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    Duke Nukem Forever : interview de Randy Pitchford

Duke Nukem Forever : interview de Randy Pitchford

L'homme qui a sauvé Duke Nukem du naufrage
Par Grégory Szriftgiser - publié le

Jusqu'où aller dans le politiquement incorrect

Quel est votre sentiment : est-ce que c'est plus ou moins facile aujourd'hui, de sortir un jeu si irrévérencieux que ça pouvait l'être il y a 12 ans ?

C'est intéressant, vous savez : régulièrement, il y a des formes de divertissement, dans tous les médias, qu'on parle de musique, de films, de télévision, littérature, ou de jeux, qui repoussent les limites. Et il est important d'avoir ces exemples parce que les choses qui poussent les limites nous apprennent où se situe la ligne. Quelles sont ces limites ? C'est tellement flou. Qu'est-ce qui offense, qu'est ce qui est OK... ce sont des lignes très floues. Elles ne sont pas claires, au niveau culturel, ni même au niveau de l'individu. Donc quand il y a des choses qui repoussent ces limites, elles nous apprennent où elles se trouvent. Quand quelque chose apparaît et que c'est drôle, que ça ne nous pose pas de problème, ça veut dire que la limite se trouve plus loin. Si quelque chose offense véritablement, créant vraiment un problème, alors la limite revient, et on devient un peu plus réservés. Duke débarque dans un contexte où l'on peut se dire des choses comme "attends un peu, ce serait pas osé, ça ?", mais personne n'a vraiment de problème avec, en fait, tous se contentent de l'apprécier, de passer du bon temps. Je crois que ça nous apprend que la ligne est un peu plus loin que ce que les gens pensent. Parce qu'on passe un bon moment. Notre culture veut de ça. C'est un test amusant.


Vous savez aux Etats-Unis, on a un dossier à la Court Suprême, elle doit statuer sur le sujet, sur la manière dont les jeux sont classifiés, comment cela affecte leur vente dans les boutiques en Californie. C'était un dossier basé sur une loi qu'on a tenté de faire passer en Californie. C'est donc assurément à l'esprit de notre culture, si tant est que la culture puisse avoir un esprit collectif, de savoir où se trouvent ces limites. Et je suis impatient de voir comment ce dossier aboutira. Ce sera un moment important. Et c'est intéressant de voir que Duke est presque une figure emblématique pour ce test.

Mais les jeux sont aujourd'hui sous les feux des projecteurs, ce n'était pas le cas à l'époque de Duke 3D...

C'est une question intéressante. Il est certainement exact que les jeux sont aujourd'hui partie intégrante du divertissement global. En occident, on est probablement à la moitié du chemin. La moitié des gens peuvent se considérer joueurs. Nous ne sommes pas complètement saturés encore, mais ce n'est plus un monde où 10, 15, 20 pourcents des gens jouent au jeu vidéo. On est à peu près à la moitié. Ce qui rend tout ça vraiment mainstream. Significatif culturellement. Et à cause de ça, les gens qui ne sont pas des joueurs, ne savent pas trop quoi en penser, ils ne savent pas s'ils devraient s'inquiéter ou non. Ça me rappelle quand mes parents m'expliquaient que les générations anciennes avaient un problème avec le Rock'n Roll. C'est un fossé générationnel. Et nous ne sommes pas les premiers à connaître un fossé générationnel. Mais je peux vous dire cela : un jour, on aura un Président des Etats-Unis qui a un Gamertag. Et des leaders politiques qui seront des joueurs. Et je crois que ça changera les choses bien plus.


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