La narration dans le jeu vidéo

La narration dans le jeu vidéo

Par Leon9000 Blog créé le 15/09/11 Mis à jour le 03/02/15 à 18h43

Bienvenue sur ce blog explorant le vaste monde de l'écriture interactive. Dans mes articles, je me focaliserais principalement sur la narration et l'émotion véhiculées par les œuvres présentées, qu'elles proviennent du cinéma, des jeux vidéos ou d'autres médias. Je vous souhaite une bonne visite!

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Catégorie : Cinéma

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Cinéma (Cinéma)

 

  

 

  Ce n'est pas avec Only God Forgives que Nicolas Winding Refn trahira sa réputation. Véritable génie visuel, ce réalisateur a surtout une foi inébranlable dans le média qu'il exploite et n'a ainsi jamais oublié, contrairement à tant d'autres cinéastes, que le cinéma est une science de l'image avant d'être celle des mots. Sa nouvelle oeuvre expérimente ainsi de manière beaucoup plus assumée les éléments qui firent la gloire de Drive avec une narration minimaliste s'effaçant au profit d'une mise en scène brillante où les plans et le regard des acteurs en disent plus long que des dialogues. Le cadre de Bangkok offre de surcroît au cinéaste un lieu propice à la stylisation extrême de ses images où chaque scène sublimée est une nouvelle pierre dans l'édifice d'un univers hypnotisant. Et enfin au centre de ce foisonnement visuel se dressent les protagonistes dont l'iconisation est si réussie qu'elle ridiculiserait tous les films de super héros existants.

 

   Mais pourtant en dépit de ses similitudes, il est inutile de se mentir, Only God Forgives n'obtiendra jamais le triomphe unanime de Drive. En premier lieu car il s'agit bien évidemment d'un film beaucoup moins grand public où la luminosité de Los Angeles laisse place au cadre misérable et austère de Bangkok dans lequel la violence ne se contente pas de choquer mais dérange. Enfin parce que si Ryan Gosling incarne à nouveau un individu canalisant tant bien que mal sa colère, il ne s'agit pas cette fois ci d'un héros charismatique dominant son environnement mais d'un être fragilisé et meurtri dont l'espoir vain de retrouver une humanité perdue constitue la plus grande faiblesse. Mais au delà de ces changements beaucoup plus cohérents avec la filmographie de Refn (rappelons que Drive était une commande) , Only God Forgives dégage également un besoin de reconnaissance artistique et d'expérimentation qui divisera à nouveau.

 

  Encore plus contemplatif que son prédécesseur, ce nouveau film marque la confiance totale de Refn dans son talent de metteur en scène après les éloges de Drive mais cette assurance palpable conduit également le film vers l'excès où la frontière entre héros stylisé et poseur se veut plus mince. L'expérimentation visuelle s'applique également à la focalisation sur le chaos mental et la folie silencieuse des protagonistes véhiculant parfois une atmosphère déstabilisante et surréaliste que n'aurait pas renié David Lynch. Même si cela semble étrange à lire, Drive était ainsi un film beaucoup plus dans la retenue qu'Only God Forgives qui gagne en ambition et en générosité ce qu'il perd en accessibilité et en équilibre. Pourtant il est finalement inutile de se focaliser sur ses critiques au regard du véritable impact émotionnel suscité par cette oeuvre. Aussi hypnotique qu'éprouvant, faisant ressentir viscéralement les émotions de ses protagonistes, Only God Forgives est l'un des films qu'il faut vivre au cinéma pour ressentir pleinement cette atmosphère irréelle où pendant l'espace d'1h30, le spectateur est enfermé dans une expérience sensorielle hors normes. Et c'est bien là au bout du compte la finalité du cinéma. Juste estomaquant.

 

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Cinéma (Cinéma)

 

     Même si mes années de fan sont derrière moi, je ne peux pas prétendre que la prostitution actuelle de StarWars m'indiffère. Il est même difficile en tant que simple cinéphile d'ignorer le sort de cette saga qui reste la plus importante en terme de popularité du septième art, pas simplement car elle fut à l'origine de tant de produits dérivés mais surtout car elle est celle qui s'est le plus ancrée dans l'imaginaire collectif. Un imaginaire qui ne cesse d'être exploité par les passionnés à travers ces fameux fan films, terme englobant autant d'oeuvres amateurs d'une créativité étonnante que de courts métrages d'une médiocrité hallucinante. J'aimerais vous dire que la popularité de StarWars a permis la création de nombreux fanfilms de qualité mais ce n'est malheureusement pas la réalité. L'engouement suscité par la saga de l'Oncle Georges est telle que le fan lambda se lance dans la création d'un fanfilm pour le simple plaisir de faire mumuse avec un sabre en plastique devant la caméra, mais sans une véritable réflexion en amont du projet ce qui est évidemment visible directement à l'écran. D'autres projets font preuve de plus d'ambition mais se voient confrontés pour les uns au manque conséquent de budget et pour les autres à un manque flagrant de rigueur (que ce soit dans l'écriture, la mise en scène et/ou l'interprétation). Mais un problème de fond unit malheureusement de nombreux fanfilms : leur incapacité à s'émanciper des films originels, se contentant de reproduire (forcément en moins bien) les archétypes de StarWars à tous les niveaux (scénario, réalisation) peut être à cause d'un attachement aveugle envers la saga ou d'un manque de culture cinématographique plus large.

 

    Il n'est de ce fait pas étonnant que les films amateurs véritablement intéressants inspirés par StarWars ne se déroulent pas dans une galaxie lointaine, très lointaine mais sur notre bonne vieille Terre où les Jedi et Sith laissent la place à des gangsters, cascadeurs ou acrobates se jetant sur la gueule avec des sabres lasers. Évidemment, l'ambiance en prend un coup mais la qualité supérieure de ses fanfilms provient de la manière dont des cinéphiles doués réutilisent l'arme emblématique de StarWars pour l'exploiter avec leur talent et avec leur propre imagination. Ces duels aux sabres lasers amateurs sont ainsi non seulement bien mieux réalisés mais beaucoup plus intéressants à regarder et c'est sur eux que je vous propose de revenir dans cet article.

 

 

   Le sabre laser. L'arme noble des chevaliers Jedi mais vous connaissez la chanson. Davantage qu'un duel de sabres, il s'agit plutôt d'un duel de bâtons qui permet ainsi des combats beaucoup plus stylisés et élégants. L'aspect indestructible de l'arme offre de grandes possibilités en terme d'effets visuels, d'interaction avec le décor et même de chorégraphie, si vous y rajoutez en plus les pouvoirs des Jedi (et des Sith) perturbant le déroulement du combat, les possibilités sont quasiment infinies. Les éléments à juger dans un duel de sabre sont nombreux, certains s'attacheront davantage à la chorégraphie, d'autres aux effets visuels et bruitages ou la mise en scène elle même. Ce qui est certain, c'est que sur des bases similaires, des cinéastes doués parviennent à créer des duels clairement dissemblables et aux qualités bien spécifiques.

   Il y aurait eu une bonne quinzaine de fanfilms amateurs intéressants à vous montrer mais ce top 5 des meilleurs duels vous présentera des combats très distincts dans leurs démarches rappelant que le potentiel du sabre laser avait été à peine effleuré par les films. Un classement varié donc et évidemment en toute objectivité !

 

PS: et oui je commence par le cinquième, car vous lisez cet article depuis le haut !

 

5. 3 Minutes

 

 

  Davantage que l'effort de narration, ce duel est notable pour sa dimension plus réaliste, assez rare dans les duels de sabre laser. La surprise du duelliste lorsqu'il allume son sabre, la violence et la rage plus prononcées du combat, le ton plus sérieux du duel, tout est fait pour crédibiliser l'affrontement. Si la chorégraphie est assez chouette, la réalisation n'est pas en reste, notez par exemple les reflets des sabres lasers dans les miroirs à 2:10. Dommage toutefois que le dénouement ridicule ternisse le tableau.

 

4. The Sith and The Jedi

 

  Un exercice très périlleux que ce court métrage. L'utilisation quasiment intégrale du ralenti ne peut que diviser, certains trouveront qu'il embellit la chorégraphie, d'autres qu'il rend le duel ennuyeux. Mais c'est justement la particularité de ce fanfilm de ne pas procurer l'adrénaline attendue par un duel au profit d'une espèce de trip sensoriel, grandement renforcé par l'absence de bruitages et la douce musique accompagnant le combat. Si le flash back est rébarbatif, il permet toutefois d'apprécier la chorégraphie sous un autre angle constituant un bon prélude avant la conclusion du duel, où l'alternance maitrisée d'accélérés et de ralentis offre un rendu assez épique. Si le procédé est audacieux, il permet facilement de remarquer le seul défaut objectif du duel : les sabres lasers ne projettent aucune lumière.

 

3. Ferocity

 

  Ferocity porte bien son nom, il s'agit en effet d'un duel extrêmement nerveux et dynamique qui doit beaucoup à l'apocalyptique musique de Marilyn Manson rythmant les chocs de sabre laser. L'excellente qualité de la chorégraphie et la fureur du duel parviennent à compenser une mise en scène finalement peu inventive. Le combat est également solidement mené par l'agressivité de l'acteur principal dont la domination ne fait aucun doute. Dommage seulement que la violence y soit édulcorée, ce qui est paradoxal avec la tonalité du duel.

 

2. Jedi Ninjas

  Ce duel a le mérite d'assumer totalement son concept délirant. Ne cherchant aucune crédibilité, l'affrontement obéit à une logique cartoon décomplexée qui rappelle les meilleurs moments du génial Clone Wars de Genndy Tartakovsky. Pour le reste, le travail des cascadeurs et les bonnes idées de mise en scène assurent pleinement le spectacle. Et avec en plus une touche de dérision bienvenue à la fin, aucune raison de bouder son plaisir.

 

 

1. Ryan Versus Dorkman 2

 

 

  Un choix classique certes mais ce n'est pas pour rien si ce duel amateur est le plus célèbre du vaste monde du web. Outre la chorégraphie soignée, c'est évidemment la qualité de la réalisation qui le démarque de ses semblables. Le soin accordé à la mise en scène est assez remarquable pour une production de ce genre et il n'y a qu'à comparer le nombre de plans de ce duel comparer aux autres déjà présentés pour s'en rendre compte. Visiblement confiants dans leur talent, les réalisateurs exploitent beaucoup plus loin les possibilités du sabre laser. RvD2 est ainsi l'un des trop rares fanfilms à prendre en compte l'interaction du sabre avec l'environnement, exploitant le décor pour faire évoluer le duel. Et contrairement à un Ryan Versus Brandon 2 qui se prend maladroitement au sérieux, l'humour est ici omniprésent jusqu'au dénouement de ce duel, encore indétrônable plusieurs années après sa création. Et puis moi depuis StarWars Kotor, j'aime bien les sabres jaunes.

 

 

  Fin de ce classement complètement geek en espérant vous avoir fait découvrir quelques petites perles. Le monde d'Internet étant bien vaste, je suis certainement passé à côté de quelques duels très sympathiques, aussi n'hésitez pas à partager vos découvertes dans les commentaires. Et il est de toute façon certain que j'écrirais un autre article sur ce sujet, en patientant avant StarWars VII. Car oui, malgré toutes nos appréhensions, nous finirons tous par le voir pour nous faire notre propre opinion à ce sujet, admettons le. Et puisque l'on parle des films, il est temps de rendre hommage au duel qui a tout commencé et de voir tout le chemin qui a été accompli depuis. C'est à toi Obi !

 

 

 

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Cinéma (Cinéma)

 

  
 
  Ce n'est pas souvent dans votre vie que vous aurez l'occasion de découvrir un tel monument faisant appel à tous les trucages cinématographiques imaginables et repoussant dans ses derniers retranchements l'illusion créée par le septième art. OEuvre à l'ambition titanesque dressant un portrait de l'humanité à travers les âges, Cloud Atlas est également un bilan sur toutes les possibilités créatrices offertes par le cinéma. D'une technicité complexe, exploitant les maquillages les plus sophistiqués et les effets numériques les plus aboutis, le film ne serait pourtant rien sans ses incroyables acteurs dont les réalisateurs sont parvenus à exploiter avec brio les multiples facettes de leurs talents. La ribambelle de moyens mis en place est à la hauteur de la densité narrative du récit, basculant d'un genre à l'autre avec une facilité déconcertante, déboussolant le spectateur en permanence entre la comédie et le tragique.

 

   Une telle démesure dans la narration aurait rapidement été fatale entre les mains d'autres cinéastes, pourtant Cloud Atlas bénéficie d'une construction remarquable permettant de découvrir avec aisance une intrigue aussi éclectique. La grande réussite du film est en effet de n'avoir jamais oublié la spécificité du média cinématographique. Ainsi, les différentes temporalités du récit ne sont pas simplement reliées par des aspects narratifs mais sont en permanence connectés par des éléments visuels et sonores, le tout fonctionnant par le biais d'un montage si intelligemment conçu qu'il en relève du génie.

 

 

   Peu de films peuvent vous faire basculer du rire aux larmes en l'espace de quelques instants, et encore moins vous donnent envie de devenir quelqu'un de meilleur. Celui ci en fait parti. Alors si vous voulez donner raison à des cinéastes passionnés qui continuent de croire que le budget d'un film peut être proportionnel à ses ambitions artistiques, vous savez quel titre sera affiché sur votre prochain ticket de cinéma. Sinon, vous irez rejoindre les millions d'autres personnes qui se mordront plus tard les doigts de ne pas avoir découvert ce chef d'oeuvre lors de sa sortie en salles. C'est à vous de voir.
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Cinéma (Cinéma)

   Lincoln semble presque un titre mensonger pour le nouveau film de Steven Spielberg pour lequel Slavery aurait été une appellation plus appropriée. En effet plutôt que de retranscrire le parcours de l'iconique Abraham Lincoln, le récit se focalise presque intégralement sur l'obstination acharnée du plus célèbre Président Américain dans sa lutte contre l'esclavage. Ce parti pris, qui pourrait être louable, est malheureusement la source de la principale lacune du film : avoir limiter considérablement son sujet. En ne s'intéressant qu'aux manipulations de Lincoln pour obtenir le soutien de ses opposants, à son dévouement presque héroïque dans son projet d'abolir l'esclavage, Steven Spielberg ne se focalise qu'à mettre en scène le mythe d'Abraham Lincoln, apparaissant sous les titres d'un politicien paternaliste et attachant gagnant irrémédiablement la loyauté de son entourage par sa solennité et son humour. Mais l'intérêt d'un biopic n'est pas de confronter le spectateur avec l'icône qu'il connait déjà mais de mettre en valeur l'individu, l'homme dont le parcours et la conviction ont forgés la personnalité fantasmée, et le Lincoln de Spielberg refuse malheureusement de laisser l'humain transparaître derrière le mythe.

 

 

  Dans les 2h30 qui composent le récit, Abraham Lincoln est en permanence entouré de conseillers et de politiciens, son combat pour son 13ème amendement obnubile continuellement son discours et le film semble éviter à tout prix de rentrer dans l'intimité du politicien. Même sa relation conflictuelle avec sa compagne et son fils aîné n'a pour vocation que renforcer sa détermination politicienne mais jamais à montrer une autre facette plus humaine et simple de l'individu. Seule une violente dispute avec sa femme, l'une des scènes les plus émotionnellement fortes du film, ouvre brièvement la porte sur le potentiel narratif du film malheureusement inexploité. Bref Lincoln ne parle pas de Lincolm, qu'à cela ne tienne, le thème de l'esclavage est suffisamment riche pour nourrir un film. Mais à nouveau des questions de point de vue viennent ternir le propos. En choisissant de focaliser son attention sur les manipulations politiques de Washington, le film délaisse complètement la Guerre de Sécession dont la violence du conflit ne se perçoit qu'à travers la gravité du Président mais ne se traduit que très rarement visuellement à l'écran. Comble de l'ironie, la communauté noire, dont l'émancipation est pourtant le véritable sujet du film, est complètement délaissée et jamais le récit ne met en évidence la souffrance de ce peuple, que même Quentin Tarantino, malgré l'excentricité de son génial Djanjo Unchained, était récemment parvenu à retranscrire.

  Mais assez parler de narration, Steven Spielberg demeure, n'en déplaise à ses détracteurs, un génie de la mise en scène qui n'aura cesser d'expérimenter les possibilités du cinéma à travers les multiples genres qu'il aura abordé. Malheureusement Lincoln se révèle également bien sage et timide en la matière. Si les cadres sont judicieusement choisis et le montage quasiment irréprochable, la caméra demeure désespérément fixe comme si Spielberg délaissait son audace habituelle pour s'effacer derrière son sujet. La réalisation de Lincoln est ainsi conformiste et proche du classicisme d'un Clint Eastwood (parfois de manière efficace), ce qui assurera à Spielberg le ralliement des critiques nombrilistes et sectaires qui avaient autrefois maudits son cinéma.

 

 

   Toutefois malgré ses nombreuses lacunes, Lincoln ne peut certainement pas être qualifié d'ennuyeux. Le film peut en effet remercier son casting grandiose, mené magistralement par Daniel Day Lewis disparaissant complètement derrière le mythe qu'il incarne, et la direction artistique impressionnante dont il a bénéficié transportant immédiatement le spectateur quelques siècles en arrière. Spielberg lui même fait toujours preuve d'une maitrise indéniable dés qu'il s'agit d'instaurer du suspense ou d'intensifier l'héroïsme de ses personnages. Malheureusement, au delà de l'aspect conventionnel de sa mise en scène, Lincoln est surtout un film qui laissera le souvenir amer de s'être simplement intéressé à la surface du mythe qu'il matérialise. Il aurait pourtant suffi de gratter un peu cette surface pour exploiter le véritable potentiel de ce sujet.

 

 

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Cinéma (Cinéma)

   Lors de la sortie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson avait encore tout à prouver. Dix ans plus tard il est devenu l'un des cinéastes les plus appréciés au monde pour avoir donner autant de rêve à une génération de cinéphiles devenus adultes aujourd'hui, pour avoir témoigné d'une générosité sans limites au fil de sa filmographie sans jamais avoir délaissé l'humanité de ses oeuvres ou tout simplement pour la sympathie instinctive que dégage ce réalisateur. Parfaitement conscient qu'il aurait du mal à réaliser The Hobbit sans souffrir de la comparaison avec sa trilogie initiale sur l'oeuvre de Tolkien, Peter Jackson refusa pendant longtemps de prendre en charge le projet préférant placer sa confiance en Guillermo Del Toro. Toutefois suite au désistement à contre coeur de ce dernier et à l'enlisement de la production, ce n'est que la confirmation de Jackson en tant que réalisateur qui permit à l'adaptation du Hobbit de prendre un envol devenu presque inespéré.

 

Une copie du Seigneur des Anneaux?

 

   Quitte à créer un paradoxe étrange avec sa réticence initiale, Peter Jackson annonça presque au dernier moment que le Hobbit ferait l'objet d'une trilogie, une gourmandise assez disproportionnée qui trouve déjà écho dans ce premier volet. Mais avant d'aborder ce dernier point, il est important de comprendre que le Hobbit répond assez vite à la préoccupation première des fans : Peter Jackson allait t-il réussir à se renouveler après la trilogie du Seigneur des Anneaux ? Du point de vue de la forme, la réponse est non et était honnêtement prévisible. Le refus du cinéaste de prendre en charge l'adaptation de Bilbo était en effet assez explicite sur sa crainte de ne pas pouvoir offrir de l'innovation au spectateur. Maintenant capitaine sur le navire, Jackson choisit au contraire d'assumer jusqu'au bout sa proximité avec le Seigneur des Anneaux : même direction artistique, même acteurs et même style de mise en scène allant parfois jusqu'à reprendre les plans les plus célèbres de l'ancienne trilogie. La répétition de la réalisation n'est malheureusement pas équilibrée avec l'usage de la 3D qui reste assez secondaire voir grossière. La composition musicale d'Howard Shore renforce également cette impression de déjà vu en recyclant énormément de thèmes déjà exploités dans les films précédents mais se rattrape avec un thème principal qui restera longtemps dans les mémoires. La scène d'introduction dépeignant une conversation entre Bilbo âgé et Frodon semble même n'exister que pour mettre en avant cette proximité assumée avec le Seigneur des Anneaux. L'impact est ainsi à double tranchant, le film dégage une familiarité presque touchante et nostalgique en replongeant le spectateur dans un terrain connu mais dans le même temps, difficile de ne pas penser à ce qu'aurait pu donner l'univers de Tolkien avec la sensibilité nouvelle de Guillermo Del Toro.

 

  Si cette continuité visuelle avec le Seigneur des Anneaux est à l'origine des multiples critiques actuelles envers le film, il est étrange de voir que la dimension comique du film est également souvent reprochée alors qu'il s'agit d'un élément salvateur pour le Hobbit. Fidèle à l'esprit de l'oeuvre de Tolkien qui s'adressait à un plus jeune public que le Seigneur des Anneaux, le film se révèle ainsi beaucoup plus léger, décomplexé et humoristique que l'ancienne trilogie. Ce changement d'atmosphère, beaucoup moins grave qu'autrefois, permet ainsi d'insuffler au film une véritable personnalité qui lui faisait défaut sur le plan visuel, la réussite de l'ambiance devant énormément au travail des comédiens menés par un Ian Mckellen décidément formidable et un Martin Freeman qui, quitte à faire dans le cliché, était vraiment fait pour ce rôle.

 

Une surenchère fatale?


  Ce constat sur le manque d'originalité visuelle du film découle bien logiquement sur sa principale lacune : sa surenchère. Il est courant de donner davantage au spectateur quand tu n'as rien d'original à montrer et si Jackson a souvent été à la limite de l'excès dans ses films, la frontière a peut être été franchie dans The Hobbit. Bien sûr, il est amusant de voir un déluge de créatures et de décors plus improbables les uns que les autres, d'autant que l'héroic fantasy est souvent assimilé à une surenchère d'éléments épiques. Toutefois, le Hobbit tombe dans le piège que le Seigneur des Anneaux parvenait à éviter : utiliser les effets spéciaux numériques quand il n'y en avait pas besoin. Pourquoi donc avoir abandonné les incroyables maquillages qui avaient donnés vie aux créatures ténébreuses de la Terre du Milieu durant l'ancienne trilogie ? Tout cela au profit d'une invasion de créatures numériques forcément moins crédibles. Un peu à l'image de King Kong qui souffrait de la même inégalité visuelle, les effets spéciaux de The Hobbit alternent en plus le grandiose comme le médiocre, témoignant une fois de plus de l'inquiétant aveuglement des réalisateurs Hollywoodiens sur les promesses des mondes numériques, ne réalisant pas à quel point ces techniques vieillissent à une vitesse alarmante et maintenant démocratisées à un tel point qu'elles en sont de plus en plus difficilement convaincantes. On se consolera néanmoins avec un Gollum plus expressif et humain que jamais au coeur de la scène la plus réussie du film. Cette surenchère visuelle se reporte également sur la narration où abandonnant le regard individuel de Bilbo adopté dans le livre de Tolkien, le film multiplie les points de vue à travers des rajouts parfois enthousiasmants ou complètement inutiles pour d'autres, la scène du Conseil Blanc constituant à ce titre un moment franchement laborieux.

 

   De nombreuses lacunes donc, qui seront difficiles à pardonner aux yeux de beaucoup. Toutefois malgré ses défaillances, The Hobbit parvient pourtant à renouer avec la véritable réussite du Seigneur des Anneaux en son temps. Malgré les innombrables excès dans lesquels il s'est plongé, Peter Jackson demeure pourtant fidèle à ses principes et ne délaisse jamais ni ses personnages ni l'émotion de son histoire. La folie visuelle du film est à nouveau entrecoupée de scènes beaucoup plus posées et intimistes conférant au récit une lenteur qui aurait effrayée maints réalisateurs. Ceux qui s'étaient ennuyés devant le Seigneur des Anneaux s'ennuieront ainsi à nouveau devant The Hobbit, mais cette lenteur est néanmoins nécessaire, comme c'était le cas à l'époque, pour conférer à cette quête épique une humanité dont beaucoup de productions Hollywoodiennes n'oseraient même pas rêver. Peu importent les trolls, loups et gobelins en images de synthèse, au bout du compte ce sont les personnages humains qui restent en mémoire.

 

L'humanité d'un Hobbit

 

  Si vous avez ressenti de l'attachement pour ce minuscule héros plongé dans une quête qui le dépasse, de la compassion pour ces nains qui voulaient retrouver leur foyer et de la sympathie pour ce magicien grognon et imprévisible, alors c'est que The Hobbit aura réussi son véritable objectif. Dans le cas contraire, nul doute que vous ne manquerez pas de raisons de détester ce film. Pourtant peu de blockbusters peuvent se vanter de posséder une âme véritable parvenant à engendrer une telle immersion. En réalité c'est bien depuis le Seigneur des Anneaux qu'un film n'avait pas véhiculé un tel émerveillement qu'il en était difficile de fermer l'oeil après avoir été plongé non pas seulement dans un monde fantastique mais au côté de personnages si humains et attachants. Il est parfois bon de mettre son cynisme de côté quand une belle aventure, certes imparfaite mais sincère et attachante, se déroule sous vos yeux. C'est indéniablement le cas de The Hobbit et toutes les critiques du monde ne devraient dissuader personne de lui laisser sa chance.

   Pour ma part, je n'ai pas envie d'être cynique aujourd'hui, Peter Jackson m'a à nouveau fait rêver bien plus que dans tous les blockbusters de ces dernières années, et je n'avais pas ressenti une telle hâte de connaître la suite d'un film depuis...le Seigneur des Anneaux. Et fort heureusement l'aventure ne fait que commencer.

 

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Cinéma (Cinéma)

  Si Christopher Nolan avait dés son premier opus de Batman assumé son désir de crédibiliser l'univers du justicier de Gotham, cette dimension réaliste n'avait été exploitée qu'en surface se limitant à un exercice de style. C'est bien le fabuleux Dark Knight qui conféra à ce réalisme tout son sens en transformant les tourments du sombre héros en métaphore de l'Amérique moderne. Évoquant avec brio le chaos identitaire d'une Amérique ne parvenant plus à distinguer le bien du mal face à la menace incompréhensible du terrorisme, le film devint un emblème sacralisé par de nombreux cinéphiles : celui d'un blockbuster intelligent privilégiant ses personnages et son intrigue à l'action.

   Ayant poussé la démarche à son paroxysme avec son chef d'oeuvre Inception et porté par l'engouement suscité par Dark Knight, Nolan n'avait plus grand chose à prouver dans cet ultime volet de Batman. Est ce pour cela que le film témoigne de moins d'audace narrative  ou bien l'adoration autour de The Dark Knight a t-elle effrayé Nolan et son équipe dans leur démarche créative ? Quoiqu'il en soit, ce Dark Knight Rises se révèle trop similaire dans sa construction à son prédécesseur et ne parvient ni à s'émanciper ni à égaler son illustre modèle.

 

Le bon, la brute et la voleuse.

   La première partie est pourtant prometteuse. Assumant l'influence du comic culte de Frank Miller, Dark Knight Returns, Nolan dépeint avec intelligence un Bruce Wayne dépressif et lassé de son combat. De manière globale, l'écriture des personnages est une réussite, à la fois fidèle aux protagonistes originels et à la vision du cinéaste. Néanmoins l'intrigue se portera rapidement sur un nouveau conflit psychologique, où Bane en digne héritier du Joker tentera de basculer le peuple de Gotham dans l'anarchie absolue tandis que Batman tentera de maintenir l'espoir en la civilisation malgré ses défaillances. Le sentiment de redite est malheureusement omniprésent d'autant que le récit finit par tourner en rond et tirer inutilement en longueur dans sa dernière partie. Pour combler ses vides narratifs, les affrontements sont bien plus présents que dans les derniers volets de la franchise, malheureusement Nolan ne s'est toujours pas encore affirmé comme bon réalisateur de scènes d'action.

   Si les courses poursuites demeurent assez jubilatoires avec les véhicules excentriques du Justicier, les combats au corps à corps frôlent souvent le ridicule par leur absence de crédibilité, un comble vu la démarche de Nolan. Il aurait ainsi été plus cohérent et réaliste d'accentuer la représentation d'un Batman profitant de l'obscurité pour éliminer silencieusement ses adversaires que celle d'un Rambo avançant en pleine lumière contre dix adversaires sans qu'un seul ait l'idée de sortir un pauvre flingue.

  Ses reproches trouvent malheureusement leur paroxysme dans une fin indigeste qui, pour parler franchement, n'a pas les couilles d'assumer jusqu'au bout son propos. Alors bien sûr, le jugement est très sévère. Christopher Nolan demeure un metteur en scène doué véhiculant une atmosphère toujours aussi soignée (quoique jamais à l'abri d'un certain classicisme quand il s'agit de véhiculer de l'émotion), dirigeant intelligemment ses comédiens et surtout qui n'a jamais renoncé à la noirceur de son univers, dépeignant un Batman torturé, indécis car avant tout mortel et imparfait malgré l'aura mythologique qui l'entoure. Malheureusement après la claque opérée par The Dark Knight, les attentes en cet ultime volet étaient certainement démesurées. En résulte au bout du compte un bel acte de bravoure ténébreux face à un chaos innommable mais pas le chant du cygne auquel le chevalier noir pouvait prétendre. Qu'à cela ne tienne, Nolan gardera le mérite d'avoir ressusciter cinématographiquement le personnage de Batman dans toute sa complexité et son amertume mais le réalisateur peut maintenant voguer en paix vers d'autres rivages car il n'a plus grand chose à apporter à cet univers.

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Cinéma (Cinéma)

  L'union fait la force. Ce précepte vieux comme le monde qui sert de slogan à l'affiche d'Avengers résume pourtant parfaitement la réussite de ce film. Ce n'est plus un secret pour personne, l'omniprésence des super héros sur grand écran est désormais acquise. Cela fait de nombreuses années que les super héros ont envahis le paysage d'Hollywood, monopolisant ses ressources et sa médiatisation ayant ainsi participer à sa perte de créativité et d'identité. Mais pourtant cette overdose super héroïque ne doit pas faire porter un jugement néfaste sur Avengers qui réussit là où beaucoup ont échoués avant lui : capter l'essence des comics books dans sa pure expression.

  Il n'est pas question ici de s'embarrasser d'un éloge pompeux et ridicule de la puissance militaire américaine, de tenter de concilier une tragédie Shakespearienne avec un blockbuster ou de suivre péniblement la trace des Aventuriers de l'Arche Perdue, Avengers assume pleinement et avec générosité son identité héroïque. Si la mise en scène est loin d'être médiocre, c'est du côté de l'écriture que Joss Whedon mérite le plus d'être félicité, le récit parvenant brillamment à saisir l'essence des personnages et la meilleure manière de les faire interagir entre eux. Le cinéaste comprend les protagonistes qu'il dépeint et s'amuse constamment à jouer sur le décalage entre ces héros pour alimenter l'humour omniprésent du film, de la mégalomanie de Tony Stark à l'attitude rigide et dépassée de Captain America en passant par la figure discrète et effacée de Hulk ou l'allure chevaleresque de Thor. La multiplicité des héros n'empêche pourtant pas le film de trouver un équilibre réussi dans leur représentation et davantage que dans leurs péripéties individuelles, c'est dans leur interaction et l'efficacité des dialogues que ces super héros acquièrent enfin leur véritable charisme.

  De la même manière que JJ Abrams avait réussi à crédibiliser et rendre sympathiques les personnages kitch et vieillots de Star Trek, Joss Whedon a réussi à insuffler la touche de légèreté et de sincérité qui manquait à ces personnages pour les rendre attachants et humains. Cette même sincérité dans la représentation des héros se retrouve également dans la démesure décomplexée des scènes d'action, surpassant tous les affrontements super héroïques jamais crées. Alors bien sûr, il n'est pas question ici de faire travailler son cerveau ou de poser à travers l'icône des super héros des questionnements sur l'humanité ou les dérives de notre monde actuel. Avengers est simplement un film de super héros qui s'assume comme tel avec toute la démesure, le divertissement et la frénésie que cela implique, un effet que seuls les Spiderman de Sam Raimi avaient jusqu'ici réussis à obtenir. Grâce à toutes ces qualités, Avengers n'est pas simplement la réunion des super héros qu'il présente mais la meilleure apparition cinématographique de chacun d'entre eux. Un film qui vous fera simplement rêver à nouveau d'être un super héros. On n'en espérait pas tant.

 

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Cinéma (Cinéma)

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Shame...voilà un film qui porte bien son nom. La honte est en effet le sentiment le plus régulier de ce long métrage, pas simplement dans la psychologie du héros mais également dans ce que le cinéaste se permet de montrer à l'écran. Les images et les thèmes généralement jugés honteux pour le grand écran sont ici montrées sans pudeur, un choix qui ne laissera d'ailleurs pas indifférent et pourra faire accuser le film de basculer dans un voyeurisme primaire. Ce serait pourtant sous estimer l'intelligence de ce récit qui a l'ingéniosité de ne pas limiter et vulgariser son sujet. Ce film aurait en réalité davantage mérité de s'appeler Pain, en effet la pulsion sexuelle incontrôlable du personnage n'est qu'un départ à une exploration de la souffrance de l'individu moderne.

Cette douleur est construite dans une solitude permanente de part l'incapacité du héros à communiquer avec son entourage, sa maladresse pour bâtir une véritable relation humaine, sa frustration et son amertume qui se transforment en colère qu'il rejette sur sa soeur, la seule personne qui se soucie réellement de lui. Cette peinture de la solitude moderne n'est pas sans rappeler celle qui avait été dépeinte autrefois dans Taxi Driver et malheureusement toujours d'actualité (en terme d'interprétation Michael Fassbender n'a d'ailleurs pas à rougir face à un Robert de Niro). Si le récit évite déjà les pièges qui pouvaient facilement arriver avec un thème aussi délicat, il est de surcroit joliment embelli par la réalisation avec une esthétique discrète et efficace (une belle dominance de bleu) et des plans séquences intéressants mettant plus que jamais en valeur le jeu des comédiens.

L'addiction sexuelle...Un sujet tellement ouvert à la facilité qu'il est la porte de toutes les dérives. Mais pour traiter sérieusement d'un thème aussi tabou, il fallait un acteur suffisamment talentueux pour ne pas rendre son personnage caricatural, un récit assez intelligent pour se projeter de ce point de départ vers un regard amer sur la solitude et la difficulté des relations humaines, ainsi qu'un réalisateur avec le sang froid nécessaire pour ne pas se faire déborder par le contenu sexuel de son oeuvre en oubliant d'en soigner la mise en scène. La chance a sourit à ce film qui possède ces trois qualités. Alors oui Shame dérange, le film aborde son sujet sans prendre de gants mais quand il s'agit de traiter d'un problème aussi intime, cette crudité à priori repoussante permet de crédibiliser un thème si souvent caricaturé. Shame réussit son plus grand pari, à savoir dépasser son cadre sexuel pour plonger le spectateur dans une violence psychologique où la souffrance est condamnée à être vécue dans la solitude.

 

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Cinéma (Cinéma)

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Le moins que l'on puisse dire de Michel Hazanavicius c'est qu'il a un parcours atypique. Ayant d'abord débuté comme comédien (le Régis de la Cîté de la Peur !), se spécialisant dans les détournements (Derrick Contre Superman, la Classe Américaine ce dernier faisant parti de mon panthéon comique), le réalisateur sera sérieusement entré en scène en réalisant les deux OSS 117 qui rehaussaient déjà clairement le niveau des comédies françaises. Après avoir exprimé un hommage parodique aux James Bond des années 50-60, le cinéaste remonte une nouvelle fois dans le temps pour s'intéresser ici aux années 20-30 lorsque le cinéma connut son plus grand bouleversement, le passage du muet au parlant.

Bien évidemment l'intérêt de l'oeuvre réside dans sa mise en abîme : un film muet pour parler de la fin du cinéma muet. Néanmoins ce procédé qui pourrait paraître un peu pompeux ne doit pas dissimuler la subtilité de son traitement. Si l'humour et une certaine légèreté sont toujours omniprésents, le film porte en lui énormément de nostalgie et de tendresse véhiculant ainsi une sincère émotion. La prestation de Jean Dujardin a été louée à juste titre tant le rôle lui correspond parfaitement, qu'il s'agisse d'incarner un acteur au succès insolent et n'hésitant à vanter sa réussite jusqu'à sa désillusion et sa dépression. Toutefois, si la presse a énormément communiquée autour de l'acteur, il ne faut pas occulter l'excellence de la mise en scène qui participe tout autant à la réussite du long métrage.

 

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Le réalisateur traduit avec ingéniosité à travers la réalisation la découverte du son au cinéma et les bouleversements qu'il apporte. Il n'est pas question ici de vulgarisation, la mise en scène est extrêmement soignée et fourmille d'idées plus savoureuses les unes que les autres. Alors bien sûr, le film n'évite pas une certaine facilité avec par exemple les nombreux appels du pied lancés aux cinéphiles, le récit ne se prive pas de jouer sur la nostalgie du cinéma muet. Évidemment, on pourrait aussi pester contre les facilités du scénario. Mais parlons franchement.

Le cinéma français véhicule de manière globale une image médiocre, celle d'une industrie confinée dans la stagnation et limitée aux comédies populaires ou aux films intellectuels. L'idée de créer un film muet à notre époque moderne est déjà une idée suffisamment audacieuse pour attirer l'attention. Bien sûr, le premier réflexe serait ensuite de se dire qu'il s'agit d'une entreprise facile qui va certainement proposer un contenu pompeux et prétentieux. Il n'en est rien. Voilà un film sincère, drôle, attachant et surtout extrêmement maitrisé dans ses composants ne perdant jamais de vue son propos. Et voilà surtout un film populaire français qui ne sacrifie pas sa qualité et sa pertinence sous prétexte d'être mercantile. Il était temps, on commençait à désespérer et le résultat n'en est que plus merveilleux.

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Cinéma (Cinéma)


GLOIRE A MEGATRON!!!



Il paraît que ce Transformers serait une réussite comparer à son prédécesseur qui avait atteint les profondeurs de la médiocrité Hollywoodienne . Il paraît seulement. Car inutile de se leurrer, Michael Bay est trop vieux pour changer et nous offre un spectacle encore plus navrant que ce qu'on pouvait imaginer. Un ridicule patriotisme américain accompagne toujours un mauvais gout affligeant en matière d'humour et de narration le tout servi par des dialogues d'une platitude consternante. Mais le pire de tout cela c'est que le film n'a même pas le mérite de ne pas se prendre au sérieux et compte au contraire mettre en place une atmosphère sombre même si le sujet n'est qu'une simple adaptation de jouets pour gamins. Il en résulte une multitude de moments dramatiques qui n'ont comme seul effet de faire rire (ou de se lamenter sur le ridicule de la chose) et de faire perdre au film une bonne partie de son dynamisme.

Et le dynamisme parlons en. L'élément le plus effarant de ce Transformers est qu'il ne parvient même pas à offrir un spectacle convaincant par sa gestion absolument chaotique du rythme, les évènements s'enchainant avec une telle maladresse qu'aucune scène d'action ne se démarque des autres et que le spectateur s'ennuie la plupart du temps, ce qui est un comble vu les innombrables effets spéciaux et explosions du film. Que dire mes amis, que dire...Après un article consacré à la perte de créativité du cinéma Hollywoodien, la critique de ce Transformers est finalement un complément bienvenu tant la trilogie de Michael Bay a été le réceptacle de la bêtise et de la paresse absolue d'Hollywood durant la dernière décennie. Seul John Malkovitch sera parvenu à instaurer quelques moments de fantaisie bienvenues dans un film désespérément fade, ennuyeux et idiot mais malheureusement sa présence à l'écran n'est que de courte durée. Pour le reste, même la 3D tant vantée est anecdotique. Un film tout simplement navrant qui ne mérite aucun respect et sur lequel il n'y a rien de plus à rajouter.

Paramount Pictures France
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Édito

Un cinéphile, un gamer qui partage depuis longtemps sa passion à travers le net et arrive maintenant sur Gameblog. Outre mes critiques traditionnelles, vous trouverez dans la rubrique "articles principaux" des écrits de réflexion, ceux m'ayant demandé le plus de temps. Dans le soucis d'accorder plus de lisibilité aux articles (étant l'essence même d'un Blog) j'ai décidé de ne poster que mes vidéotests les plus importants dans ces pages.

Les liens ci dessous vous permettront de retrouver mes autres activités sur Internet, mes vidéotests et mes anciens articles sur mon premier Blog. Je vous souhaite une bonne visite sur ce site!

 

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