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Test : Mafia II (PS3, Xbox 360)

La moue à l'italienne
Par Erwan Lafleuriel - publié le

Je viens de passer un moment sur Youtube à mater les différents trailers de Mafia II qui sont sortis jusqu'ici. Je voulais voir comment la machine marketing avait fini par nous persuader que le titre de 2K Games serait parfait. Ils ont été vraiment efficaces, les bougres. Avec la réputation du premier, la mise en avant graphique, la promesse d'une histoire sombre et prenante... Mais après une douzaine d'heures de jeu pour l'avaler, et quelques litres de désillusions pour nettoyer la poudre aux yeux, que reste-t-il ?

Les versions étant similaires, les tests le sont aussi. Les images sont issues de la version PC.

Commençons par ce qui fâche le moins : le visuel et l'ambiance. Ah ça, si vous aimez conduire des grosses caisses américaines entre les gratte-ciel de New York Empire Bay, le Stetson enfoncé sur le crâne et sur fond de rock & roll, vous allez être servis. La finesse des graphismes va de pair avec le réalisme sobre de la ville. Certes, on s'en prend plein la vue sur PC (pourvu qu'on ait une bonne machine), un peu moins sur les versions les consoles HD qui peinent d'ailleurs parfois à afficher tout ça sans s'essouffler. Évidemment, on n'échappe pas à certains problèmes liés au genre "ville ouverte" : quelques textures qui font taches ici et là, ou l'armée de clones qui se promène dans la rue, par exemple. C'est visible, mais supportable. Bref, on se lasse de pas mal de choses dans Mafia II, mais certainement pas d'admirer le paysage.

La première partie du jeu se déroule en 1945. Empire Bay est sous la neige et le joueur sous le charme.

GTA Light

Vous le saviez peut-être déjà, mais au premier abord, le gameplay de Mafia II ressemble à celui de Grand Theft Auto (comme celui du premier épisode d'ailleurs, sorti en 2002 à peu près au même moment que GTA 3). Vous vous promenez en vue à la troisième personne dans une ville immense, vous volez des voitures et vous tirez sur des gens. Dans cet ordre ou l'inverse, peu importe. Vous pouvez visiter des bars et des restaurants pour remonter votre barre de vie, des garages pour changer de plaque de bagnole... Et ainsi échapper à la police, qui fonctionne à peu près pareil dans les deux jeux : elle vous course jusqu'à ce que vous arriviez à la semer, auquel cas elle oublie rapidement votre existence. Voilà pour les ressemblances, car au-delà, Mafia II ne propose pas grand-chose...

Les sensations des armes sont satisfaisantes, surtout quand on arrose.

Oui oui, ce n'est pas un GTA, compris.

Pas de mini jeux, pas de découvertes curieuses, rien à faire... Empire Bay, le New York alternatif des années 50 est définitivement mort, on dirait. Pas étonnant que la jeunesse sombre dans le crime et la violence : aucun divertissement ne viendra perturber la succession des missions qui vont rythmer votre aventure dans le monde de la Mafia. Certes, vous pouvez passer à la station essence (pourquoi faire ?), acheter des munitions et des armes (je suis entré une fois dans un magasin, juste pour voir... j'étais déjà une armurerie ambulante à moi tout seul). Comme petit boulot, vous pouvez dévaliser des vendeuses de fringues si vous vous ennuyez vraiment, ou pire, ramener des voitures volées à la casse pour faire un peu de blé. Aucun intérêt là-dedans, mais c'était prévu comme ça par 2K Games. On n'est pas là pour folâtrer : la ville sert de support à l'histoire avant tout ! Alors, rabattons-nous sur celle-ci.

Au début, on s'amuse avec la customisation des véhicules. Au début.

Les bornes : il les a franchies

Vito Scalletta, notre beau gosse héros, est une sorte de Niko Bellic à la GTA IV (décidément) : il revient de la guerre, ça ne le dérange pas de tuer, et il veut faire de la thune sans trop d'efforts. Avec son pote Joe, ils vont doucement gravir les échelons du banditisme pour entrer dans la famille et atteindre un niveau de notoriété où les embrouilles arrivent très rapidement. On commence donc petit, avec des missions qui ressemblent plus à des tranches de vie mafieuse plus clichées les unes que les autres qu'à un scénario cohérent et, après 6 heures à faire le commis, on se demande un peu quand le jeu va réellement démarrer. Oui, sur 12h max. Oh, il vous restera quelques bons passages pour vous amuser, avec un ou deux twists dans l'histoire assez sympas, mais très franchement, c'est globalement vu et revu, et on s'ennuie la plupart du temps. Surtout que le gameplay n'est pas à l'avenant.

Finalement, la collection des playmates reste un des meilleurs passe-temps du jeu.

Magnum farce

Chaque matin, Vito se réveille au son du téléphone au bout duquel quelqu'un va forcément lui demander de ramener ses fesses et un flingue pour régler une embrouille. Il y a bien au menu une "course poursuite" ou deux, avec des voitures d'époque qui montent à 100km/h en un quart d'heure et qui se montrent aussi maniables qu'un paquebot au bord des chutes du Niagara. Et assez souvent de la boxe neurasthénique. Mais en général, on prend sa pétoire et Bang ! Bang ! Bang ! On refroidit la moitié de la pègre de la grande pomme. Les combats en vue à la troisième personne ne sont pas mauvais, mais bien trop faciles. Avec le système de couverture classique, le regain de vie automatique après un temps de repos très court et des munitions à ne plus savoir qu'en faire : aucune difficulté pour vous donner des sueurs froides. En plus, les ennemis meurent vite, de deux balles dans le buffet ou d'une dans la tête. Avec une maniabilité facile à appréhender, plus la précision des armes, les headshots sont légion. L'action est dynamique, sans aucun doute, mais où est le challenge ? Ni là, ni ailleurs.

Ah. Oui. Des trucs comme ça, vous en verrez des tas, hein. Ça casse un peu l'ambiance, mais on s'y fait.

Intermèdes en ville

Et les flics ? Humm, les trucs bleus qui te courent après timidement ? Je crois que je les ai vus, oui. Vaguement. Je me suis laissé arrêter une fois pour le fun de me choper une amende. En cas de poursuite un peu plus chaude, au mieux on déclenche une cinématique en allant à la mission et ils disparaissent. Au pire, on les tue tous, on change de chemise et le tour est joué. Quand tout le monde est décédé ou KO, fin du chapitre, on rentre chez soi dormir et c'est reparti pour la suivante. Les développeurs n'arrivent tellement pas à mettre en scène les missions de manière originale qu'ils en font de l'auto dérision vers la fin, c'est dire... Sinon, entre deux massacres, on conduit. D'un bout à l'autre de la ville, à chaque fois, c'est un peu relou à force. Et on ne peut même pas prendre le taxi pour raccourcir les trajets... eh, ça aurait encore réduit la durée de vie du jeu, pas fou, non ?

Voilà à quoi se résume Mafia II finalement : 12h de missions répétitives, linéaires, ne proposant que quelques éléments de gameplay différents - tirer, conduire, combat à mains nues, un poil de furtivité, c'est tout. Il n'y a rien d'autre à faire que suivre l'histoire, qui ne vaut largement pas un visionnage du Parrain ou une saison des Sopranos (voire un épisode). Une rejouabilité minime, pas de multijoueur. On ne peut même pas continuer à traîner dans Empire Bay après la fin ! (Et pour y faire quoi ?) Les combats sont trop faciles et les voitures n'apportent quasi aucune sensation de fun. Au final, Mafia II n'est qu'une jolie boîte qui sonne creux. 80 % de ce qui a été développé ne sert à rien. Le reste ne fait pas un bon jeu. À la limite, si vous êtes fan de l'ambiance fifties (qui est rudement bien, tout de même) et que vous adorez le genre mafieux, ça peut s'acheter. Mais sinon...

Test : Mafia II (PS3, Xbox 360)
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Galerie photo Mafia II - 13 images (cliquez pour zoomer)

La première partie du jeu se déroule en 1945. Empire Bay est sous la neige et le joueur sous le charme. Les sensations des armes sont satisfaisantes, surtout quand on arrose. Au début, on s'amuse avec la customisation des véhicules. Au début. Finalement, la collection des playmates reste un des meilleurs passe-temps du jeu. Ah. Oui. Des trucs comme ça, vous en verrez des tas, hein. Ça casse un peu l'ambiance, mais on s'y fait. Les voitures sont des tanks. Elles encaissent tout, et roule ma poule. Que serait un gunfight dans un resto chinois sans un aquarium qui explose ? Saleté de bleusaille. Heureusement, dans deux secondes, j'enclenche la mission et je suis peinard. Habilement grimés en Mario et Luigi, Vito et Joe préparent un plan sans accroc. Mon arme préférée : le magnum. Même plus besoin de viser la tête... Oui, j'ai viré la VF au bout de deux heures pour remettre la VO sous-titrée anglais. Faut pas déconner, non plus. Boom headshot ! Un peu de baston ? Encore un élément de gameplay qui fait le service minimum.

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