Midnight Club : Los Angeles sur PlayStation 3, le test de Cancoillotte

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Cancoillotte
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Cancoillotte PS3

Fast, mais pas très Furious

Fin 2008: Rockstar perpétue sa série de jeu de course, qui a vu le jour pour la première fois en 2000. Après un boulionnant MC 3 DUB Edition, on pouvait se demander comment Rockstar allait gérer le quatrième épisode de la série. Reprendre ce qui a fait le succès de DUB Edition, ou bien partir d'une feuille blanche? Un peu des deux, en réalité.

 

La ville qui nous intéresse ici est donc Los Angeles, qui a déjà été explorée dans Midnight Club 2. La ville a été revue de fond en comble, et on reconnait tout les quartiers de la célèbre ville californienne, de Hollywood à Santa Monica (sans oublier South Central en DLC). Hélas, c'est la seule ville qu'on puisse explorer. Rockstar a préféré nous offrir une ville très vaste, mais ça se paie par une répétitivité évidente pendant nos heures de jeu, alors que le fait d'offrir différentes cités, certes plus petites, permet de varier les plaisirs. Sur ce point, MCLA déçoit.

Comme souvent dans Midnight Club, on est un petit pilote de street racing qui désire se faire un nom. Obligé de commencer avec des voitures un peu timides (une Golf GTI, une Scirocco ou une 240SX), gagner des courses nous permettra de gagner du blé et de l'expérience, afin de compléter sa collection de bolides et de motos, et d'affronter les plus grands. Le tout au nez et à la barbe des flics.

Comme tout bon Midnight Club, les courses sont constituées par des checkpoint (d'imposantes fumées généralement placées sur un carrefour) qu'il faut franchir dans l'ordre d'apparition. L'intérêt est de prendre le chemin le plus court, et ça tombe bien, la ville regorge de raccourcis. Une fois tout les checkpoint franchis, il reste l'ultime checkpoint à franchir, qui symbolise la ligne d'arrivée. Ce concept est directement repris de Midtown Madness (PC), et prône la liberté d'aller où l'on veut pendant la course.

On notera d'ailleurs des petites cinématiques mettant en scènes quelques protagonistes du jeu, qui se déroulent en temps réel. Elles n'apportent strictement rien. Je préfère les cinématiques de MC2, où on nous présente nos rivaux (de grosses caricatures, au passage) qui tentent de nous intimider, sans succès. Elles étaient rigolotes, au moins!

Les graphismes sont très agréables, le passage à la Next-gen se fait sentir. Profitant du même moteur graphique que GTA IV, la ville est assez jolie en mouvement. Mais bon, à la vitesse où se déroule les courses, on abandonnera l'idée de jouer au touriste et d'étudier la façade d'un immeuble. Concernant la modélisation des voitures, on a fait un sacré bond en avant par rapport au précédent épisode. Elles sont cette fois-ci très bien modélisées, il en va de même pour l'intérieur des véhicules. Alors que les voitures de DUB Edition sont volontairement "moches" pour nous forcer à les customiser, nous avons affaire à une modélisation précise des véhicules, mais sans atteindre le degré de précision des voitures de Forza, par exemple.

On notera une "grosse" nouveauté dans un Midnight Club: on peut courir de plein jour. Ce n'est pas franchement utile, mais c'est pour justifier la présence de cabriolets. D'ailleurs, parlons des véhicules disponibles. VW, Chrysler, Mitsubishi, Mercedes-Benz, Ducati, Chevrolet, Saleen, Ford, Dodge, Lamborghini, Nissan... On a droit à une grosse quarantaines de véhicules, répartis en cinq catégories. Les choppers, les low riders et les 4x4 ne sont plus de la partie, ce qui est dommage.

A propos de customisation, il y a tout ce qu'il faut. Héritage direct de DUB Edition, on a droit à tout un panel de kit carrosserie, peintures, vinyles, jantes, stickers... L'intérieur des voitures est customisables, ce qui est assez agréable. N'oublions pas le matos pour rendre votre véhicule plus rapide. La nitro est toujours de la partie.

 

Venons-en maintenant au gameplay. Malheureusement, c'est là où MCLA s'avère le moins intéressant. Le comportement des voitures reste relativement similaire à DUB Edition, mais sous anesthésiants. C'est à dire que tout est plus mou: la manière dont notre voiture tourne, sa réactivité, la puissance de la nitro devenue ridicule, les "cascades" (comme se cabrer sur deux roues au volant d'une voiture) moins utiles qu'avant, les capacités spéciales moins efficaces... On ressent moins cette impression au volant d'un véhicule puissant. Celà dit, quitte à nous offrir un gameplay bourrin, autant être jusqu'au-boutiste. Dans ce domaine, MC2 et MC DUB Edition étaient très bon. On pourra peut-être remarquer que le gameplay de MCLA est plus typé "subtil" mais à mon avis, c'est un mauvais équilibre entre subtilité et bourrinage. Le fait de piloter des motos n'arrange rien.

Les menus me font titiller. Je n'ai pas compris pourquoi les développeurs ont regroupés toutes les options dans le menu de pause. Etait-ce dur de faire de vrais menus?

Le système de progression a l'air bon, mais en réalité il est lourdingue; toutes nos courses nous rapportent de l'expérience et du cash, mais on n'évolue pas assez vite. Alors qu'avant, les courses s'enchaînaient très vite, on a l'impression dans ce jeu de ne jamais en voir le bout. Pourtant, ce n'est pas la variété des courses qui manque: course à checkpoint traditionnelle, course "feu rouge", championnats, paris (avec mise en jeu de notre carte grise!)... la sauce ne prend pas, à cause d'une raison en particulier: les courses ont tendance à trop se ressembler.

Ce que je veux dire, c'est que le schéma des courses est trop souvent le même. La distance entre les checkpoint est trop souvent la même, et sont toujours sur notre route. Pour ceux qui ont connu l'époque de Midtown Madness (ou bien des deux premiers MC), nous avions droit à des courses où les checkpoint sont répartis un peu au hasard à travers la ville. Libre à nous de trouver le chemin le plus rapide, en exploitant le plus possible les raccourcis et en évitant les dangers. Celà impliquait une connaissance de la ville réelle et des capacités de notre véhicules, et ça implique aussi de faire preuve de logique et de stratégie. Dans MCLA, ce concept de course a disparu. Les checkpoint ont un autre rôle (c'est valable aussi pour DUB Edition): nous guider plutôt que nous laisser libre, face à nous même. Où est la liberté, dans ce cas? Eh ben nulle part. Moralité: on fait plus des courses à la Need for Speed que des courses à la Midnight Club. Voilà qui est frustrant!

Au fait: je n'ai pas encore parlé de la police. C'est presque une nouveauté dans Midnight Club, nous avons enfin droit à de vrais flics! J'entends par là qu'ils interviennent aléatoirement pendant les courses, et nous prennent en chasse, pour de vrai. Hélas, leur attitude est un peu truquée, ils arrivent toujours à nous localiser, même lorsqu'on est hors de danger. On s'étonne parfois de ne pas pouvoir y échapper. Ils ne sont pas très rapides, mais ils sont épuisants.

La bande son est satisfaisante, mais globalement moins bonne que DUB Edition. On notera l'effort fait pour la doublure des personnages.

Le mode multijoueur nous propose une variété de modes de jeux intéressants. Dommage, il n'y a que les courses traditionnelles qui ont du succès. Les mode CTF, qui sont pourtant présents depuis le premier épisode, n'attirent pas les joueurs. Bref, il ne faut pas trop compter sur le mode multijoueur pour rattraper le mode solo, un peu ennuyeux.

 

Au final, Midnight Club: Los Angeles demeure l'épisode qui s'éloigne le plus des traditions de la série. Même si l'esprit Midnight Club demeure, le mode de progression, l'ambiance et le gameplay ne sont plus aussi bons qu'auparavant. Plus lassant qu'amusant, MCLA n'arrive pas assez bien à se démarquer de MC DUB Edition et ne peut l'égaler, tout en n'étant pas assez bon pour être une référence dans le domaine des jeux de courses arcade. Pour les fans de Midnight Club, cet épisode n'apporte pas grand chose de nouveau, et présente un intérêt très faible.

Reste les graphismes de très bon niveau pour se consoler, mais ça démontre une nouvelle fois que les graphismes ne peuvent pas remplacer le fun dans le coeur des joueurs.

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