Lost : Les Disparus sur PlayStation 3, le test de Anfalmyr

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Anfalmyr
4
Anfalmyr PS3

Le test d'Anfa'

LOST Les disparus est une série américaine sortie pour la première fois en 2004 et qui devrait se clôturer en 2010 après six saisons de mystères et d’aventures. Cette série créée par J J Abrams, Damon Lindelof, et Jeffrey Lieber, qui a reçu une multitude de récompenses durant sa vie, a comme beaucoup de programmes à succès connu un merchandising ahurissant. Romans, figurines, vêtements, jeux de plateau et notamment une OST du tonnerre de dieu réalisée par le grand Michael Giacchino. Tout ça ne pouvait être complet sans l’inévitable jeu promotionnel.


Sorti entre la saison 3 et la saison 4, ce LOST Via Domus est apparu comme un cheveu sur la soupe. Alors que les rumeurs sur un jeu vidéo basé sur la série flottaient depuis une petite année, le premier trailer nous montrant des images du jeu a été diffusé le 27 juillet 2007, moins d’un an avant la sortie, et sans la moindre information.
A cette époque les fans de la série, et j’en fais partie, ont étudié ce trailer avec attention, étant donné que c’était la seule chose du jeu que les développeurs d’Ubisoft Montréal avaient daigné nous offrir à ronger. On y voyait une grotte torturée, humide et inhospitalière ; mais qui avait le mérite de proposer des textures de très bonne qualité. Ensuite apparaissait le personnage semble-t-il principal, que tout le monde pensait être Jack Shepard (Matthew Fox), mais chose étrange, à aucun moment le visage de ce héros n’apparaissait. Certains pensaient que c’était du à un niveau de développement trop peu avancé (tu parles Charles !) et que l’équipe n’avait pas eu le temps de modéliser le visage de FOX, d’autres encore privilégiaient la piste du refus de Fox d’apparaître dans le jeu (ce qui semblait très peu probable), ou bien qu’il s’agissait ni plus ni moins que d’un nouveau personnage, ce qui se révéla être le cas. Pour le reste du teaser, nous avions droit à un rapide tour des personnages (Jack étant absent, histoire de maintenir le flou sur le personnage principal) et des environnements connus de la série comme la Jungle, la Plage ou la station Cygne.

Après ce trailer alléchant, s’en suivit une longue, très longue période de vide intersidéral. Jusqu’au 02 Février 2008, donc moins d’un mois avant la sortie du jeu, où Ubisoft a parsemé nos semaines de vidéos de making of, de trailers… Et surtout d’une date de sortie pour le 28 Février, et là, personne n’y croyait. Tout le monde se disait que le jeu n’avait pas l’air assez fini techniquement, et surtout on priait pour que Ubi Montréal ne bâcle pas cette licence, et d’après leurs dev’ diary, c’était leur but. Pour rappel, Ubisoft Montréal sont quand même responsables de Splinter Cell et Prince of Persia, autrement dit on pouvait s’attendre à un travail complet et riche !

Et donc, le 28 Février 2008 sort dans les rayons français LOST : The Vidéo Game, qui perd donc au passage son sous-titre de Via Domus, et qui est proposé pour la modique somme de 45€ neuf… Pourquoi ce prix si bas pour un jeu new gen neuf ? Premières craintes…
Après ce long prologue, parlons du jeu. Le jeu démarre par une très belle scène cinématique, où nous faisons connaissance avec Elliot, affublé de la voix française d’Edward Norton, à bord de l’Oceanic 815, juste avant que celui-ci ne se coupe en trois morceaux au dessus d’une mystérieuse île déserte (peut être pas tant que ça finalement), le tout ponctué par le générique aujourd’hui culte de LOST.
Notre nouvelle recrue se réveille finalement au milieu d’une jungle dense, et c’est là qu’on assiste aux premiers contacts ingame avec le soft. Graphiquement le jeu est très propre et la jungle est on peut le dire, super jolie. Le personnage quant à lui a un soucis de taille : ses yeux. Difficile à décrire, les regards dans ce jeu sont vides, voir pour certains, malsains. Elliot se parle à lui-même, et donc à vous amis joueurs, et nous apprend très rapidement qu’il ne se rappelle plus de rien, même pas de son nom. Le bougre n’en est pas moins futé pour un sou, et décide de se rendre dans la zone du crash au plus vite… Et là… c’est le drame. Cette jungle qui nous apparaissait comme très bien rendue, n’est finalement rien de plus qu’un étroit couloir clinquant, et pour plomber un peu plus l’ambiance, le personnage est aussi rigide qu’un bout de bois et n’a que peu d’incidence physique sur son environnement… quand on sait que ce sont les créateurs de Prince of Persia Sand of Time et Splinter Cell qui sont derrière, il y a de quoi rester dubitatif.
Poursuivons tout de même cette aventure, pour nous retrouver face à Kate (Evangeline Lilly), personnage féminin principal de la série, qui nous lance directement vers une mécanique très importante du jeu, les Flashbacks.


Les FlashBacks dans LOST c’est un peu comme les guirlandes à Noël, ça fait partie du décor. Ils permettent d’en savoir plus sur le personnage, et de comprendre en parallèle ses actes sur l’île. Dans le cas d’Elliot ils permettent surtout de savoir qui il est réellement.
Pour cette mécanique de gameplay, le jeu passe à la première personne. On y incarne toujours Elliot, dans un environnement encore plus confiné, c’est un comble, pour un objectif unique et identique à tous les flashbacks qui suivront : prendre une photo. Mais quelle photo prendre ? une photo de ses pieds comme 90% des photos qu’on peut voir actuellement sur facebook ? Grand dieu non ça serait trop simple, il vous faut une photo bien précise, que l’on peut apercevoir au début du FB, sous la forme d’une photo déchirée.
Techniquement comment prendre la photo demandée ? Trois critères requis, le cadrage, la mise au point, et le zoom. Le cadrage requiert que ce qu’on doit photographier soit dans les conditions exactes de la photo, la mise au point veut que ce qui est net sur la photo déchirée doit l’être dans votre objectif, et le zoom exige que la photo ait la même hauteur de plan. Le tout bien sûr alors que la scène se joue en temps réel, il faut donc avoir de bons réflexes ! Idée intéressante et assez ardue, mais que se passe t il lorsqu’on rate l’objectif ? Serait ce comme Fort Boyard et le secret est perdu à jamais ? Et bien non… la scène recommence jusqu’à ce que vous ayez réussi… on a connu plus inspiré.

Fin du flashback et retour sur cette maudite île, pour la première discussion avec un pnj, Kate je le rappelle. Ici il faut l’avouer, nous sommes à des années lumière de ce qui peut se faire sur Mass Effect, et même sur Fallout 3 à qui on reproche son système trop daté. Là on atteint des sommets : quatre catégories, Quête-Général-Inventaire-Troc. La première catégorie concerne évidemment les sujets ayant un rapport avec la mission d’Elliot, ensuite nous avons des questions générales et très peu intéressantes sur ce qui se passe actuellement dans l’histoire quotidienne des survivants… Discuter de l’inventaire permet de mieux comprendre l’utilité du contenu de notre sac, mais j’y reviendrai plus tard, et le troc permet lorsqu’on discute avec un « vendeur », d’échanger des objets contre d’autres, et sur ça aussi j’y reviendrai.
Le gros soucis de ces phases de dialogues reste sa densité : aussi épais qu’un papier à cigarette. Et c’est sûrement la critique qu’on peut faire à l’ensemble du jeu : les idées étaient là, mais le contenu ne suit pas du tout.
Nous arrivons ensuite sur la plage après une séquence de poursuite de chien des plus horripilantes, car dans LOST : The Vidéo Game, quand on se perd, on perd ; ce qui apporte de la frustration plus que du stress lorsqu’on s’égare. La plage est le théâtre du crash de la partie principale de l’avion, qui est une scène majeure de la première saison.

Originellement, cette scène se passe en plein jour, et la violence du choc tranche avec la beauté du paysage. Des dizaines de survivants courent ça et là dans ce grand bordel, un réacteur explose ainsi qu’une aile.
Transposée dans le jeu, cette scène est nettement moins folichone : le temps est orageux, il n’y a que trois ou quatre clampins qui attendent sagement qu’on vienne leur parler, on ne peut pas accéder à l’autre coté de l’appareil car un sac à dos nous bloque la route (vive les murs invisibles) et pour couronner le tout, il n’y a qu’un seul cadavre sur le sol ! Les experts noteront également que les personnages principaux ont le look qu’ils auront lors de la saison 3, ce qui me montre une fois de plus qu’Ubisoft Montréal a fait au plus pressé. Dommage pour un jeu s’adressant aux fans, de ne pas respecter scrupuleusement les détails de ce genre, en tout cas la scène du crash a du en refroidir plus d’un. Mais trêve de pinaillage et concentrons nous sur l’élément principal de cette scène, l’énigme des fusibles (Et je vois ceux qui ont joué au jeu frissonner de tout leur corps).

Les énigmes des fusibles partent d’une bonne idée : un panneau électrique doit atteindre un certain niveau de voltage pour fonctionner et donc terminer l’énigme. Pour parvenir à ce voltage précis, le joueur doit tracer un chemin à l’aide de trois sortes de fusibles : en coude, en T ou en croix, retirant respectivement 5, 15 et 30 volts au voltage de départ, le tout pour arriver au voltage d’arrivée. Plus on progresse dans l’aventure et plus le panneau devient complexe, offrant de multiples embranchements, et nécessitant un nombre de fusibles important que le joueur aura pris la peine de chercher lors de ses explorations.
Enfin une bonne pioche me direz vous, c’est vrai que ça part d’une idée très judicieuse et assez maligne ; mais on aurait aimé que ce puzzle ne représente pas la grande majorité des énigmes qu’on posera sur notre chemin ! Encore une fois Ubi nous informe en filigrane qu’ils n’avaient ni le temps ni l’argent de s’attarder à diversifier les obstacles posés sur le chemin du héros.
Après avoir installé le circuit de fusibles, nous arriverons à la fin du premier épisode de LOST : The Video Game qui en compte sept (Les séries en contenant minimum 16).



Pour vous la faire courte, la suite offrira à boire et à manger. On appréciera la fidélité des intérieurs de certains bâtiments, et je poserai même un petit coup de cœur sur l’extérieur du Black Rock qui est tout simplement magnifique. Les voix fr officielles sont là sauf deux, mais même les doubleurs semblaient avoir la flemme d'y mettre du leur; quant au reste de la BO elle reprend les thèmes de Giacchino et grâce à ça on se sent vraiment dans LOST. Les énigmes liées aux ordinateurs sont elles très sympa à jouer, et on en garde un très bon souvenir car justement elles ne sont pas nombreuses.
Niveau inventaire, on ne pourra stocker qu’un nombre limité d’objets dans notre sac à dos, comme de la nourriture, un pistolet, des chargeurs, une lampe à huile, en plus de notre boite de fusible, notre briquet et notre appareil photo. Malheureusement la nourriture sert seulement pour le troc et retire tout espoir de voir un gameplay de survie à la LOST IN BLUE.
Quant au troc, il est réduit à son plus simple intérêt, vous permettre d’obtenir votre pistolet et votre lampe à huile, et ça c’est vraiment abusé car l’idée de troc pouvait aller beaucoup plus loin, encore une fois de bonnes idées mais qui ne sont pas suivies par le contenu. On retiendra également l’inutilité flagrante du pistolet qui servira à l’occasion pour l’élément de gameplay le plus merdique de tout ce jeu, j’ai nommé « les Autres jouent dans les arbres » !
Il y a des fois où on aimerait être dans la tête d’un game designer pour savoir quelle fut la pensée qui lui donna l’idée de faire une pareille idiotie. Pour ceux qui ne le savent pas, les Autres sont un groupe d’indigènes habitant l’île bien avant le crash de l’Oceanic 815, ils représentent une grande partie du mystère de l’île, et leur apparition dans la jungle est toujours propice à la tension et au stress. Les Autres se déplacent dans la jungle sans faire de bruit, ils peuvent enlever des gens sans la moins effusion de sang, et sans le moindre coup de feu, en gros ils foutent les jetons ! Ici, comble du ridicule, les Autres vous attendent au début de la microscopique jungle modélisée… en haut d’un arbre …. Fusil à la main… et hurlant qu’ils veulent vous tuer… Une honte monumentale pour tout fan de la série.
Et pour finir on nous pimente notre paisible aventure par des courses poursuite en pleine jungle où Elliot se fait poursuivre par la mystérieuse fumée noire. Ces phases ressemblent à celles de Crash Bandicoot, où lorsque l’ennemi nous attrape, on perd.

 



Au final le scénario qui retrace beaucoup trop rapidement les deux premières saisons et le début de la troisième n’apporte rien à l’histoire principale, ABC souhaitant que les informations importantes passent par la série. Intention louable, mais dans ce cas ça réduit le jeu à un simple musée d’un faible nombre d’environnements du programme, et un musée extrêmement court car le jeu se boucle en cinq heures. On peut évidemment recommencer le jeu par niveau pour trouver tous les bonus, mais lorsqu’on fait ça on perd tout ce qu’il y avait dans notre inventaire, ce qui est totalement illogique. Quant aux bonus, succession d’artworks, c’est vraiment dommage quand on connaît les bonus des coffrets dvd, on aurait aimé voir des vidéos de making of, mais non. Au final ce LOST : The Vidéo Game aurait sûrement mérité une sortie plus tardive et un plus gros investissement, car pétri de bonnes idées, il pêche par manque de finition et de diversité. Il ne conviendra certainement pas aux non-initiés de la série, et même les fans resteront sur leur faim. Il faudrait espérer un second jet lors de la fin de la série, car le background de LOST est riche et se prêterait formidablement à une adaptation ! 4 8 15 16 23 42...

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