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Test : Deus Ex : Human Revolution (PC, PS3, Xbox 360)

La résurrection ?
Par Grégory Szriftgiser - publié le

Il est là, le divin enfant. A vrai dire, ça fait un mois que j'y joue. J'ai pu prendre mon temps avant de partir à la GamesCom pour le finir en plusieurs configurations, profiter dans les meilleures conditions du travail d'Eidos Montréal... et à l'heure de rendre le verdict, je dois me montrer honnête : j'ai passé un moment fantastique sur Deus Ex Human Revolution, malgré quelques défauts qui pourraient dégrader l'expérience de certains. Ce retour du fils prodige n'est donc pas parfait, loin s'en faut, mais malgré tout, quel pied !

On le sait : porter le nom d'une oeuvre culte, restée gravée dans les mémoires de nombreux joueurs qui se sont montrés avides d'une suite digne de ce nom et ont déjà été déçus une fois, ce n'est pas facile. Comment ne pas décevoir quand on fantasme autant, pendant plus de 10 ans ? Commençons donc par les choses qui fâchent... mais rassurez-vous, ça va aller assez vite.

La violence fonctionne bien... mais côté discrétion, on repassera.

Bridé

Le principal défaut de Deus Ex : Human Revolution, on l'a déjà soulevé dans les previews et beaucoup s'y attendaient en visionnant images et vidéo : l'aspect purement technique du visuel. Quoique riche en détails, vaste et dense, le monde de DXHR semble comme handicapé par un moteur graphique qui n'est pas à la hauteur de sa direction artistique, résolument brillante. Du coup, on tique sur les visages, leur animation, certains éléments peu réalistes (la manipulation des corps), et quelques autres trucs qui, à l'heure des AAA toujours plus époustouflants technologiquement, relèguent malheureusement Deus Ex HR dans le dessus de la moyenne actuelle. Fort heureusement, on ne le dira jamais assez, les développeurs sont parvenus à tirer le meilleur de ce qu'ils avaient à disposition, et la version PC gomme une bonne partie des faiblesses en étant de loin la plus poussée visuellement. Grâce à une identité visuelle brillante, un level design passionné et dense, et un gameplay qui sublime l'ensemble assez magistralement, doublé d'un univers à l'écriture ciselée, Deus Ex Human Revolution parvient à nous attirer au coeur de son monde dès les premiers instants, sans briser trop souvent notre suspension consentie d'incrédulité. Même si, malheureusement, cela arrive... On pourra aussi, sans doute, lui reprocher d'autres détails, comme un level design encore trop connoté "jeu vidéo" (malgré sa densité vertigineuse), ou des bugs d'IA qui induisent parfois des réactions curieuses des ennemis, qui par exemple ne franchissent pas un pas de porte mais refusent de se mettre à couvert pour autant. Heureusement, ils ne se manifestent que rarement.

Chacun ses intérêts... mais en se montrant persuasifs, même les escrocs peuvent rendre service.

La liberté, cette belle illusion

Pour le reste, ma foi, j'ai passé un moment d'enfer sur Deus Ex : Human Revolution. Certes pas aussi marquant que l'original en son temps (eût-ce été seulement possible ?), mais le plaisir de retrouver ces moments inattendus où le jeu répond à quelque chose qu'on a fait il y a quelques heures, ce level design dont on ne mesure pas la densité de prime abord avec ses étages, toits, conduits d'aération, égouts, portes dérobées, murs fragilisés, etc., ou ce sentiment régulier de découvrir une astuce imprévue pour se sortir d'une situation qui aurait pu se montrer bien plus problématique... ce plaisir là est bel et bien de retour. Il est en outre soutenu par une générosité sans faille en matière de choses à faire. Qu'il s'agisse des quêtes secondaires, pas trop nombreuses mais particulièrement bien écrites et intégrées au scénario principal et à l'univers, ou simplement de l'histoire principale plutôt longue et agréable à suivre, DXHR est un jeu riche et dense, d'autant plus pour tous ceux qui, comme moi, voudront obtenir le maximum d'XP en hackant tout ce qui passe - même s'ils ont le mot de passe - ou en explorant le moindre conduit d'aération - même s'ils n'en ont pas besoin pour aller où ils veulent. Il y a une tonne de contenu à découvrir, d'emails à lire, de conversations à surprendre, de détails à apprécier, de recoins à fouiller, de solutions à trouver, même si, une fois encore, on sent encore un tantinet trop que toute cette liberté d'action est en grande partie une belle illusion mise en place par des level designers zêlés pour servir les ambitions de joueurs aux approches variées. On imagine aisément qu'avec un moteur plus performant, la même densité de chemins sur une échelle juste un poil plus grande aurait achevé de dissimuler l'aspect "conçu" pour entrer un peu plus de plain-pied dans une réalité urbaine plus crédible. Mais côté ludique, difficile de reprocher quoique ce soit à DXHR du point de vue level-design : on s'émerveille régulièrement de sa complexité. Il en va d'ailleurs pour de nombreux autres aspects du jeu...

Le piratage est un régal.

Un jeu tactique

Qu'on choisisse de se concentrer plutôt sur une approche furtive ou sur une approche action, Deus Ex Human Revolution reste un grand demandeur de jugeote. Même en fonçant dans le tas, à moins de choisir les niveaux de difficulté inférieurs, la progression ne peut se faire qu'en usant des couvertures, en observant bien le comportement des personnages et, en matière d'interactions sociales, en réfléchissant bien à l'approche choisie dans les "affrontements" par dialogues. Evidemment, l'utilisation des bons implants permet de se faciliter grandement la tâche dans chacun des départements importants du jeu (action, infiltration, social), et on a donc tôt fait de partir à la chasse d'un maximum d'XP pour pouvoir acheter toutes ces délicieuses augmentations qui nous font de l'oeil sur la fiche d'Adam Jensen. De ce point de vue, vous le verrez, il y a des astuces : toujours tout hacker même quand on a les codes, réussir des objectifs sans jamais sonner d'alarme pour des bonus, explorer bien partout pour d'autres rallonges d'XP, etc. Mais même en soutirant le moindre point depuis les premières secondes jusqu'à la toute fin (probablement une grosse trentaine d'heures plus tard en comptant les quêtes secondaires), vous ne pourrez pas *tout* avoir... Choisissez donc avec précaution, dès le début, et fouillez les moindres recoins, car certains points, octroyés par des objets à trouver en jeu sont particulièrement bien planqués.

Sarif est un illuminé, lui aussi, même s'il est votre patron.

Le détail Roi

Pour revenir un peu plus dans le vif du sujet, DXHR offre, on le savait, une large palette de gameplays différents, se mélangeant les uns aux autres, et j'ai une bonne nouvelle : aucun ne semble moins soigné que les autres. Combat et armes offrent de super sensations pour les amateurs de personnages tanks ambulants (qui apprécieront d'autant plus de pouvoir personnaliser chaque arme à l'aide de diverses améliorations), l'infiltration s'avère assez corsée et les "combats" sociaux sont suffisamment subtils pour que ne se dégage pas immédiatement une voie préférentielle vers le succès. Même avec l'implant social, il n'est pas toujours garanti d'obtenir la coopération escomptée... Ce souci du détail dans les sensations, les décors, l'écriture, certains easter eggs également, contribue beaucoup à une qualité d'immersion qui doit, aussi, énormément à la sublime musique de Michael McCann, dont le ton parfait et les nappes subtiles collent divinement bien à l'univers et à l'ambiance. On peut aussi en dire autant des doublages en VO, qui servent avec brio des dialogues proprement écrits, mais malheureusement, cette VO est tellement réussie que la VF fait peine à voir en comparaison... les joueurs PC et PS3* auront le loisir de basculer en anglais, mais les joueurs 360* console devront se contenter d'un doublage correct, mais sans génie. On sent aussi l'envie de ciseler le plus possible le jeu au travers du piratage, par exemple, crédible, stressant, impeccablement conçu, qui constitue à lui seul un mini-jeu assez trippant - d'autant qu'il n'interrompt en rien ce qui se passe dans le jeu pendant qu'on pirate (gaffe donc à ne pas se faire voir !).

A Tai Pei, l'ambiance change assez radicalement.

Du noir & blanc aux niveaux de gris

Consacrons un dernier mot à l'univers et au scénario. Au départ, les choses semblent simples, voire manichéennes, même si l'univers reflète dès le début le schisme profond qui va s'installer petit à petit dans la société de 2027, entre les pro-transhumanisme et les anti. Petit à petit, tout en suivant la conspiration qui a enlevé à Adam Jensen son amour Megan Reed, handicapant en parallèle les plans du transhumaniste convaincu qu'est David Sarif, on découvre de plus en plus de questions clefs sur les thèmes secondaires du jeu, qui soutiennent l'histoire. Peut-on choisir à la place de quelqu'un de le sauver en le dotant d'implants qui le rendront dépendant à une drogue anti-rejet jusqu'à la fin de sa vie ? Les politiques n'ont-ils pas raison de s'opposer aux entrepreneurs comme Sarif pour pousser une réglementation, au risque d'handicaper les recherches ? Ou s'arrête l'utile et ou commence l'eugénisme ? L'histoire elle-même ne surprend pas tant que ça, mais elle s'avère en tout cas agréable à suivre, jusqu'à ses dénouements... Cinq fins différentes, toutes bien grises, achèvent de donner au joueur matière à réfléchir sur l'univers d'anticipation qu'on lui aura présenté petit à petit, au travers du script bien sûr, mais aussi d'éléments de gameplay bien intégrés au background. Pour se rendre compte qu'au final, l'Humain reste au coeur de toutes les difficultés du monde. Bref, sans toutefois briller autant que la vidéo virale magnifique présentant le point de vue de Purity First (les anti-augmentations), le jeu fait un bon travail dans le traitement de ces thèmes aussi forts que complexes, tout en conservant une touche d'humour dans certaines découvertes. Quoiqu'il arrive, une fois bouclé, on meurt d'envie de recommencer différemment, même si l'issue du récit ne s'en trouvera pas forcément très modifiée. L'univers tient debout, et malgré ses horreurs, il captive.

Deus Ex Human Revolution est un titre indispensable pour les amateurs de l'original, les amoureux des thématiques complexes du Cyberpunk, et ceux qui placent plus d'importance dans la richesse d'un gameplay que dans l'incarnation technique d'un univers virtuel. Il y avait moyen de faire encore mieux sans doute, mais réussir au "premier essai" à livrer un jeu qui ne se contente pas de porter le nom Deus Ex, pour y contribuer à son tour, s'avère déjà un bel exploit. En tout cas, moi, j'en veux plus, et malgré la tonne de bons jeux sortis récemment, DXHR fait partie de ceux qui m'auront le plus captivé ces derniers mois.

*N.B. : Après vérification, il semble malheureusement que l'audio Anglais original ne soit pas non plus disponible sur les disques PS3.

Test : Deus Ex : Human Revolution (PC, PS3, Xbox 360)
Indispensable Gameblog
Très bon
Notes de la Rédac (2)
Deus Ex : Human Revolution est un jeu dont la richesse et les plaisirs variés sont au rendez-vous. Il n'est pas parfait, notamment techniquement, et ne surprendra sans doute pas autant que son illustre aîné en 2000, mais sa générosité, l'excellence de sa direction artistique et de son univers cyberpunk, renforcés par une bande-son tout simplement divine, nous plongent dans une aventure de longue haleine dont on a les plus grandes difficultés à décrocher, qu'on l'approche avec un désir d'action ou de furtivité. Vivement une suite débarrassée de ce qui a pu empêcher celui-ci d'atteindre ce que les développeurs ambitionnaient clairement d'offrir... Car Deus Ex Human Revolution signe tout de même le grand retour du cyberpunk en jeu vidéo. Pourvu qu'il ne reparte pas 10 ans dans les limbes...
par Grégory Szriftgiser
+ On aime
  • L'univers
  • Le hacking
  • L'identité visuelle exceptionnelle
  • Les augmentations
  • Un vrai Deus Ex
  • Un scénario captivant...
- On n'aime pas
  • ... mais sans énorme surprise
  • Moteur graphique faiblard (sur consoles)
  • Animations faciales et personnages
  • Quelques bugs d'IA
  • Pas de VO sur les versions console
Vos notes
3
3
3
18
9
75
17
84
212 notes
4,2
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L'argus
139,92€
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La violence fonctionne bien... mais côté discrétion, on repassera. Chacun ses intérêts... mais en se montrant persuasifs, même les escrocs peuvent rendre service. Le piratage est un régal. Sarif est un illuminé, lui aussi, même s'il est votre patron. A Tai Pei, l'ambiance change assez radicalement. Suivrez-vous les idéaux de Sarif, ou contrarierez-vous sa vision des choses ? En optant pour la furtivité, on surprend régulièrement des conversations entre les ennemis.

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