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Test : Grand Chelem Tennis 2 (Xbox 360, PS3)

Un seul titre vous manque...
Par Yann Bernard - publié le

Après un premier opus Wii entièrement placé sous le signe du Motion Gaming, EA Sports (EA Canada en l'occurrence) espère accomplir le véritable Grand Chelem en Haute Définition. Un exploit réalisable ?

Il y a près de 3 ans, votre serviteur se risquait à défendre Grand Chelem Tennis, plus teigneux qu'un Nadal derrière sa ligne de fond. Production trompeuse s'il en est, cette itération Wii avait adopté un style visuel cartoon en parallèle d'une teneur et d'une atmosphère très authentiques, afin de plaire à tous les publics. Idem en matière de Gameplay, puisqu'il proposait à la fois une configuration simple d'accès à la Wiimote et une approche nettement plus subtile avec le duo Nunchuk / Wii MotionPlus. Il fallait ainsi un temps certain pour l'apprivoiser, en privilégiant les gestes amples plutôt que les coups de poignet d'habitude si efficaces sur Wii. Elle souffrait quand même de quelques faiblesses, notamment un déséquilibre à l'avantage du jeu au filet par rapport au fond de court. Malgré tout, les puristes ne s'y sont pas trompés, comme le prouve la solide communauté en ligne qui a su passer outre les petits bugs jamais corrigés et les sempiternelles tricheries pour profiter pleinement de cette simulation, oui j'insiste sur le terme « simulation », qui avait le mérite de tenter quelque chose d'inédit en se vouant totalement au Motion Gaming. A l'époque, je regrettais juste que cet objectif ambitieux - peut-être un peu trop d'ailleurs - ait écarté des méthodes de contrôle usant davantage des boutons, voire pourquoi pas un système uniquement à la manette. Avec des bases aussi solides, la perspective d'une déclinaison un tantinet plus traditionnelle laissait rêveur... Autant dire que j'attendais cette version HD de pied ferme, dans mes chaussettes de tennisman transi par l'excitation !

Djokovic serait meilleur que Nadal à la folée selon les caractéristiques (discutables), ce qui ne l'empêche pas de foncer au filet à la moindre occasion.

We motion moins

Sans détour, il semble que son producteur exécutif Thomas Singleton ne croie plus tellement aux gesticulations, surtout destinées à un public casual, comme notre homme l'a laissé entendre dans notre interview (à paraître dans IG Magazine 19). De ce fait, l'option Kinect a rapidement été abandonnée, tandis que l'expérience au PS Move s'avère très proche de celle sur Wii, à quelques détails près... Première anicroche qui ne manquera pas de faire sourciller les passionnés de la discipline, des joueurs comme Nadal, Djokovic, ou Hewitt effectuent régulièrement leur revers à une main. Attention, je ne parle pas des revers slicés de défense, mais de vraies frappes à plat, comme le fait Federer. Fondamentalement, ce phénomène n'a aucune incidence sur le Gameplay, toutefois question authenticité, c'est un méchant revers oserais-je dire. Seconde déconvenue du même ordre, les gestes se montrent identiques quel que soit l'effet donné à la balle. A la rigueur cela pourrait se justifier avec le lift et la frappe à plat, par contre voir un slice de revers à deux mains (oui à deux mains là, un coup assez rare de nos jours en prime !) s'avère carrément bizarre, d'autant que la version Wii distinguait bien les différents mouvements selon les effets. Là encore, il n'y a pas de conséquence sur le Gameplay, surtout que la coloration de la balle indique toujours le type de l'effet. On peut néanmoins se demander la cause d'un tel retour en arrière... La raison la plus probable n'est autre que le "Total Racquet Control", la nouvelle approche suivie par Grand Chelem Tennis 2.

Roger face à Rafaël, tous les deux à la volée, comme par hasard...

Contrôle total ?

Très judicieux, ce système transforme le stick analogique de droite en raquette, celui de gauche restant alloué aux déplacements. Les frappes à plat s'exécutent en le poussant vers l'avant, les slices en le tirant vers l'arrière puis en relâchant, et les lifts en allant d'arrière en avant, sachant que l'angle des appuis détermine la trajectoire. Pareil pour le service, en dépit d'un principe de jauge qui rappelle étrangement IMG Tennis (le premier jeu du genre signé EA). Le plus fort, c'est que ces manipulations du stick sont très similaires aux mouvements réels, de sorte que les sensations s'avèrent très naturelles, et franchement inédites dans la discipline (nonobstant la méthode alternative de service dans Top Spin 3 et 4). Car Grand Chelem Tennis 2 repose sur une vraie dissociation entre les déplacements et la visée, autrement dit les jambes et les bras, plus cohérente et instinctive que son prédécesseur. Et tant pis si l'on perd la "latéralisation" à travers ce "Total Racquet Control", ces sensations en valent la peine. Aussi accessible et réaliste soit cette méthode, certains préfèreront sans doute les contrôles de type "arcade" également proposés. Il s'agit d'un mix de Virtua Tennis et de Top Spin, avec des frappes chargées puis relâchées avec le bon timing. Du coup, la prise en main est immédiate, presque trop d'ailleurs. A part les amorties et les lobs qui nécessitent chacun d'appuyer sur une des gâchettes en simultané, on sait rapidement tout faire sur le court, ce qui donne un net avantage sur les usagers du stick, sans qu'ils ne bénéficient eux d'un quelconque bonus pour récompenser leurs efforts.

Les smashs, en particulier de revers, sont fort bien réalisés.

I.A. (la rue)

De ce fait, Grand Chelem Tennis 2 dispose de sérieuses prétentions pour animer les soirées entre potes, qui plus est avec des amateurs de "tennis champagne". Déjà, les fautes sont rares tant que l'on n'abuse pas des slices, une idée douteuse issue du premier opus, mais d'autres ont fait pareil avec le lift lié à la prise de risque, alors... De plus, les joueurs courent super vite, avec des sprints carrément surréalistes sur roulements à billes en bout de course. Enfin on peut prendre la balle très tôt, à la limite de la demi volée. Ainsi on s'aperçoit bien vite que la meilleure stratégie consiste à avancer dans la balle et à gagner du terrain vers l'intérieur du court, jusqu'à conclure au filet, toujours aussi décisif. Pas si étonnant me direz-vous, puisque c'est la tactique de base du tennis offensif. Le problème, c'est que l'IA l'applique à la lettre. Alors que l'on peut brouiller les cartes et varier le jeu face à un adversaire humain, la machine cible systématiquement l'endroit le plus éloigné du joueur que l'on dirige, en se ruant le plus tôt possible à la volée. Résultat, des matchs stéréotypés avec des échanges façon "papillon" (je croise, il joue le long de la ligne, puis je croise de l'autre côté, et il rejoue le long de l'autre ligne, etc...), et ce quel que soit le joueur, ou la surface ! Tout juste constate-t-on que les serveurs volleyeurs sont un chouïa plus aimantés par le filet. Pourtant, on nous promettait une IA adaptative, reflétant le style de jeu propre à chaque champion. Et on avait envie d'y croire, car dans la mouture Wii, l'IA faisait preuve d'une nature assez imprévisible et reproduisait fidèlement du comportement des vedettes de la raquettes. Encore une fois, cela ressemble à un retour en arrière, que l'on constate également au niveau des animations.

John McEnroe toujours facétieux aux commentaires, et surtout maître absolu du filet, une qualité plus utile que jamais ici...

Grand Chelem Tour

Si l'on retrouve bon nombre de séquences de Motion Capture déjà utilisées sur Wii, certains gestes propres à nos champions ont disparu, comme le service syncopé de Becker. En fait peu de joueurs disposent de leur panoplie complète de mouvements attitrés, excepté McEnroe, l'égérie de cette série résolument tournée vers le filet. Pour les autres gladiateurs du court, il faut se contenter des postures d'attente et de quelques variations sur un coup précis (souvent le service). Les typologies gestuelles ne sont clairement pas légion, en témoignent le choix fort limité lors de la création du joueur. A ce sujet, on apprécie de pouvoir façonner directement un personnage aux aptitudes maximisées, sans avoir à passer d'abord par la carrière. Surtout que cette dernière se révèle plutôt longue le cas échéant (on commence alors avec des capacités rabaissées à leur seuil initial). Dix saisons s'enchaînent les unes derrières les autres, sur un circuit composé des quatre tournois du Grand Chelem - of course - et de quatre tournois secondaires. Ce calendrier doublement plus fourni par rapport à la version Wii est toujours ponctué d'épreuves annexes (exhibitions face à des rivaux entre autres), ainsi que d'entraînements spécifiques en parallèle des compétitions. Ces activités partagent le même objectif, à savoir déverrouiller du matériel qui augmente les caractéristiques, ou développer certaines d'entre elles. Exit donc les coups hérités des champions sur Wii, par exemple l'endurance de Borg. Ici tout repose sur un système de points, déjà présent auparavant mais plus déterminant dorénavant. En effet, les points cumulés définissent non seulement le niveau du joueur, mais aussi son classement mondial.

Les glissades sont plus marquées sur terre, mais les joueurs glissent comme par magie sur toutes les surfaces, faute d'animations pour les petits pas d'ajustement.

Points par points

Une hiérarchie hélas mal intégrée, puisque l'on ne connaît que son propre classement, alors que les concurrents n'en ont pas semble-t-il, nonobstant celui des plus titrés en Grand Chelem. Du coup cela génère des tableaux parfois surprenants (au hasard un Nadal - Federer dès le second tour), et l'absence de scores simulés pour les autres matchs ne fait qu'amenuiser la crédibilité de ces compétitions. Heureusement on a une nouvelle fois la possibilité de choisir la durée de ses matchs, de 3 jeux à 5 sets. Les tennismen virtuels en quête d'immersion totale pourront par conséquent se livrer à des matchs complets, ce qui facilitera par la même occasion la réussite des objectifs optionnels. En plus des points collectés lors d'une victoire (ou défalqués dans le cas contraire), des challenges du genre "Réalisez six coups gagnants en coup droit" permettent de glaner des points supplémentaires. Forcément, c'est plus simple si le match s'allonge, quoique d'une manière générale, la carrière ne comporte pas de réelles difficultés (pas le moindre jeu perdu pour votre serviteur), y compris pour accomplir les objectifs annuels et sur l'ensemble de cette décennie de tennis professionnel. En somme les compétiteurs du dimanche auront de quoi faire, tandis que les fous furieux de la raquette se tourneront rapidement vers les matchs en ligne pour chercher du challenge. Ce mode est doté de tout le nécessaire en la matière, entre l'incorporation du Game Face, le suivi de cette carrière virtuelle et l'opportunité d'engranger des victoires pour la nation de son choix, sorte de Coupe Davis (ou de Fed Cup) massivement multi joueur. Sans aller jusqu'à parler de "Tennislog", EA Sports démontre indubitablement son efficacité dans le domaine communautaire.

Aussi massifs soient les courts principaux, les courts annexes, reproduits aussi avec soin, renforcent vraiment l'immersion dans ces évènements.

Des matchs de légende

Côté solo, on a droit aux florilèges de modes traditionnels (notamment exhibition en simples, doubles, et mixtes, entraînement face à une machine paramétrable, école de tennis), sans oublier les prestigieux "Classiques Grand Chelem ESPN". Chacune de ces rencontres nous propulse dans un match d'anthologie, à un moment souvent crucial. A l'instar de la carrière, des objectifs optionnels sont donnés pour récolter davantage de points, qui servent à débloquer des matchs supplémentaires. L'idée est bonne, toutefois elle manque d'ambition, car on aurait aimé réécrire l'histoire, plutôt que de la confirmer, et que l'objectif soit éventuellement de se fendre du coup magique à l'origine d'un retournement de situation (comme le lob de Safin face à Federer sur une balle de match à l'Open d'Australie 2005). En plus, les petits résumés pour nous remettre dans le contexte ne sont pas exempts de coquilles (j'ignorais que Djoko était N°1 lorsqu'il a battu Tsonga en finale de l'Open d'Australie 2008, hum hum). Voilà qui traduit bien la nature contrastée de Grand Chelem Tennis 2, une envie de bien faire manifeste, que quelques lacunes viennent affaiblir. La réalisation globale l'illustre, avec des personnages aux visages joliment modélisés pour la plupart, mais aussi quelques ratés (Chris Evert pour n'en citer qu'une). Pareil pour les stades, ces temples du tennis sont très fidèlement reproduits et soulignent la solennité des lieux. Dommage que les photographes et autres cameramen soient plus immobiles que des statues de cire. Et ce public, qui réagit de manière parfois avec justesse aux évènements, pour mieux s'endormir à l'issue d'un point de folie... Ce reproche s'applique également aux commentaires, tantôt parfaitement justifiés, tantôt à côté de la plaque, que l'on choisisse le très scolaire Guy Forget en VF, ou le savoureux duo Pat Cash / John McEnroe en VO.

Tiens, encore lui, décidément ce génie coléreux personnifie Grand Chelem Tennis... Les plus vieux d'entre vous se souviennent sans doute de cette fameuse finale de Roland Garros 1984, où notre américain semblait voler sur la terre battue parisienne, jusqu'à ce qu'une série de petits soucis ne le prive du titre du Grand Chelem qu'il convoitait le plus, après ses victoires à l'US Open et Wimbledon. John ne l'a jamais vraiment digéré, et ce jour a initié la lente agonie du service volée sur le circuit, philosophie dontGrand Chelem Tennis reste un ardent défenseur. On lui souhaite donc de s'en remettre, car le talent est là...     

Test : Grand Chelem Tennis 2 (Xbox 360, PS3)
Satisfaisant
Notes de la Rédac (0)
Grand Chelem Tennis était une oeuvre trompeuse, son apparence casual masquant une simulation très pointue totalement consacrée au Motion Gaming. Grand Chelem Tennis 2 cache aussi fort bien son jeu, mais à l'inverse, son style plus réaliste laisse rapidement apparaître un gameplay très arcade, souligné par une IA stéréotypée. Du coup, malgré une pléiade de modes, en particulier la carrière et les matchs classiques, c'est plutôt face à des amis ou en ligne que l'on se livrera des parties d'anthologie. Reste qu'à l'image des performances réalisées avec le Wii MotionPlus, et réitérées ici avec le PS Move, ce cru HD signe une approche innovante et raffinée à travers le "Total Racquet Control". On espère donc qu'EA lui donnera la chance de véritablement s'exprimer par la suite...
par Yann Bernard
+ On aime
  • Le casting de prestige
  • Les tournois du Grand Chelem au complet
  • Le plein de modes
  • La réalisation solide
  • Les contrôles au PS Move
  • Le gameplay accessible
  • Le Total Racquet Control
- On n'aime pas
  • Les gestes immuables quel que soit l'effet
  • Les déplacements façon Speedy Gonzales
  • La tendance trop arcade
  • La volée prépondérante
  • L'IA uniforme
  • Assez facile (même en SuperStar)
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Djokovic serait meilleur que Nadal à la folée selon les caractéristiques (discutables), ce qui ne l'empêche pas de foncer au filet à la moindre occasion. Roger face à Rafaël, tous les deux à la volée, comme par hasard... Les smashs, en particulier de revers, sont fort bien réalisés. John McEnroe toujours facétieux aux commentaires, et surtout maître absolu du filet, une qualité plus utile que jamais ici... Les glissades sont plus marquées sur terre, mais les joueurs glissent comme par magie sur toutes les surfaces, faute d'animations pour les petits pas d'ajustement. Aussi massifs soient les courts principaux, les courts annexes, reproduits aussi avec soin,  renforcent vraiment l'immersion dans ces évènements. La mythique rivalité entre Chris Evert et Martina Navratilova - souvent à l'avantage de la première sur terre battue, et de la seconde sur gazon - revient sur le devant de la scène avec les matchs légendaires d'ESPN. En dépit d'épaules surdimensionnées, nos champions se montrent assez bien modélisés, et dotés de leur véritable équipement qui change en fonction des tournois. Pete Sampras muni de sa fameuse Wilson Pro Staff Classic...

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