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Test : Professeur Layton et l'Héritage des Aslantes

Tombé du ciel ?
Par Yann Bernard - publié le

Un peu plus de six années se sont écoulées depuis la première aventure du Professeur Layton, pour autant d'épisodes si l'on excepte les digressions cinématographiques, fraternelles ou judiciaires. Naturellement, ses intrigantes enquêtes nous ont permis de faire travailler nos méninges, mais aussi de mieux connaître ce flegmatique archéologue et ses compères, en particulier durant cette seconde trilogie. L'histoire s'est ainsi orientée davantage vers les principaux protagonistes, lentement mais sûrement, de la même manière que Level-5 a distillé tranquillement les évolutions à chaque opus. Alors que la saga s'apprête à voler vers d'autres cieux, l'Héritage des Aslantes a donc la lourde responsabilité de clore ce chapitre consacré au passé de nos héros, et d'incarner l'aboutissement de cette lignée en la portant jusqu'au firmament. Alors, paré au décollage ?

L'épopée débute de façon on ne peut plus classique : Un confrère du Professeur Layton nommé Desmond Sycamore l'invite à voir sa dernière découverte, une mystérieuse "momie vivante". Il n'en faut pas plus pour titiller la curiosité de notre archéologue, qui embarque immédiatement à bord d'un dirigeable avec son fidèle apprenti Luke Triton et sa pimpante assistante Emmy Altava. Mis à part la qualité de la somptueuse cinématique d'introduction, désormais exempte du moindre artefact de compression, ainsi que le moyen de transport aérien utilisé par le Professeur Layton, on avance donc en terrain connu. Et quand bien même on se sentirait un peu perdu dans les ruelles enneigées de Froënborg, les premiers pas sont consacrés au rappel des principes du gameplay. Pour mémoire, les déplacements s'effectuent à l'aide d'une carte présentée sur l'écran tactile, tandis que les lieux visités s'affichent sur l'écran supérieur. La progression dépend essentiellement des informations récoltées auprès des autochtones, des rencontres souvent synonymes de devinettes.

La localisation est une fois de plus soignée, y compris les doublages, bien que les noms d'oiseaux des agents de Target passent moins bien dans la langue de Molière.

Un monde de puzzles

Celles-ci sont d'ailleurs sensiblement mieux liées avec le contexte en comparaison des précédents opus, bien que l'on ait encore régulièrement droit à la fameuse ritournelle : "ça me fait justement penser à une énigme". En outre, les énoncés se veulent moins piégeux que par le passé, à de rares exceptions près. Car s'il faut toujours faire preuve de bon sens, de logique ou d'observation, la proportion des casse-tête qui prennent la forme de puzzles manipulés via l'écran tactile a augmenté, dans le sillage du Masque des Miracles. On ne s'en plaindra pas, malgré les subtilités linguistiques perdues au passage. En effet, cette approche pragmatique n'empêche pas l'émergence d'énigmes très épineuses, de sorte que les indices proposés se révèlent quelquefois bien utiles. Par conséquent, il demeure nécessaire de scruter l'environnement à la loupe, en l'occurrence du bout du stylet, pour dénicher des pièces SOS, voire d'inspecter certains endroits en gros plan. De nombreuses choses y sont dissimulées, entre les énigmes optionnelles, les objets à collectionner et les noms d'éléments spécifiques du décor.

Après sa célèbre dodoche, le train et le bus, Layton s'essaye aux joies (et aux crashs) des transports aériens.

Préoccupations mondaines

Les activités annexes ajoutées chemin faisant s'étoffent ainsi d'une "Chasse aux Mots", qui sert à créer des défis transmis par le biais du StreetPass. En clair, il s'agit de sélectionner trois éléments dans sa liste de vocabulaire, par exemple "pissenlit forestier", puis c'est au destinataire du défi de retrouver leur provenance en les cherchant à travers le monde, avec des récompenses à la clé. En dépit de son aspect convivial, cette tâche s'apparente à une simple déclinaison des Théâtres de Marionnettes ou de Capucin des précédentes itérations. Idem pour les puzzles que Layton trimballe dans sa valise, "Noix et Noisette" consistant à guider une noix jusqu'à un abri. Enfin, le "Jardin Enchanté" se résume à placer des fleurs explosives stratégiquement, afin de susciter une floraison en chaîne une fois l'arrosage effectué. Restent les quêtes façon fil rouge, avec d'une part le "Prêt-à-porter", dont l'objectif est de confectionner des tenues selon les goûts des clientes à partir des vêtements récupérés au fil des pérégrinations, et d'autre part le "World Times", un recueil d'articles de presse qui donne d'excellentes raisons de retourner dans les lieux déjà explorés.

Les paysages sont tantôt familiers...

Globe-trotter

L'Héritage des Aslantes incite manifestement à voyager, une tendance expliquée par l'usage du dirigeable en guise de moyen de locomotion. Traditionnellement, l'aventure se déroulait dans des lieux plus ou moins confinés, et surtout suivant un schéma relativement linéaire. S'il subsistait une certaine liberté de mouvement, celle-ci se cantonnait à réaliser des allers-retours dans l'espoir de ne pas manquer des énigmes facultatives, ensuite rassemblées par Mamie Mystère ou son chat Keats si besoin. C'est toujours le cas pendant les premiers chapitres de ce volet, mais dès que l'on prend les commandes du Bostonius, l'univers s'ouvre complètement. Ainsi les investigations s'étendent sur plusieurs continents, et l'on peut les mener dans l'ordre de son choix, y compris les unes en parallèle des autres. Les rumeurs colportées par le journal contribuent à enrichir la mythologie de ce monde, à l'image des histoires complémentaires introduites sous forme d'épisodes depuis l'Appel du Spectre. Et si l'atmosphère familière de certaines destinations donne le sentiment de revisiter la saga, ce périple ne s'avère pas moins dépaysant.

...tantôt pittoresques ou exotiques...

Perspectives stratosphériques

En effet, l'exotisme de ces régions est souligné par le renfort de détails et d'éléments animés qui composent les décors, à la finesse accrue. Ce lustre graphique rend les environnements encore plus vivants, a fortiori avec l'impression de profondeur que véhicule la 3D auto stéréoscopique. Bien que Level-5 ait renoncé à exploiter les possibilités ludiques de ce mode d'affichage, à l'instar d'autres fonctionnalités de la console, cet épisode s'inscrit dans une quête de dynamisme. En témoignent les quelques séances d'action, spectaculaires et mieux maîtrisées qu'auparavant, tout comme la répartition plus équilibrée des séquences animées. Le rythme demeure cependant posé, en écho au flegme du professeur Layton, ce qui permet de s'imprégner de la merveilleuse partition signée une nouvelle fois Tomohito Nishiura. L'influence de Yasunori Mitsuda plane toujours sur les musiques, mais moins que celle d'Hayao Miyazaki sur le scénario, fortement inspiré du Château dans le Ciel. Certains crieront au plagiat, pourtant ces similitudes vont parfaitement dans le sens du rapprochement entre le studio Ghibli et Level-5.

En outre, cela n'empêche pas la narration de s'affirmer, au travers de la personnalité d'Hershel, et de coups de théâtre bouleversants. De la même manière que l'Héritage des Aslantes réunit les ingrédients essentiels d'une formule savamment élaborée, son histoire poursuit ingénieusement la construction de cette immense épopée, s'élevant ainsi jusqu'à en poser la dernière pierre. Bien sûr, ceux qui ne l'ont pas suivi depuis le départ ne percevront pas toute son envergure, nonobstant les efforts entrepris pour en remémorer les détails scénaristiques. Cet épisode se révèle néanmoins un aboutissement idéal, pas seulement pour le mystère des Aslantes, mais aussi pour la quête d'identité de la saga, dorénavant prête à s'aventurer vers d'autres horizons.

Test : Professeur Layton et l'Héritage des Aslantes
Indispensable Gameblog
Très bon
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Avec son flegme typiquement britannique, le professeur Layton poursuit soigneusement ses investigations dans l'optique d'élucider le mystère des Aslantes. Ses méthodes se sont encore affinées, qu'il s'agisse d'une approche plus pragmatique des énigmes ou de l'exploration de l'environnement sous toutes ses perspectives, y compris folkloriques lors de virées touristiques. Car cette épopée en dirigeable se déroule désormais aux quatre coins du monde, des voyages synonymes de dépaysement, mais aussi d'un grand bol d'air de liberté en comparaison du déroulement linéaire des précédents opus. Et le scénario prend également de la hauteur, grâce à une mise en scène mieux rythmée et une narration plus affirmée au travers de la personnalité d'Hershel. Malgré l'influence plus palpable que jamais du studio Ghibli, cet épisode constitue donc l'aboutissement idéal de cette trilogie, et de cette saga désormais prête à s'aventurer vers d'autres horizons.
par Yann Bernard
+ On aime
  • La réalisation encore peaufinée
  • Les énigmes et les occupations mieux intégrées
  • La progression moins linéaire
  • La narration accomplie
  • La durée de vie plus longue...
  • ...sans compter les casse-tête supplémentaires à télécharger
- On n'aime pas
  • Les évolutions somme toute timides de la formule
  • L'abandon de certaines fonctionnalités
  • Encore un peu statique dans la mise en scène
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La localisation est une fois de plus soignée, y compris les doublages, bien que les noms d'oiseaux des agents de Target passent moins bien dans la langue de Molière. Après sa célèbre dodoche, le train et le bus, Layton s'essaye aux joies (et aux crashs) des transports aériens. Les paysages sont tantôt familiers... ...tantôt pittoresques ou exotiques... Devinez dans quel contexte intervient cette énigmes ! Plus visuelles, plus tactiles et donc plus concrètes, les énigmes évitent les ambiguïtés plus ou moins volontaires dans les énoncés. Il faut vraiment une loupe pour s'apercevoir que les décors ne sont pas en 2D, bien que la mise en scène joue malicieusement avec les perspectives et l'effet de profondeur. L'échange de défis via Street-Pass s'avère plus convivial que le partage de notes dans la précédente itération, et compléter sa collection de souvenirs constitue une bonne motivation. Il faut voyager aux quatre coins du monde pour dégotter les vêtements et accessoires susceptibles de plaire à ces dames. En prime, chaque vêtement ne peut-être porté que par une cliente à la fois, si bien que les choses se compliquent à mesure que l'on rencontre de nouvelles victimes de la mode. Aider Noisette à mettre sa noix à l'abris rappelle beaucoup le guidage de robot dans le Masque des Miracles... ... idem pour la plantation de fleur explosives, très proche du Mini Express ou du guidage de poissons dans l'Appel du Spectre.
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