Hier j’ai vu un film asiatique. Un film japonais plus précisément. De Shion Sono. Un certain Love Exposure. Entre nous, je ne pensais pas voir ce film un jour. Ma nature curieuse aura eu raison de me pousser à le visionner , grâce à l’évocation de son nom lors d’une discussion, et  de finalement apprécier un conte hautement divertissant et touchant.

Les fruits du péché

L’histoire d’un garçon banal qui vit avec son curé de père dans le presbytère de son église après la mort de sa mère. Quand une rencontre va tout changer, encore, et encore, et encore. Une aventure chapitrée qui nous donne un regard sur chaque personnage clé pour comprendre où tout ça va nous mener. Le péché de l'un entrainant inévitablement l'autre dans la spirale d'un péché plus grand encore. 

Ça se bouscule dans ma tête. Peut-être parce que je viens de voir un film de 4h ( !) ou peut-être parce que je viens de voir un FJFO (Film Japonais à Foutoir Organisé). Je ne connaissais pas ce Shion Sono. Force est de constater qu’il sait faire des films et qu’il détient avec Love Exposure, une fresque originale.

Give it to me !

Il y a tout un microcosme dans ce film qui se mue avec la force de l’amour. Un puzzle d’idées qui s’assemblent étrangement bien. On se situe au milieu d’un film qui se déplace de manière théâtrale, entre le drame et la comédie, à vive allure. Jamais dans le convenu, toujours dans l’incongru. Un film fleuve qui draine aussi bien la boue kitch que les eaux pures de la montagne nommée Emotion Forte. Du coup, je ne peux qu’apprécier un tel contenu. Parce qu’au-delà de nous divertir avec des blagues potaches et des situations absurdes, il frappe du poing tour à tour sur les grands sujets du Japon contemporain : sexe, genre, famille, religion, maltraitance avec une liberté effarante.  Et tout ça sur une bande-son très sympa !

 

Alors oui, il faut être curieux et ouvert ou avoir déjà vu un film asiatique avant d’approcher Love Exposure. Personnellement, il me rappelle beaucoup Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa qui sera plus abordable pour les néophytes. Pour les plus téméraires,  sachez quand même, s’il y a vraiment besoin de le rappeler que les émotions sont universelles et que vous pourrez toujours vous rattraper à ces branches pour apprécier ce genre de film. J’encourage donc ne serait-ce que pour l’amour du 7ème art, puisque ce film en déborde, de lui donner le temps qu’il mérite. 

p.s. photo : la scène de la plage ! *3*