguer tout ce qu'une mystérieuse organisation, la "Guilde", lui ordonne d'exécuter. Sorte de Léon version gothique, cette nouvelle oeuvre porte la marqudeath-co-1-castermane d' Atsushi Kaneko (Soil, Wet moon, Bambi), avec ses personnages décalés et névrosés, et son ambiance suffocante digne des meilleurs pulps américains dont lui seul a le secret. Il faut juste accepter de se laisser porter dans ce grand 8 aux frissons garantis! Pour s'en remettre, on finira par cette vision sablonneuse de l'après-apocalypse, les enfants de la Baleine, enfant-de-la-baleine-1-glenatdu nom d'un immense callou/arche où vivent des humains doués d'un pouvoir basé sur leurs émotions, le saimia. Plus une malédiction qu'autre chose, puisque les possesseurs voient leur durée de vie largement rabotée, un destin funeste auquel Chakuro le jeune scribe s'est habitué. Mais son train-train quotidien va se trouver bouleversé par la découverte sur une île d'une jeune fille farouche qui a l'air d'en savoir long sur les mystères de ce monde... Avec son mélange tranche-de-vie/aventure/ecologie, LEDLB rappelle des classiques comme Nausicaa ou Nadia et le secret de l'eau bleue, tout en traçant sa propre voie qui, soutenue par un trait fin et délicat, invite au voyage et à la réflexion, un programme alléchant si la suite est du même tonneau!

Voilà, ce bilan trimestriel se termine avec une nouvelle fois de jolies pépites à découvrir! A très bientôt pour de nouvelles lectures nippones...

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Le salon bas-normand Sommergeeks est de retour pour une seconde édition enrichie!

Au programme:

- 2 tournois gratuits permettant de gagner une PS4 et une retron 5!

- Lan PC à l'ancienne sur une dizaine de machines.

- du speed run  en démonstration

- un atelier BD  pour les jeunes de 6 à 15 ans!

- dédicace de Thomas Labourot, auteur  de la série Les geeks, entre autres...

- une vingtaine de consoles en libre accès, de la master system à la PS4...

- et plein d'autres surprises! 

Pour plus de renseignements, allez sur le site de l'association.

Aperçu de la premiere edition:

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(Geekerie)

 

beach spikers

 

Au programme de ce podcast placé sous le signe du sport:

Un Speed Geeking larmoyant!
Kiba et Ulrich en pleine régression!
Un affrontement titanesque entre 2 basket mangas!
Un hommage à Shyamalan!

Et on terminera sur un débat sur les rapports tumultueux mais pas contre-natures entre le sport et le jeu vidéo!

Bonne écoute!

 

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Tous les mois sortent sur les étals de nos libraires préférés des flopées de nouvelles séries, toutes (ou presque) aussi appétissantes les unes que les autres. Pour s'y retrouver, on jette un oeil sur les différentes critiques qui pullulent sur le net (on se compte dedans, évidemment^^), on fait son choix en laissant de côté d'autres titres moins aguicheurs ou jugés trop longs, en se disant "on verra ce que ça donne dans quelques tomes...", pour finalement oublier ces "seconds couteaux" qu ne demandent qu'à être de fines lames, aiguisées par l'appétit de voraces lecteurs ou lectrices. C'est donc pour rendre justice ou enterrer définitivement ces titres que cette rubrique est née! Cette fois-ci, on s'occupe du cas du shonen horrifique Tokyo Ghoul!

9782723495615-G

Le pitch de poche: Ken, c'était un petit gars tranquille, discret, cool. Après sa rencontre avec Lize, il est devenu Goule. Moins cool, quoi. Et quand on est moitié humain, moitié monstre, dur de pas devenir maboul.

Pourquoi vous l'avez choisi?

  • un shonen horrifique? pas banal tout ça...
  • Elles ont de la gueule, ces couvertures!
  • les cosplays de la série ont la classe!
  • 14 tomes, pour un shonen, c'est raisonnable...Tokyo-ghoul-T.VII-4

Pourquoi vous n'auriez pas dû:

  • c'est un peu le bordel à lire...
  • Trop de personnages dont on se fout royalement.
  • Avoir du style, c'est bien. Etre constant dans ses designs, c'est mieux...
  • Ah bah c'est pas fini? On m'aurait menti?

 

 

Alors, ça donne quoi?

"La nouvelle perle du shonen", voilà comment Glénat décrivait Tokyo Ghoul à son arrivée et vus les chiffres de vente, la sauce a pris auprès du public, tant mieux pour l'éditeur grenoblois. Mais est-ce que ça en fait un must? Non, clairement non. Non pas que TG soit mauvais, loin de là: l'auteur possède une vraie patte, un trait hyper énergique et un sens du design indéniable. Qui plus est, si le fait d'utiliser les goules comme bestiaire fantastique me semblait plus proche du marketing gothique quede l'idée de génie de prime abord, force est de reconnaître que l'univers développé est suffisamment singulier pour être accrocheur. De plus, l'auteur ne choisit pas son camp: Goules et inspecteurs voient leurs protagonistes autant développés les uns que les autres, dans leurs bons comme dans leurs mauvais côtés. Cela a pour effet de rendre le récit moins manichéen que les shonens classiques, sortant ici le lecteur de son confort. Mais de là à totalement supprimer ce dernier... 

Tokyo-Ghoul-manga-extrait-005

Car c'est là où  TG pêche gravement: à trop vouloir en mettre plein la vue, de nombreuses scènes sont illisibles, ce qui nuit à la fluidité de la lecture, et ce ne sont pas les fluctuations sur les visages des personnages frisant l'amateurisme qui vont aider... Cet excès de générosité se voit aussi  dans la galerie de personnages, extrêmement conséquente, mais dont seuls 3 ou 4 ressortent. J'aurais préféré moins de personnages, mais mieux exposés et/ou travaillés. Pour achever le tout, l'intrigue est trop fluctuante, avec des pics vertigineux trop rares qui succèdent à des longueurs soporifiques, pour se terminer sur une fin qui n'en est pas une, puisqu'une suite , Tokyo Ghoul: Re, sort dans la foulée. Une ficelle un peu trop grosse à avaler, qui finit d'achever un tableau bien trop entaché à mon goût. A bon entendeur...

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Voici un an que l'on essaie tant bien que mal de vous conseiller sur les sorties manga, via les multiples tops diffusés sur le site. De coups de coeur en déceptions, chaque mois a apporté son écot de titres de qualité. Mais ces derniers ont ils confirmé ou se sont ils écroulés après un premier tome prometteur? D'autres ont-ils au contraire redressé la barre après des débuts hésitants? Les one-shot marquants ont ils donné envie d'être relus? Des questions objectives auxquelles on a tenté de répondre par ce top 10 totalement subjectif qu'on assume pleinement! N'hésitez pas à le commenter, on adore le chahut^^

 

10: Ajin (Glénat, 3 tomes parus, 6 tomes en cours au Japon)

Le blockbuster horrCouv_250672ifique de Glénat confirme tome après tome que la flatteuse réputation qui le précède n'est pas usurpée. Pour rappel, les ajins sont des êtres humains immortels aussi rares que craints par la population, contraignant ces derniers au secret sous peine d'être transformés en cobayes par les autorités. C'est dans ce contexte que l'on suit Kei, un néo-Ajin en fuite qui va découvrir peu à peu que l'immortalité est loin d'être le seul "privilège" dont il va pouvoir jouir... Graphiquement abouti avec des perspectives et des angles cinématographiques qu'Otomo ne renierait pas, l'auteur maîtrise pleinement le rythme de son récit en alternant combats furieux et phases de réflexion sur l'humanité rappelant furieusement certains épisodes des X-men. C'est d'ailleurs le seul bémol pour le moment au titre: terriblement efficace dans ses mécaniques mais trop peu surprenant dans son déroulement pour le moment pour les lecteurs chevronnés, qui y verront davantage un shonen mature qu'un seinen couillu. C'est ça quand on est attendu, le niveau d'exigence grimpe en conséquence!

9: Poison city (Ki-oon, série terminée en 2 tomes)

Reconnu pour la qualité de ses thrillers aux problématiques actuelles (le terrorisme biologique dans Manhole, les dérives des réseaux sociaux dans Prophecy, etc...), Tetsuya Tsutsui récidive avec cette oeuvre commandée par Ki-oon directement inspirée de son expérience professionnelle, puisqu'on suit ici les difficultés d'un maPoisonCity_ANNONCEngaka confronté à une censure démesurée. En effet, suite à un fait divers sanglant, le Japon se dote de lois bien plus contraignantes sur la liberté d'expression afin de lisser son image en vue de l'organisation de Jeux Olympiques. Multipliant les points de vue sur le sujet sans jamais perdre le fil de sa narration, l'auteur évite l'écueil du manichéisme facile et a l'excellente idée de développer en arrière-plan le manga incriminé pour mieux laisser le lecteur se positionner sur cette question délicate. Un débat qui reste ouvert au final, et si la force du message se dilue un peu dans le second et dernier tome, la faute à quelques effets théâtraux superflus, cette courte série a largement sa place dans toute mangathèque qui se respecte.

8: La fille de la plage (Imho, série terminée en 2 tomes)

la-fille-de-la-plage-manga-volume-1-simple-210669Inio Asano est un auteur possédant un regard lucide et acéré sur la jeunesse japonaise actuelle, dont il dépeint le vague à l'âme avec justesse depuis plusieurs années maintenant, que ce soit dans Solanin ou Bonne nuit Punpun!, entre autres pépites à découvrir d'urgence si ce n'est déjà fait. Il nous revient ici avec un diptyque dont on comprend rapidement pourquoi il n'est pas sorti chez Kana, son éditeur habituel: extrêmement crû et sexuellement explicite, le titre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Mais rien de pornographique dans tout cela: l'auteur observe au microscope deux jeunes ados en plein éveil sexuel qui ne voient dans l'acte charnel qu'un exutoire à leurs frustrations: elle, qui cherche à s'extirper d'un quotidien morose à l'avenir incertain, et lui, traumatisé par le décès de son frère et laissé pour compte par des parents trop souvent absents. Des trajectoires qui s'entrecroisent et s'entrechoquent, comme autant de jalons posés pour une relation de couple naissante? Pas si évident, car Asano nous rappelle que rien n'est plus imprévisible que les sentiments humains... Formellement superbe et d'une profondeur sans égale, La fille de la plage est une oeuvre exigeante mais absolument pas frustrante, confirmant l'immense talent de son auteur.

7: Brainstorm' seduction (Kaze manga, 3 tomes parus, série terminée en 5 tomes au Japon)

Bon ok, des shojos, je n'en ai pas beaucoup lu cette année. Mais un titre de Setona Mizushiro, il est juste impensable que je passe à coté, chacune de ses oeuvres parues jusqu'ici m'ayant pleinement convaincu (la preuve ici). Là encore, elle fait mouche: on suit icibrainstorm_seduction_1398 une presque trentenaire en direct...de son cerveau! Car c'est au travers du Comité cérébral, qui personnalise les différentes émotions de la demoiselle, que l'on suit ses difficultés à gérer sa relation amoureuse naissante avec un homme de sept ans son cadet au comportement pas des plus logiques. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est le bordel là-dedans! La moindre décision donne lieu à des débats contrariés et souvent drôles, chacune des émotions jouant sa partition à la perfection, et cela finit régulièrement par des situations plus que cocasses! Sorte de Vice-versa sauce Bridget Jones, l'auteure pianote son récit avec maitrise, alternant joies et peines avec un égal bonheur, et l'on suit les turpitudes amoureuses d'Ichiko avec délice comme on dégusterait une bonne comédie romantique.

  6: Les deules-deux-van-gogh-manga-volume-1-simple-219971x Van Gogh (Glénat, One-shot)

Levant le voile sur une relation complexe dont j'ignorais l'existence, ce one-shot a le mérite de voir la vie de l'illustre peintre sous un jour nouveau. Loin de la vision torturée connue de tous, l'auteur se place du point de vue de Théodore Van Gogh, frère de Vincent et marchand d'art en pleine ascension en cette fin de 19eme siècle. A travers lui, on découvre un autre Van Gogh, obnubilé par sa peinture et la beauté du monde qui l'entoure, complètement en décalage avec la société dans laquelle il vit. A la fois protecteur et jaloux du talent de son frère, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour diffuser et démocratiser les oeuvres de ce dernier et des Indépendants, s'opposant (non sans y laisser des plumes) au despotisme d'une Académie des Beaux-Arts enoncée dans ses certitudes et son conservatisme. Basé sur des faits réels (tout en restant romancé), on dévore ce titre mêlant réflexion abordable sur l'Art et comédie dramatique, dont la conclusion pose un regard nouveau sur l'histoire officielle assez intriguant. A découvrir d'urgence, que l'on soit amateur d'art ou non!couverture-zelda-a-link-to-the-past-ishinomori-soleil

Mention spéciale: Zelda-A link to the past Classic Edition (Soleil manga, One-shot)

Je voulais juste mettre un petit coup de projecteur sur le très joli travail éditorial réalisé par Soleil sur ce titre, avec de magnifiques pages couleurs, mises en valeur par un papier de grande qualité et une traduction au diapason. Le tout dans un volume cartonné parfaitement relié. Le tout pour une vingtaine d'euros, pour découvrir ce qui est la meilleure adaptation manga de l'univers Zelda, Ishinomori n'hésitant pas à se moquer un peu de son héros principal. Tout n'est pas  parfait (le titre a plus de vingt ans!), mais cela ferait un joli cadeau aux fans de la saga, et vu le passif de l'éditeur, il fallait le noter!

5: Unlucky young men (Ki-oon, 1 tome paru, série terminée en 2 tomes au Japon)

Quand Eiji Otsuka, l'auteur de MPD Psycho, s'attaque à une période charnière de l'ère moderne du Japon, cela donne un polar social de grande tenue, où se croisent anonymes borderline dont les petites  histoires construisent la grande. Tellement anonymes que les 2 personnages principaux n'ont pas de nom! N, criminel enUnlucky_Young_Men fuite, et T, comique raté, travaillent dans un bar à hôtesses miteux quand T propose à N de tourner dans un film dont la trame ressemble trait pour trait à ce qui restera dans l'histoire comme le braquage le plus mystérieux qui soit...Avec en toile de fond les émeutes étudiantes,la poussée du communisme et  la libération sexuelle comme autant de preuves de cette furieuse envie de liberté qui traverse la société japonaise à la fin des années 60. Servi par un dessin  proche de la perfection dont le classicisme froid colle parfaitement à l'ambiance souhaitée par Otsuka, ce dernier introduit de nombreuses figures de l'époque pour mieux donner du crédit à son récit, rendant la lecture addictive malgré la densité et l'épaisseur du volume. Volume qui se suffit presque à lui même au vu de sa conclusion, ce qui attise d'autant plus la curiosité concernant la suite et fin!

4: Sangsues (Sakka, 3 volumes parus, série terminée en 5 tomes au Japon)

Si vous êtes partons, ne lisez pas Sangsues, vous risquez de ne plus jamais voir votre maison ousangsues-manga-volume-1-simple-225509 votre appart' de la même manière... Imaginez seulement un instant que des personnes profitent de votre absence pour vivre leur petite vie dans votre cocon, écoutant votre musique, utilisant vos vêtements, etc... Angoissant, non? Un pitch accrocheur qui vous happe et ne vous lâche plus, puisqu'on suit une de ces fameuses "sangsues", qui, par un malheureux concours de circonstances, est considérée comme morte. Un statut de prime abord confortable quand on cherche à fuir ses parents, mais qui le devient beaucoup moins quand on constate qu'on est loin d'être la seule à avoir suivi cette voie, et que ces personnes n'aiment pas trop qu'on marche sur leurs plate-bandes...Glaçante de réalisme, cette chronique sociale  gratte là où ça fait mal, dans une société où l'on ne soucie guère de son propre voisin. Si le dessin n'a rien d'exceptionnel, il reste au diapason d'une narration impeccable rendant la lecture on ne peut plus fluide. Montant en intensité au fil des tomes, la série devrait s'imposer comme un must si sa conclusion est à la hauteur.

3: L'oiseau bleu (Ki-oon, one-shot)

l'oiseau bleuIl nous avait déjà fait le coup avec le chien gardien des étoiles, il récidive avec l'oiseau bleu: Murakami n'a pas son pareil pour émouvoir son lectorat, c'est une certitude. Si l'on peut regretter qu'il réutilise le même procédé narratif (2 histoires dont le lien entre les 2 apparit tardivement dans la lecture) et que le dessin peut sembler brouillon par moments, la force du récit et la puissance des émotions emportent tout sur leur passage, qui plus est si on a un petit coeur sensible comme votre serviteur (oui, j'assume mes larmichettes!). Narrant dans un premier temps les déboires d'une épouse courage en proie au découragement face aux difficultés pour s'occuper d'un mari devenu légumineux suite à un accident, l'auteur dépeint les failles béantes du système de santé japonais, qui se débarrasse méthodiquement de ces patients embarrassants, laissant la famille dans le désarroi le plus complet. S'ensuit un second récit qui s'attarde là encore sur les affres de la maladie d'Alzheimer et ses conséquences sur l'entourage. Deux réalités cruelles, mais qui ne sont pas pour autant dépeintes avec misérabilisme, car l'auteur tend à démontrer que malgré les épreuves,la lumière est au bout du tunnel pour tous ceux qui gardent espoir. Un message optimiste qui fait un bien fou, non?dans-l-intimite-de-marie,-tome-1-615734

2: Dans l'intimité de Marie (Akata, 5 volumes parus, 6 tomes en cours au Japon)

Celui-là, je ne l'avais pas vu venir! Sorti un peu de nulle part, avec des couvertures pas franchement attrayantes et un dessin tout ce qu'il y a de plus quelconque, ce titre bascule volume après volume du récit fantastique vers une plongée vertigineuse dans la psychologie adolescente, rien que ça! Au départ, il y a cet échange de corps entre Isao, otaku libidineux, et Marie, lycéenne en tout point parfaite aux yeux du monde. Une ficelle narrative souvent utilisée dans des petites comédies gentillettes, ce qui n'est ABSOLUMENT pas le cas ici!Car Isao, qui découvre les "plaisirs" de la gent féminine  (les règles, le regard des garçons, la jalousie féminine...) tout en cherchant à préserver son secret tant bien que mal, ce dernier panique quand il constate que la personnalité de Marie n'est pas dans son ancien corps! C'est alors que, ne sachant quoi faire, il va peu à peu chercher à "accepter" son nouveau corps, quelles qu'en soient les conséquences... Un titre inclassable, tour à tour dérangeant et magnétique, dont on ne devine absolument pas où l'auteur veut nous emmener (le sait il lui-même?), mais qui charmera celles et ceux qui aiment sortir des sentiers battus.

1: A silent voice (Ki-oon, 5 volumes parus, série terminée en 7 tomes au Japon)

Une évidence, tanta-silent-voice-manga-volume-1-simple-220044 ce titre, tome après tome, confirme sa justesse de ton, avec une maitrise d'un sujet difficile, la maltraitance des handicapés, par son auteur, qui impose le respect. Jamais larmoyante tout en restant touchante, l'histoire qui se noue autour de Shoya et Shoko ne peut laisser insensible: cette dernière, sourde et muette, débarque un jour dans la classe du premier nommé. Curieux et intrépide de nature, Shoya va rapidement s'intéresser à Shoko comme on se penche sur un rat de laboratoire, à son corps défendant. Allant de plus en plus loin pour la pousser dans ses retranchements, il va franchir la ligne rouge et se retrouver lui-même dans la position du paria. Plusieurs années passent et voyant sa vie lui échapper, Shoya décide d'en finir avec la vie, mais doit tout d'abord parvenir à s'excuser auprès de son ex-victime. Mais cette nouvelle rencontre va sonner comme un nouveau départ entre eux, bien qu'on n'efface pas aussi facilement le passé... Les personnages sonnent tous vrai et comme le dessin est au diapason, il faut admettre l'évidence: A silent voice est un chef d'oeuvre, ni plus ni moins.

Merci à toutes celles et ceux qui auront pris la peine de lire l'article jusqu'au bout! N'oubliez pas d'écouter le podcast pour aller plus loin dans l'expérience 3N2G! Bonnes fêtes de fin d'année et à 2016 pour de nouvelles chroniques...

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(BD-Manga-Comics)
La-tour-fantôme-01-inside
ça doit faire mal...

   Tous les mois sortent sur les étals de nos libraires préférés des flopées de nouvelles séries, toutes (ou presque) aussi appétissantes les unes que les autres. Pour s'y retrouver, on jette un oeil sur les différentes critiques qui pullulent sur le net (on se compte dedans, évidemment^^), on fait son choix en laissant de côté d'autres titres moins aguicheurs ou jugés trop longs, en se disant "on verra ce que ça donne d9782723493536-Gans quelques tomes...", pour finalement oublier ces "seconds couteaux" qui ne demandent qu'à être de fines lames, aiguisées par l'appétit de voraces lecteurs ou lectrices. C'est donc pour rendre justice ou enterrer définitivement ces titres que cette rubrique est née! Cette fois-ci, on s'occupe du cas du polar ambigü La Tour Fantôme!

Le pitch de poche: Japon d'après-guerre: un otaku des âges anciens se voit proposer par un mystérieux et charismatique jeune homme une chasse au trésor dans une tour au passé macabre. Pour corser la chose, un tueur rôde dans les parages, transformant ses victimes en aiguilles d'horloge humaines! Face au danger, le vernis craque et les faux-semblants éclatent au grand jour...

Pourquoi vous ne l'avez pas choisi?

  • un pitch à la Agatha Chrisitie, mouais...
  • une chasse au trésor sans Olivier Minne ni Banga? No way....
  • le design des personnages façon poupée de cire, c'est glauque, non?
  • Star wars revient en force, mais une suite à la Menace fantôme, faut pas pousser...

Pourquoi vous auriez dû:

  • le style de l'auteur de Team Medical Dragon, fin et ample, qui tranche  avec l'ambiance poisseuse du titre: un mélange qui fonctionne parfaitement!
  • une galerie de personnages tous plus torturés les uns que les autres, entravés par une société nippone des années
    La-Tour-Fantome-manga-extrait-002
    Attention, ça va couper!

    50 intolérante et discriminatoire.

  • Un suspense habile, où l'objet de tous les désirs n'est pas forcèment celui que l'on croit...

Alors, ça donne quoi?

La-tour-fantome-T_III-4
Un petit côté anonymous, vous ne trouvez pas?

Adaptation d'un best-seller nippon, LTF peut se lire de différentes manières: soit comme un polar classique, avec une intrigue tortueuse à souhait où le lecteur pourra chercher longtemps pour savoir qui se cache derrière le masque de l'horloge de la mort (grotesque comme nom, n'est ce pas?), soit comme une étude de moeurs sur le Japon d'après-guerre qui ne tolérait guère que l'on sorte du modèle social homme-femme habituel. Chose totalement remise en cause par nos protagonistes principaux Taïchi et Tetsuo qui, par amour ou par profit, vont bouleverser leur vision des choses. la-tour-fantome-manga-volume-1-simple-76681Difficile d'en dire davantage sans trop lever le voile sur l'histoire, mais quel que soit l'angle privilégié par le lecteur, il en aura pour son argent! Si l'on peut regretter une petite baisse de régime sur 1 ou 2 tomes en milieu de série, le récit avance à bon rythme en multipliant les rebondissements, sans oublier de développer ses personnages. Si Taïchi évolue de manière plutôt classique et progressive, le tourmenté Tetsuo attire tous les regards, superbement mis en valeur par le trait de Nogizaka, parfois mis en difficulté sur les petites cases mais rien de bien grave. Ce dernier maîtrise sa mise en scène de bout en bout pour nous délivrer au final une oeuvre singulière, qui divisera les lecteurs sur le fond mais devrait satisfaire ceux qui aiment être dérangés dans leur confort de lecture!

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(Geekerie)

 

Salut les geeks, salut les geekettes!

Au menu de ce podcast de fin d'année sponsorisé par Herbert Léonard:

Du final fantasy à gogo!

un catalogue de nanars stylé!

des classiques littéraires sauce manga!

une ode à netflix!

du dragon ball portable!

 

et enfin un débat sur nos changements de comportement geek en grandissant!

 

Bonne écoute et à bientôt...

Voir aussi

Groupes : 
Final Fantasy
Jeux : 
Final Fantasy XV, Invisible, Inc.
Sociétés : 
Ankama
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(BD-Manga-Comics)

 

 

Vous avez pu le constater via les chroniques des derniers mois, le éditeurs réussissent toujours à nous sortir quelques titres de qualité, voire même indispensables pour certains. Une jolie routine que j’aurais aimé voir se prolonger.Raté…

15: Ninja slayer (Kana, 1 tome sorti, 5 tomes en cours au Japon)

La collection Big Kana est en général synonyme de bonnes pioches, avec des titres matures et accrocheurs le plus souvent. Quand en plus de cela on retrouve le dessinateur des (controNinja_Slayer_T1versés) Akumetsu et Wolf guy, il y avait de quoi se réjouir, puis vint la lecture…Et là, c’est le drame: scénario et dialogues dignes des pires Van Damme avec une tentative d’humour décalé ratée bien comme il faut, des scènes d’un mauvais goût absolu qui rappellent les pires heures de Wolf guy… Tout ceci pourrait encore être partiellement pardonné si seulement les scènes d’action n’étaient pas aussi illisibles! Un crash aussi monumental qu’inexplicable…

14: Fofortress_of_apocalypse_1rtress of apocalypse (Pika, 2 tomes sortis, série terminée en 10 tomes au Japon)

Le survival du mois! C’es vrai que ça manquait dans le paysage… ou pas. Débutant comme une série carcérale classique (mais sans développement des personnages, zut alors), la série vire rapidement au huis-clos quand des zombies débarquent dans la prison pour bouffer tout ce qui bouge. Rien de bien neuf dans tout ça, et quand on y ajoute une partie graphique quelconque et une forte tendance au gore facile pour remplir des cases vides de sens et de tension dramatique, on ne voit pas bien l’intérêt que pourrait susciter ce titre même chez les fans hardcore du genre. Halloween ne doit pas être le prétexte pour sortir tout et n’importe quoi…

13: Lost sahara (Ankama, 1 tome sorti, 3 tomes prévus)

Une petite production française, ça vous dit? Non? Je peux comprendre, surtout après avoir lu ce premier tome qui déborde d’idées, mais à trop vouloir en mettre… Un détective immortel à tendance amnésique se retrouve obligé de participer à un jeu de piste dangereux par sa dernière cliente en date, afin de retrouver son bien le plus précieux, sa mémoire, mais bien des choses semblent échapper à notre héros… Un postulat intéressant, mêlant différentes inspirations (de Memento à Uncharted en passant par Xxxholic…), qui ont du mal à s’imbriquer les unes dans les autres, avec une overdose de mystères et de faux-semblants qui finissent par agaçer plutôt qu’autre chose. D’un point de vue technique, là encore c’est mitigé: le découpage est plutôtlost sahara bien fichu et maintient un bon rythme de lecture, mais le style rond et cartoonesque de l’auteur  comporte des défauts non négligeables. Au final, un titre bancal auquel il ne manque qu’un peu plus de maîtrise pour donner un résultat satisfaisant.

12: Border (Komikku, 1 tome sorti, série terminée en 4 tomes au Japon)

Vous connaissez Ghost whisperer? Oui, la série de TF1 gnangnan où la pulpeuse Jennifer Love-Hewitt cherchait à libérer des âmes en perdition en enquêtant sur leur mort. Border, c’est à Border_Tome_1peu de choses près la même chose, sauf qu’ici c’est un flic qui se découvre des facultés de médium après avoir pris une balle…en pleine tête! C’est avec ce postulat périlleux que démarre la série…tranquillement…doucement…soporifiquement? Si l’auteure n’était pas Yua Kotegawa, que j’apprécie tout particulièrement depuis Détenu 042, pas sûr que j’aurais terminé la lecture de ce premier tome bien trop frileux dans son intrigue et au rythme affreusement mou du genou. Bien sûr, on retrouve ce mélange d’humour et de froideur qui font tout le sel des oeuvres de l’artiste, avec un duo de personnages qui fonctionne plutôt bien, mais pour le reste, rien de bien neuf sous le soleil. A voir si la suite remonte le niveau…

11: Miaou (Nobi-nobi, 1 tome sorti, 2 tomes en cours au Japon)Miaou-Moustic1_couverture

« Trop vieux pour ces co…. », telle a été ma réaction après avoir bouclé ce premier volume qui nous raconte le quotidien tout meuuuugnon de Miaou, un chaton espiègle qui comprend tout de travers. Si ça vous rappelle quelque chose, c’est normal… quoique! Car si la comparaison avec Chi est inévitable, Miaou! joue la carte des personnages secondaires forts, avec une cane mutique qui navigue entre les statuts de maman hyper-protectrice et proie potentielle, ou bien un chat typé yakuza (balafre incluse!) qui terrorise le quartier bien malgré lui. On vous emballe tout ça dans des situations souvent convenues et graphiquement aléatoires, et vous obtiendrez un produit parfaitement calibré pour les jeunes enfants pas trop regardants sans que ça ne déchaîne les foules outre mesure. Cibler un public, c’est louable, le surprendre, c’est mieux: c’est peut-être là la plus grande différence entre Chi et Miaou!, en fin de compte…

10: Gokicha (Komikku, 1 tome paru, 4 tomes en cours au Japon)

Après les chats, voici les cafards mignons… décidément, l’imagination des auteurs nippons m’étonnera toujours! Gokicha est un titre à placer dans la catégorie Yonkoma, ces mangas humoristiques en 4 cases verticales qui se succèdent, parfois sans queue ni tête et qu’on retrouve souvent en suppléments bonus sur d’autres séries, sortes de défouloirs pour mangaka. J’avoue que ce n’est pas forcément ma tasse de thé, surtout sur toute la longueur dgokicha‘un volume relié. Alors quand c’est pour raconter le voyage tumultueux d’une blatte vers Hokkaido pour y vérifier la présence ou non de nuisibles comme elle, l’histoire aurait pu s’arrêter là…Heureusement pour la petite Gokicha (et pour mon libraire adoré), la clarté des dessins et la qualité de l’édition m’ont poussé à aller plus loin, avec le vif espoir de tomber sur une petite pépite d’humour. Contrat pas totalement rempli, puisque l’ambiance globale du manga ne pousse pas à la franche rigolade mais plutôt à prendre en pitié cette pauvre petite blatte généreuse (mais un peu niaise, faut bien le dire) qui aime tout le monde mais que tout le monde hait. Presque poétique tout ça, mais bien trop répétitif pour laisser sa chance à ce petit insecte, si tendre soit-il…

9: Levius (Kana, 1 tome paru, 3 tomes en cours au Japon)

Si les japonais se mettent au sens occidental de lecture, où va le monde? Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas me lancer dans un débat stérile et puérile, mais bien me pencher sur le cLevius_Tome_1as de ce Levius, aussi intriguant que déroutant. Déroutant graphiquement, avec une technique quasi photographique de séparation des plans pour mieux mettre en avant les éléments importants d’une case, et force est d’admettre que ce parti-pris colle plutôt bien à l’univers steampunkproposé, froid et presque lugubre, dont les habitants semblent fantomatiques… C’est dans ce contexte qu’on suit Levius, ado orphelin de guerre pas très causant qui se lance, sous la houlette d’un oncle fantasque, dans le sport violent à la mode, la boxe mécanique. Bien évidement, le gosse a du talent et va vite gravir les échelons, pour un plus grand destin… Sorte de croisement poisseux entre Ippo et Gunnm, Levius est plein de promesses mais laisse le lecteur un peu à quai, faute de rebondissements réellement surprenants et d’un univers si froid et esthétisant qu’il laisse de marbre. Pas un ratage, loin de là, mais pas la révolution espérée.

8: GTO Paradise lost (Pika, 2 tomes parus, 3 tomes en cours au Japon)

Grosse locomotive de cet automne et attendu de pied ferme par une horde de fans, cette suite du cultissime GTO déçoit. N’y voyez pas une envie facile de brûler aujourd’hui les idoles d’hier, mais le constat est là: GTOPL démarre (trop) tranquillement, malgré ce que pourrait laisser esGTO_Paradise_Lost_01_JKT.inddpérer les 2 premières pages, où l’on retrouve notre prof préféré en bien mauvaise posture, puisqu’il est … en taule! La suite du tome revient six mois avant, quand Onizuka se retrouve à devoir gérer les débordements d’une classe de starlettes du showbiz où le niveau de considération d’un élève dépend de sa popularité. Pas terrible pour installer une ambiance saine dans la classe… On assiste alors au bal des passages obligés de GTO: les petits caïds bien décidés à éjecter l’élément perturbateur Onizuka, ce dernier toujours aussi naïf avec les filles, les courses avec les flics, etc…Rien ne change dans le monde de Fujisawa et c’est bien dommage, car l’on a l’impression d’assister à une redite paresseuse, guère passionnante. Seul le postulat de départ pousse à connaitre la suite, mais c’est quand même frustrant de résumer l’interêt d’un tome à ses seules premières pages quand on est aussi attendu! Mr Fujisawa, ressaisissez-vous, le soldat Onizuka est en péril!

7: Devil’s line (Kana, 2 tomes parus, 6 tomes en cours au Japon)

Chouette, des vampires! Ca nous manquait… Tsukasa, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normale, va croiser la route de Yuki, jeune flic chargé de traquer les vampires incapables de résister à la tentation du sang frais. Entre ces deux-là va bien évidement naître une relation complexe, puisque Yuki est lui-même un hybride mi-hudevils-line-1-kanamain mi-vampire pas loin de basculer du coté obscur! Pour celles et ceux qui ont eu du mal à se remettre du visionnage de Twilight, passez votre chemin. Pour les autres, vous trouverez un mignon petit couple, dont les constituantes cherchent à s’apprivoiser tout en ayant bien conscience que leur relation peut à tout moment prendre une tournure dramatique. C’est d’ailleurs cette tension qui fait tout le sel de ce titre qui, pour le reste, n’a rien de transcendant, voire agaçant quand certains éléments rappellent un peu trop Tokyo Ghoul. Ni bon ni mauvais, juste quelconque, en somme.

6: Bestiarius (Kaze manga, 2 tomes sortis, 3 volumes en cours au Japon)

Kakizaki est un tueur, il faut dire les choses telles qu’elles sont. De Rainbow à Green blood en passant par Hideout, son style reconnaissable au premier coup d’oeil s’adapte parfaitement à tous les genres. C’est donc avec grande curiosité queBestiarius_tome_1 je me lançais dans la lecture de Bestiarus, croisement étrange mais pas si farfelu de fantasy historique. Car l’idée de confronter l’Empire romain aux créatures mythologiques est plutôt bien vue, et l’auteur utilise le premier tome pour mettre en place son univers avec 2 petites histoires qui jettent des bases au potentiel certain. Il est juste dommage qu’elles soient aussi simplistes et convenues dans leur déroulement, avec des dialogues manquant grandement de finesse. Le second volume approfondit davantage les choses en développant  une trame de fond un peu plus consistante, mais sans toutefois surprendre les lecteurs les plus aguerris. Une série où l’on sent bien que l’auteur se fait plaisir à donner vie à toutes sortes de créatures et qui n’a pas d’autre but que de divertir. Dommage que ça n’aille pas beaucoup plus loin, mais c’est déjà ça, me direz vous…

5: Soloman (Doki-Doki, 1 tome sorti, série terminée en 2 tomes au Japon)

Série très coursolomante oblige, il est plutôt difficile de parler de l’intrigue de Soloman sans déflorer une partie de ses rebondissements! Une choses est sûre, ne vous arrêtez surtout pas au résumé, bien que celui-ci soit plutôt intriguant: comment réagiriez vous si vous récupériez des super pouvoirs sans que ça serve à grand chose puisque vous êtes le dernier humain sur Terre? Ironique, non? C’est ce qui arrive malheureusement à Ryô, jeune hikikomori supportant mal ses capacités de médium, qu’un appel au secours va extirper de sa chambre pour constater le monde en désolation dans lequel il va devoir errer, seulement affublé de l’esprit de sa persécutrice en chef (et accessoirement sa demi-soeur). Mais être le seul humain sur Terre ne signifie pas être totalement seul… L’histoire file comme le vent en ne peaufinant pas tellement certains détails mais dans l’ensemble, c’est plutôt plaisant voire surprenant, et graphiquement ça tient la route sans en faire trop. Une bonne petite surprise qui en serait une bien plus grosse si le second et dernier tome se révélait du même acabit!

4: Sorcière et ténèbres (Komikku, 1 tome sorti, série terminée en 2 tomes au Japon)

Aaaah, les mangas étiquetés Halloween: chaque année, en cette période automnale, les éditeurs nous dénichent toujours 1 ou 2 titres que les libraires pourront facilement mettre en avant pour garnir une vitrine thématique, citrouilles et toiles d’araignée cotonneuses incluses, sans trop se soucier de sorciere et tenebresla qualité véritable du titre… Cette fois-ci, c’est Komikku qui s’y colle avec ce diptyque épais, oeuvre de jeunesse de l’auteur du très chouette Rudolf Turkey, et je suis bien forcé d’admettre que le coup marketing est plutôt réussi. Si le style de l’auteur n’était pas encore aussi affirmé, avec des personnages un peu raides, cette histoire de chasse aux sorcières menée par un ténébreux jeune homme au look de momie (il est photophobe le pauvre garçon) qui, pour les besoins de son enquête, va faire équipe bien malgré lui avec une … sorcière (gentille, donc ça passe). Cette dernière va s’enticher de son coéquipier dès le premier coup d’oeil, perturbant sérieusement ce dernier lors de petites enquêtes qui, mises bout à bout, dessinent un complot de plus grande ampleur… Indéniablement classique mais bien mené dans son déroulement et avec certains personnages secondaires qu’on souhaiterait prendre plus de poids par la suite mais un duo principal qui tient bien la baraque, le volume se dévore malgré tout vite et bien, comme les sucreries distribuées aux enfants les soirs d’Halloween, un juste retour des choses en somme..

3: Chiisakobé (Le lézard noir, 1 tome paru, série terminée en 4 tomes)

Le moins que l’chiisakobeon puisse dire, c’est que Mochizuki ne fait rien pour attirer le lecteur via ses couvertures, entre les couleurs criardes du cultissime Dragon head et les zooms étranges de Maiwai… Chiisakobé ne déroge pas à la règle avec ce couple étrangement assorti plaqué sur la couverture comme un mauvais photo-montage qui aurait plutôt tendance à faire fuir qu’à séduire… Heureusement, question contenu, l’auteur reste aussi dans ses standards avec une histoire simple au ton subtilement décalé: Shigeru, un hipster architecte, est obligé de reprendre en main l’entreprise de BTP familiale après le décès de ses parents dans un incendie, une tâche d’autant plus ardue qu’il souhaite conserver l’immense maison familiale. Il sera aidé dans sa tâche par Ritsu, une jeune fille au pair, amie de jeunesse au caractère bien trempé et bien décidée à l’obliger à accueillir des orphelins dont elle s’occupait avant que l’incendie ne détruise leur orphelinat! Notre barbu étant lui aussi tête de mule et les enfants un brin ingérables, rien ne sera simple, et quand les sentiments s’en mêlent… Toujours en apesanteur, le récit avance doucement, l’auteur soulignant les émotions de ses personnages en « scrutant » autant les visages que les autres parties de leur corps, comme s’il souhaitait disséquer cette relation naissante sous tous les angles. L’originalité des personnages finit par nous emporter vers une issue qu’on devine mais dont le trajet devrait être suffisamment mouvementé pour être intéressant à suivre!

2: Unlucky young men (Ki-oon, 1 tome paru, série terminée en 2 tomes au Japon)

Otsuka, l’auteur du passionnant mais tortueux MPD psycho, décide de nous plonger au coeur des années 60 au Japon via un polar social où l’on suit les destins croisés de N, criminel en fuite qui cherche à se faire oublier, et T, comique à lunettes sans grand talent. Ces deux-là vont se lier d’amitié Unlucky_Young_Menen bossant ensemble dans un bar à hôtesses miteux, quand T propose à N de jouer dans un petit film indépendant dont la trame ressemble étrangement au déroulement du braquage le plus célèbre jamais réalisé au Japon… Entrecroisant habilement les anonymes borderline et les figures de l’époque sur fond de changements radicaux dans la société japonaise des sixities, le récit transpire d’une soif de vivre ses rêves jusqu’au bout, libérée des carcans nippons qui pèsent sur les épaules de cette génération-là, comme un écho aux évènements ayant eu lieu chez nous lors de Mai 68. Que ce soient par les révoltes étudiantes, le développement de la pensée communiste ou la libération sexuelle avec tout ce que ça comporte de débordements… Passionnant de bout en bout malgré l’épaisseur du volume, bénéficiant d’une qualité d’édition irréprochable, le titre bénéficie qui plus est du trait impeccable de l’auteur de Dragon Quest Emblem of Roto, précis, fin et profond dont la narration carrée colle parfaitement au récit. Un must pour toutes celles et ceux que l’histoire moderne nippone intéresse un tant soit peu.

1: L’oiseau bleu (Ki-oon, one-shot)

Celles et ceux qui me connaissent savent à quel point il m’est aisé de lâcher une petite larmichette au moindre sujet sensible. Alors vous imaginez bien qu’un titre mêlant gestion du deuil et déchéance physique liée à la maladie ne pouvait me laisser de marbre… C’est donc les joues bien humides que j’ai terminé la lecture de cl'oiseau bleue manga touchant mais qui ne tombe jamais dans la sensiblerie gratuite, décrivant poétiquement, souvent crûment, la manière dont l’être humain doit se relever et/ou avancer malgré le sort qui peut s’acharner sur lui ou sa famille. Découpé en 2 histoires dont les personnages s’entremêlent, le titre permet aussi d’explorer les failles béantes du système de santé japonais quand il s’agit d’accompagner des malades touchés par des afflictions de longue durée, qu’on pousse petit à petit vers la sortie pour mieux se débarrasser du problème et laisser la famille se débrouiller comme elle peut… Des problématiques qui sont tout à fait superposables à la situation dans notre beau pays, soit dit en passant. Bien sûr, tout ceci n’est pas exempt de défauts (le trait incertain de l’auteur divisera), mais la force du récit, comparable à sa précédente oeuvre Le chien gardien des étoiles, emporte tout sur son passage. Une oeuvre nécessaire? Oui Monsieur!

 

Au final, une période qui souffle le chaud et le frigorifique,  avec des titres extrêmement faibles d’un coté, et de l’autre, un éditeur, Ki-oon, qui sort 2 oeuvres matures quasi-indispensables. Mais que la lumière a mis du temps à venir…

Voir aussi

Jeux : 
Dragon Quest
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