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Video Games - D.B. Weiss

Itinéraire d'un rétrogamer romanesque
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Par balaziouf - publié le
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Sélectionné par la rédaction

Les opinions et vues exposées dans les articles lecteurs ne reflètent pas forcément celles de la rédaction de Gameblog.

En 2003, Daniel B. Weiss publie « Lucky Wonder Boy » aux Etats-Unis. C’est près de dix ans plus tard, alors que cet auteur est devenu scénariste pour la série Game of Thrones (Le Trône de Fer), que paraît la version française de ce roman vidéoludique sous le titre plus passe-partout de « Video Games ».

1999. Adam Pennyman est un gentil loser approchant la trentaine. C’est un gamer, ou plutôt un rétrogamer, de ceux qui préfèrent cramer leur temps sur des consoles désuètes que de succomber à l’appel de la 3D et de ses effets visuels. Pour Pennyman, pas de Playstation. Il lui préfère de vieilles machines répondant aux doux  noms de Colecovision, Atari 2600 ou Amiga. Il conserve en lui d’intenses émotions  liées à son adolescence dans laquelle il écumait les salles d’arcade sur les bornes de Pac-Man et de Donkey Kong.

Il a également retourné Microsurgeon (jeu dans lequel on doit éliminer les microbes et maladies du corps humain) dans tous les sens, pensant que ses performances viendraient à bout du cancer de sa grand-mère. Il en est même resté persuadé. Il sait qu’il aurait pu sauver cette-dernière s’il n’avait pas grillé son Intellivison à force de jouer dessus.


Microsurgeon 

De son goût prononcé pour les jeux vidéo, Adam a l’idée d’établir un catalogue des jeux obsolètes dans lequel il recense les anciens jeux cultes qui ont rythmé sa jeunesse.

Tout en chancelant dans sa vie, Adam finit par intégrer une boîte qui travaille sur l’adaptation cinématographie de Lucky Wonder Boy (les amateurs de Sega y verront là le détournement d’un célèbre jeu de la franchise japonaise), jeu mythique qui, par sa simple évocation, fait à Adam l’effet d’une madeleine proustienne.  Il s’agit là d’un jeu complexe sur lequel personne n’est parvenu à passer le deuxième niveau. Et pourtant, une rumeur circule selon laquelle il en existerait un troisième…

D. B. Weiss possède une solide culture de l’histoire des jeux vidéo, ce qu’il ne manque pas de d’évoquer à travers les pages de son roman. Son personnage, Pennyman est l’archétype du geek en délicatesse avec la vie et ses interactions sociales. Il n’en demeure pas moins un type dans lequel sommeille un gamin des eighties accro aux pixels. Sa découverte des émulateurs au début du roman renverra tous les retrogamers à leurs premiers émois lorsqu’ils ont découvert l’existence de MAME :

« Où as-tu trouvé ce programme ? Combien il t’a coûté ?

- Il m’a rien coûté rien, yo. Je l’ai téléchargé sur Internet, c’est de l’open source.

- C’est quoi, de l’open source ?

- Ca veut dire que c’est gratuit, mec ! C’est illégal de le vendre. Bientôt, tout sera gratuit. Les jeux seront gratuits, la musique sera gratuite, les films seront gratuits, personne ne pourra plus faire payer quoi que ce soit. J’ai des émulateurs pour Atari, Colecovision, Commodore 64, Apple II, Intellivision… »

L'Intellivision

 

La gratuité avait de beaux jours devant elle. Quoiqu’il en soit, le tout dématérialisé est toutefois dénué d’un certain charme inhérent au rapport physique du joueur avec de vieilles consoles :

« Les jeux vidéo vintage étaient aisément accessibles sur eBay à condition d’être le meilleur enchérisseur, ce que j’étais à chaque fois. Au bout de deux semaines, je possédais un Intellivision, une Atari 2600, un joystick Atari supplémentaire pour remplacer celui qui était arrivé avec la 2600 et environ 50 cartouches pour chaque système. Dépense totale : 155 dollars. »

« Des morceaux de ma vie que j’avais considérés comme perdus à jamais étaient de nouveau là, bien réels, tels des souvenirs ressuscités. Je les traversais de nouveau, les vivais de nouveau, mais ils étaient désormais sous contrôle. Sous mon contrôle. »

D.B. Weiss

Avec ce roman, Weiss esquisse le portrait d’un antihéros propre à toute une génération. Adam Pennyman est un trentenaire en quête d’absolu vidéoludique, quitte à faire « sa crise de geek au quart de sa vie ». Le jeu Lucky Wander Boy est nimbé de mystère. « Vidéo games » a presque des allures de polar mystique, tant la quête de Pennyman se veut atypique. C’est pourtant davantage dans un  ton décalé et vers l’humour que lorgne ce roman qui évoque « Jpod » de Douglas Coupland. « Vidéo games » n’est pas forcément LE roman culte que la génération jeux vidéo (encore faudrait-il savoir de laquelle il s’agit) était en droit d’attendre, mais d’une agréable lecture emprunte de nostalgie envers un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

 

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