Resident Evil Code : Veronica sur Dreamcast, le test de Conradson

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Conradson
8
Conradson DC

La narration au service de l'horreur

Série à succès, reine de la génération 32 et 64bit, Resident Evil se devait de se renouveler à l'aube des consoles 128bit. Fini les décors en 2D pré-calculés, place à la 3D temps réel. Mais ce nouvel opus ne bénéficie-t-il que d'un renouveau graphique, ou apporte-t-il plus à la série ?

  Sorti en 2000 sur Dreamcast, Resident Evil : Code Veronica est le quatrième opus de la saga, mais le jeu fait suite aux événements de Resident Evil 2. L'action se déroule trois mois après que Leon S. Kennedy et Claire Redfield se soient échappés de Racoon City. Claire est toujours à la recherche de son frère, Chris, et son enquête la mène jusqu'au laboratoire parisien d'Umbrella. C'est en y cherchant des indices qu'elle s'y fera capturer, puis sera conduite en prison sur une île inconnue. Elle ne tardera pas à découvrir que cette île est aussi sous l'emprise du Virus-T !

Changement de ton

Une île accueillante

  Dès le départ le ton est donné : comparé aux précédents opus, Resident Evil : Code Veronica est résolument tourné vers la narration. Les scènes cinématiques (utilisant soit de la 3D pré-calculée, soit le moteur du jeu) ponctuent régulièrement l'histoire, et les pirouettes scénaristiques sont légion. Le jeu est divisé en deux grandes parties, et vous dirigerez Claire lors de la première. Le jeu étant un survival horror, vous combattrez seul la plupart du temps, mais cela ne vous empêchera pas de rencontrer des alliés en cours de route, nottament Steve, un adolescent certes rebelle, mais attachant. Cependant, tous les personnages que vous croiserez ne seront pas amicaux, et outre les hordes de zombies à abattre, vous aurez aussi affaire à Alfred Ashford, un adversaire aussi dérangé que dangereux, qui semble posséder un lien étroit avec Umbrella et le Virus-T.

Veronica suit le code

Claire en mauvaise posture

  Si la narration a grandement été améliorée, les contrôles restent inchangés aux précédents opus : le jeu passe en 3D temps réel mais les caméras restent fixe, ce qui  a pour avantage de renforcer le côté horrifique du jeu, en se jouant de la distance de vue. Rien n'a été ajouté d'un point de vue gameplay, et la possibilité d'esquiver présente dans Resident Evil 3 : Nemesis a même été retirée. Cependant, les habitués de la série retrouveront vite leurs marques, et bien que rigide, le système de déplacement a fait ses preuves. L'inventaire limité est toujours de la partie, et les coffres « magiques » aussi, ce qui pousse à plusieurs allés-retours. Mais généralement les énigmes sont assez bien pensées pour éviter d'avoir à trop souvent parcourir des zones déjà visitées.

Un inventaire limité

  D'un point de vue graphique, le jeu s'en tire bien, même si les animations sont assez raides. Côté sonore, les musiques sont audibles mais les bruitages ne sont pas de grande qualité, notamment les bruits de pas qui irritent les tympans. Les jeux d'acteurs lors des doublages peinent à convaincre et prêtent parfois à rire, mais le scénario du jeu étant très orienté « série B », cela ne gène pas outre mesure. De plus, ces quelques défauts sont peu face au plaisir que l'on prend à parcourir le jeu, et même si l'on ne sursaute jamais dans ce Resident Evil très orienté action, on est très rapidement happé par l'histoire.

Lutter pour sa survie

Qui protège qui ?

  Afin de ne pas vous gâcher votre plaisir, je ne vais rien dévoiler de la seconde partie du jeu, mais sachez qu'elle est aussi plaisante que la première, et plus corsée. Faites les bons choix lors de votre progression, car certaines initiatives prises au début du jeu peuvent vous aider par la suite. La durée de vie est conséquente pour un survival horror, une quinzaine d'heures environ, ce qui est fort appréciable.

  Pour ceux qui souhaiteraient jouer, ou rejouer à Code Veronica, il faut savoir qu'une version du jeu a été portée par la suite sur Playstation 2 et Gamecube. Renommée pour l'occasion Resident Evil : Code Veronica X, ce portage n'ajoute que peu d'éléments, à savoir 9 minutes de cinématiques éparpillées sur toute l'histoire et quelques remaniement graphiques tellement imperceptibles qu'ils me sont inconnus.

Si cet opus n'apporte aucun élément de gameplay à la série et bénéficie aujourd'hui d'une réalisation datée, il est néanmoins incontournable si vous souhaitez connaître les détails de l'histoire de Resident Evil. En résumé, Resident Evil : Code Veronica est un bon survival horror, sublimé par sa narration.


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