Retour en ville

C'est dans le quartier de Kamurochô, bien connu des fans de la série, que débute cette nouvelle aventure. Laissant derrière lui les plages d'Okinawa et les considérations puériles du précédent opus, Yakuza 4 vous place dans les pompes (en cuir verni) de Shun Akiyama, un ancien banquier devenu usurier de l'ombre. Viendront ensuite Taiga Saejima, une légende du clan Tojo emprisonné à vie ; Masayoshi Tonimura, un flic aux méthodes peu orthodoxes et, enfin, le fameux Kazuma Kiryû qui délaissera son orphelinat le temps de venir remettre de l'ordre en ville. Le jeu consacre un chapitre à chacun d'eux et les regroupe lors du grand final... Mais commençons donc avec Akiyama, propriétaire de club d'hôtesses qui cherche à développer ses activités et crée Sky Finance, une société de prêts financiers. En démarchant d'éventuels clients, il rencontre Lili, une jeune femme au passé trouble qui va lui demander une somme exorbitante, sans vouloir en expliquer les raisons. Afin de faire plus ample connaissance avec elle, mais aussi parce qu'elle lui rappelle l'amour de sa vie, Akiyama décide de mettre Lili à l'épreuve dans son bar d'hôtesses...

Entre désirs et frustrations

Ce premier chapitre permet au joueur de retrouver immédiatement ses marques dans l'univers de Yakuza et d'en constater les évolutions. D'emblée, tout semble plus grand, plus beau, plus détaillé, mais dès les premières secondes on retrouve les routines bien ancrées de la série. L'aire de jeu est plus vaste, soit, mais nos pérégrinations sont constamment ponctuées de "pas maintenant" ou "je dois me rendre ici ou là" qui limitent nos déplacements à ceux imposés par le scénario. Un scénario plus sombre et plus entrainant qu'à l'accoutumée, mais qui, asséné à grands coups de séquences de dialogues (plus souvent écrits que parlés), devient vite indigeste. C'est un peu comme si vous commandiez une boisson et que le serveur revenait avec une bouteille de deux litres... Et un entonnoir ! On aurait aimé prendre le temps d'explorer un peu l'environnement et découvrir l'histoire au compte-gouttes... On aimerait jouer, tout simplement ! Mais il faudra attendre deux bonnes heures avant de pouvoir enfin arpenter ce Kamurochô dernier cru, un peu plus librement.

Liberté surveillée

Là, enfin, nous aurons le loisir de nous balader et de faire du lèche-vitrines devant les nombreux magasins dont la plupart n'offre toujours aucune interaction. Nous constaterons également que les toits des immeubles et les souterrains sont désormais accessibles, mais n'offrent pas grand chose d'autre que quelques clefs de casiers à peine cachées... Comme d'habitude, l'essentiel de l'aventure se déroulera dans les rues de Kamurochô. Du coup, cette extension du terrain de jeu semble un peu artificielle. C'est comme dans un appartement : il y a la surface habitable et l'espace utilisable ! Le principe, quant à lui, reste le même et oscille entre missions principales faisant avancer le scénario et missions secondaires rapportant des points d'expérience. Sur ce dernier point, le jeu offre une plus grande variété : les intervenants sont plus nombreux à vous demander de l'aide et il y a désormais plusieurs façons de résoudre leurs problèmes. Vous aurez également la possibilité de faire des cadeaux à certains habitants pour assoir votre notoriété dans le quartier et ainsi bénéficier d'avantages dans les commerces ou vous faire aider lors des bastons.

Outrage(s)

Les combats occupent toujours une place prépondérante dans l'aventure et interviennent de façon aléatoire lors de tous vos déplacements. A chaque coin de rue vous êtes susceptibles d'en découdre avec des voyous et des yakuzas locaux à qui votre tête ne revient pas. A cet instant vous n'aurez d'autre choix que de latter tout le monde avant de pouvoir continuer votre route. Si l'essence de ces affrontements reste la même, ils ont bénéficié de nombreuses améliorations. D'un point de vue technique, les mouvements sont plus fluides, les combos plus percutants et les animations plus souples. On a vraiment passé un cap depuis le précédent volet. De même, les bleus et les giclées d'hémoglobines sont plus réalistes, ce qui rend les empoignades encore plus violentes, voire parfois carrément gores. D'autant qu'il reste possible d'attraper tout ce qui traine dans l'environnement pour frapper vos adversaires ou leur administrer un finish spectaculaire lorsque votre jauge de "Heat" est pleine. Chaque ennemi vaincu rapporte des points d'expérience servant à acheter de nouvelles aptitudes, bien plus nombreuses et variées qu'auparavant. Il est également possible d'apprendre de nouvelles techniques en observant certains événements scénarisés au hasard de vos déplacements. Notez que chaque personnage dispose de son propre style de combat et tableau d'aptitudes spéciales. Bien que l'on aime ces combats très virils, reconnaissons leur une extrême surenchère dans la violence, sans que celle-ci soit justifiée. Un peu à la façon du dernier Kitano dont le jeu est finalement très proche : on discute entre Yak, on va pulvériser quelques gars du clan adverse et ainsi de suite... De plus, les affrontements sont tellement systématiques que vous aurez rapidement l'impression d'avoir tabassé tout le quartier... Mais il y aura pourtant toujours un inconscient pour venir vous défier.

Have fun !

Après le scénario et la baston, il ne manque plus que les mini-jeux pour compléter le triptyque Yakuza 4. Outre les visites dans les bars pour hôtesses et salons de danse privés ou de massage, vous aurez le loisir de jouer au tennis de table, au golf, aux fléchettes, au bowling, au base-ball, au mah-jong, au pachinko, d'entrer dans un Karaoké ou une salle Sega pour vous assoir devant une borne d'arcade ou encore mettre des sous dans l'attrape-peluches. Vous pourrez même gérer les hôtesses comme des poupées que l'on habille et maquille puis améliorer leurs aptitudes pour en faire de bonnes gagneuses... La recherche de clefs de casiers, cachées dans l'environnement, peut également être considérée comme un jeu dans le jeu qui permet d'obtenir des objets rares, utiles pour la confection et la customisation d'armes ou d'équipement. Yakuza 4 propose donc pas mal de plaisirs à s'offrir en marge de l'aventure. Le problème, c'est que le scénario ne nous laisse que peu d'occasions d'en profiter et il ne faudra pas les rater. Ce n'est qu'une fois le jeu terminé, après une bonne vingtaine d'heures, que vous pourrez enfin profiter librement de tous ces divertissements. C'est un peu dommage quand même !

Yakuza 4 a tout pour ravir son public : des améliorations visuelles évidentes, une profondeur de jeu accrue, des mini-jeux à foison, des combats super brutaux et un scénario élaboré qui tiendra en haleine les amateurs de films de Yakuza... Même le pari risqué d'enlever la vedette à Kazuma Kiryû, est remporté tant les autres protagonistes sont agréables à jouer et justifiés par l'histoire. Cependant, le jeu conserve ses défauts d'antan, à savoir l'extrême répétition des séquences de jeu, la lourdeur des dialogues et un environnement très limité. En résumé si vous aimez la série, vous adorerez ce quatrième volet. Si elle vous laisse impassible... Vous le resterez !