The Legend of Heroes : Sen no Kiseki sur PS Vita, le test de ryuzaki57

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ryuzaki57
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ryuzaki57 PSV

School Rumble

Je suis complètement nouveau dans la série Legend of Heroes. C'est donc avec un ½il neuf que j'aborde ce Sen no Kiseki (SnK), premier épisode de la série sur PSVita et premier épisode en 3D.

De ce que je sais, les Legend of Heroes ont toujours tourné autour d'intrigues politico-militaires, à la manière d'un Final Fantasy Type-0. C'est clairement le cas ici : jeune étudiant de son état, Rean est sélectionné pour faire son cursus dans la prestigieuse académie militaire de Thors. Et comme il a un peu de talent, il est directement intégré dans le groupe d'élite. Formé d'étudiants d'horizons et origines diverses, la «classe 7» va en plus de son cursus se voir lancé malgré lui dans des missions de sécurité nationale, ainsi que dans une confrontation avec un mal ancien.

Ca c'est sur le papier. En pratique, ce jeu, il a des gros problèmes de rythme. L'aventure alterne systématiquement phases scolaires et entraînement sur le terrain. La partie scolaire d'abord. C'est ce que j'ai aimé dans ce jeu, car les quêtes concernées sont relativement variées et ne manquent pas d'humour. Mais surtout, c'est l'ambiance de l'école qui fait de SnK un RPG à part : il y a des dizaines de PNJs qui ont tous un petit background et une personnalité propre que l'ont découvre au fur et à mesure des quêtes et des anecdotes les concernant. C'est très semblable à l'univers de Harry Potter, et en cela ça m'a très agréablement surpris. On en arrive aux sorties «terrain». Et là, c'est le drame... c'est long, mais qu'est-ce que c'est LONG! Les ¾ de l'histoire n'a aucun enjeu, aucun fil rouge propre à lancer le joueur dans l'aventure. Sans compter que les dialogues sont interminables et souvent sans intérêt, en plus d'êtres atrocement complexes (je joue en import depuis 6-7 ans maintenant, mais là, j'ai souffert le martyre). Le jeu évoque énormément de problèmes géopolitiques (taxes, tensions à la frontière, course aux armements, rivalité entre aristocrates et simples citoyens, etc.) et l'univers inspiré des années trente est riche et bien fichu. Mais rien, il se passe rien! Je pense qu'on pourrait retirer 40% du texte sans que ça porte atteinte à l'histoire, tout en améliorant grandement le confort de jeu. Dans ces phases-là les quêtes sont chiantes et toujours les mêmes : moi je veux bien aller chercher des chats perdus ou ramasser des fleurs dans la plaine, il n'y a pas de sot métier, MAIS PUTAIN PAS PENDANT 50H PITIE! Fort heureusement, la dernière partie du jeu est beaucoup plus prenante, avec tellement de bouleversements ahurissants qui s'enchaînent qu'on se demande pourquoi ils n'ont pas été mieux répartis. N'empêche, le jeu devient alors très accrocheur et on part vraiment au combat la fleur au fusil jusqu'à la fin qui prend aux tripes, et qui y reste d'ailleurs puisque le jeu fini sur un cliffhanger qui va te pourrir la vie jusqu'à la sortie de la suite.

Parlons maintenant système de jeu. Beaucoup de quêtes ainsi que l'aventure principale vous demandent d'aller chercher telle chose ou telle personne. Sauf que tout les objectifs sont symbolisés sur la carte, et ce n'est même pas désactivable. On passe donc le plus clair de son temps à aller d'un point A à un point B. Ca m'énerve... mais laissez-moi chercher bordel, JE VEUX CHERCHER! Ajoutez à cela des chemins bien linéaires à la FFXIII, sans possibilité de revenir dans les villes/donjons visités, et vous avez là quelque chose de bien pénible et bancal. Au niveau des combats, c'est déjà beaucoup mieux : ceci sont très stratégiques et requièrent pas mal de jugeote si on veut l'emporter. Vos personnages sont libres de leurs mouvements sur l'aire de jeu : comme dans un Hyperdimension Neptune Victory, le placement est une variable importante si on veut attaquer et défendre correctement. Les actions sont divisées entre attaquer, skill et magie, avec des effets très très variés et une grande emphase mise sur la recherche des forces et faiblesses de l'adversaire. Faiblesses élémentaires bien sûr, mais également la résistance plus ou moins élevée en fonctions des différents types d'armes. Par extension, l'exploitation de ces faiblesses, ainsi que votre relation vis à vis de vos camarades, permet de déclencher des action de soutien de leur part, à la manière d'un Fire Emblem Awakening. Le bilan est donc très satisfaisant, d'autant plus que les ennemis comme les boss agissent tous de façon très différente, relançant constamment l'intérêt des combats. Cependant, deux choses m'ont fait tiquer : POURQUOI, MAIS PUTAIN POURQUOI MA JAUGE DE SKILL TOMBE-T-ELLE A ZERO LORSQUE LE PERSONNAGE EST KO? Déjà ça n'a rien de logique (car la barre de magie est conservée), mais c'est surtout ultra-insupportable étant donné que l'utilisation skills est capitale, bien plus que la magie. La deuxième chose, c'est que même en normal ce jeu est atrocement dur. Vers la fin de l'aventure, les boss balancent des états aléatoires à tire larigot, sont appuyés par des sbires surpuissants ou revenant à l'infini, et font des attaques de zone qui pètent les dents. A sa décharge, signalons qu'après chaque défaite, SnK vous permet de recommencer le combat avec les stats de l'ennemi diminuées de 10%, si bien qu'au 3e essai en général c'est parfaitement faisable. Mais quand même... qu'est-ce que j'ai mangé...

Terminons par l'aspect technique. Je dirais... oui et non. Si le jeu est relativement correct pour de la PSVita, la modélisation des personnages, et encore plus des décors, est inégale. Alisa par exemple est un peu ratée, ce qui me fait bien chier, et les textures des environnements urbains sont assez pauvres. D'un autre côté, des persos comme Fy et Sarah sont impeccables, tout comme la plupart des ennemis (!) et les endroits plus ruraux sont franchement jolis. Tout cela est aussi gâché par des bugs de collision stupides et des déplacement en ville qui raaaament horriblement. Alors, est-ce un satisfecit à l'opinion lipidaire de Gamblog à ce sujet? Permettez-moi de mettre les points sur les i. C'est facile de casser du sucre sur des petits développeurs qui ont de petits budget. Mais quand dans le même temps on applaudit à tout rompre devant des jeux 3DS hideux, ben franchement, on a perdu une bonne occasion de la fermer. En ce qui concerne la DA et le character design, je ne vous cache pas que j'adore et que j'ai acheté ce jeu exprès pour ça. En revanche, elle n'est pas très présente dans le jeu lui-même qui contient peu d'artworks, en sépia de surcroît.

Je suis horriblement frustré par ce Sen No Kiseki dont j'attendais énormément. J'ai failli lancer la PSVita par la fenêtre plusieurs fois et je me demande encore maintenant si je l'ai aimé ou pas. Probablement oui au final, car j'ai fait de très beaux combats, les personnages m'ont beaucoup plu, l'ambiance du jeu est vraiment cool quand l'histoire veut bien accélérer un peu et la fin est vraiment très très bien foutue. Mais bon voilà, trop de fissures ici et là pour en faire un JRPG à retenir. Rendez-vous en juin pour la suite, parce que je meurs de savoir ce qui se passe, en espérant que certains aspects soient repensés.

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