Assassin's Creed : Unity sur PS4, le test de Moraw

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Moraw
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Moraw PS4

Assassin's Creed Bugnity

Depuis le début de la saga Assassin's Creed, nous avions remarqués certains indices qui laissaient croire qu'un jeu en France était prévu. Chaque année, les joueurs décrétaient que c'était la bonne, que cette fois-ci nous aurions notre épisode Français. C'est finalement en 2014 que Assassins et Templiers débarquent donc en pleine révolution française.

 

Dans l'intrigue du présent nous sommes toujours nous, mais un autre nous que dans celui d'Assassin's Creed IV Black Flag, un autre qu'Assassin's Creed Rogue. Nous sommes en possession d'une console next-gen made in Abstergo. Comme dans la réalité vous vous lancez donc dans une nouvelle partie sur votre machine. C’est alors qu’un Assassin hack votre console et vous propose plutôt de revivre les souvenirs d'un Assassin de la Révolution Française. Tout ceci dans le but de trouver des indices pour retrouver la trace d’un homme appelé Le Sage. Le hic est que comme dans Black Flag l’histoire du présent piétine et n’avance pas, elle stagne et c’est bien dommage. Vous incarnez donc Arno Victor Dorian. Un Assassin qui manque cruellement de charisme tellement ses actions, ses opinions, ses dialogues sont d'une mollesse. Les Assassins et les Templiers vivent une sorte de paix depuis qu’une fragile trêve a été signée. C’est dans ce contexte qu’Arno, rattrapé par toutes ses erreurs de jeunesse, va rapidement rejoindre la confrérie des Assassins. Arno est en pleine histoire d’amour avec une jeune fille du nom d’Elise : un membre des Templiers haut placé.

 

La narration de ce nouvel épisode est très différence de celle d'Assassin's Creed III. Lui se servait de sa révolution comme d'un rouage important de son histoire, Assassin's Creed Unity garde en revanche la sienne comme un thème de fond, ne se concentrant avant tout que sur l’évolution de son héros plutôt que de le laisser prendre part à la Révolution Française de manière significative. L’histoire explore notamment la relation entre Arno et son amie d'enfance, Elise de la Serre, Templier très importante. A ce titre, il est navrant de constater que la liaison amoureuse d'un Assassin et d'une Templier n'est pas assez exploitée, le tout se concentrant davantage une énième fois sur de la vengeance, là où il y a avait un débat pourtant fort intéressant à proposer. Et comme souvent, la vision manichéenne du monde s’estompe vite pour laisser place aux interrogations du héros face à des événements complexes et une vaste machination, ce qui fait réelement plaisir car depuis Assassin's Creed III nous n'arrêtons pas de constamment voir les choses autrement. Mais tout cela reste un peu sous exploité, je le redis.

 

Si la narration laisse souvent le sentiment d'être davantage une berceuse, les bugs de Unity devraient vite vous réveiller. C'est presque classiques pour un open world, mais il est clair que si Unity a surement marqué les esprits, c'est dans le cadre de son optimisation foireuse. Le pathfinding fait souvent des siennes, Unity sait être beau et sait surprendre, mais Unity sait aussi faire rager, notamment quand la foule est trop nombreuse le décor s'anime et laisse les PNJ au sol avec la maladie de parkinson, notre héros vol, des murs invisibles se créent, les visages des personnages se décomposent. De plus, il est d'autant plus navrant de se dire que la toute nouvelle expérience multijoueurs, la coop, se voit paralyser par les différents bugs, laissant souvent le joueur dans des temps de chargements infinis, ou dans des décalages lors des actions sur une mission, ce qui rend ce mode online presque injouable pour un contenu payant pour les joueurs sur console.

 

S'il me fallait nommer l'atout du jeu, ce serait la formidable ambiance de Paris, celle-ci qui donne constamment l'envie d'aller faire de petites balades dans les divers quartiers de la capitale qui ne manquent pas d'animations variés, de l'atmosphère pauvre à celle des riches. Pour ce faire, nous avons pour l'occasion droit à un système de free run légèrement retouché. Le principe ne change pas, en appuyant sur le bouton d'action notre assassin se met à courir, puis à l'arrivée d'un obstacle, il suffit d'une pression sur un autre bouton pour que notre Assassin esquive et grimpe sur tout, cela favorisant la facilité des courses poursuites et de l'escalade. En effet, le parkour a été revu pour agir avec grâce dans les mouvements de notre Assassin, augmentant ainsi la fluidité des actions.

 

Autre grande nouveauté de cet opus, les missions Helix nous permettent de nous rendre à la Belle Epoque et sur la Tour Eiffel pendant la Seconde Guerre Mondiale, ou l'on profite des différentes ambiances allant même jusqu'au Moyen-Age. Le joueur se retrouve toujours avec Arno mais cette fois-ci dans une époque plus moderne. Le but étant de collecter des hologrammes qui seront dissiminés un peu partout, on vous laisse aussi le droit de vous adonner à l'utilisation de mitrailleuses, de grimper sur la Tour Eiffel, ou de sauter de dirigeable en dirigeable. Le tout ne sert cependant pas à grand chose, vous rester bloqués dans cette dimension pour un certain délai pour ensuite en ressortir, et lire des documents que la collecte d'hologrammes vous a permis de débloquer.

 

Concernant les combats, ces derniers ont été complètement revus. Fini les enchaînements de tueries, place à un certain réalisme. Plus lent, plus exigeant, le système joue beaucoup sur les contres, esquives, afin de montrer qu'un Assassin ne peut pas battre une centaine d'ennemis à lui seul, il doit avant tout calculer ses coups pour éviter les conflits qui deviennent plus difficiles. Ce n'est pas pour me déplaire, même si je regrette que l'on ne puisse plus se battre avec sa lame secrète et avec les poings, ce qui pour le coup est une réelle régrétion. C'est dommage d'avoir retiré ça, et pas vraiment justifié de plus, nous n'avons droit qu'à une arme de corps à corps, même si nous pouvons avoir des lances, des haches, des massues, il est navrant de ne pas pouvoir jouer les Assassins avec l'arme de prédilection de la Confrérie. Néanmoins, les combats sont une grosse partie du jeu, et c'est réussi sur ce point. L'infiltration a aussi été revue, et notre Assassin peut désormais se baisser à tout moment (il en aura fallut du temps), se plaquer contre les murs et attendre sagement qu'un ennemi arrive pour l'abattre. La lame fantôme et la lame furie, qui remplace la sarbacane d'ACIV, permettant d'être discret et de faire pas mal de dégâts. Le contenu se veut alors plus varié, mais a malheureusement retiré certaines fonctions présentes depuis le début des Assassin's Creed

Côté quêtes annexes on aura droit maintenant à des enquêtes de meurtres dans Paris, à devoir chercher des indices nous conduisant au meurtrier (et c'est à nous de déterminer qui est le meurtrier, avec possibilité de se tromper), les missions coop là aussi sont sujets aux bugs malheureusement, des missions donnés par des personnalités, des missions de protection, de vols, d'assassinats, des coffres à chercher (avec du crochetage de coffres et de portes comme Assassin's Creed III l'avait proposé), des artefacts à découvrir, des objets à collectionner, des énigmes à résoudre, améliorer le café théâtre qui sert de repaire... Bref, si ces quêtes sont assez variés nous sommes toujours dans le cas où elles sont trop nombreuses et répétitives pour véritablement prendre plaisir à les faire.

 

Assassin's Creed Unity n'est pas une révolution, mais plutôt une révolte. Un épisode en France a été longtemps convoité, et le résultat est assez navrant car même en dehors des nombreux problèmes de bugs, le jeu reste d'une narration niaise, d'un manque d'exploitation, et surtout reste bien en dessous de ce qu'un tel épisode pouvait offrir, tout en laissant une intrigue de la méta-histoire qui n'aboutie à rien de bien concret. Le hic de trop étant que le personnage d'Arno ne se pose pas les bonnes questions, en plus d'être sujets à de multiples incohérances scénaristiques. Bref, pour cette année 2014 on se tournera davantage vers Assassin's Creed Rogue.

 

Assassin's Creed Unity se voit offrir le surnom de Bugnity, rude mais assez juste tellement il est agaçant de nos jours d'acheter un jeu censé être complet mais qui est finalement loin de l'être. Ajoutez à cela une intrigue un peu molle, un héros lourd, un présent qui n'avance pas, et la même manie de bourrer son jeu de quêtes inintéressantes. Assassin's Creed Unity a tout ce qu'il faut pour être qualifié du pire Assassin's Creed.

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