Tetris... le trailer officiel



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Agenouillé au bord de la rive, un jeune homme contemple amoureusement un visage, corps basculé en avant, comme pour tendre amoureusement ses lèvres vers les siennes, au dessus du fleuve qui s’écoule lentement. Il trouve ce jeune homme beau, il l’aime. Plus rien n’existe autour. Le silence semble régner, tous deux n’attendent et n’entendent plus que les mots de cet autre. L’attention est là. L’intensité aussi. Il voudrait prendre ces lèvres, étreindre ce corps, irrésistiblement attiré par ce visage si désirable. Malheureusement pour Narcisse, cet autre n’est que lui-même. Le reflet d’un amour illusoire qui renvoie une image d’union impossible.
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Narcisse - Caravage (1598)
Le geste est lent. Le fleuve noiera bientôt cet amour propre. De cet abandon naitra une fleur qui porte encore son nom, narcisse, témoignage sans doute des nymphes(1) qui lui portaient un amour sans mesure. Peut-être le reflet de Narcisse s’écoule encore sur ces rivages, fleurissant ses terres, nous rendant cette nature si belle.
Le mythe de Narcisse
Fils du Dieu-Fleuve Céphise, fleuve grec dont il tient le nom, et de la nymphe Liriopé, déesse enchanteresse et amoureuse, il est l’un des rares enfants à être aimé des nymphes. Narcisse a beau grandir, sa beauté ne le quitte pourtant pas. Il est si beau qu’il suscite le désir de nombres de jeunes filles et parfois aussi de jeunes hommes. Imbus de lui-même, il les repousse en ne leur manifestant que mépris et dédain. Il préfère dés lors fuir ces adulatrices passionnées et ennuyeuses dont il ne comprend pas la fougue, pour passer le plus clair de son temps avec ses amis chasseurs dont il sait qu’ils ne l’ennuieront pas avec son apparence physique.
Un jour, alors qu’il se promène seul dans la forêt, une nymphe l’aperçoit, et, ravie par son irrésistible beauté, en tombe immédiatement amoureuse. Cette nymphe, c’est Echo. Malheureusement pour elle, incapable de s’exprimer avec ses propres mots, punition reçue de la déesse Héra qui la condamna pour l’éternité à ne pouvoir que répéter ce qu’elle entendrait, la nymphe des montagnes n’a d’autres choix que d’approcher Narcisse en répétant mot pour mot ce que celui-ci dit. D’abord dissimulée dans les épais feuillages, Echo, essayant d’être maligne, ne répète que les mots de Narcisse qui font sens pour l’aborder. Narcisse commence à s’inquiéter de cette ombre qui parle, répète, mais ne se montre pas en ce lieu devenu inquiétant et dépeuplé. Echo, désespérée, sentant que l’objet de son amour risque de s’en aller, finit par sortir de la forêt, les bras tendus en avant. Narcisse, pris d’incompréhension et peut-être peu intéressé, la repousse, et s’enfuit. Echo, en larmes, se sentant délaissée, déambule alors dans la forêt. Reprenant ses esprits, pleine de son chagrin amoureux, elle invoque et demande alors à Nemesis, déesse de la vengeance, de punir Narcisse en le condamnant à un amour qui ne puisse avoir d’objet.
Quelque temps plus tard, alors qu’il se promène nonchalamment le long du fleuve, Narcisse se penche au dessus de l’eau pour l’observer de plus près. Stupéfait, il découvre les traits d’un visage parfait, d’une beauté accaparante. D’abord la surprise le remplit, puis le désir et enfin, il en tombe amoureux. Il ne peut plus quitter ce visage des yeux. S’agenouillant sur le bord de la rive, il se rend compte qu’il ne peut étreindre l’objet de son amour. Une larme coule le long de sa joue, et tombe dans le fleuve déformant alors le reflet. Pris de panique de voir disparaitre l’objet de cet amour, il se précipite à l’eau et tombe à tous jamais dans les limbes de son adoration.
Arrivé en enfer, il continuera à rechercher inlassablement les traits de ce visage dans le Styx (fleuve des enfers) sans jamais l’apercevoir.
L’eau est le miroir. L’interface qui sépare le monde connu des hommes de celui inconnu des bas fonds et qui nous renvoie une image nécessairement déformée du réel. En deçà le réel, au-delà l’imaginaire. Mais l’image n’existe que pour celui qui interprète. En traversant la frontière, Narcisse se perd. Il recherche même jusque dans les limbes non un objet réel mais une représentation mentale. C’est l’utilisation commune du miroir. Au fond, dans le miroir, nous ne voyons pas ce qui est, avec nos yeux, de manière objective, mais nous interprétons la forme qui apparait pour la rendre cohérente. Le processus est le même que les objets animés ou inanimés que nous croyons reconnaitre dans les formes des nuages. A bien regarder notre visage dans le miroir, le-voyons nous tel qu’il est ? Ou tel que notre entourage et nos expériences nous le font voir ? Narcisse se fourvoie par la ruse de Nemesis, et indirectement, comme par réflexion, par celle d’Echo.
Représentation suggérée : la ville
Mirror’s edge (« Le bord du miroir ») part du même principe. La société, pleine de citoyens en désaccords, se divise en de nombreux groupes, dont certains, souvent minoritaires, ne détenant pas le pouvoir, exclus, mais subissant de pleins fouets les avantages des ayants droit, deviennent menaçant pour le pouvoir en place. Les tensions augmentent et voilà qu’apparaissent les premiers reflets d’une société qui devient potentiellement dangereuse. Il ne faut pas beaucoup plus pour qu’une majorité accepte des lois restrictives, contraignantes, et délaisse peu à peu sa liberté au profit de sa sécurité. Voila l’apparition de la nouvelle ville blanche, immaculée d’innocence, de Mirror’s edge.
La ville, incarnant symboliquement la société et ses habitants, se regarde dans le miroir et aperçoit le reflet que les dirigeants ont construit dans son esprit. La ville est blanche, propre, pleine de caméras de surveillance, apaisée… en tout cas plus sécurisée que si les habitants n’avaient fait ces choix, les messages radios dans le jeu, jouant sur le spectaculaire, renvoyant périodiquement des messages laissant entendre que la bataille n’est pas gagnée et que le danger est encore présent (le dernier message radio à la fin du jeu , lors des crédits, suggérant que rien ne change après l’aventure de Faith). La représentation est en cours de route devenue appropriation.
Faith, une figure de neutralité engagée
C’est dans ce cadre que Faith, l’héroïne, joue le rôle de coursier en quelque sorte entre les dissidents (« qu’ils restent », puisqu’il est fait mention que la plupart ont abandonné la résistance), puisque toutes les autres formes de communications officielles sont surveillées. D’ailleurs, comme ces coursiers ne se préoccupent pas a priori du contenus des colis qu’ils transportent, on peut aussi imaginer que des gens pas très honnêtes utilisent ce type de transport pour passer leurs marchandises « illicites»…
Mais ce n’est pas le rôle du messager que de s’enquérir du contenu. Et c’est pour cela aussi que Faith est sur « le bord, la frontière du miroir », sur l’interface qui sépare air et eau. Elle ne prend pas partie (même si elle déplore ces choix sociétaux). Etant et se déplaçant sur cette interface, aucune image ne peut se créer dans le miroir (pour les scientifiques, un objet ne peut avoir une image que s’il appartient à l’espace objet, hors plan du dioptre). Dit autrement, la frontière entre deux pays n’appartient à personne. Faith est donc « neutre », ce qui est consubstantiel à la fonction de messager. Si nous envoyons une lettre par la poste, ou un message via un email, nous ne voulons pas que son contenu soit altéré. C’est la garantie de celui qui porte le message.
Mais Faith va se retrouver embarquée malgré elle dans une histoire dont elle se serait sans doute bien passée. De fait, pourtant, sa vision du monde et ses convictions personnelles faisaient que cette confrontation était sans doute inévitable sur le long terme. Elle ne pouvait rester en marge éternellement, tout système dans lequel nous vivons étant nécessairement en interaction avec nous et nous obligeant à faire des choix à un moment donné ou à un autre. Comme le disait Sartre dans l’existentialisme, vivre c’est choisir, même si l’on choisit de ne pas choisir puisque c’est encore un choix (le renoncement ou l’abandon étant encore des choix). Son destin était en fait déjà écrit, sa trajectoire déjà tracé sachant d’où elle venait, les forces qui la tiraillaient et qui s’exerçaient sur elle, les lois physiques étant fixées. Sans doute dans son choix d’exercer le métier de coursier germait déjà la gronde silencieuse de la révolte à venir ; toute la préparation physique liée aux techniques du parkour, un plaisir, mais aussi un choix de mode de vie déjà en contradiction avec les règles de la ville qu’elle habite.
Cette première décision d’agir est liée à un évènement qui la concerne directement puisque sa sœur, Kate, est accusée, à tort nous assure-t-on mais l’identification du joueur au personnage de Faith nous en convainc, d’avoir tué un futur candidat à la Mairie. Ce candidat se trouve être l’ami des deux sœurs depuis qu’elles sont toutes petites, même s’ils ne ses ont pas vus depuis de nombreuses années. Evidemment, ce futur maire aurait changé beaucoup de choses dans la ville s’il avait été élu, ce pour quoi, on le devine, il est assassiné.
Comparaison entre Faith et Kate
Il est intéressant de noter que Kate et Faith sont sœurs jumelles. L’une, Kate est policière : son travail consiste, essentiellement à faire régner l’ordre. A l’inverse, Faith représente le désordre : elle n’emprunte pas les chemins balisés mais passe « n’importe où », son travail est « illégal » puisqu’il ne passe pas par les circuits officiels, celui-ci crée des flux (d’information ou autre) non désirés et perturbateurs, etc. L’une semble être le contraire de l’autre, le contrepoint… le reflet. Ce jeu de miroir est encore vrai si l’on considère leur personnalité : Kate ne peut s’être engagée dans les forces de l’ordre si elle ne partage pas un minimum les valeurs de cette société ; Faith est évidemment en marge de la société, ne croyant pas en ses valeurs. Il est intéressant aussi de noter les prénoms. Le prénom Kate provient de Catherine qui dérive de « kataros » en grec et qui signifie « pure ». Tandis que Faith signifie en anglais tout la fois « confiance », "conviction" et « en bonne santé » (faith healer, healthy). Si l’on considère que la ville et la société se porte « mal » comme cela nous est dit en présentation de l’histoire, on comprend aisément le jeu de miroir entre Kate et Faith. Si Kate travaille pour un gouvernement corrompu, c’est que sa pureté, sa naïveté l’a amené à se tromper, à être trahie par le discours qu’elle a « avalé ». Faith à l’inverse amène « la bonne santé », ce qui implique, par reflet toujours, que la ville est en mauvaise santé ; Faith est la « confiance », "la conviction" dans le changement tout autant que la confiance en soi et des autres qui a due quitter depuis longtemps ceux qui se surveillent en permanence et mutuellement dans un univers Orwelien.
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Mais si l’on considère le cas de Narcisse et de son reflet, le cas des sœurs, rappelons-le jumelles, devient autrement intéressant. En effet, dans le pur cadre du reflet, on ne peut considérer l’image comme « réel », par rapport à l’objet, que dans un univers imaginaire, « parallèle ». Sinon, nous pourrions le prendre, le toucher, ce ne serait plus un reflet. Mais alors, l’image de cet objet se confond avec l’objet puisqu’il le représente, de la même manière que le reflet du visage de Narcisse se confond avec son vrai visage : l’objet réel et sa représentation parle de la même essence, ils sont tous deux le visage de Narcisse mais dans deux univers différents. Par essence, ils ne font qu’un, c'est-à-dire « le visage de Narcisse ». On peut voire leur liaison d’une autre façon : si l’un n’existe pas, alors l’autre non plus. Si on parle de reflet, les deux objets se lient… et par n’importe comment : dans leur condition d’existence.
On pourrait donc être amené à dire que Kate et Faith sont la même personne, une seule et même personne même, mais dans deux univers différent. C’est là aussi où l’on peut faire une connexion avec Matrix, puisque Néo est la même « personne » dans le monde réel dévasté par les machines et dans la matrice, mais sous forme d’esprit, « d’avatar » aussi pour se référer au film de Cameron qui relève en fait du même mécanisme. Evidemment cette représentation es symbolique puisque Kate et Faith s’enlace au début du jeu et se retrouve un peu plus tard. Sûrement… sauf si l’on considère l’interface entre monde réel et monde imaginaire juste entre les deux personnages… le miroir placé entre les deux protagonistes : rien n’empêche de parler à son double, de « se parler » dans le miroir…voire de s’embrasser comme Narcisse embrasse son image, au risque de se perdre dans les limbes du fleuve ; la destruction d’un système.
Tout le problème est alors de savoir qui est le reflet de qui ? Est-ce Kate qui est réel et qui joue à Néo dans un univers virtuel en sautant de toit en toit ? Ou est-ce Fatih qui se rêve intégrée dans un système ordonné en jouant à la petite fille bien rangée ? Ce qui sûr c’est que les actions de l’une ont des conséquences directes pour l’autre et que les deux sœurs jumelles n’envisagent pas leur vie sans leur double ; c’est même la raison qui pousse Faith à déjouer le complot, ne pouvant envisager sa vie sans sa sœur.
On peut également rajouter que, tout comme le reflet ne nous renvoie jamais une image que l’on interprête objectivement telle qu’elle est, Faith et Kate se voient sûrement telle que la société veut qu’elles se voient. Ce qui transpire dans le premier dialogue du jeu entre les deux protagonistes.
Etat des lieux
A la ville qui a donc son reflet, en négatif d’ailleurs comme dans une photographie, inversé aussi, les personnages ont aussi leur double, également en négatif, au sens photographique mais aussi morale.
C’est vraie aussi géométriquement, si l’on pense au déplacement dans l’espace. Tandis que Kate doit passer le plus gros de son temps en patrouille, à pied ou en véhicule, à l’horizontale, Faith escalade les murs et les façades, agrippée à des tuyaux ou aux cordes reliant deux immeubles, à la verticale donc. Ce sont deux routes, horizontale et verticale, perpendiculaires (dans ce cas) , qui ne se croisent qu’en un point, à l’intersection, au carrefour, et en un point unique. Si l’on pense au miroir, en effet, le rayon lumineux issu de l’objet réel et celui issu de l’objet image, ne se rencontre qu’en un point, unique dans le plan du miroir. Du coup l’ensemble des intersections des trajets des deux sœurs indiquent sans doute le plan du (ou des) miroir de leur relation (voire de la ville, tant leur métier respectif est imbriqué dans les activités en reflet de la ville).

La suite dans la prochaine partie ici.
Note :
1.(Déesses de la nature, bien que mortelles, les nymphes sont les esprits féminins de la Nature, nymphe signifiant en grec « jeune fille en âge d’être mariée », « fiancée », « vierge ». Elles personnifient les forces productives de la Nature, la fertilise aussi. Esprits bienfaisants, elles protègent les jeunes fiancés qui se plongent dans leur source, inspirent les poètes et guérissent les hommes de leurs maux. Généralement amoureuses des dieux, leurs rares unions avec les hommes donnent naissance à des « héros » ou « des demi-dieux ».)
PS : je vous invites à lire sur le même jeu l'article de Numérimaniac, Franchir, c'est s'afranchir







26/12/2010, 13:14
C'est intéressant parce que si je me doutais bien du reflet entre Kate et Faith, je ne m'étais pas imaginé l'histoire de Narcisse pour autant. Il faut dire que le miroir que j'ai cru voir dans Mirror's Edge est celui de De l'autre côté du miroir de Lewis Carol. Une métaphore on ne peut plus présent aujourd'hui avec le virtuel et le réel, Matrix étant de ce point de vue très fourni sur la question.
Après, pour moi, ce fil du miroir (Mirror's Edge), je l'ai interprété comme l'indécision de Faith de choisir son camp, de rester neutre comme tu le dis justement. Et tout l'enjeu de cette histoire aux allures de prologue, c'est la choix de Faith, provoqué par Jacknife, d'avoir plongé de l'autre côté du miroir pour aller rechercher sa soeur mais aussi, d'avoir en conséquence choisi son camp en la récupérant de son propre côté : celui de la résistance, qui ne fait que commencer.
26/12/2010, 15:16
Je te remercie.
En effet, il y a comme une chemin initiatique de Faith que l'on retrouve d'ailleurs plus explicitement chez Néo dans Matrix, chemin mis en évidence dans ce dernier par ses échecs répétés (par exemple lorsqu'il apprend les arts martiaux ou lorsqu'il apprends à sauter d'un toit à un autre, en fait à ouvrir son esprit à "la réalité"). Ce qui peut aussi renvoyer à star wars episode 4, quand luke apprend de ses échecs pour devenir un futur Jedi. C'est finnallemment très présent dans les oeuvres qui prennent la forme de légende ou de mythologie, ce qu'est peut-être mirror's edge.
D''un autre point de vue, ce chemin appelle aussi au commencement que tu évoques. Je penses qu'il y a moyen de montrer que ce 1er opus qu'est mirro's edge dissimule une figure de l'apprentissage cachée.
J'avais beaucoup apprécié ton article, c'est pourquoi il m'a semblé naturel de le mettre en lien. Je tergiversais celui-ci depuis longtemps sans pourvoir en poser l'architecture. Ton article m'y a fortement aidé. Et je sentait intimement aussi que, même si nos interprétations sont souvent communes, il y avait là quelque chose de différent que je voulais et je pouvais traiter. Et effectivement, la figue de Narcisse m'y aide bien.
26/12/2010, 22:44
Je crois qu'il y a un poste à pourvoir sur la grille des programmes d'ARTE!
Voudrais-tu remplacer certains cancres qui se disent philosophes?
27/12/2010, 05:44
Merci RetroBob.
Je suis bien d'accord avec toi pour dire qu'une forme de médium n'a pas pour vocation de par sa nature à ne diffuser que certains types de programme(et je suis d'ailleurs bien content que nous partagions cette idée) : à la télé il y a beaucoup d'émissions qui se consomment à la va vite, qui se zappent indifféremment les unes des autres (malgré des programmes et des lignes de programme qui ont des identités propres). Ca ne veut pas dire que ce soit le fait d'avoir une télécommande entre les mains qui poussent à ce comportement, contrairement à ce qui se dit parfois...
Ca ne veut pas dire non plus que ce soit lié au format qu'est l'image, puisque le cinéma, medium de l'image, est considéré comme un art... Et quand les films à gros budgets au cinéma ne sont là que pour en mettre pleins les yeux, ne dit-on pas que les productions ne devraient pas user que de ces ficelles ? Pourquoi dit-on alors souvent que la télé, le medium, et non pas la ligne de programme, est un outil pour abrutit, souvent en opposition à l'écriture et au livre, voire au cinéma, forme plus culturel ?
La forme se juge souvent par le fond...
La télé n'est finalement qu'une forme de communication comme l'est une feuille de papier : tout dépend de ce qu'on y écrit... justement parce que la feuille est blanche...comme une grille de programme est blanche, vide...jusqu'à ce qu'on la remplisse...Tout dépend de ce qu'on y met.
Si on ne dessine que des voitures ou des motos sur la page, on peut toujours dire que le papier est le meduim qui permet de parler de mécanique et de rien d'autre... Réduire le papier à la seule forme de communication sur le thème de l'auto semble réducteur...
Il n'est pas dit pourtant que le public ne s'intéresse pas à des émissions plus réfléchies. S'il ne regarde par tant que ça Fr5 ou arté, peut être est-ce le contenu et le traitement qui ne sont pas intéressant, sans parler du fait que les interrogations ne parlent pas au spectatuer et ne lui apporte pas des sujets de réflexions qui lui importent, plutot que le type d'emissions : il y a de bon profs de philo, ie qui ont des choses à dire et de la padagogie, comme de mauvais ; si les emission tv ne font appels qu'au 2nd, comment ne pas déduire que la philo à la télé n'intéresse par le public...
L'audience ne peut à elle seule juger de l'existence d'emission...
Le public est en général plus en clin à utiliser certains objets de la manière par laquelle on l'a habitué à considérer et à utiliser ces medias : l'homme est pragmatique. Si la télé ne diffuse que des programmes superficiels à longueur de journée, le téléspectateur associera l'objet, la télé, comme un un moyen simple et rapidement consommer, de "s'abrutir" de jeu ou d'emission médiocre pour se vider l'esprit.
Par là même, la télé véhicule l'idée profondément encré chez beaucoup de nos semblables que le repos est nécessairement une activité qui passe par la bêtise, et donc finallement sans valeur réel autre que celle de se reposer du travail, qui est alors la valeur supérieure, la notion mise en avant en contrepoint... Labétise, c'est à la télé, s'opposant alors aussi à la cukture, que l'on pout aussi considéré comme forme de divertissemment, mais de divertissement supérieur... Combien d'eau faudra-t-il laisser passer sous les ponts pour qu'enfin d'autres hommes arrivent aux poste décisionnels ?
Il en va peut être pour cette raison aussi de l'image et du traitement du jeu vidéo dans les médias.
Concernant les cancres, j'ai été moi aussi passablement déçu de l'émission à laquelle tu te réfères ... Que de gens potentiellement atteignable, et quel message transmis... Quel discours raté... C'est du tristesse... Ce que je crois vraiment, c'est que finallement leur discussion, au lieu de penser les choses, c'est enfermé dans le jugement de valeur en écho au régard légitimé qui se porte sur le jeu vidéo. Finallement celui-ci était vu sous le prisme du social, plutot que da la philo, malgré les références, puisque c'est sa pratique qui était traité plutot que son contenu. Hors la sociologie ne juge pas et se base pour beaucoup sur des statistiques : c'est l'un des seuls critères d'objectivisation du discours... outil plutot absent de l'emission (à part un ou deux chiffres). Du coup le discours risque de se transformer en jugement plutot qu'en analyse...
Quond auront nous des joueurs qui philosophent sur le jeu vidéo ? La pyramide d'âge, indépendemment des ouverts d'esprits, inversera peut-être ce rapport, dans le jeu vidéo est intégré à la culture des trentenaires. Il n'est finnallement peut être question que de laisser passer l'eau sous les ponts...
27/12/2010, 12:51
Citation
Attention, parce qu'il suffit de remplacer le mot Télé par jeux vidéo ou console, et le tour est joué. Tous les joueurs montreraient au créneau devant ce qu'ils appelleraient des inepties. Après, c'est sans doute de bonne guerre ;-)
27/12/2010, 18:57
Je me place dans un cas hypothétique où il n'y aurait "que" des émissions superficielles, d'où le "si" qui renvoie à celui du papier, pour montrer qu'alors l'objet, la télé, prendra une valeur négative, incarnera le média qui "abruti", l'objet étant jugé par son contenu (ce qui est une chance puisque dans la vie souvent les a priori font que l'on juge selon les apparences et non le fond...)
L'inverse étant vraie d'ailleurs : si la télé ne traitait que des dernières découvertes scientifiques, par exemple, il y a de forte chance pour la télé devienne le média "intelligent".Un type de collège de France à la maison ; d'ailleurs ces émissions existaient : c'était "l'université de tous les savoirs" je crois, qui passait sur Fr5 il y a quelques années, si ma mémoire est bonne.
Le risque en revanche, s'il n'y avait que ça, serait que la télé soit associer à un objet élitiste, excluant, peut être même s'il y avait une forme de pédagogie. De toute façon on n'est loin de n'avoir que ce type d'émission.
Le savoir scientifique est même sous représenté...
Il me semble pas qu'il n'y ait que des émissions surpeficielles, même s'il y en a beaucoup (il n'y a qu'à évoquer la télé réalité, même si elle a bon dos ; on peut pas franchement dire que ça aille au fond des choses... ? Ce qui revient à se demander qu'elle est l'intérêt d'avoir des macdo pour schématiser un peu, sachant que j'y mange régulièrement). C'est peut être le manque d'équilibre aussi qui créé ce sentiment que la télé est nécessairemet un outil destiné à "créer du temps de cerveau libre". La course à l'audience est alors lancé...i compris sur les chaines du cables où ça doit être encore plus violent pour exister...
A l'évidence, il y a une bataille entre les chaines sur le contenu, fr5 et ARTE, par exemple, essayant manifestement de faire autre chose que ce qui se voit sur beaucoup de chaines. Il n'empêche qu'on entends souvent que l'argent est le nerf de la guerre. D'où ma question : croyons nous vraiment que la bétise se vendra mieux que l'intelligence ?
27/12/2010, 19:02