Godzilla sur PS4, le test de Moraw

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Moraw
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Moraw PS4

On prend les mêmes et on recommence

Il semble que le retour du plus célèbre monstre de l'histoire attise une volonté de créer toujours plus d'adaptation de notre lézard préféré. Ici il est question d'un nouveau jeu centré sur Godzilla et autres créatures du même univers, un peu comme le bien meilleur Godzilla save the earth, Godzilla: Unleashed ou encore Godzilla: Destroy All Monsters Melee. Le point en commun entre ces jeux et qu'ils se copient mutuellement depuis des années.

 

En apprenant qu'une nouvelle aventure de Godzilla allait voir le jour au cinéma, j'ai tout simplement eu une hype incroyable. Après tout, comment égaler entre autres les nombreux orgasmes auditifs que nous offre le célèbre crie de Godzilla? Puis vient ensuite après un bon retour, le moment pour beaucoup d'aller se servir un peu du succès du Kaiju pour créer des jouets, des peluches, des vêtements, des sacs et...un jeu, qui a pour but de profiter du contexte pour s'en mettre plein les poches. A vrai dire, je ne sais pas trop. Même si j'ai une affection toute particulière pour l'univers iconique de Godzilla, il faut savoir discerner clairement ce qui ne fonctionne pas aujourd'hui mais ce qui fonctionnait partiellement hier, chose que les marketeux du monde vidéoludique ont toujours eu un mal fou à comprendre. Autant dire que lorsque que l'on a annoncé le jeu j'étais vraiment plus que sceptique. Tout nous est jeté sans la moindre considération, et sans prendre la peine de construire quelque chose de cohérent. Je vous annonce tout de suite que ce n'est pas un jeu pensé pour vous, tant il ne prend jamais la peine d'expliquer correctement ses enjeux, on peut supputer que tout cela n'est qu'un jeu de combat où l'important est simplement de voir deux monstres se battrent, mais ce n'est pas un argument que je considère être en faveur du jeu, qui dans ce cas comme dans l'autre, n'est pas une oeuvre capable d'endosser un symbole comme Godzilla, le jeu s'évertue même à ternir son image.

 

En ce qui concerne le lien que je fais avec Godzilla save the earth et toute la clique, il faut constater l'évidence que ce sont des jeux identiques, que ce soit en terme de gameplay, de thème, et même simplement d'apparence. La palme revient peut-être davantage à Godzilla save the earth, parce que contrairement à son opposant celui-ci était en phase avec son époque. Ainsi, Godzilla le jeu est pour faire simple, le jeu qui se situe à des années lumières de ce à quoi nous pouvions nous attendre pour un jeu de 2016. Car il ne faut pas oublier une chose essentielle, Godzilla est avant tout un monstre connu de tous qui s'évertue à un retour fracassant sur grand écran, une chose qui donne apparement des envies d'aller se servir pour prendre les gens par la hype, en leur disant qu'après avoir vu Godzilla sur un écran, ils peuvent maintenant l'incarner. En ce sens, la bonne idée aurait été de founir un jeu d'un autre genre, un Open World peut-être avec un Godzilla qui erre de ville en ville pour détruire et se battre, le tout comblé par une narration minimum. Bref, le contexte se prêtait assez bien pour founir un peu d'innovation car il faut le dire, quand cele concerne les jeux vidéo Godzilla peine à trouver sa place. Ici en 2016, les gens espèrent mieux en connaissance des possibilités de nos machines, de tels graphismes ne sont simplement pas tolérable à notre époque.

 

Est-ce que tout est à jeter? En grimaçant je vous répondrai non, rien que le fait d'incarner le Godzilla de 2014 peut paraître jouissif pendant un temps, on y retrouve quelques nouveaux et d'anciens monstres qui poussent à une nostalgie certaine pour des fans de cet univers. Et comme ce sont des personnages qui sont de bases avant même le jeu très connus, Godzilla arrive à en faire ressortir un petit quelque chose, une certaine ambiance, une certaine envie de tester un à un les monstres pour découvrir qui est le meilleur entre nos mains, ce qui je l'avoue par moment m'a apporté de brefs instants de détente. Malgré le fait que j'étais déjà à l'agonie, couché sur mon fauteuil pendant toute la durée des batailles narratives de l'histoire du jeu, ils ont tout de même réussi à me donner l'envie de toujours évoluer davantage avec mes monstres favoris. Cependant l'avenir semble inquiétant, la crainte de connaître ce qui pourra sortir prochainement en sachant que nous n'en avons pas fini de voir Godzilla sur grand écran prend une place non négligeable dans notre esprit. On se demande si Godzilla le jeu n'est pas le premier d'une nouvelle série.

 

Ensuite, une fois choisi l'un des monstres disponibles il est temps de découvrir un gameplay déplorable. Dans un jeu vidéo la jouabilité prend une part non négligeable, et est même une fonction très importante. Après avoir fait un rattage complet pour ainsi dire sur l'ensemble du jeu, c'est pourtant bien ici qu'il ne fallait pas se louper. Soyons logique, nous parlons d'un jeu de combat, si les mécaniques de gameplay sont satisfaisantes le parie est gagné. Hors le gameplay est simpliste à l'extrême, ne donnant disponible que quelques coups principaux, des enchaînements de combos peu variées, ainsi qu'une attaque spéciale déclenchable. Certes, “c’est un jeu de combat entre monstre”, “on sait ce qu’on vient y chercher”. Des réponses un peu toutes faites, énoncées de façon péremptoires par des fans dont l'idolâtrie aveugle, mais qui demeurent incompatibles avec ce qui vient de sortir, et qui en plus de reprendre à son compte des formules râpées jusqu’à la moelle, ne propose absolument rien d’intéressant. Cinq petites minutes de combat avec ce gameplay immonde qui ne propose que très peu de variations, 5 minutes où nos doigts n'ont que très peu de touches utiles à dispositon pour enchaîner les coups de poings, peut-être user de facilité avec l'attaque énergétique propre à chaque monstre, et le combat se termine sans grande difficulté car concrétement à la différence d'autres jeux, les combos ne servent pour ainsi dire à rien, car autant dire rien en connaissance du peu qu'ils apportent. Même s'il y a bien l'atout "Evolution" afin de booster les dégats via de nouvelles compétences, elles ne sont facilement esquivables en plus de ne pas être si redoutable que ça sur la barre de vie.

 

Enfin voilà, je redoutais ce jeu et le résultat est encore pire que ce à quoi je m'attendais. Un effroyable Godzilla qui, hélas, battra sûrement tous les records de bêtises. Le jeu fait preuve d'un enfermement sur lui-même assez accablant. C'est bien beau de mettre le Godzilla 2014, mais à quoi sert-il en dehors d'être la seule grande nouveauté si le jeu en lui-même ne propose rien de bien concret. Mais encore, fauché dès le départ par une bande-annonce dévoilant des graphismes d'une autre époque, Godzilla le jeu est finalement un ratage d'une rare intensitée. La progression narrative si on peut l'appeler ainsi, est tout simplement chaotique. Finalement, pour un recyclage qui pourtant s'annonçait bien comme un gros échec de force du siècle, c'est peut-être par cette idée qu'il faut se poser les bonnes questions, dont celle-ci : est-ce que c'était une bonne idée de faire un jeu Godzilla aussi fade pour ce que le monstre symbolise? Aucun travail concret, aucune envie de proposer un jeu autre qu'encombrant, le tout est simplement assez navrant.

 

Godzilla s'impose comme le cas typique du jeu n'ayant aucune volonté de faire bien les choses, mais que de n'exister dans le seul but de gagner un peu d'argent en founissant le moins d'effort possible. Si le retour du monstre sur grand écran semblait le moment idéal pour commencer à produire de bons jeux sur sa légende, il va sans dire que celui-ci n'est en rien une oeuvre honorable, mais bien déplorable. On redoute ainsi le moment où le monstre reviendra sur grand écran pour ses autres films, dans le cas où nouveau film rime avec nouveau jeu.

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