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Visite au musée du jeu vidéo

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Par balaziouf - publié le
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Ce 14 avril 2010, le musée du jeu vidéo ouvrait ses portes. Le premier musée consacré à ce qui est en passe de devenir le 10e art devenait réalité. Un événement incontournable pour tous les amateurs de Mario & co.

Je ne me meus que très rarement sur la capitale et ses alentours. Casanier, il faut vraiment que mes déplacements en vaillent la chandelle. Dès lors, je ne pouvais passer à côté de l’événement ludico-culturel de ce printemps.

Un musée consacré au jeu vidéo. Il y a peu de temps encore, une telle idée était  inconcevable. D’ailleurs, on peine encore quelque peu à y croire tant le jeu vidéo n’est pas encore affranchi des mauvaises réputations qui entachent son nom. Violences, addictions et autres désinformations tendent en effet à brider l’approche culturelle et sociale de ce médium. Quoiqu’il en soit, certains pouvoirs publics ont trouvé bon de se pencher vers ce domaine culturel à l’impact économique considérable (lrappelons que ’industrie du jeu vidéo génère un revenu plus important que celui de la musique ou du cinéma).

 

Initiative du musée

 

Assez étrangement positionné sur le toit de la Grande Arche de La Défense, ce musée se situe à côté de celui consacré à l’informatique (créé il y a deux ans) et fait écho à l’exposition « Rétrogaming : 30 ans de jeux vidéo » qui a eu un franc succès l’été dernier. Initialement née d’un projet commun entre MO5 et Alerte Orange, cette initiative se présente finalement comme étant issue d’un partenariat entre Alerte Orange et le Ministère de la Culture et de la Communication et propose de retracer l’histoire du jeu vidéo sur 200 mètres carrés.

C’est donc avec un certain enthousiasme que je me suis empressé de visiter ce premier lieu ‘officiel’ et public contribuant à la conservation du patrimoine vidéoludique.

 

Hall of Fame

 

Il fait plus frais qu’il n’y paraît. A ne pas s’y tromper, nous sommes au printemps. Le vent souffle de toutes parts entre les jambes de l’Arche, même si les pans vitraux tendent à atténuer les bourrasques. Une fois dans le bâtiment, l’ascenseur nous expulse au sommet en un tour de main. Les oreilles se bouchent, l’attente est à son paroxysme. Les portes s’ouvrent et l’on est accueilli par une figurine de Sam Fisher taille réelle. Pour le gamer que je suis, difficile de ne pas faire le rapprochement avec la sortie imminente de Splinter Cell Conviction, même si je sais que ce n’est que le fruit du hasard.

Un couloir se présente alors. Il est recouvert de panneaux retraçant quelques faits marquants de l’histoire de l’informatique. Puis le hall. Moyennement spacieux et en partie jonché de poufs très prisés des jeunes enfants, cette pièce présente les restes d’une soirée de présentation : des tréteaux empilés et des bornes d’arcades, visiblement pas à leur place, longent le mur. Peut-être trop naïf, j’avais espéré rencontrer lors de cette matinée quelques visages connus du ‘milieu’. Mais j’apprends très tôt qu’il n’en sera rien, compte tenu de l’inauguration qui a eu lieu la veille. Ce n’est rien,. Cela ne m’empêche pas de contempler non sans une certaine admiration les différentes oeuvres d’art portant sur le jeu vidéo, exposées alors. Les esquisses de Metin Seven, Mike Mitchell et consorts tendent à plonger le visiteur dans l’ambiance. C’est ici que le visiteur a le choix entre les domaines informatique et vidéoludique.

 

It’s a pixel’s, pixel’s, pixel’s world

 

A l’entrée du musée, le court-métrage Pixels de Patrick Jean est diffusé sur un écran, histoire de mettre le visiteur dans l’ambiance : l’univers du jeu vidéo, un monde progressivement grappillé par les pixels. Pris au premier degré, ce film peut paraître anxiogène, mais au-delà de ça, il symbolise la conquête du monde par le jeu vidéo. Nul n’y échappera, nous sommes déjà contaminés… mais ludiquement contaminés.

Puis le musée s’ouvre à nous, présentant l’Odyssey, première console de l’histoire, sortie en 1972 et conçue par Ralph Baer, celui qui a créé Tennis, le précurseur de Pong, et fit de Nolan Bushnell un millionnaire. La petite histoire est d’ailleurs contée au travers d’un tableau explicatif et d’un extrait vidéo de La fabuleuse Histoire du jeu vidéo. Il en sera d’ailleurs de même à travers tout le musée, ces tableaux et vidéos permettant aux visiteurs plus ou moins néophytes de recontextualiser les consoles dans leur époque.

Lemusée se voit ainsi réparti en plusieurs périodes : consoles 8 et 16 bits, 32 bits, 128bits, next-gen… ainsi pour chacune de ces catégories, les consoles sont toutes exposées les unes à côté des autres au risque même d’être entassées. Il y a également des vitrines consacrées aux consoles portables et au fameux Game & Watch de Nintendo.

On notera la présence de deux bornes d’arcade redesignées de jeux ô combien classiques : Pac-man et Pong. Car proposer un musée du jeu vidéo sans pouvoir jouer aurait été quelque peu paradoxal. Le jeu vidéo ne prend-il pas tout son sens lorsqu’il est pratiqué ?

Côté déco, le musée du jeu vidéo se veut sobre arborant un contraste entre clair (murs, panneaux) et obscur (sol) à noter toutefois l’aspect très seventies de la façade servant de trame de fond à la présentation des premières consoles de l’histoire. Si les panneaux, rigoureusement placés, servent à détailler les différentes périodes de l’histoire, d’autres nous présentent également les différents métiers des jeux vidéo ainsi que les plus grands acteurs de ce domaine, comme Yu Suzuki, Michel Ancel, Peter Molyneux ou encore la sublime Jade Raymond (à noter toutefois que ces présentations sont très succinctes et se révèlent nettement mieux détaillées sur le site du musée).

D’autre part, une fausse borne d’arcade a été créée, permettant aux visiteurs de voir des extraits de reportages portant sur quelques unes des plus grandes icônes du jeu vidéo, parmi lesquelles on compte Mario, Zelda, Sonic et autres…

Une jolie manette Gamecube, bien atypique!

 

On prend un certain plaisir à déambuler à travers toutes ces consoles et baigner dans un tel univers donne de suite envie de s’y replonger (même si l’on à peine de quitter Uncharted 2). Ce site permet d’observer de plus près certaines raretés comme le Virtual Boy, la Nec PC Engine ou encore la Néo Géo, pour ne citer que quelques-unes des consoles les plus atypiques. De même, cette visite sera l’occasion de découvrir des choses que même les plus aguerris des geeks peuvent ne pas connaître. Pour ma part, j’ignorai l’existence du multi-mega de Sega (console à l’allure de lecteur de CD portatif permettant de lire des jeux Méga-CD mais également mégadrive) ou du HDD de la PS2.

Dans un coin,  une vitrine expose les goodies et autres produits dérivés des jeux et montre, si l’on en doutait encore, que Nintendo s’est assigné la place de maître en la matière avec notamment un Super Mario Chess assez surprenant. Dans cette partie, on trouve aussi des jeux ou jouets estampillés Donkey Kong ou Space Invaders mais également de nombreuses figurines dont celle du héros de Dragon Quest VIII.

 

 

Du côté du grand frère

 

Une fois sur place autant en profiter pour se rendre à la partie réservée au doyen du numérique. Ainsi me suis-je rendu à la section informatique jouxtant le musée du jeu vidéo. Ici est contée une histoire bien plus vieille prenant ses racines à la fin du XIXe siècle avec notamment l’exposition des premiers calculateurs. Cet autre musée a également son lot de curiosités avec l’exposition de périphériques en tout genre (joysticks) mais surtout de nombreux ordinateurs issus des années 70 et 80, lorsque le domaine informatique était en pleine explosion. Ici, l’univers est assez kitch, avec des présentoirs oranges aux angles ronds. On aurait bien vu une telle décoration dans un film de Kubrick.

Dans le prolongement de ce musée, on trouve une porte qui donne sur le toit et offre une vue imprenable sur tout un pan de la capitale. Une boutique est également mise à disposition des clients, mais hormis quelques légers ouvrages sur l’informatique et le DVD de La fabuleuse histoire des jeux vidéos, elles n’offre pas grand-chose en rapport avec le domaine vidéoludique et se borne à proposer de simples souvenirs de Paris somme toute assez sommaire.

 

 

Work in progress

 

Autant le concéder de suite, ce musée n’est pas parfait. Et la seule évocation de 200 m2  d’exposition et de 200 pièces proposées aura tôt fait de conforter les plus sceptiques dans ce sens. Car effectivement, si les consoles et leurs divers modèles sont assez nombreux, on notera toutefois que celles-ci sont un peu trop entassées les unes à côté des autres.

Une simple vitrine de deux volets rassemble à elle seule toutes les consoles 8 et 16 bits. Pour une période signant la pleine expansion du jeu vidéo mais également sa première crise, il est évident que ça fait un peu léger. La bataille entre Sega et Nintendo dans les années 80 et 90 mérite à elle seule davantage de considération.

Mais on imagine évidemment fort bien que les organisateurs n’ont pu trop s’épancher sur ce conflit comme sur de nombreux autres phénomènes vidéoludiques faut de place. Et c’est ici que le problème de la surface… refait surface, si l'on peut dire. Car 200 m2, c’est évidemment trop peu pour prétendre retracer tout une histoire d’une subculture désirant être reconnu comme étant une culture à part entière.

Ce problème est d’ailleurs assez révélateur de l’image qu’a le jeu vidéo. Celui que certains considèrent déjà comme étant le dixième art semble encore souffrir quelque peu de son image et de son manque de reconnaissance sociale.

C’est tout à leur honneur que les pouvoirs publics tendent à légitimer le domaine vidéoludique, mais il semble assez évident que les choses risquent de prendre du temps et c’est ainsi que le musée du jeu vidéo se voit être paradoxalement complet et sommaire, intéressant et lacunaire à la fois.

D’autre part, tout est sous vitre, ce qui semble logique dans un sens de préservation du patrimoine, mais extrêmement frustrant pour les plus nostalgiques. Même si, encore une fois, cette démarche se comprend, surtout après avoir vu quelques jeunes taper sans ménagement sur le clavier d’un des ordinateurs exposé.

 Il en est de même pour les jeux qui sont, pour leur majorité, aux abonnés absents. En effet, seuls quelques rares jeux emblématiques des consoles proposées sont exposés au publique (par exemple Shinobi pour la Master System), ce qui constitue un manque cruel et intolérable. Faute de place, encore une fois. A titre personnel, il m’a été douloureux de ne pas pouvoir prendre la boîte de Mario’s Tennis sur Virtual Boy entre mes mains, ne serait-ce que pour voir les screenshots au dos et lire le petit texte récapitulatif vantant le titre.

De même, s’il y est clairement fait référence au long de la visite, l’arcade n’est pas assez mis à l’honneur. On aurait souhaité voir de véritables bornes d’arcade exposées. De même, les plus curieux auraient apprécié voir l’intérieur d’une de ces machines, avec ses différents composants. Mais manque de place…

Côté librairie, espérons que la boutique saura se doter à terme de quelques ouvrages de références comme les livres désormais cultes des éditions Pix n’love.

 

La mise en place du musée du jeu vidéo est une très bonne initiative qui vise à réparer une injustice vieille de trente ans : inclure le domaine vidéoludique au patrimoine français. Mais il souffre encore beaucoup des accusations portées à son encontre et sa réputation est loin d’en être lavée. Il faudra donc du temps, de la considération et surtout beaucoup plus de moyen avant que le jeu vidéo ne soit véritablement considéré comme un art et un produit culturel à part entière. On notera, à ce titre, que le travail en terme d'information reste assez pauvre sur place mais se révèle un peu plus riche sur le site internet du musée.

En somme, cet événement relève davantage de l'exposition que du musée. Car, encore une fois, 200 m2 pour présenter un médium vieux de quarante ans, à l'aspect économique et culturel incontournable, c'est bien trop peu.

Cette exposition de consoles de jeu s'adresse donc davantage aux non-initiés qui se décideraient enfin à considérer le jeu vido sous un aspect culturel.  Amateurs et connaisseurs, eux, risqueront de rester sur leur faim.

Reste à espérer que l’association MO5 parvienne à profiter de cet engouement somme toute assez ‘branché’ pour l’habilitation culturelle du jeu vidéo en obtenant les fonds nécessaires à l’élaboration du Musée National des Jeux Vidéo qui, s’il parvient à être mené à bien, devrait tenir toutes ses promesses.

 

Musée ouvert de 10h à 19h 7 jours sur 7.

Tarifs : 10 euros pour les adultes.

             8.5 euros pour les enfants et étudiants.

 

(les lecteurs pardonneront la qualité pour le moins médiocre de mes clichés)

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