Donkey Kong Country Tropical Freeze sur Wii U, le test de Jaydi

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Jaydi
7
Jaydi WiiU

Un arbre ne fait pas une forêt...

S'il est bien connu que le singe est l'ancêtre de l'homme, on se rappelle en général un peu moins que Donkey Kong est l'ancêtre de Mario! Nintendo nous ressort donc une des ses plus vieilles licences (1981) pour tenter de ramener la Wii U sur de bons rails. Après un Donkey Kong Country Returns sorti sur Wii il y a un peu plus de 3 ans, Retro Studio revient sur l'île des singes avec la même recette éprouvée en 2,5 D.

Nintendo a-t-il trouvé ici de quoi relancer une machine déja essoufflée après seulement une année de vie, ou s'agit-il d'une des ultimes tentatives de l'éditeur auprès de ses derniers fans irréductibles? La réponse un peu plus bas...

 

Un oeil sur la planête

 

Comme d'habitude chez l'artisan japonais du jeu vidéo, l'histoire doit être compréhensible pour le principal protagoniste, ici un singe en cravate. Vous devrez donc sauver l'île du primate qui a été envahie par une armée animale viking et comme si ça ne suffisait pas, il fait un froid pôlaire. De quoi hérisser les poils de votre fourrure.

Vous dirigerez donc un Kong toujours aussi énervé à travers une multitude de niveaux glaçants et rencontrerez une palanquée d'ennemis joyeux. Sans oublier de récupérer les bananes et autres objets classiques de la série. Tout ceci se déroule dans la même ambiance un peu folle déjà présente dans les opus précédents, avec un esprit résolument porté vers l'amusement, la découverte et le challenge. Il ne faut néanmoins pas oublier que le style de ce Donkey Kong est hérité directement du monument que fût Donkey Kong Country à son époque. Et cela se ressent immédiatement en posant ses yeux sur l'écran. S'il y a 20 ans la direction artistique était si particulière et originale c'est parce qu'elle devait combler le manque de puissance d'une Super Nes en fin de vie. Il n'en est rien aujourd'hui sur cette Wii U dont la génération commence à peine.

Les fans rétorqueront sans doute que tout le charme du jeu réside justement dans cette atmosphère si cartoon et que changer cela reviendrait à tuer la licence. On ne peut néanmoins que regretter les symptômes de déjà vu qui nous assaillent fréquemment tout au long de l'aventure. Car même si les ennemis et les levels sont nouveaux, ils ne nous prendront en général pas par surprise. Tout comme les animations des personnages déjà vues il y a bien longtemps. Il nous reste donc la réjouissance de retrouver les niveaux subaquatiques et le retour de David Wise à la musique. Un pas en avant, on vous dit!

D'autres diront que le jeu tourne en 720p, une première pour la série. Ou encore que Retro visait avant tout un framerate à 60 images par secondes pour favoriser le plaisir de jeu. Et il est vrai que l'expérience visuelle est plus plaisante que lors de l'épisode précédent, que les décors sont plus profonds encore et les shaders bien présents tout au long de l'aventure. Les couleurs chatoient de partout, l'animation est très fluide (malgré quelques saccades parfois perceptibles) et les fourrures des Kongs semblent bien soyeuses. Mais une fois encore, on se surprendra plusieurs fois à penser à l'apothéose qu'aurait pu ou dû être cet épisode si les développeurs n'avaient pas été sous la contrainte d'un hardware old-gen. Globalement, il faut bien reconnaitre que l'aventure simiesque prend une dimension supérieure du point de vue de la technique, car tout va toujours aussi vite qu'avant avec encore beaucoup plus de détails et d'éléments affichés à l'écran. L'ensemble est donc plutôt craquant, il faut bien l'avouer, mais il ne détronera bien évidemment pas les grosses productions AAA auxquelles nous avons été habitués par la concurrence.

 

Dun neuf avec du vieux

 

Comme on pouvait s'en douter avec Nintendo, l'extase ne s'atteint ni dans la course à la puissance technique ni dans une implication émotionnelle du jouer. Ce jeu ne dérogeant pas à la règle, c'est le gameplay qui est une fois de plus mis en avant. Soigné à l'extrème, celui-ci vous fera oublier la lenteur des derniers épisodes de Mario ou la facilité déconcertante dans laquelle se complait notre ami Kirby. Dans la veine de sa précédente aventure, Donkey est plutôt lourd mais étonnement rapide et le jeu suis une rythmique enflammée qui nous pousse à avaler les pièges et tuer les ennemis dans un enchainement rapide et ininterrompu. Enfin pas tout à fait. Si le singe se laisse bien apprivoiser, et si l'ensemble est légèrement moins punitif que dans sa version Wii, il n'en reste pas moins que votre progression sera parfois stoppée sans crier gare à cause d'un level design un peu trop porté sur le die & retry. Frustrant. On peut donc légitimement se demander si Nintendo a bien compris les critiques essuyées par l'opus Returns où la difficulté fût déjà pointée du doigt, notamment par Julien Chièze sur ce site.

Finalement, les seules nouveautés proviennent du retour de Dixie et de la première apparition de Cranky comme personnage jouable. La première, de manière similaire à ce qu'elle faisait dans Diddy's Kong Quest, se sert de sa chevelure blonde pour donner auglenter la distance parcourue lors d'un saut, alors que Cranky peut rebondir sur sa canne pour échapper aux sols dangeureux. Il sera ainsi insensible aux piques ou aux plantes carnivores grâce à son accessoire troisième âge, mais au prix d'une manoeuvre délicate pour le joueur. En effet, chaque rebond sera géré par un appui sur le bouton de saut. Quand on se rappelle de l'enfer que furent les rebonds dans l'épisode Wii, on se méfie un peu des arguments de Cranky. On serait tenter d'ajouter la nouvelle utilisation des bananes qui, récoltées par paquet de 100, transforment les ennemis pour faire apparaitre des bonus. Mais il s'agit plutôt là d'un constat du manque d'équilibre global du jeu, un moyen de ne pas perdre les casuals et les enfants, première cible de Nintendo depuis plusieurs années maintenant. Un aveu d'échec en quelque sorte.

Finissons en rassurant les hardcore gamers refroidis par le passé de la licence: ici il n'est plus question de jouer à la wiimote. Oubliée la révolution de la génération précédente, cette fois-ci les singes se controllent de la façon la plus naturelle qui soit et les roulades redeviennent aisées et intuitives, sans gesticulations inutiles. Comme quoi, Nintendo peut évoluer, mais en revenant en arrière!

 

La fin justifie le moyen

 

En effet, si ce Donkey Kong n'est pas mauvais, loin s'en faut, il en faudra plus pour nous convaincre d'acheter une Wii U. Lancé en pâture à des joueurs tournés vers les consoles next-gen, ce jeu ne justifie pas à lui seul de prendre la nouvelle console de Nintendo. Ce d'autant plus que le Gamepad ne sert pour ainsi dire à rien, si ce n'est profiter d'un mode off-tv d'autant plus anecdotique qu'il ne permet même pas de profiter de l'évolution graphique apportée par la U.  Dans la même veine, le multijoueur un peu forcé du jeu n'apporte absolument pas une nouvelle façon d'appréhender le soft et le mode online se résume à des compétitions à travers des leaderboards.

On prendra donc beaucoup de plaisir sur ce jeu, mais l'attitude conservatrice de l'éditeur nous laissera un goût amer dans la bouche. Qualitativement très bon mais malheureusement pas immanquable à cause d'un manque de moyens évident, on en arrive à se demander si Donkey est encore le roi de la jungle, surtout après un Rayman Legends en tout point excellent, qui se permet même du 1080p sur la même console! Comptez donc 10 à 12 heures d'amusement si vous êtes un fan que rien ne pourra stopper, mais si vous êtes un joueur déjà débordé, il est plus que recommandé d'essayer le produit d'abord.

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