C'est bien heureux que j'ai pu récupérer cette petite démo pour l'essayer par moi-même et entre amis. Et c'est par là, d'ailleurs, que je commencerai, puisqu'avant d'aborder le chapitre de la réalisation, de la technique ou encore de la profondeur du jeu, il y a une chose à savoir avec Marvel Vs. Capcom 3 : c'est le plaisir quasi-instantané que prennent les joueurs dès leurs premiers matchs, et ceci même s'ils ne sont pas des gros joueurs de jeu de combat. Entre le design, souvent excellent, la facilité avec laquelle s'enchaînent les coups et le casting de luxe que nous proposent les développeurs, soyez certains que vous ferez un carton plein durant vos prochaines soirées entre amis, c'est garanti !

Rendu osé, pari gagné ?

Vous l'avez sans doute remarqué sur les diverses vidéos disponibles, le rendu de MVC3 est assez particulier. Des personnages souvent luisants au design très comics, voilà, en substance, ce que l'on peut dire des guerriers. Certes, c'est spécial, mais cela a au moins le mérite de proposer un parti-pris osé qui, il faut bien l'avouer, fait mouche dans la plupart des cas. De Dr Doom, en passant par Spider-Man, Iron-Man, Dante, Trish, Hulk et autres, le design de chacun de ces personnages est vraiment une réussite même s'il parait clair que ce sont plus les lutteurs de Capcom qui se sont adaptés au style de ceux de Marvel. Preuve qu'on ne plaisante pas avec le rendu des héros de comics. Bref, ce choix donne lieu à un rendu unique et particulièrement surprenant à la plupart de personnages, dont, de notre côté, nous ne nous plaindrons pas. En ce qui concerne les décors, la plupart de ceux qui étaient disponibles dans cette démo étaient tirés de jeux Capcom, même si quelques-uns venaient des BD US. La salle du Tyrant de Resident Evil, le cimetière de Gouls'n Ghosts, le Daily Bugle de Peter Parker, etc. L'ensemble est plutôt joli même si plusieurs lieux semblent avoir bénéficié de plus de soin, surtout en ce qui concerne les lumières. Mais inutile de s'offusquer, le rendu général est vraiment convainquant et la patte Comics confère un cachet terriblement original à MVC3. Et ceci jusque dans les menus, dont on remarque qu'ils n'ont finalement pas trop évolué depuis le second volet. Cerise sur le gâteau ? Les animations sont à couper le souffle, tout comme les milliers d'effets spéciaux qui s'associent à la plupart des attaques. Des impacts des coups ultra lumineux qui contrastent, évidemment, avec la plupart des sombres décors, en passant par les auras surpuissantes qui entourent les guerriers ou les furies, le résultat à l'image est absolument bluffant.

Cross-combat

La jouabilité globale de MVC3, vous la connaissez déjà bien si vous êtes un amateur de la série, et même très bien, si vous pratiquez Tatsunoko VS Capcom. En effet, on retrouve la même aisance pour lancer les enchaînements donnant lieu à une déferlante d'effets spéciaux, tous plus dévastateurs les uns que les autres pour la rétine. Mais là où MVC3 se distingue, c'est dans son système de combat à trois contre trois. En effet, il sera nécessaire, voir impératif, de savoir jongler entre ses trois champions pour espérer maitriser, un tant soi peu, les rudiments du jeu. Si le titre de Capcom offre toujours les combos classiques au sol, ce sont finalement les juggle combos (enchaînements aériens) qui ont gagné de la profondeur. Ainsi, on se retrouve facilement à enchaîner les 30 hits dans les airs, en ayant même le temps de repasser par le sol pour rattraper son opposant à la volée, alors qu'il venait de rebondir sur le bord du ring. Du grand délire, néanmoins renforcé par un système de changements de personnages permettant de se faire assister de ses comparses pour compléter ses combos aériens, ou non. Le Team Aerial Combo n'a donc rien perdu de sa superbe et peut, heureusement, être contré via une manipulation adéquate grâce à son propre striker. Bref, il y a bien d'autres subtilités mais pour résumer, nous pouvons dire que Capcom a réussi à rendre le jeu agréable pour les non initiés et assez profond, à un certain niveau, pour s'attirer, aussi, les faveurs des pratiquants habitués au genre et ça, c'est une bonne chose.

X-Factor

Autre changement de taille, le X-Factor est un pouvoir que vous ne pouvez utiliser qu'avec un seul personnage sur les trois et ceci seulement une seule fois par joute. Il rend l'un de vos personnages plus puissant, décuple l'aire d'effet de ses coups et lui permet de regagner une partie de sa barre de vie pendant la bataille. Cette option change radicalement la donne car elle offre la possibilité d'inverser le déroulement d'un combat mal engagé. Vous pouvez, d'ailleurs, l'admirer dans la première vidéo ci-dessus (à 0:53 secondes) lorsque Phénix, l'un des nouveaux personnages Marvel dévoilés hier, en bénéficie.

Starring...

Evidemment, l'une des grandes forces de Marvel Vs. Capcom 3 : Fate of Two Worlds réside dans son casting totalement improbable. Dans la démo que nous avons pu intensément pratiquer, il n'y avait qu'une trentaine de personnages disponibles sur la quarantaine attendue au final. Ainsi, nous avons pu goûter à des matchs d'anthologie tels que Ryu face à Wolverine, Captain America contre Amaterasu, Tornade VS Zero, Spider-Man contre Morrigan, Arthur défiant MODOK et j'en passe. Sans vous décrire les pouvoirs de chacun, ou même prétendre à un quelconque jugement sur l'équilibrage du jeu, sachez que c'est la variété des styles de combat qui nous a séduit. Amaterasu et ses multiples armes font des ravages, X-23 profite d'une vivacité effrayante, Dormmamu, Hulk et Magneto excellent dans les coups qui prennent tout l'écran, Crimson Viper surprend par son style bien à part, Tornade impressionne à distance, Super-Skrull s'avère hyper polyvalent, Chris et Dante ont vraiment la classe et Thor est d'une puissance déconcertante malgré une certaine lenteur. Vous l'aurez compris, il y en a pour tous les goûts et ce n'est pas terminé puisque le roster ne cesse de s'étoffer avec l'arrivée d'Haggar ou de Jean Grey, le fameux Phénix.

Il est évident que Marvel Vs. Capcom 3 reprendrait, sans surprise, la recette qui a fait le succès de ses illustres aînés. Heureusement, l'amélioration des enchainements aériens, avec les strikers par exemple, ou le X-Factor changent néanmoins pas mal la donne et offrent de nouvelles perspectives particulièrement réjouissantes pour les amateurs du genre. Bref, le cross-over de Capcom semble conserver tous ses avantages, tout en s'adressant aux néophytes et aux habitués, pour des rixes musclées, spectaculaires, et surtout, et c'est bien là l'essentiel, vraiment amusantes.