Rappel des faits : en juillet 2020, une enquête du journal Libération témoignait d'une culture du harcèlement et des méthodes parfois toxiques de certains hauts cadres en poste chez Ubisoft, protégés par leur direction malgré les nombreux griefs. En l'espace de quelques semaines, quelques têtes tombent, ou choisissent de quitter l'entreprise, à l'instar de Serge Hascoët, directeur de la création. Explicitement cité dans les témoignages des employés, le numéro 2 d'Ubisoft n'avait toujours pas été remplacé, le PDG Yves Guillemot assurant depuis l'intérim.

Après un tour de calendrier que l'on imagine compliqué pour bien des petites mains, le géant français vient d'annoncer la nomination de son nouveau directeur de la création : Igor Manceau, présent dans l'entreprise depuis 1998, et déjà bien occupé dans son rôle de directeur créatif du côté d'Annecy pour l'imminent Riders Republic, dont nous vous avons récemment parlé. Le service communication d'Ubisoft a officialisé il y a quelques heures la prise de fonction :

En sa qualité de Chief Creative Officer , Igor Manceau aura pour mission de définir et de cultiver la vision créative d'Ubisoft, tout en soutenant la direction créative de chacun des jeux afin qu'ils soient les plus accessibles, attractifs et enrichissants pour tous.

Des plaies à panser, de la matière à penser

C'est peu dire que Manceau aura bien des chantiers à mener de front, Hascoët ayant été à l'origine de bien des polémiques, de l'annulation du jeu de fantasy Avalon à l'éviction des personnages féminins dans les jeu Ubisoft, sous prétexte qu'ils ne seraient "pas assez vendeurs". C'est dire si la tâche est immense.

Le collectif A Better Ubisoft a immédiatement réagi à l'annonce :

Nous espérons que cette nomination a fait l'objet d'un examen minutieux au vu des actions du prédécesseur d'Igor Manceau. Nous attendons une réponse et espérons qu'il pourra prendre les bonnes décisions afin de réparer les dommages causés.
Cependant, nous tenons à souligner que ce changement de poste est en contradiction avec la promesse faite par Yves Guillemot de redéfinir le rôle de l'équipe éditoriale, et de multiplier les postes de directeurs créatifs.

Il y a quelques semaines, un collectif d'un millier d'employés signait une lettre de soutien à leurs confrères d'Activision Blizzard, également lassés du même laisser-aller chez le géant américain.