Dead Rising 2 sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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BlackLabel PS3

Un très bon concept pour un jeu sans grand intérêt ?

Je n'ai pas joué à Dead Rising premier du nom, et à vrai dire je ne savais pas trop à quoi m'attendre à part à du dégommage en masse de zombies, dans une ambiance décalée, avec un système assez particulier d'évolution. On peut dire que d'une certaine façon, et c'est bien dommage, le jeu se résume à cela.

T'as pas une gueule de porte-bonheur

Graphiquement Dead Rising 2 est tout à fait correct. Certes, ça n'est pas sublime, les textures ne sont pas terribles, mais les personnages sont correctement modélisés et les décors plutôt bien rendus. L'ambiance est là, et le nombre de zombies affichés à l'écran est franchement impressionnant. Je suis tout de suite moins enthousiaste en ce qui concerne le morcelage du jeu. Dead Rising 2 est un monde ouvert, mais fermé en section (casino, centre commercial, etc.), et passer d'une section à une autre est toujours synonyme de temps de chargement plutôt longs et fastidieux. De plus, malgré ce morcelage, le frame-rate connaît fréquemment des baisses assez sévères.

L'animation des personnages est assez rudimentaire aussi. On parle beaucoup de Dead Rising 2 comme d'un défouloir. Personnellement je n'ai pas trouvé le jeu défoulant. Cinq minutes de Grand Theft Auto 4, au volant d'une voiture à défoncer des passants, c'est largement plus amusant justement car tout est mieux animé, et que le moteur physique est capable de petites merveilles visuelles. Pas là...

Ce ne serait pas un problème si le jeu avait de quoi nous captiver sur le plan du scénario et du gameplay. Malheureusement, même si le jeu a à mes yeux d'indéniables points forts, je n'y ai trouvé aucun intérêt.

Inutilité du scénario

Chuck, notre héros avec sa face d'Harrisson Ford de série B, participe à des jeux télévisés pour gagner de l'argent afin de pouvoir se payer un médicament très dispendieux, dans le but de freiner la maladie de sa fille mordue par un zombie. Mais bientôt, l'espèce de Las Vegas dans lequel survivent les humains est envahi par des zombies, et Chuck est considéré responsable de cette invasion. Il devra donc partir en quête du médicament dans les zones infestées de morts-vivants, tout en cherchant à mettre la main sur le vrai responsable.

Autant le dire, le scénario est complètement gadget et ne sert strictement à rien. Habituellement, même quand je trouve le scénario d'un jeu pas terrible, je suis quand même les cinématiques. Là il m'est vite arrivé de les passer. L'histoire est naze, les personnages le sont également, et les enjeux ne sont pas du tout convaincants. Le côté "décalé et assumé" m'a surtout semblé être une excuse bidon. J'y ai senti plus de la fainéantise, et un scénario écrit à la va-vite parce qu'il fallait bien en pondre un.

Le jeu aurait clairement gagné à ne pas faire dans l'humour, et à élaborer une histoire toute simple de survie, avec des objectifs comme de récupérer de la nourriture, venir en aide à des survivants coincés, et pourquoi pas trouver un moyen de s'enfuir. En fait, Dead Rising 2 avait le potentiel pour renouveller le genre survival-horror de belle manière. Un héros aux capacités moyennes, un inventaire limité et, au lieu d'un ou deux zombies toutes les dix minutes, l'exact contraire ; une véritable armée de morts-vivants, partout, parfois jusqu'à l'étouffement, comme dans les films de Romero.

Le côté survival-horror

On se balade dans des décors où un nombre impressionnant d'objets peuvent nous servir d'armes. Tout n'est pas efficace, et bien entendu on préférera la hache d'incendie au sac de grand-mère. Mais la proposition a de l'allure et renforce l'immersion. Les armes ont une durée de vie limitée, et il arrive donc souvent qu'on parte en mission avec un arsenal terrible, pour revenir à la planque avec ce qu'on a pu ramasser à la va-vite ; aspirateur, projecteur, guitare électrique.

Au début, et c'est là que le jeu est le meilleur, nous avons peu de vie et un inventaire très limité. Donc on joue assez peu à tuer du zombie. Notre objectif est surtout de les éviter un maximum, voire de les repousser pour se faire une issue, afin de parvenir au lieu des missions principales et secondaires.

Le jeu nous propose aussi de faire des combinaisons d'armes lorsqu'on trouve un atelier. Encore une fois l'idée de base est bonne. Attacher ensemble une hache et une masse pour faire des dégâts plus importants, repousser plus de zombies, je trouve que ça participe à un côté survie ; dans la situation, on fait avec ce qu'on trouve et ce qu'on a. Quel plaisir alors lorsqu'on trouve un véhicule ! D'abord sentiment de puissance et d'euphorie, puis on est comme invulnérable durant un certain temps, et là on se permet de défoncer du zombie un peu par vengeance (même si dans les faits, la conduite des véhicules est désastreuse).

En travaillant plus là-dessus, et en offrant en prime des missions bien fichues, Dead Rising 2 aurait pu être à la fois un bon survival-horror et en même temps un défouloir dans les moments de détente, comme dans Grand Theft Auto. Il a préféré être un défouloir humoristique peu convaincant, misant sur la montée en puissance. Et rapidement, d'obstacles à éviter, de dangers mortels, les zombies se transforment en créatures à dégommer bovinement...

Quand le moyen devient un but

Le seul intérêt que j'ai trouvé à Dead Rising 2 une fois la réelle proposition du jeu assimilée, et c'est un intérêt vain et fort limité, c'est de leveller. Chaque zombie tué rapporte de l'expérience, chaque survivant ramené à la planque également, tout comme les missions réussies. En fait, très vite, je me suis aperçu que je ne jouais pas pour découvrir les nouvelles missions, ni pour faire avancer l'histoire, ni pour les quêtes secondaires. Je ne faisais tout cela que pour gagner des niveaux plus vite pour... C'est là le problème. Pour rien.

Il y a d'une part, comme dit plus haut, que le scénario est tellement nul que je n'avais pas la motivation de le suivre. Les missions principales, pareil, une suite sans queue ni tête d'objectifs qui collent rarement au concept du jeu, avec un gameplay mal calibré. Viser avec une arme à feu est une horreur. La visée est imprécise, pas souple du tout. Alors lorsque vous tombez sur des gars armés (qui restent à découvert...), le temps de parvenir à les viser ils vous tirent dessus, et donc vous devez recommencer à viser... La meilleure solution est de courir vers eux pour les frapper. Très logique...

Venir en aide à des survivants ? Rébarbatif, et malgré parfois de belles idées (comme de porter une vieille dame qui marche à 2 km/h, ce qui limite nos attaques à un coup de pied), encore une fois le seul intérêt que j'y trouvais, c'était dans le gain d'expérience, vu qu'on ne se sent pas du tout dans le trip sauvetage. Les missions secondaires ou principales occassionnent d'innombrables allers-retours, et donc d'innombrables chargements.

Viennent alors les psychopathes. Les psychopathes sont des ennemis humains, tout plus navrants (ou "décalés") les uns que les autres. Censés être amusants, leur rencontre m'a vite fatigué. Entre le cuisinier cannibale et la mascotte devenue folle, les psychopathes, loin de servir le jeu, ne font que mieux souligner les faiblesses du titre. Car si la jouabilité rudimentaire reste plutôt correcte quand il s'agit de tuer du zombie lent et peu réactif, elle devient insupportable face à des ennemis très mobiles et très coriaces. L'imprécisation, l'approximatrion des coups, le manque de souplesse de nos déplacements, tout est exacerbé et, sans être forcément frustrant, très décevant et très démotivant. Il faut alors employer le système D, trouver des failles dans les décors pour devenir intouchable, faire de l'anti-jeu, ou... leveller suffisamment pour acquérir une bonne résistance et bourriner au fusil à pompe.

Ces combats ne présentant à mes yeux aucun intérêt en dehors du gain d'expérience, encore une fois c'est un pan du jeu qui s'écroule.

Un système assez bizarre

Le jeu repose sur une base temporelle, sur du pseudo temps réel. En gros vous avez une mission principale à remplir obligatoirement pour éviter le game over, et des missions secondaires en parallèle. Il faut donc gérer son temps entre mission principale et secondaires, tout en gardant bien en tête qu'il faut du temps pour remplir l'objectif principal.Je n'ai pas compris à quoi ça servait. Explication :

Si le jeu proposait en gros de ne pas pouvoir tout faire en une seule partie, et donc de nous soumettre à des choix cornéliens, ok, pourquoi pas. Sauf que là, le game over n'en est pas vraiment un. Nous pouvons recommencer le jeu à loisir en conservant toute l'expérience acquise, et donc nos bonus, nos améliorations. Donc on peut par exemple recommencer 50 fois le début pour augmenter d'expérience, puis entamer le jeu pour de vrai ensuite pour faire le scénario, ou buter les psychopathes... Pourquoi ne pas tout faire alors en une seule partie, en présentant les missions à la manière d'un Grand Theft Auto ?...

Dead Rising 2 cache un gameplay sans véritable intérêt derrière un aspect défouloir humoristique assez peu convaincant à mon goût. En somme la proposition des concepteurs ressemble à "On s'est pas fait chier mais c'est rigolo". Pas vraiment, en fait. Tout repose sur l'addiction à la montée en puissance auquel le joueur est toujours un peu sensible. Rudimentaire sur bien des aspects, mal fichu car fainéant, il possède pourtant un gros potentiel inexploité. En puissance, on tient là un survival-horror d'un nouveau genre, un survival-horror dans un monde ouvert qui ouvre de grandes possibilités. Dans les faits malheureusement DR 2 se résume à un plat dégommage de morts-vivants dans le but vain et triste d'acquérir de l'expérience. On ne levelle que pour devenir plus fort, pas pour être capable de remplir les missions, ou de s'attaquer à des ennemis coriaces. On levelle pour leveller, et on fait les missions pour la même raison. Du moins ce fut mon cas...

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