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Nous avions l'air à coté de la plaque
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Nous avions l'air à coté de la plaque

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Par Enimal - publié le
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Frank Miller est un dessinateur et scénariste de comics. A ce jour, l'œuvre la plus connue et la plus achevée de Frank Miller est Dark Knight, une histoire glauque de Batman située dans un futur proche. Il y met en scène un Batman violent et extrémiste et met à mal le mythe du justicier détective.

Au début des années 50, un psychiatre à deux balles pondit un ouvrage totalement débile qui traumatisa mont art de prédilection pendant toute une génération.

Le choc était parfaitement compréhensible. Le livre du psy et les articles de presse tout aussi insensés écrit dans la foulée jouaient sur la peur inspirée aux parents par leurs propres enfants.

Il rencontra un si large écho dans l'opinion publique que ses thèses furent examinés par une commission d'enquête au congrès. Malgré des débats peu concluants, le gouvernement américain brandit le bâton de la censure. Les comics furent accusés d'être la cause principale de la « délinquance juvénile », et les éditeurs de comics craignant pour la pérennité de leur entreprise, s'empressèrent de supprimer tout contenu susceptible de faire scandale.

Si tout cela paraît dépassé ou étrange, c'est une fausse impression. Les parents, toutes générations confondues, paniquent dès que leur ados de quatorze ans, submergé par une soudaine poussée d'hormones, devient renfrogné. Quant aux baby-boomers, ces « chantres de la libertés », ils mènent une croisade impitoyable contre le sexe et la violence a la télévision ou dans les jeux vidéos. La liberté d'expression est une oasis, aussi fragile et éphémère que les trêves entre deux guerres. La nature est immuable.

Ce psy cinglé et son livre nullissime ne valent pas la peine d'être nommés. Le monde les a oubliés depuis bien longtemps tous les deux. Pourtant, dans le petit univers des comics, ce navet est resté aussi menaçant que l'ombre d'un cyclope. Ou de Galactus. Les ventes n'ont pas cessé de chuter, et pendant un temps, les dessinateurs de comics n'osaient même pas avouer leur métier. Pas dans la bonne société du moins.

Nous ne nous attaquions surtout pas à la politique.

Mais nous avions l'air a coté de la plaque.

Nous étions comme morts.

Nous étions morts.

Si la nature humaine est immuable, la veine créatrice, en revanche, est indomptable. Durant cette époque enfiévrée que furent les années 60, des pionniers comme Robert Crumb, Richard Corben, Phil Seuling, Denis Kitchen et biens d'autres esprits audacieux replacèrent le comics dans son élément en lui rendant son statut d'art populaire. Une explosion de créativité et une révolution dans les méthodes de distribution changèrent la donne. Le comics reprenait sont droit de cité.

Mais comme dit le proverbe, Rome ne s'est pas faite en un jour. Les habitudes ont la vie dure. Quand j'ai débuté dans la profession, le spectre de l'abominable bouquin pesait encore sur l'industrie. Il allait falloir des années pour que les internés se rendent maîtres de l'asile.

Toutes sortes de comics indépendants firent leur apparition. Et le monde des super-héros reprit du poil de la bête. Des vétérans comme Steve Ditko, Neal Adams, Denny O'Neil, entre autres, plongèrent les gars et les filles en justaucorps au cœur des débats des années 70, ressuscitant ainsi une tradition. Tout comme le superman des années 70 s'en prenait à Tojo et Hitler tandis que Captain America collait un pain au führer, de nouveaux personnage comme le Faucon et la Colombe, et de vieux briscards comme Green Lantern, Green Arrow et Spiderman se lançaient, le point levé, dans de houleux conflits ouvertement politiques.

L'ennemi juré des X-Men, Magnéto, s'avérait être un survivant de l'holocauste. Avec Neal Adams, les rues de Gotham City devenaient glauques et Batman retrouvait un look à vous donner la chair de poule. Howard the Duck naviguait entre la critique sociale et la parodie culturelle. Swamp Thing, la créature des marrais, se transformait en militant écologiste. Telle Rita Hayworth dans Gilda, la beauté ôtait lentement, lascivement, ses gants.

Puis vinrent les années 80, entrées a juste titre dans l'histoire comme l'ère Reagan. C'était une drôle d'époque en matière d'actualité et de créativité artistique. Une époque marquée par de graves menaces, la présence de forces puissantes, et des événements médiatiques complétement stupides. La criminalité connut des sommets, la comédie aussi. C'est une période de colère, d'amertume et d'hilarité.

En matière d'âneries, la télévision n'était pas en reste.

 

Frank Miller

New York 2006

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