Castlevania : Lords of Shadow - Mirror of Fate HD sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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7
BlackLabel PS3

Draclucard

Je n'ai pas trop compris pourquoi MoF s'est pris des notes aussi moyennes, ce qui sous-entend que le jeu est nul vu la surnotation générale. 12/20 sur jeuxvideo.com, autant dire que le jeu est une merde, et là-dessus la plupart des gros sites sont au diapason (comme souvent). La version 3DS, pourquoi pas ? Je ne la connais pas, et il semble y avoir des problèmes d'aliasing et de frame-rate.

La version HD sur PS3 ? Ben c'est LoS en 2D. Et c'est mieux. Exit les problèmes de caméra lors des combats, qui sont d'ailleurs plus précis et fonctionnent mieux. Sans être formidable la plateforme est plus intéressante, et pour finir l'exploration à la Metroid est mieux fichue puisque là on peut visiter soi-même le château, contrairement à LoS où on niquait la cohérence du parcours comme si le héros se téléportait 300 kilomètres en arrière en redéclenchant boss et cinématiques. J'ai lu aussi que c'était facile, pourtant il ne l'est pas plus qu'un autre jeu, il l'est même moins. On ne peut pas se contenter de frapper les ennemis sans se faire punir, il faut observer et réagir aux patterns, même en Facile.

J'ai lu que les doublages n'étaient pas terribles. Hein ? Dans le même ton que LoS ; ça ne surjoue pas, les héros évitent les grosses voix viriles, et il y a un souffle romantique qui fait que malgré une histoire prévisible et très banale, on accroche aux personnages. Ça sonne juste. On voit un couple, on sait qu'il s'aime, juste aux regards, aux petits gestes tendres. Pas besoin d'un background de dix kilomètres vomi par 30 PNJs génériques, et violé par le mauvais goût et la ringardise d'une mise en scème Bayllywoodienne. MoF a l'élégance visuelle d'un Symphony of the Night, avec ses personnages longilignes aux larges épaules et abondantes chevelures, et la tristesse diffuse des histoires désespérées et tragiques.

L'épisode se déroule 50 ans après LoS. Le fils de Trevor Belmont (ce dernier a disparu depuis 30 ans dans le château de Dracula) part à son tour s'attaquer au célèbre vampire sans savoir qu'il est son descendant. C'est assez linéaire à suivre, mais agréable, bien plus que 99% des histoires de jeu vidéo. Le seul petit reproche que je vais faire concerne les cinématiques ; elles sont en cel-shading alors que les phases jouables ont un rendu ordinaire, ce n'est pas très raccord esthétiquement parlant.

Graphiquement le jeu ressemble à God of War Ghost of Sparta HD, un jeu un peu en-deçà des capacités de la PS2, avec des modélisations convaincantes. La direction artistique s'éloigne en partie du classique et inspiré LoS pour rejoindre les vieux Castlevania 2D, sauce européénne. On retrouve un bestiaire familier, et des idées originales. MoF n'est pas qu'une suite à LoS, il est aussi un épisode, du fait d'un scrolling 2D, essayant de se rapprocher des modèles, tout en conservant sa propre identité. Sans le trouver parfait, je suis admiratif de ce reboot de la licence. Il aurait pu tout réinventer de A à Z et n'être qu'un énième viol d'une licence connue (comme Hitman Absolution, pour ne citer que lui), ou encore s'écrouler à trop vouloir être fidèle de peur de fâcher des fans rigides. Mais les deux épisodes sont parvenus à avaler un maximum de codes et références, à les digérer, et à offrir une vision neuve et personnelle. Fidèle, mais pas zélote.

Le jeu évolue en douceur, le premier acte se contentant de fournir des combats, le deuxième offrant quelques énigmes classiques mais sympathiques, et le dernier de la plateforme un peu plus intéressante qu'auparavant. Les combats de boss offrent juste ce qu'il faut de mécaniques malignes pour être des moments à part, tandis que la version HD a été nettoyée de plusieurs phases de QTE, même s'il en reste deux clairement pas terribles (du die and retry), lorgnant vers God of War.

MoF n'est pas un jeu très original. Dans le fond il est absolument classique. Mais c'est bien fait, avec une histoire qui se laisse suivre grâce à une bonne qualité d'interprétation, des dialogues ciselés, et une trame certes banale mais à laquelle les scénaristes croient. En passant à un scrolling 2D la licence corrige pas mal de menus défauts de LoS. Si les fans de Castlevania, déçus par LoS, le sont restés légitimement par MoF, je pense que du côté des tests "pro", le jeu a seulement souffert d'un délit de sale gueule.

Suite d'un AAA ayant l'outrecuidance de ne pas être un AAA lui-même, MoF n'est pas une grosse claque technique qu'on se prend dans la tronche. Sérieux, on s'en fout, non ?

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