1. Y a-t-il une histoire ?

Un semblant oui, elle a même l'air sensiblement plus développée que dans les opus de Four Swords, et en tout cas plus humoristique, jugez plutôt : L'aventure a pour théâtre le royaume d'Estoffe, où plus personne n'ose s'habiller à la mode, depuis qu'une vilaine sorcière a lancé un sortilège à l'élégante princesse Mousseline, l'affublant d'une combinaison peu fringante. Le roi Frisette charge donc Link d'arrêter cette terrible malédiction, en allant explorer les contrées maudites. Celles-ci sont représentées sur une carte divisée en huit régions, qui comportent chacune quatre stages conclus par un boss. Et pas de génération aléatoire, les niveaux demeurent identiques, que l'on joue en solo ou à plusieurs d'ailleurs.

2. La quête peut être menée en solitaire ?

Oui, les deux autres joueurs sont alors remplacés par des pantins dans lesquels Link téléporte son âme. On passe ainsi quasi instantanément de l'un à l'autre via l'écran tactile, sachant que les pantins restent immobiles et ne subissent pas de dommages lorsqu'ils ne sont pas utilisés. Impossible du coup de les rassembler afin qu'ils suivent Link en file indienne comme dans Four Swords, ils se déplacent soit séparément, soit empilés en totem. Cette forme nécessite par conséquent de bien prendre en compte leur position, car c'est celui du dessous qui marche, et celui du dessus dont on utilise l'objet, chacun pouvant disposer d'un ustensile distinct qu'il conserve tout au long d'un stage.

3. C'est plus facile avec des camarades en chair et en os ?

Pas forcément. Si les manoeuvres deviennent potentiellement plus dynamiques, encore faut-il parvenir à les coordonner. Heureusement l'écran tactile sert ici à la communication, qui s'effectue par le biais d'icônes. Cela permet notamment d'appeler ses compères à la rescousse, de solliciter l'usage d'un objet (voire signaler sa présence), et d'organiser la structure du totem, sans oublier bien entendu d'exprimer ses émotions - positives ou négatives. De toute façon, l'équipe partage la même réserve d'endurance (destinée à l'usage des objets), de coeurs et de petites fées si besoin, ce qui diminue le montant du butin à l'arrivée, tandis que les matériaux sont obtenus au hasard. En somme, la coopération est de mise.

4. Il n'y a pas la moindre dimension compétitive ?

Si, mais uniquement dans les combats de l'arène, qui requièrent d'ailleurs des adversaires humains et un jeu par participant. Toutefois un seul exemplaire suffit pour la campagne à plusieurs en mode téléchargement, même si ce dernier suppose de se passer d'une bonne partie des tenues. Or c'est un aspect essentiel de Tri Force Heroes, puisque ces costumes donnent accès à certaines aptitudes, telles que tirer trois flèches d'un coup, ne plus glisser sur la glace, ou profiter des ballons de Tingle en cas de chute. Autant d'avantages très utiles pour les défis optionnels proposés dans les différents stages une fois qu'ils ont été terminés (par exemple éclater des ballons bien cachés, se débrouiller sans épée ou avec peu de coeurs, ou dans l'obscurité entre autres).

5. Les ambitions de Tri Force Heroes ne seraient que vestimentaires ?

Que l'on cherche à personnaliser son héros ou à collectionner les vêtements (aux effets parfois très farfelus), le ramassage de rubis et de matériaux pour confectionner ces tenues paraît effectivement l'un des points les plus motivants de cet opus. Cependant la progression de la quête en est un autre, car il se trame des choses en ville, malgré la taille assez restreinte de cette bourgade aux allures d'annexe de lobby. Enfin, l'intérêt réside évidemment dans la découverte des différentes énigmes, car en reprenant le moteur graphique d'A Link Between Worlds, Tri Force Heroes hérite aussi de son effet de relief saisissant, qu'exploite naturellement la verticalité des mécaniques, totem en tête.

ON L'ATTEND... PLUTÔT TROIS FOIS QU'UNE !
Ces premières heures passées tantôt en solo, tantôt en trio à travers les contrées maudites du royaume d'Estoffe laissent penser que cet épisode veut aller plus loin que Four Swords à tous les niveaux, particulièrement en matière d'intérêt long terme, costumes à l'appui. Reste à savoir ce que Tri Force Heroes cache sous son étoffe, qui paraît encore un peu légère, et si c'est bien celle des héros. Verdict très bientôt, lors du test...