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PGI 2018 : On a assisté au très ambitieux tournoi de PUBG, on vous raconte tout

PGI 2018 : On a assisté au très ambitieux tournoi de PUBG, on vous raconte tout

Par Eva Martinello - publié le
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Le PUBG Global Invitational s'est déroulé à Berlin sur 5 jours entiers, à la Mercedes Benz Arena du 25 au 29 juillet. Un an après sa sortie, le jeu est en régression en Europe mais prospère en Asie. Qu'en est-il de la scène compétitive sur le jeu ? L'événement était-il à la hauteur de ses ambitions ? Retour sur le premier tournoi international de PUBG.


La cérémonie d'ouverture.

L'ouverture : 25 juillet

Mercredi 25 juillet, 14 heures. Les portes s'ouvrent trois heures avant le début de l'événement, pour laisser profiter les visiteurs de la zone communautaire qui entoure l'arène. À peine entré, le public se rue à un seul et même endroit : le Game day lounge, où leur sont remis des goodies en l'échange d'un coupon obtenu avec leur ticket visiteur. Sur quatre jours de tournois, quatre parties d'une panoplie exclusive sont remises aux visiteurs, en plus d'autres codes et d'un T-shirt (réel) différent chaque jour.

Mais la zone communautaire réserve aussi d'autres animations pour les visiteurs. Il y a un stand pour tester la version mobile de PUBG et le nouveau mode de jeu War. Il y a la traditionnelle boutique, un stand de Meet & Greet où quelques joueurs passeront, un stand pour se faire tatouer un logo en rapport avec l'événement et, enfin, un stand pour parier sur l'équipe qui fera un Top 1 sur la journée : Predict the winner. L'importance de l'espace communautaire est souvent sous-estimée, mais dans cet événement, elle constitue une partie intégrante de l'expérience des spectateurs. Et ça fait plaisir.

À 17 heures arrive le moment de s'installer dans les gradins. La Mercedes Benz Arena est énorme : elle peut accueillir 17.000 spectateurs en tout, ce qui se rapproche de la capacité d'un Bercy (ou AccorHotels Arena). Pour la compétition, la scène est séparée en trois cercles, l'un d'entre eux accueillant les postes des 80 joueurs participants, sur deux étages distincts.

Quand le préshow commence, avec l'animatrice Frankie, les gradins ne sont même pas remplis d'un tiers : la plupart des visiteurs attendent encore leurs goodies à l'extérieur de la salle, dans une file d'attente de la mort. Quand on me dit à quel prix ces goodies vont se vendre sur le marché Steam (plusieurs centaines d'euros), je comprends d'où vient cette hype. À 17h30, les gradins sont (un peu) plus remplis pour la cérémonie d'ouverture, mais la file d'attente reste longue à l'extérieur.

Alors que les joueurs entrent dans l'arène pour s'installer discrètement, un voile tombe autour de leur cercle de jeu et une vidéo lance la cérémonie d'ouverture. Après une floppée d'effets spéciaux, un avion passe dans la vidéo et... des comédiens sont « parachutés » sur la scène, comme dans une partie du Battle royale ! Il fallait y penser. Quelques cascades s'enchaînent, puis la cérémonie s'achève sur une autre vidéo.

Il est 18 heures et le premier round débute, sans présentation des équipes ; cette absence est peut-être due au fait qu'elles sont 20 en tout, mais il y a tout de même un sentiment de frustration qui reste. Le tournoi qui se lance est le tournoi TPP, à la troisième personne, pour deux jours de rounds. C'était le premier mode de jeu à voir le jour sur PUBG et il est largement plébiscité en Asie... mais moins en Occident, où le mode FPP a pris le dessus dès sa sortie. Malgré cela, c'est une équipe américaine qui remporte le premier Top 1 : Ghost, malgré les nombreux kills de l'équipe coréenne favorite, Gen.G Gold

Sur cette première journée s'enchaînent quatre rounds ; après Ghost, ce sont les chinois d'OMG qui font un Top 1, puis Team Liquid, équipe européenne, qui gagnera deux rounds d'affilée. Contre toute attente, ce n'est aucune de ces équipes qui domine le classement après le premier jour, mais Gen.G Gold, qui dépasse les autres grâce à de nombreux kills dans chaque round

Les parties durent plus de 30 minutes, ce qui est plus long que les parties non-compétitives ; pendant une quinzaine de minutes, il n'y a que 2 ou 3 morts maximum, car chaque équipe prend le soin de ne pas atterrir dans la même ville que les autres. Il faut attendre la troisième réduction de zone avant que plusieurs équipes ne se rencontrent vraiment. Si les débuts de rounds sont profondément ennuyeux, les fins de rounds sont bien rythmées par les commentateurs ; en outre, le mode spectateur est très performant, même s'il ne peut pas tout montrer.

Pour les fans d'une équipe en particulier, des multi-streams avec le point de vue de chaque équipe a d'ailleurs été mis en place, ainsi que des observateurs propres à chaque casting (par exemple, le live coréen pouvait montrer d'autres actions de la partie). C'est une fonctionnalité qui est très demandée sur tous les jeux et PUBG l'a fait.


Le classement après la première journée.

Finales tournoi TPP : 26 juillet

Le deuxième jour, c'est le même programme pour le même public. Les gradins sont toujours à moitié vide ; pourtant, les entrées affichent complet. La raison : des visiteurs ont acheté des tickets multiples pour avoir plus de goodies à vendre sur le marché Steam. Malheureusement, ces abus laissent un trou dans les gradins, ce qui coupe court à la hype de l'événement... sauf concernant les groupes de fans asiatiques.

En effet, le PUBG Global Invitational accueille un nombre impressionnant de fans chinois, sud-coréens et japonais qui sont venus tout droit d'Asie pour soutenir leur équipe favorite. Un public majoritairement féminin qui encourage son équipe à la façon d'un boysband, avec pancartes, serre-têtes personnalisés et chants de groupes. Cet enthousiasme des communautés asiatiques se retrouve dans l'audience de l'événement qui serait, selon les chiffres communiqués par Esports Charts, composée à plus de 90 % de chinois... avec un pic de plus de 38 millions de spectateurs uniques, contre presque 800.000 pour tout le reste de l'audience. Si le jeu a une popularité mitigée en Europe, cette dernière est beaucoup plus nette en Asie, et cet événement en est une preuve supplémentaire.

Les attentes des fans sud-coréens sont d'ailleurs récompensées avec la victoire du tournoi TPP par Gen.G Gold. Le joueur-star de l'équipe, c'est EscA, qui remporte en même temps les deux titres MVP à lui tout seul, pour avoir obtenu le plus de kills et pour avoir survécu le plus longtemps. Ce dernier est joueur professionnel dans divers FPS depuis plus de 8 ans, et il était dans la meilleure équipe du monde sur Overwatch en 2017, Lunatic Hai. Son équipe Gen.G Gold remporte 400.000$ ; les deux autres équipes à occuper le podium sont européennes, Team Liquid en deuxième et Welcome to South Georgio en troisième. Cette dernière équipe est impressionnante, puisqu'elle parvient à se hisser dans le Top 3 sans avoir le soutien d'une structure. 

 

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