La narration dans le jeu vidéo

La narration dans le jeu vidéo

Par Leon9000 Blog créé le 15/09/11 Mis à jour le 03/02/15 à 18h43

Bienvenue sur ce blog explorant le vaste monde de l'écriture interactive. Dans mes articles, je me focaliserais principalement sur la narration et l'émotion véhiculées par les œuvres présentées, qu'elles proviennent du cinéma, des jeux vidéos ou d'autres médias. Je vous souhaite une bonne visite!

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Catégorie : Cinéma

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Cinéma (Cinéma)

James McAvoy, Jennifer Lawrence, Rose Byrne & Michael Fassbender. Twentieth Century Fox France

Après avoir été affaiblie par un troisième opus à l'accueil mitigé et pourtant loin d'être aussi désastreux que beaucoup le prétendent puis un Wolverine qui a mis tout le monde d'accord sur sa médiocrité, la saga X Men avait besoin d'un coup de jeune ! Et quoi de mieux pour repartir sur de bonnes bases que la bonne vieille méthode du préquel, tellement à la mode depuis que Lucas s'est amusé à nous raconter les beaux jours de l'ami Vador. Pourtant derrière ce procédé ô combien usé se cache une véritable renaissance de la franchise qui parvient enfin à se surpasser sans toutefois atteindre la qualité espérée.

Se situant dans la continuité de l'univers réaliste et crédible instauré par Bryan Singer, ce X Men First Class apporte la fantaisie, la légèreté et le naturel qui faisaient défaut jusqu'ici à la série. Avec toujours en toile de fond une réflexion sur le racisme et la cohabitation entre les peuples, l'intrigue profite du contexte des années 60 pour y inclure la tension de la guerre froide faisant écho au conflit naissant des mutants, la libération des moeurs et la révolution sexuelle. Mené habillement par Matthew Vaughn (le réalisateur de Kick Ass, décidément une valeur sure en matière de super héros) le film parvient à présenter une panoplie de personnages attachants, intéressants et bien exploités. Cette brochette de mutants plus captivants qu'auparavant et son ambiance plus décomplexée font tout le charme du récit, davantage que les scènes d'action assez conventionnelles ou les effets spéciaux corrects sans plus. Quel dommage que ce joli tableau soit en bonne partie gâché par un dénouement raté, beaucoup trop expéditif et maladroit comme si les dernières minutes tentaient désespérément de faire le lien avec le reste de la série ! Une démarche d'autant plus regrettable que les incohérences sont multiples vis à vis de la saga originelle et que cette préquelle semble davantage s'affirmer comme un reboot non assumé.

Michael Fassbender & James McAvoy. Twentieth Century Fox France

 

Dommage une fois de plus car sans cela le film avait tout pour s'imposer comme la meilleure adaptation Marvel. La saga X Men a réussi à instaurer d'excellentes bases avec son univers plus réaliste et ,disons le clairement, plus intelligent que la plupart des adaptations de supers héros mais elle n'est toujours pas parvenue à exploiter son potentiel à son paroxysme afin de créer le véritable grand film dont elle ne semble pourtant pas éloignée. Malgré tout, ce First Class s'impose assez largement comme le meilleur volet de la saga X Men et présente une perspective intéressante pour l'avenir de la série. Ce qui à nouveau n'est déjà pas si mal.

 

Bill Milner & Jennifer Lawrence. Twentieth Century Fox France

Voir aussi

Jeux : 
X-Men Origins : Wolverine, X-Men
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Cinéma (Cinéma)

Aaron Johnson. Metropolitan FilmExport

 

Kick Ass semble se présenter initialement comme une critique sur la fascination envers le mythe des super héros et son décalage avec la société réelle. Exploitant avec ingéniosité la mythologie Geek dont laquelle le cinéma américain a puisé abondamment sa source ces dernières années, le film s'amuse fréquemment à jouer avec les stéréotypes du genre avant de basculer brutalement vers une représentation réaliste voir carrément crue. Pourtant une fois passée la première partie du récit, cette dimension crédible et critique s'évapore complètement pour laisser place à un délire complètement excentrique et qui ne cessera de gagner en démesure et incohérence jusqu'à la fin de l'histoire. Non Kick Ass n'est pas le film espéré qui aurait ridiculiser le mythe du super héros mais bel et bien un délire Tarantinesque où les effusions de sangs jaillissent toutes les cinq minutes accompagnées de grossièretés, de pointes d'humour noir ( souvent efficaces) et de références geeks innombrables, le tout mené par une bande son jubilatoire sans laquelle le film perdrait 30% de son intérêt.

Alors certes Kick Ass n'affiche pas les ambitions souhaitées, sauf peut être dans sa violence exacerbée et assumée, et de ce fait il ne peut pas rivaliser avec l'univers torturé d'un Watchmen ou même prétendre concurrencer un certain The Dark Knight mais parmi cette overdose insupportable de films de super héros souvent très convenus que le cinéma américain nous injecte depuis des années dans les salles obscures, le film a au moins le mérite de sortir des sentiers battus en offrant un spectacle original, déjanté et affreusement divertissant. Ce n'est déjà pas si mal.

Nicolas Cage et Chloe Moretz. Metropolitan FilmExport

Metropolitan FilmExport

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Cinéma (Cinéma)

Brad Pitt & Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution

 

Difficile d'imaginer un titre plus approprié à cette oeuvre que celui de l'Arbre de la Vie, la volonté du film n'étant ni plus ni moins de dépeindre l'immense engrenage de la vie dans toute sa simplicité et sa complexité. Difficile également de rester de marbre devant la beauté esthétique et émotionnelle du film qui marque l'apogée du talent de Terrence Mallick quand il s'agit de capter la grandeur du monde. Les premiers gestes d'un nouveau né se succèdent après la naissance d'une galaxie, quelques larmes sont noyées dans le vacarme d'un océan, afin d'illustrer le mouvement d'un gigantesque univers dans lequel l'homme est une poussière, le cinéaste a accordé un soin admirable à la dimension visuelle du film de telle sorte que The Tree Of Life atteint une forme de pureté cinématographique quasiment invraisemblable.

L'intrigue ne comporte pas pour sa part de véritables rebondissements mais témoigne d'une véritable sincérité dans les questionnements qu'il apporte : l'oscillation entre le bien et la mal, l'évolution de la perception du monde à travers les âges, l'influence de la famille sur l'individu, le poids des souvenirs et de la mémoire. Un récit visiblement très personnel dans lequel chacun sera libre d'y retrouver ou non sa propre expérience. Il convient par exemple de souligner l'omniprésence dans le film de la thématique de Dieu, son impact sur le monde et l'incohérence de sa présence, une dimension religieuse qui trouvera difficilement écho auprès de ceux qui ne partagent pas cette croyance (et donc ces questionnements) . Il faut également admettre que le film demeure plus pertinent quand il se focalise sur les hommes à travers la famille au centre du récit que dans son exploration des mouvements de la nature et des galaxies où la narration devient inutilement confuse et presque prétentieuse. Malgré tout, comment ne pas succomber à ce déferlement de beauté où la magnificence de la vie est immortalisée à l'image et où les mots semblent faibles pour rendre justice à la création ? Un mot existe néanmoins pour cela, il s'agit de l'Art.

Brad Pitt. EuropaCorp Distribution

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Cinéma (Cinéma)

Michelle Monaghan & Jake Gyllenhaal. SND

Après son remarqué (et remarquable) Moon sorti uniquement en DVD dans nos contrées, le cinéaste Duncan Jones dont la seule gloire était autrefois d'être le fils de David Bowie livre une deuxième oeuvre de science fiction qui obtient cette fois ci le privilège du grand écran. Malheureusement le passage dans les salles obscures semble être un symbole de la perte d'identité du cinéaste qui livre une oeuvre beaucoup plus Hollywoodienne que son précédent film. Le récit part pourtant sur d'excellentes bases avec un mélange ingénieux de science fiction et de course contre la montre mais qui aurait pu causer la perte du film. L'intrigue basée sur une répétition de sauts dans le temps aurait facilement pu être rébarbative, le sujet répétitif mais le réalisateur a su imposer avec brio une narration limpide, agréable à suivre et un univers globalement cohérent et crédible, l'interprétation de Jake Gyllenhaal, toujours à l'aise pour incarner des héros forts et attachants, y contribuant en bonne partie.

Néanmoins l'atmosphère est globalement beaucoup moins intimiste et approfondie que Moon, Source Code effleurant à peine les thématiques soulevées par son sujet et se contentant d'adopter une approche de plus en plus conventionnelle au fur et à mesure du récit. Le film préfère ainsi privilégier le suspense à la réflexion, ce qui limite inévitablement son intérêt pour un deuxième visionnage où l'issue des péripéties serait déjà connue. De surcroit l'intrigue se conclut dans un dénouement bien trop traditionnel et presque déplacé laissant l'impression qu'en dépit de ses belles promesses, le film a un peu raté son sujet. Indéniablement un divertissement de qualité donc, mais rien de plus qu'un divertissement.

Jake Gyllenhaal. SND

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Cinéma (Cinéma)

Warner Bros. France

 

Quel dommage que ce film d'animation présente un aspect visuel si controversé qui pourrait en refroidir plus d'un à première vue ! Avec ces visages trop lisses et ses cheveux totalement figés, le film s'est déjà fait plusieurs fois qualifié de cinématique médiocre de jeu vidéo. Et pourtant Dieu sait qu'il s'agit d'une insulte compte tenu de la réalisation extraordinaire de ce long métrage d'animation. Au delà de l'aspect visuel lui même, tout concorde à renforcer l'immersion du spectateur de l'extraordinaire créativité de la mise en scène, se rapprochant toujours au plus prés des émotions des protagonistes, de l'atmosphère sonore renforçant la violence et l'isolement mental que subissent les personnages jusqu'à la 3D elle même, certainement l'une des meilleures exploitations du procédé qu'on ait vus tous films confondus et qui renforce indéniablement la proximité du spectateur avec les évènements du récit.

The Prodigies , adapté du célèbre roman pour la jeunesse la Nuit des Enfants Rois, est avant tout l'histoire d'une colère. La colère des adolescents incompris et qui subissent la manipulation voir la violence de leur entourage. Une thématique faisant clairement écho aux tourments de l'adolescence, aux émotions extrêmes et parfois incroyablement sombres qui peuvent traverser les individus. Mais à la différence des adolescents réels qui apprennent à surpasser leurs tourments ou à se faire dépasser par eux et faire du mal à leur entourage et eux mêmes, les héros de Prodigies disposent de pouvoirs paranormaux les permettant de contrôler les corps des individus à leur guise. Ce procédé ,qui pourrait faire croire à un classique schéma de X Men, est au contraire une opportunité particulièrement ingénieuse de matérialiser le fantasme sombre des adolescents à savoir la vengeance envers ceux qui les maltraitent et surtout la possibilité de ne plus se faire corriger et contredire par les adultes.

Warner Bros. France

 

A l'image du public auquel il s'adresse, The Prodigies est un film excessif et extrême autant dans ses qualités que ses défauts à l'image de sa noirceur, sa violence (habillement suggérée par un procédé visuel intelligent) , sa dimension Hollywoodienne parfois exagérée, son final maladroit. Et cet adolescent auquel le film s'adresse aura alors droit à un film renversant, presque éprouvant émotionnellement et particulièrement immersif. Et il y a de fortes chances pour qu'il y retrouve sa propre colère, pour une fois j'inclurais d'ailleurs dans ma critique mon opinion personnelle en rajoutant que je regrette de ne pas avoir vu ce film quelques années auparavant où il m'aurait encore davantage interpellé et où le message final du film « WHERE ARE YOU ? » m'aurait fait sentir visé. Le film a déjà réussi à raviver en moi des échos et des souvenirs de cette période trouble, instable et dont même plus grands , à l'image du héros adulte tentant de lutter contre ses pouvoirs et ses pulsions, nous sommes encore susceptibles de succomber. Oubliez l'animation, The Prodigies est l'un des films les plus audacieux que le cinéma français, tout court, nous a proposés depuis longtemps.

Warner Bros. France

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Cinéma (Cinéma)

http://oblikon.net/wp-content/uploads/cowboys-aliens.jpg

 

Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeller Junior...

 

 Cowboys/Aliens...Derrière ce titre aux accents honteusement nanardesques se cache une oeuvre beaucoup plus sérieuse qu'il n'y paraît. Il n'y est pas ici question d'un univers fantaisiste dans lequel des héros propres combattraient les forces des ténèbres et c'est avec une certaine surprise et un vrai plaisir que le film met en scène un western sombre, violent et impitoyable. L'atmosphère du film est extrêmement soignée et reprend efficacement les codes des deux genres cinématographiques qu'elle prétend réunir même si en contrepartie la mise en scène réexploite surtout des codes efficaces sans jamais chercher à innover.

 

Daniel Craig et Harrison Ford, diaboliquement charismatiques, s'immergent avec brio dans cette ambiance sale et teintée de folie de la conquête américaine, le charisme des deux acteurs suffit à transporter le spectateur dans ce conflit farfelu se permettant même un parallélisme entre l'avidité des extraterrestres malmenant sans remords la race humaine et la cupidité des cowboys eux mêmes qui n'avaient pas hésité à terrasser les Indiens pour s'approprier leur territoire. Malheureusement, si le choix d'ambiance opéré par Cowboys/Aliens demeure louable, le film reprend rapidement la forme d'un blockbuster conventionnel dés sa deuxième partie et rappelle que le cinéaste Jon Favreau, n'a pas réalisé pour rien les deux simplistes Iron Man. Outre les maladresses et facilitées opérées par le récit, l'intrigue perd ce qu'elle avait en noirceur et ambiguïté pour retrouver la voie d'un divertissement propre et manichéen. C'est notamment le cas à travers les personnages abandonnant leur dureté pour retrouver leur humanité et l'ensemble prend même la tournure d'une rédemption ridicule de la conquête américaine comme si en protégeant la Terre de la menace extraterrestre, le far west retrouvait sa gloire souillée par le sang Indien.

 

http://www.oxygene.re/xml/affiches/people/cowboys-aliens-premier-apercu1.jpeg

 

La morale du film est finalement équivalente à la parole réconfortante et hypocrite véhiculée par le prêtre du film : « Dieu se moque de qui tu as été, il ne s'intéresse qu'à ce que tu es maintenant. » Appliqué à l'ensemble du film, cela donnerait « même si vous avez conquis ces Terres par la force et la violence, le plus important est le progrès et la civilisation que vous avez apportés » Une morale rassurante tout à fait digne de l'éloge de la puissance militaire américaine des Iron Man. Quant des affrontements et des effets spéciaux, ils se contentent d'offrir le minimum syndical sans jamais vraiment impressionner. Malgré ces réprimandes, Cowboys/Aliens est loin d'être la vaste blague qu'il pourrait laisser croire et c'est davantage pour l'atmosphère sombre et audacieuse de la première partie qu'il emportera l'adhésion même s'il ne faut pas se leurrer, il s'agit encore d'un énième blockbuster réconfortant et politiquement correct sur l'Histoire américaine auquel nous avons droit.

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Cinéma (Cinéma)



Après vous en avoir fait la présentation dans le précédent article, le moyen métrage Kaydara est enfin achevé. Que dire si ce n'est qu'il s'agit probablement d'un plus grands fan films existants au monde. Le respect de l'oeuvre des frères Wachowski transparaît à chaque plan du film. Malgré les limitations de leur budget, les deux cinéastes sont parvenus à redonner vie à cet incroyable univers cyberpunk de part une esthétique particulièrement soignée délimitant avec brio "le monde réel" de celui de la Matrice, une mise en scène inspirée et un montage efficace.

Ce respect n'empêche toutefois pas aux réalisateurs de prendre des initiatives et d'inspirer une personnalité inattendue dans leur film notamment à travers l'icône de leur héros qui revendique sa foi en l'humanité et son rejet du divin  (et part là même de la prophétie de l'Elu). C'est d'ailleurs sur le plan narratif que le film fera débat, le récit se permettant une interprétation personnelle et audacieuse de la mythologie des frères Wachowski qui ne trouvera pas écho auprès de chacun. Au delà de cette idéologie personnelle, le récit est
 plus objectivement critiquable sur une certaine confusion dans la narration et les rebondissements qui viennent parfois ternir le tableau.



Mais ce ne sont que quelques vagues de reproches dans un océan d'applaudissements, l'histoire de ce fan film est finalement similaire à celle de cet insensé projet: rivaliser contre une puissance démesurée avec des moyens humains et la force de la volonté. Et aussi invraisemblable que cela pouvait paraître, ce rêve virtuel vient de prendre forme.


 


Replongez dans la matrice

MISE A JOUR


Après la sortie du film, les deux réalisateurs ont également proposés un making of extrêmement complet retraçant les six années de cette expérience marginale. Véritablement sincère, sans la langue de bois qui caractérise souvent les making of des productions "professionnelles", intéressant et très bien construit, ce making of est une mine d'or pour comprendre la conception si particulière du moyen métrage et de ce fait le coeur du film lui même. Vous pouvez visionner le making of en intégralité à l'adresse ci dessous ou divisé en chapitres sur la page Dailymotion de Kaydara.

Kaydara The Making Of
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Cinéma (Cinéma)

Les personnes qui suivent régulièrement l'actualité de ce blog ou tout simplement qui me connaissent bien savent que j'éprouve autant d'affection pour la saga littéraire d'Harry Potter que de désintérêt absolu pour sa version cinématographique. En effet, même si les opus réalisés par Alfonso Cuaron et Mike Newell avaient éveillé mon intérêt, l'Ordre du Phénix de David Yates m'avait grandement refroidi, ce qui était et demeure encore aujourd'hui mon livre préféré de la saga ayant donné lieu à un film fade, insipide, froid et ne véhiculant que peu d'émotion (un comble vu l'oeuvre originelle). Manque de bol, c'est ce réalisateur qui aura eu la tâche d'adapter les volumes restants de la série, la Warner désirant surtout trouver un homme capable d'enchainer la mise en scène des films plutôt que de poursuivre sur la variété des cinéastes qui s'étaient retrouvés aux commandes des films.

De ce fait, mon attention s'était depuis totalement détachée d'Harry Potter au cinéma et à l'heure actuelle, je n'ai toujours pas visionner le sixième film, le Prince de sang mêlé, refusant de payer pour ce qui s'apparente à une simple entreprise commerciale. Néanmoins grâce au pouvoir merveilleux de la carte illimitée UGC et d'un certain bouche à oreille positif autour du film, me voilà de nouveau dans une salle obscure écoutant le thème de John Williams tandis que les personnes frémissent d'impatience autour de moi, un sentiment qui m'a depuis longtemps quitter vis à vis de cette série.

Daniel Radcliffe et Robbie Coltrane. Warner Bros. France

 

Mais pourtant il faut bien avouer que cette première partie des Reliques de la Mort ne débute pas si mal. La réalisation est loin d'être bâclée et autant l'aspect froid et austère de la mise en scène nuisait à l'Ordre du Phénix autant elle permet ici de mettre en avant la maturité et la violence du récit, conformément au roman originel. Le style de David Yates semble ainsi plus adapté à ce dernier chapitre de la saga, notamment dans une réunion machiavélique des forces des ténèbres, menés de main de maître par Ralph Fiennes (malgré son maquillage ingrat), l'une des scènes les plus réussies du film. A côté de cela, l'histoire demeure globalement très fidèle au livre et même si la séparation du film en deux parties est une entreprise commerciale absolument aberrante, elle permet tout de même d'inclure beaucoup d'éléments du livre en contrepartie.

Néanmoins, malgré ce premier constat positif, lorsque la première heure du film s'achève après avoir enchainé les multiples péripéties, lorsque le film se focalise, tel le roman, sur les trois protagonistes, leurs doutes, leur errance, leurs peurs...Et bien malheureusement, c'est à nouveau un film fade, insipide et qui véhicule peu d'émotion (encore un comble vu l'oeuvre originelle!) auquel le spectateur est confronté. David Yates n'est pas un mauvais réalisateur mais c'est un homme froid, lorsqu'il s'agit d'offrir du divertissement, de l'action, de l'humour le cinéaste tient ses promesses mais dés que le récit, comme dans le roman, adopte une approche plus intimiste et met ses protagonistes au premier plan, ce réalisateur est incapable de convaincre et de véhiculer une véritable émotion, ce qui fait la clé de la saga littéraire et particulièrement dans ce dernier tome.

 

Ralph Fiennes et Michael Gambon. Warner Bros. France

 

Et à l'image de l'Ordre du Phénix, une fois de plus, il convient de rendre hommage à la prestation absolument pitoyable de Daniel Radcliffe, qui une fois de plus participe à l'échec du film. Il est difficile de comprendre pourquoi son jeu d'acteur est à ce point coincé et que le comédien semble avoir tant de mal à se lâcher, à exprimer haut et fort ses sentiments, comme le personnage qu'il est censé incarner. Mais bref, j'aurais presque la tentation de vous renvoyer à ma critique de l'Ordre du Phénix pour éviter de me répéter. Alors bien sûr, il est impossible de dire que les Reliques de la Mort est un mauvais film, une adaptation totalement bâclée. L'intrigue est respectueuse du livre, le film est divertissant, la mise en scène est parfois inspirée, les comédiens (outre les principaux) sont généralement excellents, les effets spéciaux sont d'une qualité correcte (jamais exceptionnelle), mais malgré toutes ces qualités dont le film pourrait se revendiquer, elles ne pèsent que peu de poids dans la balance face à l'absence consternante d'intensité émotionnelle, cette froideur et rigidité quasi permanente dés que le film tente de verser dans le sentiment.

Bref cette première partie des Reliques de la Mort n'a fait que confirmer le sentiment qui s'était déjà bien imposé avec l'Ordre du Phénix, le tournant pris par cette saga cinématographique depuis l'arrivée de David Yates a été le coup de grâce d'une série qui aurait pu éviter de n'être qu'une simple entreprise commerciale si elle avait osée développer la variété de ses réalisateurs et leurs visions personnelles de cet univers. En l'état actuel des choses, ce n'est pas un mauvais film auquel nous avons affaire, juste une oeuvre que l'on regarde avec indifférence et qui ne laissera aucun souvenir impérissable, un moment sympathique mais dénué de magie et d'émotion qui ne donne pas particulièrement envie de connaître la suite. Et c'est en cela que ce film demeurera un échec.

 

Daniel Radcliffe et Emma Watson. Warner Bros. France

Rupert Grint et Emma Watson. Warner Bros. France

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Cinéma (Cinéma)

Darren Aronofsky serait t-il en train de devenir le Stanley Kubrick de notre génération? Ces films possèdent en tout cas une dimension suffisamment intimiste pour convaincre les critiques et également un impact émotionnel susceptible d'attirer le grand public. Quelque soit la raison, ces oeuvres ne laissent en tout cas personne indifférent de telle sorte que le cinéaste est en train de s'imposer dans un septième art en crise identitaire et créatrice qui se contente trop souvent de la stagnation. Avec ce Black Swan, Aronofsky livre un nouveau récit dramatique dans lequel les thèmes récurrents du cinéaste se retrouvent, la course effrénée et destructrice pour atteindre un rêve et l'oscillation permanente entre la réalité et l'imaginaire. Une oeuvre à nouveau sombre et désespérée, néanmoins le réalisateur a gagné en maturité depuis son excellent mais néanmoins suicidaire Requiem For A Dream et son Black Swan fait preuve de davantage de subtilité que ce soit au niveau de la réalisation ou de la narration.

 

Natalie Portman. Twentieth Century Fox France

 

Il paraît souvent cliché de dire qu'un film repose entièrement sur les épaules de son actrice ou acteur principal mais c'est pourtant d'autant plus le cas dans Black Swan que la mise en scène d'Aronofsky a choisi de ne jamais faire quitter son héroïne du cadre de l'action. Afin de retranscrire la sensation d'enfermement du personnage, la caméra ne lui laissera jamais un instant de répit que ce soit dans les plans rapprochés qui parsèment quotidiennement le film où ses émotions et son déroutement sont au premier plan, ou encore dans les merveilleux plans séquences illustrant ces danses, moments de gloire et de folie. Résultat? Une immersion quasi totale et à la limite du dérangement où le spectateur est placé dans une position de voyeur extrême auprès de la jeune danseuse et de son cheminement progressif vers la folie; chaque doute, chaque émotion transparaît à l'écran, que ce soit face à l'image bienveillante mais autoritaire de sa mère, l'attrait sexuel de sa rivale décomplexée ou la tentation de son mentor, incarné avec brio par Vincent Cassell à la fois charmeur et inquiétant.

Cette approche esthétique permet d'autant plus d'apprécier toute la justesse et l'efficacité du jeu de Nathalie Portman qui trouve enfin le rôle lui permettant d'exprimer tout son talent, l'actrice ayant trop souvent été sous exploitée dans le passé en dépit de sa célébrité. Quant au film, il impose au fur et à mesure une logique implacable au spectateur, la sensation qu'il n'y aura pas de retour salvateur et que ce récit s'achèvera dans le sang telle la grande tragédie qui leur sert de cadre et de bande son (au passage au delà de la reprise attendue du Lac des Cygnes, Clint Mansell livre encore une composition efficace). Et il n'est pas déçu.

Natalie Portman. Twentieth Century Fox France

 

Il en résulte l'un des films les plus bouleversants que les salles obscures aient accueillies depuis longtemps, d'ores et déjà l'un des meilleurs films de l'année et la confirmation que Darren Aronofsky, par son talent, sa créativité et surtout son audace, est un exemple à suivre, pour ses confrères et les générations qui viendront après lui. Une oeuvre aussi belle que désespérée. Tout simplement magnifique.

Vincent Cassel et Darren Aronofsky. Twentieth Century Fox France

Natalie Portman & Vincent Cassel. Twentieth Century Fox France

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Cinéma (Cinéma)

 

Certains voyaient dans ce Tron: l'Héritage un extraordinaire défi de faire d'un vieux film visionnaire des années 70 l'un des blockbusters de l'année. D'autres, les blasés du manque de créativité du cinéma Hollywoodien, attribuaient ce film à l'avalanche de suites, remakes, reboots et autres adaptations qui trônent sur les productions majeures du cinéma Hollywoodien, à tel point que les studios n'en finissaient plus de fouiller dans leurs vieux cartons pour remettre des licences au goût du jour. Si vous m'aviez demandé mon sentiment avant la projection sur ce Tron, j'aurais certainement été plus proche de la deuxième option.

Mais quoiqu'il en soit, Tron c'est avant tout l'histoire d'un film annonciateur du phénomène qui a englouti notre génération:

LES GEEKS!!!

 

Le film, en avance sur son temps, exploitait déjà la fascination pour les mondes virtuels et l'engouement crée par l'apparition des ordinateurs qui représentaient alors l'inconnu. Néanmoins, le public n'était pas prêt pour un tel discours et le film fit un bide monumental au box office. Au fil du temps et au fur et à mesure que le virtuel faisait parti intégrante de notre quotidien, une communauté se créa autour du film et lui voua un culte. Captant cet engouement autour de l'oeuvre, Disney décida alors de remettre la licence au goût du jour, un choix au risque tout à fait calculé. En effet si le public de l'époque de Tron n'était que peu sensible aux problématiques virtuelles du film, ce second opus arrive à une époque où les individus ont grandi avec les ordinateurs et ne pourraient plus s'en passer, de telle sorte que le film avait bien plus de chances de trouver écho auprès du public.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce Tron: l'Heritage est bel et bien un film de geeks, je sais que ce terme revient de plus en plus fréquemment dans mes articles mais il est difficile de ne pas le mentionner compte tenu du nombre hallucinant d'influences qui parsèment ce Tron: l'Heritage. Tout y passe, de Star Wars à Matrix en passant par 2001 et Blade Runner voir carrément Ghost In The Shell et Dune, le film en viendrait presque à toucher la fibre nostalgique des cinéphiles. Pour être à la hauteur de ses influences, le réalisateur Joseph Kosinski, jeune prodige de la pub débutant dans le long, a doté son film d'une esthétique électronique absolument démentielle, chaque plan étant esthétisé à outrance. Soutenu par son impact visuel saisissant, par la meilleure 3D qu'on ait vu depuis Avatar et par une bande son jubilatoire (merci Daft Punk) le spectacle de Tron: l'Heritage est assuré.

Walt Disney Studios Motion Pictures France

 

Et comme cela arrive souvent dans ce genre de cas, cette perfection visuelle ne peut trouver écho auprès de l'aspect narratif. Le film comporte tous les éléments emblématiques du genre mais les exploite souvent avec une maladresse enfantine. Là encore, tout y est, de la métaphore biblique tellement explicite qu'elle n'en est même plus une métaphore, les discours philosophiques sur la création et le libre arbitre, sans oublier l'inévitable dimension familiale susceptible de réunir les foules et rappelant la présence de Disney en arrière fond. Un peu comme si le film voulait allier l'intelligence des Wachowski à l'accessibilité d'un Pirates des Caraïbes. Néanmoins, malgré ses défauts évidents et qui seront impardonnables pour beaucoup, l'histoire se laisse suivre avec un plaisir véritable, principalement grâce à son choix d'accorder une grande importance à la relation père-fils qui demeure le coeur du récit, fort heureusement plus que les discours métaphysiques qui tombent souvent à l'eau, et par la capacité assez inattendue du film de plaire à un public beaucoup plus large que les habituelles productions live de Disney clairement destinées à un jeune public.

Alors certes ce n'est pas un film qui nous empêchera de regretter le temps où Disney était l'auteur de grandioses dessins animés auxquels même les Pixar actuels ne peuvent rivaliser (Alladin, le Roi Lion etc etc) avant de décider d'investir dans la production de films live. Certes je ne serais pas hypocrite, sans sa dimension visuelle et auditive absolument extraordinaire, le film perdrait 80% de son intérêt. Mais en l'état actuel des choses, voilà un blockbuster tout à fait honnête et respectable qui hausse clairement le niveau comparer aux Pirates des Caraïbes, Monde de Narnia et autres Prince Of Persia. Et honnêtement, on n'en attendait pas tant.

Garrett Hedlund. Walt Disney Studios Motion Pictures France

 

Un dernier mot (encore une fois) sur la 3D du film qui dispose, outre sa réelle qualité, d'une caractéristique assez particulière. Ne soyez pas surpris lorsque vous verrez au début du film un message vous annonçant que certaines scènes du film sont en 2D. En effet, les scènes se déroulant dans notre monde réel sont dans un format traditionnel tandis que le passage dans le monde virtuel de Tron est également le passage du film dans la 3D. Durant une ancienne vidéo où je m'étais interroger sur la montée en puissance des images de synthèse dans le cinéma, j'avais vers la fin opérer un rapprochement entre cet intérêt du public pour le virtuel avec l'affirmation alors nouvelle de la 3D ( https://www.youtube.com/watch?v=-aa2a2MIJ44 ) . Je n'aurais pas pensé voir aussi vite une démonstration si explicite de cette théorie.

Walt Disney Studios Motion Pictures France

Daft Punk. Walt Disney Studios Motion Pictures France

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Édito

Un cinéphile, un gamer qui partage depuis longtemps sa passion à travers le net et arrive maintenant sur Gameblog. Outre mes critiques traditionnelles, vous trouverez dans la rubrique "articles principaux" des écrits de réflexion, ceux m'ayant demandé le plus de temps. Dans le soucis d'accorder plus de lisibilité aux articles (étant l'essence même d'un Blog) j'ai décidé de ne poster que mes vidéotests les plus importants dans ces pages.

Les liens ci dessous vous permettront de retrouver mes autres activités sur Internet, mes vidéotests et mes anciens articles sur mon premier Blog. Je vous souhaite une bonne visite sur ce site!

 

Mes vidéotests focalisés sur la narration dans les jeux vidéos

 

 

 Mon premier Blog

"Tous les films sont des rêves. Mais certains un peu plus que d'autres." David Lynch

 

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