À voir aussi : Michel Ancel donne sa définition des jeux indépendants


En attendant la version complète de notre interview vidéo, qui arrivera dans les jours à venir, voici donc quelques petits extraits de notre discussion. Nous avons abordé différents sujets avec Monsieur Yoshida, patron des Worldwide Studios de Sony, mais il faut avouer que le sujet des jeux indépendants le passionne tout particulièrement.

(Le jeu indé) est de plus en plus important, que ce soit dans l'esprit des gens de l'industrie ou celui des joueurs. Il n'y a qu'à voir la qualité de ces titres.

Mais qu'est-ce qu'un jeu indépendant ? Pense-t-il comme Michel Ancel que cette classification est désormais galvaudée ?

La définition est un peu plus floue aujourd'hui. (...) En fait, nous n'avons plus de section indé dans nos présentations, on ne les introduit plus en disant "voici nos jeux indés", car on ne peut que constater le niveau de qualité de ces titres, et ça n'a plus vraiment de sens de catégoriser les jeux en "indé" ou "pas indé"

Mais l'esprit lui, l'indépendance de penser de manière extrêmement créative et positive, est toujours là, et c'est pourquoi j'utilise toujours le terme indé de manière positive.

En plus de la créativité et la liberté qui animent certains développeurs, Yoshida insiste sur ce qu'il considère comme l'autre point essentiel du jeu indé : le fait que ces productions ne sont pas victimes d'une course contre le temps

Quand des personnes créatives prennent des années à mûrir leurs idées, quelque chose de fabuleux en sort. C'est différent d'un projet que vous devez absolument sortir pour Noël de telle ou telle année. 

Il faut être très rationnel dans un processus de production, mais les indés, eux, du fait qu'ils ne dépendent que d'eux-mêmes, peuvent prendre les décisions qu'ils veulent. Ils peuvent faire n'importe quel jeu car ils n'ont pas à avoir l'aval d'un éditeur ou d'un financier.

La grandeur de ces jeux vient du temps que leurs créateurs décident d'investir pour les bichonner et réaliser leur vision.

Quant à la place du jeu indépendant dans le paysage vidéoludique, Shuhei Yoshida se veut catégorique : quelque chose de grand est en marche et les joueurs feraient bien d'ouvrir les yeux, car les choses ne font que bouger :

Il y a toujours des gens qui disent être déçus par ces sorties de jeux indés, parce qu'ils ne veulent que des blockbusters, et je comprends leur point de vue, mais ils doivent comprendre qu'il n'arrêteront pas les indés, et qu'ils passent à côté de quelque chose de vraiment merveilleux.

Nous n'arrêterons pas de travailler sur des jeux triple-A, c'est important, mais plus le temps passe et plus des vétérans comme Michel (Ancel) deviennent indépendants, et ils vont créer des choses géniales.


Retrouvez ici l'intégralité de notre
interview de Shuhei Yoshida