Le nid du Zhibou

Le nid du Zhibou

Par zhibou Blog créé le 13/05/10 Mis à jour le 24/12/18 à 11h19

Le blog d'un animal nocturne qui se nourrit de cinéma, de jeux vidéos et d'autres aliments de la pop culture.

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Cinéma (Cinéma)

 

Aujourd'hui, Mardi 25 février, John McTiernan sort enfin de prison, et pourra retourner vivre dans son ranch au Wyoming. Il y sera assigné à résidence, mais la promesse de son retour au cinéma est déjà officialisé. Il a en effet signé pour réaliser, dés la fin de sa peine, le déjà très attendu Red Squad. En attendant de voir revenir le cinéaste aux affaires, voici l'occasion de revisiter l'un de ses précédents films. En l’occurrence, Le 13ème Guerrier, adapté du roman Les Mangeurs de morts de Michael Chrichton.

 

Le film, de par ses nombreux soucis de production, aura suscité bien des rumeurs quand aux différences entre la version originale de McT et le résultat final. Des fantasmes qui aliment la légende et le statut culte du long métrage, et ce n'est pas le relatif échec au box-office de l'époque qui changera la donne (il est a noter par contre qu'en France le film a été particulièrement bien accueilli, autant par la critique que le public). Ces divergences sont la conséquence d'une vraie collision entre les deux visions du réalisateur et de l'écrivain. Quand finalement on met en perceptive ce «choc des cultures» avec le film, il est intéressant de voir que le propos qui traverse Le 13ème Guerrier dépasse malgré lui le cadre de l’oeuvre.

 

 

Le coeur du film parle justement de la rencontre de deux cultures que tout oppose. Celle d'un ambassadeur arabe (Antonio Banderas) et d'un peuple viking considéré, au premiers abords, comme barbare. Les premières interactions entre Ahmed Ibn Fahdlan et les hommes du nord sont au départ limitées par la barrière de la langue, un motif récurrent du cinéma de John McTiernan qui va ici ici se matérialiser par un brillant effort de mise en scène. Au début du film Ahmed est accompagné par le personnage incarné par Omar Sharif, qui lui servira d'interprète. Lors des dialogues récités d'une langue à l'autre, le cadre triangule les différents interlocuteurs en changeant la profondeur de champ pour bien appuyer la transmission de savoir. Procédé on ne peut plus important pour la suite du film, puisqu'il amorce ce thème entre Ahmed et le héros viking Buliwyf. Cette exposition Permet aussi au spectateur d’entendre abondamment la langue nordique pour habituer son oreille et mieux impacter la prodigieuse scène d'apprentissage d'Ahmed. Par l'écoute attentive et l'observation, l'arabe va pouvoir assimiler la langue de ses compagnons guerrier. Une scène de feux de camps magnifiquement cadré, où le nordique se transforme peu à peu en anglais limpide, qu'Ahmed achèvera par un réplique cinglante. Sublime.

 

Grâce à cette introduction, le film donne une nouvelle signification à ce qui est en fait, une relecture réaliste de Beowulf, le poème anglo-saxon. Il utilise en effet ce bagage mythologique pour mieux transcender ce qui fait la racine des contes et légendes au sein d'une culture. La transmission du savoir se faisant à l'oral, un simple mot peut être déformer et réinterpréter de manière fantasmagorique. Le «firewurm» en est l'exemple le plus marqué, le serpent de feu se transformant en dragon d'une bouche à l'autre. Dans cette optique, l'astuce d'utiliser un étranger comme protagoniste pour faciliter l'immersion du spectateur se détache d'une simple ficelle scénaristique vieille comme le monde. Elle amène surtout Ahmed comme personnage témoin avec le pouvoir de coucher les récits héroïques sur papier. Buliwyf voit en cela le moyen de vivre éternellement, le Valhalla devenant le partage par l'écrit. «A man might be thouht wealthy if someone were to draw the story of his deeds, that they may be remenbered.»

 

 

Quant à l'aventure, tel que vécu par les protagoniste et le public, elle est d'une richesse picturale et d'un souffle épique sans guère d'équivalent. Alors que le cinéma est en pleine révolution numérique (le film sort la même année que Matrix, Fight Club, La Momie ou Star Wars : Épisode I), Le 13ème guerrier dispose d'une quantité infime de plans retouchés. Pratiquement intégralement tourné dans les forêts canadiennes, les panoramas offerts sont d'une beauté sidérante. Du village viking intégralement construit pour l'occasion, jusqu'à la caverne des Wendols, le sens de la texture y est impressionnant et presque palpable. Couplé par un éclairage naturel époustouflant, aussi bien de jour que de nuit, il est facile d'être soufflé par le visuel du film. Quant les guerriers parcourent les bois à la recherche d'une cabane perdue, on arriverai presque à sentir l'air qui se dégage du décor. Mais la force du film est de toujours garder un caractère humain à ces plans. Deux ans avant Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson et ses travelling aériens, John McTiernan n'utilise pas cet artifice et garde ses décors au plus prés de ses personnages. Ainsi il conserve un aspect organique et vivant qui aurai été amoindri par une simple présentation abstraite de l’environnement. Une approche presque anti-spectaculaire qui aura été une des sources des différents entre John Mctiernan et Michael Chrichton.

 

Si de l'aveu du réalisateur, le film tel qu'il aurai voulu durerai une dizaine de minutes de plus, il aurai sans doute été bien différents, surtout dans son dernier acte. Sûrement à cause de premières projections-test désastreuses, Michael Chrichton a orchestré des reshoots près d'un an après le tournage initial. Allant du simple rajout anodin, à la modification entières d'enjeux, une prolongation de développement qui aura fait explosé le budget. Outre l'ajout du chef des Wendols dans le récit par des inserts quelque peu incongrus (ajout de cornes en postproduction, ou plans tournés avec un nouvel acteur à Los Angeles), c'est le traitement de la mère de Wendols qui aura posé le plus de problème. Pas moins de trois versions tournées, avec trois actrices distinctes, pour trois aspects radicalement différents. Malgré cela, et le fait que Mctiernan souhaitai à l'origine une fin proche de Zoulou (cohérente avec l'idée de compréhension des cultures), ce dernier ne regrette pas ce qui reste du film. Vu que son talent transparaît malgré un montage un peu serré, on peut facilement lui donner raison. Autre changement, finalement bénéfique au film, l'abandon de la musique de Graeme Revell (The Crow, Les Chroniques de Riddick) au profit du score de Jerry Goldsmith. Le premier a composé une partition intéressante plus ethnique que celle que l'on connaît, mais il aurai été dommage de ne pas profiter des envolées lyriques de Goldsmith qui n'ont rien à envier au Conan le barbare de Basil Poledouris.

 

 

Mais peu importe une director's cut fantôme, le film tel qu'il est sorti, et tel qu'il restera dans les mémoires, est toujours ce récit d'une fable épique à l'approche humaine. Ôde au partage, à l’échange, et à la compréhension des cultures, Le 13ème guerrier définie, autant par son discours que par sa conception, le sens même du mot Légende.

 

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :

http://chronicssyndrome.wordpress.com/2014/02/25/la-voix-du-guerrier-critique-le-13eme-guerrier/

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Ces jeux que j'aurais pu Platiner (Jeu vidéo)

Sur une idée de rubrique de Joniwan, également reprise par Dranzer1984, voici une petite liste de trophées sur le dernier jeu Crash Bandicoot développé par Naughty Dog. L’excellent Crash Team Racing.

 

Le Mario Kart like de la Psone, avec un système de turbo très nerveux qui rend le parcours des différents circuits digne d'un motocross. Couplé avec l'univers et les personnages déjantés de la série, le jeu est un indispensable pour les fans du marsuipal ou de jeux de kart cartoonesque.

 

Dans cette sélection de trophées, il y a de quoi mettre vos talents de pilote à rude épreuve. Vos effort pour récolter la multitude d'objet du jeu seront récompensés, mais pas seulement. Challenges de perfectionnistes, contre la montre, découverte de raccourcis cachés, ou défis insolites, il y a de quoi faire pour profiter du jeu au maximum.

 

Bandicoot suprème 

 

Déverrouiller tous les trophées.

 

Rencontre du 3ème type 

 

Battre le chrono de Nitros Oxide sur tous les circuits en Essai Temps.

 

Retour vers le Futur 

 

Battre le chrono de N.Tropy sur tous les circuits en Essai Temps.

 

''Start your engine!'' 

 Réaliser un démarrage turbo.

 

Frimeur! 

Réaliser au moins un tour en tête sans utiliser la touche d'accélération.

 

''C'est quoi les touches?'' 

Débloquer Penta Penguin.

 

Ça ferait un beau parking 

Vaincre Nitros Oxide en mode Aventure.

  

Dépasser les limites 

Finir le mode Aventure à 101%.

 

Force brute 

Finir le mode Aventure à 101% avec Tiny Tiger ou Dingodile.

 

Perfectionniste 

 Obtenir une relique de platine sur chaque circuit en mode Aventure.

 

Bijoutier 

Remporter toutes les coupes joyaux en mode Aventure.

 

Pôle position 

Remporter tous les trophées de course en mode Aventure.

 

 

Collectionneur 

 

Obtenir tous les jetons CTR.

 

Acharné du volant 

 

Remporter toutes les coupes en mode Arcade dans tous les niveaux de difficultés.

 

 

Fou de la gachette 

 

Remporter une bataille à 4 joueurs.

 

Sésame, ouvre-toi! 

 

Prendre le passage secret du circuit Temple Tigre.

 

Un pont trop loin 

 

Traverser la rivière sans prendre le pont sur le circuit Falaise Glacée.

 

 

"Cowabunga!'' 

 

Accéder à une partie en hauteur du Circuit Égouts.

 

 

Les aventuriers du Wumpa perdu 

 

Sauter sur la plate-forme du circuit Pyramide Papu.

 

 

Le pôle express 

 

Sauter par dessus le mur du circuit Col Polar.

 

 

L'ultime frontière 

 

Sortir de la piste sur le circuit Station Oxide.

 

 

 

Voir aussi

Jeux : 
Crash Team Racing
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Cinéma (Cinéma)

 

Un projet comme The LEGO movie peut inquiéter au premier abord. La marque aux briques colorées, véritable éponge de la pop culture moderne avec ses innombrables licences, s'est déjà diversifiée sur de nombreux médias : jeux vidéo, films pour le marché de la vidéo, et donc aujourd'hui un long métrage pour les salles obscures. La firme propose donc par le biais du studio Warner une nouvelle branche à sa stratégie commerciale. Le film se contente-t-il d'être qu'une simple pub d'1H40? Heureusement pour le spectateur, les réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller (déjà coupable du démentiel Tempêtes de boulettes géantes) offrent surtout un bien belle hommage à l'essence même du jeu de construction.

 

Premier point où le film rend justice à l'univers LEGO est clairement son parti pris visuel. Donner vie aux figurines et à leur monde de briques à déjà été fait maintes fois, les films en stop-motion amateurs qui pullulent sur internet en sont témoin. Le film tend vers cet héritage en essayant de conserver les restrictions de mouvement propres aux bonhommes jaunes. Là où les jeux vidéo trichaient en offrant de la souplesse, le département des effets spéciaux Animal Logic (trilogie Matrix, Happy Fett, 300) opte pour l'authenticité. «Comme en vrai» les personnages ont une démarche saccadée et leurs pinces servant de mains ne se fixent pas toujours sur les objet qu'ils utilisent. Démarche de réalisme amenée encore plus loin grâce aux textures et à l'éclairage, les imperfections du plastique sont visibles et les plans donnent l'impression qu'un set de LEGO a vraiment été assemblé en dur. L'environnement est en effet intégralement constitué de briques. Les panoramas que cela propose sont incroyablement riches en détails.Une explosion de couleurs dont la 3D relief renforce un peu plus cette sensation de maquette filmée. Le vice est même poussé au niveau des effets pyrotechnique. Chaque flamme, explosion ou vague est simulé en LEGO. Le rendu de l'océan, entre autres, est tout bonnement hallucinant. Qui aurai cru qu'une adaptation de franchise aurai offert, de mémoire récente, le film d’animation en CGI le plus innovant d'un point de vue technique?

 

 

 

Avec son histoire d'élu qui doit sauver le monde et ses scènes d'actions survitaminées, le film pourrai simplement se contenter d'être un divertissement tout à fait honnête. Sauf, que le duo déjanté de Tempêtes de boulettes géantesa bien décidé d'exploiter au maximum le concept de l'univers. La Grande Aventure LEGOn'est en effet pas qu'un film avec des LEGO, mais sur les LEGO. Le scénario reprend donc les grandes lignes du film de prophétie à accomplir, avec son lot de méchant tyrannique, de mentor, et de héros qui doit trouver sa voie. Ce qui passerai pour des clichés parvient en fait à construire une histoire telle que pourrait l'imaginer l'esprit d'un enfant. L'humour et les dialogues vont dans ce sens et pourtant ne tombent jamais dans le niais ou le vulgaire. Les nombreux caméos de licences connus sont dans cette optique de vrais petits fantasmes de fan, mis à profit au sein du récit. On peut autant s'amuser de la brève rivalité entre Gandalf et Dumbledore, que du rôle important de Batman dans l'aventure. La balade dans les différents univers balisés (ville, western, etc...) n'en est que plus réjouissante. Ce parcours initiatique sert aussi surtout à prôner la créativité propre à la marque. Les possibilités infinies qu'offrent l'assemblage de briques contrastant avec la simple exécution d'une notice d'instructions.

 

Dans son point culminant, le film offre alors une bien belle mise en abîme sur le rapport du spectateur (de tous ages) avec le jouet LEGO. Une remise en perceptive qui amène un nouveau degré de lecture à l’ensemble. Subtilement amené tous au long du métrage sans que l'on y prête forcément attention, cela ouvre à un climax qui prend une toute autre dimension. Une émotion qui prend par surprise, légitime tout ce qui s'est déroulé auparavant et conclue le récit de manière touchante. The LEGO MOVIE ne pouvait être plus juste dans son appropriation de la philosophie transgénérationnelle qui suit la marque depuis sa création. Difficile d'en parler d'avantage sans trop en dévoiler, ce qui serait criminel. Il ne reste alors qu'à dire que dans son approche, le film est un digne successeur spirituel de la trilogie Toy Story.

 

 

 Prouesse technique dans le domaine de l'animation, le film est surtout une ode à l’imaginaire et la créativité. Utilisant son matériau de base pour nous renvoyer à notre propre affect avec le jouet connu de tous. Dans La Grande Aventure LEGO, «Tout est super génial» (vous aurez cette chanson dans la tête pendant des heures).

 

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :

http://chronicssymdrome.wordpress.com/2014/02/20/brick-story-critique-la-grande-aventure-lego/

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Cinéma (Cinéma)

 

Coincé entre deux films d'animation, un remake hollywoodien, et un nominé aux Oscar, sort Mea Culpa. Une semaine surchargée qui laisse peu de place à un projet français, aussi ambitieux soit-il. Un bien triste constat, tant le dernier film de Fred Cavayé est un concentré d'action dont on aimerait voir la formule plus souvent sur notre territoire.

 

Ce qui frappe quand on ressort d'une séance de Mea Culpa, c'est à quel point le film croit en son histoire et utilise au mieux le langage cinématographique pour la raconter. Cette particularité, trop rare dans le genre national, s'est construit dans la phase la plus en amont du projet: l'écriture. Le script est basé sur une idée originale d'Olivier Marchal. Lui et le scénariste Guillaume Lemans ont travaillé sur un premier jet, mais Marchal a finalement lâché l'affaire. Cavayé se réapproprie donc le concept avec Lemans (ils ont déjà collaboré sur les films précédents du réalisateur), au point que l'histoire de rédemption et d'amitié conté ici s'éloigne du film de vengeance initialement prévu. Ce n'est guère étonnant lorsque l'on se rappelle Pour elle et À bout portant du même duo, Mea Culpa se voulant comme la synthèse de ces deux films. Il y a chez Cavayé la conviction que le scénario doit être au service de la narration et de l'image, il est donc capital pour lui de s'impliquer autant dans le processus d'écriture (c'est d'ailleurs exactement la raison pour laquelle il avait refusé de réaliser Die Hard 5 pour les américains).

 

 

 

Cette ambition de narration pure se construit dans la caractérisation des personnages, juste et qui n'est jamais alourdie par des dialogues démonstratifs. Simon et Franck (Vincent Lindon et Gilles Lellouche), les deux policiers de Toulon, se définissent par leurs actions et par leur prestance à l'écran. Avant d'être une course poursuite pour protéger le fils de Simon, Mea Culpa est surtout un récit sur le pardon, il justifie donc son titre dans la relation entre les deux protagonistes. Le thème n'est pourtant pas imposé au spectateur à grands coups de sabots, il est amené naturellement dans le récit et dessine ainsi une forte connexion émotionnel avec le public. L'enrobage, l'action et les personnages secondaires sont alors là pour renforcer le propos, et non l'inverse. Le parcours des deux flics ne comporte ainsi aucun gras ou surcouche qui atténuerai la portée du récit. Le duo d'acteurs, réunissant les deux têtes d'affiche de Pour elle et À Bout portant, joue leurs personnages avec toute la conviction nécessaire au films d'action qui n'oublient pas d’être de vrais films avant tout. Lindon, avec sa gueule de polar, traîne culpabilité et remords grâce à une prestation habitée où un seul regard permet de plonger dans les doutes de son rôle. Tempéré par la légèreté de Lellouche, ils forment un tandem à l’alchimie évidente, un point encore une fois capital tant il permet d'apporter du souffle dans la tension du film. Les quelques touches d'humour (utilisé avec parcimonie) donne le contraste nécessaire pour mieux apprécier la noirceur des actionsde Simon.

 

Mais un telle structureserait bien veine, s'il elle n'était pas soutenue par une mise en scène en adéquation avec ce format d'histoire. Heureusement, Cavayé confirme une nouvelle fois son savoir faire dans le domaine. Polar à l’esthétique léchée, Mea Culpa assume de bout en bout ses ambitions narratives. Non content de fournir des séquences d'action rythmées et tendues, ces dernières mettent à profit une belle gestion de l'espace et un visuel épatant. De sacrés morceaux de cinéma qui citent à tour de rôle Michael Mann (la boîte de nuit) ou Steven Spielberg (le cache-cache dans un marché abandonné rappelant la cuisine de Jurassic Park). Le spectateur haleté finira sa course dans un TGV pour un climax démesuré en point d'orgue du métrage. La photographie crépusculaire, quand à elle, finit de montrer que le film n'a pas beaucoup à rougir face à un Collateral. Des plans aux couleurs travaillées qui achèvent d'icôniser ses personnages, il faut voir Vincent Lindon prendre les armes dans une scène que ne renierai pas un bon western. Seul bémol à cette effusion d’adrénaline, une musique au mieux fonctionnelle (le plus souvent), au pire carrément hors propos. Cliff Martinez, le compositeur de Drive et Traffic, ne s'est pas foulé sur le coup. Dommageable, mais bien peu de choses face à l'enthousiasme provoqué par l'ensemble.

 

  

 

Mea Culpa est une proposition de genre bien trop rare dans le paysage cinématographique français. Assumant son parti-pris narratif et n’hésitant pas à verser dans l'action pure, le film met un beau terme à la position de Fred Cavayé engagé avec Pour elle et À bout portant. Croisons les doigts pour que cela ne reste pas une exception.

 

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :

http://chronicssymdrome.wordpress.com/2014/02/12/le-coeur-des-hommes-critique-mea-culpa/

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Cinéma (Cinéma)

 

De tous les remakes orchestrés ces dernières années, voilà sans doute l'un de ceux qui aura fait le plus grincer des dents (l'auteur de ces lignes compris). S'attaquer au chef-d’½uvre de Paul Verhoeven, une tâche suicidaire tant le RoboCop de 1987 se place aujourd'hui encore comme une référence de la science-fiction au cinéma. Mais en prenant du recul, ce remake est-t-il si illégitime que ça? La franchise a déjà côtoyé les tréfonds du ridicule avec un troisième film catastrophique, des séries télé ringardes, et même deux séries animées pour enfants (à une époque où les films pour adultes avaient droit à leurs gamme de jouets dérivés). En accordant le bénéfice du doute, on pouvait donc espérer un retour un peu plus glorieux que les exemples cités. C'est donc José Padilha, réalisateur brésilien des deux excellents Tropa de Elite, qui se voit attribuer la lourde tâche de revisiter le film pour le public d'aujourd'hui. Le projet a déjà le mérite de ne pas être dirigé par le premier tâcheron venu ( on est loin d'un Louis Leterrier ou d'un Len Wiseman). Mais lorsque Padilha lui même, lors du tournage, annonce que 9 de ses idées sur 10 sont rejetées par le studio, l'on peut légitiment s’inquiéter de la direction prise par le film.

 

Pourtant le film part d'un excellent point de départ. En Iran, la société Omnicorp(OCP) fait une démonstration de l'efficacité de de ses robots pour amener la «paix» dans les régions difficile du monde, tout cela sous le regard d'un show télévisé présenté par Samuel L. Jackson. Dans ces quelques minutes pré-générique se dessine un propos plus qu'intéressant sur l'interventionnisme et le sécuritarisme américain. Une séquence qui alterne entre les points vue médiatisées et locaux, et où le personnage de Jackson arrive, malgré un retournement de situation défavorable, à vendre son point de vue au public. La scène est de plus bien construite et rythmé, l'héritage des guerillas urbaines des deux films précédent du réalisateur se fait sentir.Et n'est pas étranger à la réussite de cette amorce qui rappelle, par certains aspects, le District 9 de Neill Blomkamp. Une mise en bouche qui a le don de titiller l'attention du spectateur, même le plus sceptique. Un discours politisé d'actualité dans un remake hollywoodien moderne? Si seulement le reste avait suivi cette voie.

 

 

 

Malheureusement, le film ne sera jamais à la hauteur de cette introduction. Dés lors que le métrage doit se concentrer sur le personnage titre, l'on s'approche plus des craintes que les fans pouvaient avoir. Le RoboCop version 2014 est bien le produit aseptisé qui bafoue tout la portée tragique du film de Verhoeven. Avec une pléthore de choix narratifs douteux, le film perd tout se qui faisait la force du flic robot original. Le plus gros problème ici est que l'on est face au prototype même de l'«origins story» chère aux années 2000/2010, avec tout ce que ça apporte d'arc narratifs lorgnant vers l'explicatatif de bas étage. Là où le film du hollandais violent sublimait un postulat de série Z (on parle quand même d'un robot policier) avec la seule force des images (le moment poignant où RoboCop retourne chez lui entre autres), en 2014 le public se voit infligé des dialogues qui paraphrasent le déroulement de l'histoire. Et de ça la caractérisation des personnages en souffrent indubitablement, car sur-écrit. L'on troque la figure fantasmée de la famille de Murphy par une qui est bien trop présente et parasite le récit. La pureté et l'efficacité du scénario de RoboCop sont passés à la «dé-moulinette» narrative. Grâce à ce procédé, RoboCop passe plus de temps dans les laboratoires d'OCP que dans les rue de Détroit durant les deux heures de métrages.

 

 

 

Outre cette déconvenue qui alourdi péniblement le rythme du film, il faut aussi se faire à un personnage principal d'une banalité désarmante. L'Alex Murphy, tel que décrit dans ce remake, n'est guère différent d'un héros de série télé lambda. Un jeune flic cool et rebelle qui n'hésite pas à faire fi du protocole, il a même droit au sidekick black de circonstance (l'officier Lewis, oui la partenaire féminine de l'original). Le soucis ici, il n'y a aucun contraste entre l'homme et la future machine. Point de rookie idéaliste qui retrouve peu à peu son humanité, non Murphy garde complètement sa conscience et reste aussi fade du début à la fin. Point de mort dans la souffrance et l'humiliation, non une bête explosion, un coma et basta. Une définition du personnage qui amène a de grands moments de ridicule comme la séquence dugood cop / RoboCop. Le look du cyborg joue également dans l’absence d'impact sur la transformation. Changeant d'aspects plusieurs fois dans le récit, aucun ne convainc réellement. Trop armure et pas assez machine, il y a un toujours cette impression d'homme dans un costume (l'acteur n'aidant pas). Le héros passe la majeur parti du temps à visage découvert, on est loin du malaise procuré par le brillant design de Rob Bottin. Plus un Iron Man du pauvre qu'une machine imposante donc.

 

Un raté rédhibitoire que ne viennent pas arranger les séquences d'actions bâclées. Au choix plates ou illisibles, atténuées au niveau graphique par un PG-13 bien embarrassant, elles ne provoquent guère l'enthousiasme (même avec l'excellent Hocus Pocus de Focus en fond sonore). Pire, le contexte de Détroit, édulcoré au possible, laisse difficilement croire à une ville en proie aux crimes, l'impact des actions de RoboCop est pour ainsi dire quasi-nul à l'écran. Une absence de vision qui fait peine à voir, et se conclue sur un climax complétement dénué d'adrénaline. Une mise en scène d'une pauvreté de tous les instants ou aucunes images risquent de marquer le spectateur, la photographie délavé n'aidant pas. Même la musique se veut terriblement feignante, voguant sur la tendance (qui a trop duré) de Hans Zimmer. Elle se permet même de reprendre le motif musical du premier film comme simple gimmick, déformant au passage la portée évocatrice du morceau de Basil Poledouris. Plus grand choses à sauver de ce naufrage, à part peut-être le personnage de Gary Oldman.L'ingénieur sur le projet RoboCop apporte assez de conviction dans son jeu d'acteur pour rendre son parcours agréable à suivre. Ses lignes de dialogues sont bien les seules restes de la promesse de réflexion de départ. Michael Keaton et Samuel L. Jackson quand à eux cabotinent plus que de raison, ce qui peut être éventuellement considéré comme une source de satisfaction devant l'enthousiasme communicatif de leurs performance.

 

 

Ce RoboCop flambant neuf est au final aussi frustrant qu'horripilant. S'il est difficile de pardonner le traitement accordé à Alex Murphy, il est d'autant plus rageant de constater qu'il y a des bribes d'un film d'anticipation d'une autre envergure. C'est à croire que le métrage aurai été bien meilleur s'il avait assumé son postulat de départ sans avoir à adapter un classique des années 80. Avec un peu de chance, José Padilha reviendra à la science-fiction avec un projet où il aura un contrôle artistique total. En attendant, ce film rejoint la longue liste des remakes dont on se serait bien passé.

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :
http://chronicssymdrome.wordpress.com/2014/02/07/la-loi-de-murphy-critique-robocop/

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jeu vidéo (Jeu vidéo)

Découvert l'an dernier grâce au psn+, Dragon's Dogma (dans la version Dark Arisen) me procure beaucoup de plaisir, d'autant plus de par ses créatures imposantes. 

Cyclopes, hydres, griffons, ou autres, un bestiaire des plus mythologique. Les affrontements contre ces collosses sont épiques, dans le sens noble du terme. Vrai déferlement d'héroisme où le joueur et j'usqu'à trois compagnons s'acharnent sur la bête jusqu'à ce qu'elle s'effronde. De par cette mise en scène (qui passe entièrement par le gameplay garantie sans QTE), j'y ai retrouvé les mêmes frissons que j'ai pu avoir en voyant de nombreux films fantisques de l'ancienne école. Des années 50, jusqu'au années 80, Ray Harryhausen le grand maître des effets spéciaux se sera évertué à donner vie à des créatures toutes plus merveilleuses les unes que les autres. C'est donc de là que m'est venu l'idée de réunir les deux univers dans une affiche au style rétro, dans la pure tradition des films de l'animateur de stop motion.

Je vous propose donc aujourd'hui un montage de mon cru où j'ai donc injecté ma passion cinéphilique à cet excelent jeu qu'est Dragon's Dogma.  Tout d'abord quelques petits exemples d'affiches qui m'ont servi de modèle.

 

 

Et maintenant l'affiche que j'ai réalisé sous Gimp (parce que l'open source, c'est le bien) . J'attends vous retours, même les moins cléments, car je débute dans le domaine du photomontage. N'hésitez donc pas à pointer du doigts les erreurs de débutant. Les images utilsées pour le montage proviennent des banques de données de Gameblog et jeuvidéo.com.

(cliquer pour agrandir)

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Cinéma (Cinéma)

La Reine des Neiges est un projet qui revient de loin. Cette adaptation d'un conte d'Andersen a été maintes fois mise de coté, Walt Disney lui-même n'aura pas réussi à mettre la main sur ce récit. Mais grâce au succès critique et public de l’excellent Raiponce, le film refait enfin surface, et entame ce qui a de grande chance de devenir le nouvel age d'or du Walt Disney Animation Studio.

 

Pourtant difficile de prévoir une telle réussite, le département marketing du studio étant encore une fois à coté de la plaque. À en croire les bandes annonces et les campagnes d'affichage, on était en droit d'attendre un recyclage peu inspiré de la formule de Raiponce. Rien qui ne préparait à un ton refaisant corps avec les classiques Disney des années 90, tout en chamboulant les acquis du genre avec finesse. Car s'il y a bien un point où La Reine des Neiges tire sa force est dans sa narration, détournant les codes du film de conte de fées au service du récit et de ses personnages. L'attention principale du film est de narrer une véritable histoire d'amour entre deux s½urs, n'hésitant pas à mettre en dérision les clichés du «love at first sight» pour arriver à ses fins. Tordre les codes du film de princesses pour apporter plus de substance aux personnages et leur périple, on est loin de la beauferie d'un Shrek faussement subversif (soit l'humour post-moderniste en cache-misère d'un récit d'une pauvreté abyssale).

 

L'histoire se concentre donc autour des deux princesses Anna et Elsa (oui chers parents, il faudra prendre deux poupées pour vos petites filles cette année), les seconds rôles masculins ne servant que d'appui et rarement de résolution au récit. En cela Frozen apporte un discours sur la féminité des plus pertinents, au contraire d'un Rebelle qui ne fait qu'ajuster des valeurs masculines dans un corps de femme. Ici, les deux s½urs sont là pour mettre en exergue deux facettes bien distinctes de l’adolescence: la naïveté innocente face à l’éveil des sens et de la sensualité. Le point culminant du film résidant dans le chanson «Libérée, Délivrée», Elsa assumant enfin ses pouvoirs pour se libérer des contraintes et de la pression qui pesaient sur elle. Elle se défait ainsi de ses apparats royaux pour adopter une tenue qui épouse au plus prés ses formes. Anna quand à elle, si elle souffre de l'éloignement de sa s½ur, garde tout de même une vision idéaliste et optimiste du monde. Son parcours initiatique prend alors sens quand qu'elle sera confrontée à la dure réalité. Kristoff, son partenaire de route, servira de catalyseur pour lui ouvrir les yeux. Même Olaf le petit bonhomme de neige, en plus de ne pas être un insupportable prétexte à l'humour forcé, rempli un but narratif précis. Il est le pont affectif entre Elsa et Anna, en tant que fruit de l'enfance des deux jeunes filles, il en devient la dernière marque de tendresse. Ce qui se concrétise dans sa caractérisation. Les gags qui utilisent sa condition de bonhomme de neige n'ont font jamais trop et par conséquent sont drôles et effectifs sans jamais empiéter sur le récit. Il reste ainsi discret et aimant avec sa voix tout en chuchotement finissant de convaincre que oui, ce personnage a bien une existence propre, et l'on s'y attache très rapidement. Un sidekick sincèrement touchant loin des amuseurs de galerie que l'on avait l'habitude de voir récemment dans d'autres production animées. Outre ces personnages réussis, le film n'oublie pas de tirer parti de son environnement, de par son folklore nordique et son background de toute beauté. La Reine des Neiges, en plus d'être un merveilleux conte, possède un visuel à faire décrocher la mâchoire.

 

On se souvient de ce que Raiponce avait réussi à faire dans le domaine de l’animation en images de synthèse, à savoir apporter la fluidité de l'animation 2D. Mais La Reine des Neiges va plus loin encore dans l'envie de diluer les frontières entre tradition et technologie. Le film retrouve la colorimétrie des grands classiques tel La Belle et la Bête. Les teintes de couleurs offrent des tableaux impressionnant autant par leur composition que leur ampleur. Que ce soit un bateau pris dans une tempête au large. Ou encore la séquence où Elsa construit un palais de glace à la beauté sidérante lors de la chanson citée plus haut (de plus, le relief de la version stéréoscopique renforce l'architecture baroque du lieu) : La plupart des panoramas touchent au sublime. La neige y est ainsi grandement mise en valeur. En elle-même, elle représente un bel exploit technique (voir cette vidéo), mais c'est l'éclairage qui lui ai adossé lui donne ce timbre unique. Et que dire, du climax qui balance un des plans les plus somptueux tous Disney confondus. Sans trop en révéler, il est l'aboutissement de la démarche narrative du film et pourra difficilement laisser de glace tant l'investissement émotionnel y est puissant. Une réussite évidente qui justifie à elle seule la vision du film. Il est clair maintenant que Jennifer Lee est un talent à surveiller de prés au sein des studio Disney. Scénariste sur Les Mondes de Ralph et La Reine des Neiges, ainsi que co-réalisatrice sur ce dernier (qui au passage est la première femme à occuper ce poste dans une production du Walt Disney Animation studio), en deux films elle aura su faire preuve d'une sacré créativité avec des idées fraîches qui revitalisent de bien belle manière la magie Disney.

 

On ne peut pas encore dire ce que l'avenir réserve aux films d’animation Disney, mais au moment où Pixar peine à se renouveler, la maison mère a enfin retrouvé le droit chemin. Espérons que ce magnifique cadeau de noël ait le même impact que La Petite Sirène en amenant une nouvelle décennie d’½uvres incontournables.

Cet article a été originellemnt publié ici :  http://chronicssymdrome.wordpress.com/2013/12/26/coeur-de-glace-critique-la-reine-des-neiges/

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Cinéma (Cinéma)

Jerry Bruckeimer, Gore Verbinsky, et Johnny Depp, une collaboration qui aura tant fait de mal aux blockbusters modernes avec la saga Pirates des Caraïbes. Voir le trio s'attaquer aujourd'hui à la figure de la pop culture américaine qu'est le Lone Ranger n'augurai rien de bon. Et dans leur entreprise rodée de démolition des genres, le justicier solitaire est la nouvelle victime d'une grosse production à la construction fade et sans âme.

Si l'on revient sur Pirates des Caraïbes premier du nom, l'on était en présence d'un film qui remplissait son contrat de divertissement. Ce même s'il posait les bases du blockbuster de 2h20 (minimum) qui ne raconte rien, et se perd dans des dialogues tentant de donner de la complexité à un récit convenu. Les suites, fabriquées sur le même modèle, ne feront pas illusion et seront au mieux moyennes au pire agaçantes. Et donc, trait pour trait, la formule caribéenne est appliquée au genre Western, qui n'en avait vraiment pas besoin. Car là où Pirates des Caraïbes profitait de la mort du swashbuckler boucanier (Renny Harlin et Roman Polanski sont là pour en témoigner) pour s'imposer au prés du public, la conquête de l'ouest américain n'a jamais vraiment disparu des écrans de cinéma.

Le film part déjà avec un train de retard, et il finira d'achever sa crédibilité en refusant d'assumer sa provenance pulp. En adaptant la série radiophonique (puis télévisée) du Lone Ranger, l'on était en droit d'attendre une récit iconique qui embrasse son matériau d'origine pour faire vivre au public une grande aventure au doux parfum d'antan. C'était sans compter sur un humour qui a pour principal but de désamorcer toute dramaturgie, et ce à chaque instant où l'on ose encore y croire. Que dire de ces gags impliquant des animaux en CGI qui font constamment sortir du récit? Ou encore de cette volonté de tourner en dérision les figures classique du personnage du Lone Ranger? En plus d'être absurdes et pas drôle pour un sous, ces écart narratifs font perdre toute substance à l'univers décrit. À croire que l'humour vulgaire soit devenu un cache misère pour Hollywood en manque d'idées. Ce manque de vigueur aventureuse est un comble, puisque les événements du film sont contés à un enfant par le vieux Tonto (joué par un Johnny Depp cabotin en mode automatique).

Dépourvu de tout romanesque, le film se tire également une balle dans le pied au niveau du mysticisme de son histoire. Encore une fois, le scénario parasite toute approche mythologique avec les origines de Tonto. Ce flash-back explicatif, vient annihiler toute la portée fantasmagorique du personnage, et du méchant de service. Voir le traitement infligé à la légende du Wendigo fait peine à voir. Le film transforme la possibilité de rendre l'antagonique vraiment terrifiant, en gimmick à peine esquissé dans un dialogue (histoire d'être sûr que le public a bien compris de quoi il en retourne...). Tout ça pour être ensuite balayé d'un revers de la main par le flash-back sus nommé. Affligeant. Que reste-t-il alors à raconter dans ce Lone Ranger? Une histoire de complot au retournements insipides qui tente tant bien que mal d'amener un discourssur le progrès néfaste aux cultures amérindienne. Déjà débattu ailleurs, de manière plus pertinente, le récit ne se sauve pas avec cette «honorable intention». À quoi bon? tant les personnages secondaires ne vont pas plus loin que leur statut de départ. Soit ils font de la figuration (du remplissage?) comme Helena Boham Carter, soit leur développement est simpliste au possible (le simili général Carter).

Avec un contexte si peu engageant, les scènes d'action brassent du vent. Aussi extravagante soit-t-elle, elle ne peuvent prétendre être impressionnante. Dépourvu des enjeux nécessaire pour immerger le spectateur, elles ne sont qu'un déversement d'effets spéciaux pas forcément agréable à l'oeil. Au final, les moments de bravoures ne sont qu'une succession de séquences désincarnées parsemé de gags grotesques. Bien symptomatique du blockbuster pré-mâché des années 2000/2010. Malgré les moyens déployés dans la production design, Lone Ranger ne masque pas la vacuité de son projet.

Lone Ranger est un blockbuster carré d'un point de vue technique qui veut faire oublier une narration absconse. Doté d'un scénario bien en phase avec les productions actuel du même calibre. On a là un digne hériter de la formule Pirates des Caraïbes.

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Cinéma (Cinéma)

Voilà cinq ans que Guillermo Del Toro était absent des écrans de cinémas. Après avoir fait le bonheur des amoureux de fantastique avec un Hellboy 2 des plus généreux, c'était avec hâte que l'on attendait le retour du réalisateur mexicain. Et vu l'état du cinéma hollywoodien actuel, il est plus que salvateur et précieux qu'un film comme Pacific Rim trouve sa place. L'hommage de Del Toro au Kaiju eiga passe par un métrage qui retrouve l'âme du divertissement noble et au coeur gros comme ça. Rien de surprenant venant d'un cinéaste biberonné aux films de monstres japonais, du studio Universal, ou encore ceux de Ray Harryhausen.

Les intentions du film, dés l'introduction, sont claires: réaliser un film de monstres fantasme, et ce avec le confort d'un budget de blockbuster. Mais ça n'empêchera pas au réalisateur de Blade 2 d'y intégrer la richesse narrative qui lui est propre. Le montage introductif présente l'univers du film et pose les bases du background. Les premières attaques de Kaijus sont présentées comme dans tout bon film du genre qui se respecte, les créatures détruisent les sites clés de villes connues dans des plans qui peinent à couvrir l'immensité des créatures. La première réponse armée en devient d'autant plus insignifiante. Est donc mis en place l'initiative des Jaegers, robots géants nécessitant deux pilotes à leurs commandes. Glorifiés dans les extraits télévisés, il sont le dernier rempart de l'humanité face à l'extinction. Dans cet amorce de récit, on suit ensuite les deux frères Becket à bord de Gipsy Danger. Dans un combat contre un Kaiju qui tournera mal, Del Toro met finement en place l'importance de son principal instrument narratif: le drift (le terme désigne la connexion neural entre deux pilotes de Jaeger). La dimension dramatique du lien est montrée dans la souffrance partagée des deux frères, permettant d'en recentrer l'enjeu humain dés le premier affrontement. Après cette scène puissante, le titre apparaît enfin à l'écran, le cinéaste vient de brillamment amorcer ce qui va suivre.

Cinq plus tard (parallèle assumé avec la carrière de Del Toro), on retrouve Raleigh Becket ne faisant plus parti du Pan Pacific Defense Corps. Les Jaegers sont marginalisés, les gouvernements ont perdu confiance en leur gardiens. Les ouvriers travaillent désormais sur des murs censés stopper la progression des Kaijus. Ce contexte est peint dans un décor industriel fait de métal, de rouille et de sueur, qui rappellent les images célèbres du New York de la grande dépression. Ce panorama instaure une ambiance qui n'est pas étrangère à de nombreux films de guerre des années 50/60. Il se cache dans Pacific Rim un vrai film de commando. On commence à toucher ici, au coeur même de cette grande fresque d'aventures.

Au jour d'aujourd'hui, il est triste de constater à quel point nombreux films à gros budget tente de dissimuler une mise en image plate par un développement des personnages faussement complexe. La candeur et la sincérité du film de Guillermo Del Toro en deviennent galvanisantes. Car non, le cinéaste ne prends jamais son spectateur par la main. Tout comme dans Blade 2, il fait assez confiance à son audience pour voir la grandeur de ses personnages, et donc, tout comme dans le film du diurnambule, l'équipe internationale ne sera qu'un défilé de stéréotypes pour l'audience peu attentive. Avant de pouvoir se dresser fièrement dans leurs Jaegers, les pilotes doivent être compatibles pour le drift, un rapport de confiance indispensable tant le procédé pioche au plus profond de l'inconscient de chacun. Quand Mako et Raleigh se défient à entraînement, le soin apporté à la chorégraphie est bien plus loquace que n'importe quelle exposition. En plus de raffiner les personnages par le langage corporel, cela permet de mettre en parallèle les capacités des robots géant avec celles des hommes à leurs bord. L'osmose entre un jaeger et ses pilote sort du champ de bataille et se retrouve à hauteur humaine, même lors d'un simple affrontement entre rival dans les couloirs du Shatterdome. Mais Del Toro ne s'en arrête là et offre une scène qui condense tout ce que Pacific Rim cherche à offrir en terme d'implication émotionnelle. Le tout premier drift entre Mako et Raleigh passe par le douloureux passé de la jeune japonaise, qui propose une relecture aux proportions démesurés d'une scène phare du Labyrinthe de Pan. La menace vécue dans l'esprit de Mako se matérialise aux commandes de Gipsy Danger, ce dernier mettant en danger direct les résidents du bunker. À partir de ce moment le rapport de taille entre les mouvement du robot et les réactions humaines devient limpide. Le geste de peur d'une gamine devant une créature gigantesque se transforme en manoeuvre d'attaque du Jaeger. On tient là toute l'ampleur du film de Del Toro, qui ne perd jamais de vue la taille de ses protagonistes hors normes.

Dans l'incroyable scène de Hong Kong, le cinéaste peut ainsi jouer avec les échelles et les perceptives avec une aisance hallucinante. Déjà porteur dans ses combats de colosses, d'une lisibilité de tous les instants et d'un visuel à tomber par terre (on avait presque oublié que les films d'aujourd'hui était en couleur), Del Toro peut passer, dans un même mouvement, de l'infiniment grand à l'infiniment petit avec une fluidité sans faille (parfois avec une touche d'humour bienvenue). On peut aussi vraiment remercier le réalisateur d'avoir imposé de vraies machines de torture aux acteurs avec les cockpits «fait en dur», tant l'implication en sort grandi. Les résultats payants de cette mise en scène travaillée: des moments de bravoures qui invoquent l'enthousiasme de l'enfant qui sommeille chez le spectateur. Que ce soit la locomotice Cherno Alpha, ou le finish move stratosphérique (littéralement) de Gipsy Danger. Le film emporte l'adhésion autant dans l'immersion que dans la joie communicative. Une liberté de ton qui réjouie face aux autres productions voulant duper son monde via des atouts soit disant sombres. Ici, que l'on soit cueilli par la beauté onirique de Coyote Tango, emporté par l'énergie des combat de géants, ou même charmé par les sous-intrigues attachantes (Ron Perlman, toujours aussi magique). Pour peu qu'il ai encore le coeur désireux de vivre une vrai aventure, pure et noble, Pacific Rimrisque bien de mettre des étoiles dans les yeux de son spectateur.

Vrai film de monstre dans la pure tradition japonaise marié à un amour du cinéma bien conté. Guillermo Del Toro gagne aisément le droit de citer Ray Harryhausen et Ishiro Honda comme modèle. La narration porteuse de l'imaginaire, on avait presque oublié à quelle point cela faisait du bien.

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Rétrospective Cinéma (Cinéma)

Cette semaine vient de sortir en Blu-ray Die Hard : Belle Journée pour Mourir, un coffret réunissant tous les films en support HD est également disponible. L'occasion pour revenir sur cette saga qui fête également les 25 ans du tout premier film, Piège de Cristal. Jusqu'au années 2000, il s'agissait de la trilogie de films d'action ultime, mais c'était sans compter sur le pillage récent des anciennes gloires d'Hollywood. À l'heure où John McTiernan purge une peine de prison comme bouc-émissaire du star system, il semble bon de revenir sur ce monument instauré par le réalisateur de Predator et Last Action Hero.

 

 (Cliquez sur les images pour accéder aux articles)

 

 

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Édito

Vous êtes ici sur le blog "conpagnon" de Chronics Syndrome.

 

Vous aurez en effet droit aux articles écrit par mes soins, publiés en intégralité sur Gameblog. Je ferais de la pub racoleuse seulement pour les articles de mon collègue de blog. Cela me semble plus juste ainsi.

Donc, des critiques d'un coté (cinéma, jeux, etc...) mais aussi quelques rares bonus qui n'ont pas leurs place sur les Chroniques. Un cru spécial pour la comunauté Gameblog.

 

N'hésiter pas à venir jeter un coup d'oeil, aimer, partager, vous abonner sur Chronics Syndrome, les chroniques de la Pop Culture :

 

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