Sniper Elite III sur Xbox 360, le test de BlackLabel

Publiez votre test
Signaler
BlackLabel
3
BlackLabel X360

Que la Force soit avec moi !

Sniper Elite 3 c'est, idéalement, un jeu de sniper. Mais non. Au fond c'est un TPS avec une base de discrétion, à savoir qu'on peut passer inaperçu et tuer en silence, ce qu'on appelle Infiltration aujourd'hui mais globalement c'est, comme déjà dit, un TPS. Généralement quand on a le choix de l'équipement dans un jeu j'ai ; un flingue silencieux pour faire le ménage, une mitraillette au cas où, et un fusil sniper pour tuer de loin. Far Cry 3, MGS5, Splinter Cell Blacklist, etc. Ben là c'est l'équipement de base, je peux parer à tous les imprévus. Certes on peut jouer du bruit ambiant pour flinguer sans se faire repérer, mais ce n'est pas pour autant un jeu de sniper, du moins ce n'est pas l'impression qu'il m'a donnée.

Pour le peu que j'ai joué au 2, c'était un TPS perfectible mais sympathique avec un level-design classique et fonctionnel. Là il faut attendre la mission 3 pour avoir un niveau qui a bonne allure. Les premières missions se déroulent dans des niveaux très grands mais alambiqués ; le level-design voulant fournir plusieurs embranchements au joueur pour simuler la liberté d'approche, on a plusieurs grandes zones avec des cheminements fournis grossièrement. J'ai le sentiment d'avancer dans un gigantesque couloir encombré par une multitude de petits corridors. Les liants entre ces grandes zones sont comme atrophiés, comme des noeuds, vous savez comme les sauvcisses, et au final les décors, malgré un jeu beau et coloré, ne sont pas crédibles. Alors oui je dois détruire ce canon, mais il tire vers où ? Sur quoi ?

À partir de la mission 3 je dois pénétrer un fort occupé par les Allemands, tout en traversant d'abord un campement italien. Là les décors fonctionnent bien, ils ont de la crédibilité, ils sont retranscrits logiquement, on parvient à y croire. Reste que je dois me forcer à jouer. Sniper Elite 3, c'est un Phantom Pain raté, ou occidental ce qui revient au même. Je ne suis pas dedans, car mon but, comme tout joueur, étant d'avancer, je sauvegarde manuellement après chaque ennemi flingué. Incapable  que  je suis d'évaluer la situation, je ne peux me reposer sur le système de checkpoints par ailleurs arbitraire. Sinon abandon du jeu assuré.

Il souffre d'un problème qui est commun à plusieurs jeux conçus pour la PS4One ; L'ombre du Mordor, Battlefield 4 notamment. Les niveaux sont trop grands, en fait ce sont des jeux au level-design PS3 mais en plus vastes, et c'est là où je constate que quand le hardware change, les règles du jeu doivent changer également.

L'Ombre du Mordor m'avait fait cette impression de ne pas comprendre quand j'étais dans un campement Orc et quand j'étais en dehors. C'était mal délimité, et j'avais surtout le sentiment d'être pris dans un énorme couloir. Battlefield c'était des arènes tellement grandes qu'on ne prend aucun plaisir à flinguer les ennemis qu'on voit mal. En fait seul Phantom Pain m'a donné l'impression de maîtriser la grandeur des espaces possibles sur les nouvelles consoles (je précise que je joue sur PS3 et 360, donc cette réflexion ne concerne que les jeux cross-gen), de s'adapter au lieu de simplement reproduire un vieux modèle en plus grand, d'offrir un jeu où le joueur peut envisager son approche.

Dans Sniper Elite 3, soit les niveaux sont alambiqués et donc je ne sais pas si en tirant dans telle zone, les ennemis dans la zone derrière vont m'entendre, et s'ils m'entendent être capables de me rejoindre, soit les niveaux sont logiques mais alors le système de détection des ennemis semble arbitraire. C'était un plus dans Phantom Pain ; de loin les ennemis ne sont toujours pas capables de nous identifier, et on arrive au bout de quelques heures de jeu à évaluer les distances, à savoir intuitivement si on peut ou non avancer (je tiens à préciser que je joue sans marquage ennemi, ce que je faisais aussi dans PP). Sans SE3, pour éliminer la frustration d'un level-design mal pensé et d'une IA difficile à cerner, je sauvegarde très souvent. Mais alors cela devient un jeu où on apprend par l'échec.

Si vous avez joué à Phantom Pain, il y a un fort sentiment de curiosité avec le niveau du manoir, non ? Il est fortement gardé, et comme c'est un des rares lieux intérieurs du jeu j'avais envie d'entrer dedans et de le visiter. Seulement pour cela il fallait faire le ménage, et sans possibilité de sauvegarder toutes les 30 secondes. Puis l'erreur venait du joueur, d'une faille dans son approche. Une fois au but, la récompense. Dans Sniper Elite 3, oui j'avais envie de visiter le fort allemand de fond en comble, mais je préfère rusher les objectifs pour éviter les rencontres pénibles. Le jeu ne me donne pas envie de m'investir, mais au contraire d'aller au plus facile.

Faut se forcer, quoi.

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Vos tests de Sniper Elite III

tous les tests