Test : Demigod (PC)

Pour une place au Panthéon
Par Arnaud Chaudron - publié le

Quand un titre s'inspire largement du principe d'un autre jeu, la moindre des choses est de le sublimer. Et si graphiquement Demigod rempli son contrat au premier coup d'oeil, les choses sont moins évidentes côté gameplay. Il faut dire que son modèle, Defense of the Ancients, plus connu sous son acronyme "DotA", a des années de peaufinage derrière lui. Une compétition inégale ?

Pour tous ceux qui, sans le savoir, sont passés à côté des centaines d'heures de pur fun que procure DotA, il faut donc que je commence par expliquer le gameplay commun entre ce dernier et Demigod. Ce genre de jeu multijoueurs en ligne est diaboliquement simple : chaque carte contient deux bases, chacune défendue par des vagues de troupes (les creeps) qui partent attaquer la base ennemie. Ces soldats de base évoluent pendant la partie mais restent faiblards, et surtout, ils ne sont pas contrôlés par le joueur. Ils vont automatiquement attaquer bâtiments, troupes et joueurs ennemis sur leur chemin. Les joueurs se contentent de contrôler un héros (un demi-dieu dans Demigod donc...), un personnage qui dispose de pouvoirs à débloquer pendant la partie. Car comme dans un RPG, le héros prend des niveaux en tuant creeps et héros adverses. Dans Demigod, le maximum est placé au level 20. Et pour chacun de ces niveaux, on peut débloquer ou booster une capacité.

Tout commence par le choix du héros.

Les bons outils pour les bons travaux

En plus de ces pouvoirs, les héros doivent s'équiper grâce à l'or amassé (en tuant des ennemis, détruisant des bâtiments ou en contrôlant certaines zones). C'est là que la connaissance du jeu devient primordiale : il faut savoir quoi acheter, quand et surtout optimiser ses choix en fonction du personnage joué. Dans les deux titres, pas de secret, il faudra expérimenter pour trouver ses combinaisons préférées et devenir redoutable. En plus des armes, armures et autres gadgets tueurs, il y a aussi des potions (soin / mana), des parchemins pour se téléporter, et autres babioles dont l'utilisation à bon escient est primordiale pour prendre l'avantage. But final : tuer vos adversaires et détruire leur base. Si on se concentre sur Demigod, des variations intéressantes apparaissent : les portails d'où sortent les troupes ne sont pas forcément dans votre base par exemple ! Pire, ils peuvent être capturés par l'ennemi. Il y a aussi une simplification des armes : pas de combinaison d'objets pour faire des artefacts plus puissants par exemple. Il faudra cela dit naviguer dans les différents magasins et leurs nombreux onglets pour savoir quoi prendre.

Les généraux sont rarement seuls...

L'union fait la force

Tout le sel de ces deux titres consiste à coordonner ses attaques avec ses alliés. DotA comme Demigod ne sont donc intéressants qu'à partir du 2 contre 2 (5 contre 5 max). Jouer avec l'IA n'est valable que pour découvrir les différents héros et leurs capacités, tellement cette dernière est limitée. Mettre sur pied une tactique avec votre ou vos partenaires est la base du jeu : un héros mort met un minimum d'environ 30 secondes à revenir. De quoi vous donner le temps de pousser la ligne de front vers sa forteresse ! La tactique de base est donc relativement simple. Il faut engager le combat avec un ennemi, faire rappliquer vos alliés pour un assassinat en règle puis faire un gros "push" vers la base d'en face, en explosant tout sur votre passage. Le tout en étant rapide comme l'éclair pour éviter que vos ennemis ne sauvent leur pote et ne vous flinguent un allié au passage... Quand vos adversaires remontrent le bout de leur nez, on temporise, le temps de refaire la même chose.

Quand ça devient confus, jouer The Rook, la forteresse sur pattes, est un avantage.

Facile, sur le papier...

Demigod propose, par rapport à DotA, une vue en 3D superbe, des héros modélisés en détail, avec des pouvoirs aux effets graphiques impressionnants. Graphiquement, DotA, qui repose sur le moteur de Warcraft III, ne peut pas rivaliser, c'est évident. Mais c'est aussi là que les premiers problèmes apparaissent. Le titre de Gas Powered Games, dirigé par Chris Taylor, perd en lisibilité à cause de cette débauche d'effets. Pas facile de savoir qui fait quoi dans une mêlée ! L'habitude aide grandement, mais au départ, cela surprend. Du coup, niveau stratégie, ça complique la vie : on voit mal ce qui se passe, on évalue au pif quand battre en retraite et parfois, c'est le drame. La jauge de vie s'effondre, et il est trop tard pour réagir. GPG a aussi largement complexifié les talents accessibles à chaque héros. Avantage évident : on ne sait jamais vraiment contre qui on se bat. Mais comme souvent, certains talents apparaissent vite bien meilleurs que d'autres, et on peut s'attendre à une "normalisation" dans la façon de jouer des amateurs les plus assidus.

Décisions, choix et autres prises de tête

Le fait de devoir travailler en profondeur chaque héros / Demigod (que j'appellerais maintenant DG, comme tout le monde sur Internet...) a obligé les développeurs de GPG à limiter leur nombre. Huit seulement pour le moment, avec deux autres bientôt en chantier. C'est très faible par rapport aux... 93 (!) héros de DotA. Alors qu'il est fréquent de se frotter à des personnages qu'on n'a jamais croisé dans ce mod gratuit, la routine s'installe rapidement côté Demigod. La présence de plus de pouvoirs actifs pour les DG propose néanmoins des stratégies de combat plus intéressantes. Tout n'est donc pas négatif sur ce point. Loin de là même, car il existe deux catégories de DG : les assassins et les généraux. Les premiers sont relativement classiques : Torch Bearer est un magicien qui jongle avec le feu et la glace, Unclean Beast est un genre de chien tout droit sorti des enfers, Regulus est le roi du snipe à l'arbalète et The Rook est une forteresse ambulante, le DG le plus impressionnant de tout le jeu. En face, les généraux (Oak, Sedna, Queen of Thorns et Lord Erebus) disposent de moins de force d'attaque directe, mais peuvent contrôler des unités à eux, de plus en plus selon les niveaux, et booster leur force / résistance.

Démonstration

Lord Erebus et Oak sont même dangereux au dernier degré : le premier peut se transformer en nuée de chauves-souris pour attaquer un ennemi à distance. Une fois au corps à corps, il peut mordre sa proie comme tout bon vampire qui se respecte, puis se transformer en brume intouchable tant qu'il a de la mana si jamais son adversaire n'est pas mort et cherche à se venger. Sa capacité à entretenir une tactique de guérilla sans se faire coincer est insupportable pour qui se retrouve en face. Autre exemple, Oak peut développer des pouvoirs pour se régénérer à chaque ennemi tué. Comme les vagues de creeps sont incessantes, il peut ainsi se refaire une santé en pleine baston en les atomisant d'un coup avec son attaque de zone ou en achevant un DG adverse mal en point. Peu de choix de héros donc, mais de nombreuses tactiques à l'horizon, surtout si les ajouts de contenu suivent. Du reste, pour le moment, ce titre propose 8 cartes différentes là où un DotA oblige à jouer inlassablement sur la même...

Et une base détruite, une !

À la recherche de la doc' perdue

Demigod, malgré un certain souci du détail, avec un Torch Bearer qui va lâcher des petits "Ice ice baby" en mode glace par exemple, pêche sur certains points cruciaux. Primo, une absence hallucinante d'aide pour le nouveau joueur : pas de doc, même pas une ébauche de tuto à l'horizon. De quoi refroidir les curieux. Ces derniers seront confrontés à un mode solo ultra basique : escarmouche ou tournois. Seul intérêt, apprendre un peu à jouer contre une IA perfectible. Pire, ça sent la peinture pas fraîche dans les options, avec quelques touches impossibles à réassigner sans bidouilles. Pas de bol, ce sont celles de la caméra, réglées pour un clavier QWERTY... Merci les gars... Du coup, les finesses s'apprennent sur le tas : oui, il faut contrôler les drapeaux sur la carte, oui, certains offrent des bonus supplémentaires, et surtout, ne zappez pas les bonus d'équipe ! Car contrairement à DotA, on peut ici acheter des options qui avantagent l'ensemble de votre camp d'un coup : creeps plus puissants, temps d'attente réduit pour la résurrection de DG, etc. Bon, évidemment, pas facile de choisir entre ça et de bonnes vieilles armes pour votre avatar...

Les sorts de zone, toujours un plaisir pour faire le ménage !

Le prix n'excuse pas tout

Disponible pour environ 30 euros sur Impulse, ce service montre à quel point il est encore jeune. Fonction de chat basique (un simple IRC en fait), bugs de l'interface Impulse en jeu et surtout, une gestion du multijoueur catastrophique à cause d'un code réseau gravement moisi (géré par Stardock et non GPG). Seul avantage, eux gèrent le remboursement du produit, pas comme Steam... Je pourrais aussi énumérer les oublis, comme la minimap non cliquable (qui du coup ne sert pas à grand-chose), ou l'impression de mollesse de certains combats, surtout en début de partie, mais ça serait un peu rude. Le seul problème alarmant actuellement, c'est que toutes les fonctions de matchmaking sont aux oubliettes, et que réussir à jouer en ligne à 5 contre 5 relève du miracle. Les développeurs bossent comme des fous pour corriger le tir, mais c'est loin d'être évident. Dommage, surtout que la fonction matchmaking, qui permettra d'harmoniser les rencontres selon votre niveau ou celui de votre équipe, est sans conteste le point qui permettra à Demigod de s'installer durablement sur le marché. Ceux qui essayent DotA en ligne seuls, sans l'aide d'amis, reviennent rarement : entre la fessée qu'ils prennent et les insultes de leur équipiers, il faut du courage pour persévérer !

Si Demigod est loin d'être parfait, son gameplay est solide, son moteur 3D bluffant - même en plein combat, en 1920x1200 tout à fond, sur une machine de joueur - et son support s'annonce réel. Vu son prix, il mérite toute votre attention mais il est impossible de le recommander avec plus de trois étoiles pour le moment. En tant que titre multijoueurs, ses problèmes dramatiques de gestion réseau sont trop graves pour être pris à la légère. En bon fan du genre, vous pouvez toujours faire comme moi : prier avec votre porte-monnaie que les choses s'arrangent ! Un titre PC aussi sexy à 30 euros, ça mérite de l'aide, même s'il faut le pousser un peu au démarrage...

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Tout commence par le choix du héros. Les généraux sont rarement seuls... Quand ça devient confus, jouer The Rook, la forteresse sur pattes, est un avantage. Et une base détruite, une ! Les sorts de zone, toujours un plaisir pour faire le ménage ! Les cartes sont presque toutes très jolies et intéressantes. La vie est trop chère, on le dit toujours à la télé ! Les captures de drapeaux ont un temps réglable dans les options. Les creeps débarquent par ces portails. Ils sont le nerf de la guerre !

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