Oxenfree sur PC, le test de Le Gamer aux Mains Carrees

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Le Gamer aux Mains Carrees
5
Le Gamer aux Mains Carrees PC

Sleep Walking Simulator

Bon, hé, oh, ça va, on a fini de critiquer mon titre, un peu, ou pas ?
En réserve, j'avais aussi : "il a Oxenfree, il a pas tout compris" et "Life is Stranger Things Before the Storm SOS Fantômes Edition".
Ainsi que, plus trivialement : "P*TAIN MAIS JAMAIS TU VAS LA FERMER, TA GU*ULE ? !", mais c'eut été un tantinet vulgaire, n'est-ce pas ?
Bref. C'est dire si le choix a été difficile.
Aussi difficile, en tout cas, que les centaines de décisions à prendre que m'a imposé Oxenfree au fil de "l'aventure" (avec des guillemets qui ne sont pas un choix, eux, mais un constat objectif), sans rien expliquer de ses règles ni laisser deviner les conséquences de nos actions (finalement très anecdotiques). Et je jure que passé un moment, ce 'jeu" m'a tellement tapé sur les nerfs que j'ai été tenté d'opter pour les réponses les plus cruelles juste pour faire souffrir les protagonistes autant qu'ils me faisaient souffrir moi.

Mais reprenons tout ça depuis le début.

Déjà, j'ai pas trop bien compris à quel moment de la timeline de Life is Strange ça se situait, ni pourquoi les persos avaient tous des noms différents alors que bon, visiblement, c'était les mêmes à l'identique (mêmes clichés, mêmes voix, mêmes combats) ; tout comme je n'ai pas compris pourquoi c'était Max/Alex, et pas Chloé/Clarissa qui s'était coloré les cheveux en bleu dans cette version. Il faut dire que même si je ne les avais pas reconnus au premier coup d'oeil, leur manie de jacter en permanence pour ne rien dire m'aurait vite mis sur la voie.

Non parce qu'au risque de me répéter (et d'être un tantinet vulgaire), "P*TAIN MAIS ILS NE FERMENT JAMAIS LEUR GU*ULE ? !". C'est incroyable. Ils ont dû choper une maladie, un virus, manger un machin avec de la drogue dedans genre un sérum de vérité, un laxatif pour la bouche, ou bien c'est symptomatique des nouvelles générations, je ne sais pas, je ne veux pas savoir, mais qu'est-ce que ça tape sur les nerfs ! ça bourdonne en permanence, on a l'impression d'avoir chopé des acouphènes, et il n'est pas rare qu'on soit obligé d'attendre, immobiles, que le script se soit déroulé pour pouvoir passer à l'écran suivant.

Oh, ça, dans les dix premières minutes, on se dit "ah ouais, c'est sympa, c'est dense, ils ont bien bossé, les mecs", parce que c'est bien doublé, que c'est fluide, que c'est pas trop mal écrit et que c'est quand même du boulot, mais franchement, quand vient le premier vrai silence du jeu, au bout de... quoi ?... vingt minutes ? Trente minutes ? Dix mille ans ? Peu importe. C'est une li-bé-ra-tion.

Bon, ne rêvons pas, même quand ils cessent de se couper la chique (je veux dire : ils parlent tellement qu'ils en arrivent à s'interrompre pour pouvoir parler encore plus !), il faudra toujours se traîner laborieusement du point A au point B, encore et encore et encore (parfois même re-encore, et re-re-encore, et re-re-re-encore !), en escaladant laborieusement les mêmes obstacles, en cherchant toujours vainement la bonne station radio, sans rien d'autre à faire, tout au long des quatre LONGUES heures nécessaires pour boucler le jeu en ligne à peu près droite. Parce que oui, il y a des machins cachés à chercher, sauf que c'est courir le risque de déclencher de nouvelles discussions, et c'est la certitude d'avoir encore à se traîner jusqu'aux points C et D dans une pathétique (bien que désormais classique) tentative pour rallonger artificiellement l'expérience.

Alors bon, à côté de ça, le jeu est minimalistement beau, les musiques sont minimalistement sympathiques, l'ambiance lorgne minimalistement du côté des premiers Silent Hill (sans la finesse, hélas, on bouffe de l'effet supposé faire peur à la truelle, toujours les mêmes, toujours faciles) et le scénario, minimaliste, tient la route - à défaut d'être renversant (quelle ide, en plus, de balancer l'explication si tôt, et de façon si explicite ?). Mais oui, j'admets, le glauque fonctionne un peu, on s'y laisse gentiment prendre de temps en temps (avant qu'une nouvelle digression sur les prix de la barbapapa en asie du sud-est ne vienne tout foutre en l'air). L'idée du New Game + est même à deux doigt d'apporter une vraie plus-value à l'ensemble et de justifier le supplice. Hélas, ses promesses sont aussi fausses que la liberté de choix que le titre revendique - trop souvent illusoire (entre les réponses qui reviennent au même ou celles qui n'auraient aucun sens dans ce contexte, on a tôt fait de faire le tri - sauf quand on collectionne des succès qui n'ont aucun sens non plus, puisqu'ils invitent à trahir l'essence-même du jeu).

Non, vraiment, voilà, ça me peine d'écrire ça parce que c'est un jeu sincère, généreux, avec de bonnes idées derrière et pas mal de bonne volonté, mais sa narration désastreuse (et là, je pèse mes mots) compile toutes les erreurs à ne pas faire en la matière (à l'image de son gameplay, en somme, mais à l'opposé), oubliant notamment que "le mieux est l'ennemi du bien" et qu'un non-dit vaut dix trop-dit tu l'auras.

Le walking Simulator, c'est pourtant mon péché mignon, j'en avale treize à la douzaine et j'en redemande à chaque fois mais là, c'était comme une promenade en montagne avec des cailloux pointus et des épines de pin dans les godasses. Accompagné par un voisin bavard qui n'a pas cessé une seconde de me parler de son premier amour en 4ème.

Dans le même genre, mais dans un autre contexte, avec moins de moyens, moins de personnel, mais aussi moins de hype (hélas), Wait-Extended fait in-fi-ni-ment mieux à tous les niveaux (visuel excepté). Quant à l'ambiance et au propos, on ne peut pas s'empêcher de penser à Escape Dead Island, petit spin-off qualifié un peu hâtivement de "nanar" par les hardcore gamer, dont le récit et les "anomalies" évoquent étrangement ceux d'Oxenfree - à ceci près que le jeu ne propose pas d'explication littérale.

Naïvement, je faisais confiance au net, je m'attendais à un chef d'oeuvre. Au lieu de quoi je me suis cassé les dents sur la croûte d'un soufflé trop cuit.

Mais foin de métaphores culinaires tardives ; c'est pas tout ça mais sur une impulsion (que je ne m'explique pas, lol), j'ai ressorti les vieux CDs de Dépêche Mode, je vais me passer Enjoy the Silence en boucle.

Words are very
Unnecessary
They can only do harm

Puisse Night School Studio en apprendre quelque chose.

 

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