Metal Gear Solid V : The Phantom Pain sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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10
BlackLabel PS3

Adieu les tocards !

C'est une chose de jouer à Phantom Pain sur PS4 j'imagine, c'en est une autre d'y jouer sur PS3. Exploitant les ressources graphiques d'une console agonisante avec une solidité sans faille, proposant un game-design qui synthétise toute la gen, mais en mieux, voire tout simplement en bien, durant toute mon aventure je me disais "Mais c'est ça qu'il fallait faire depuis le début de la PS360, bande de tocards..." en pensant à Ubisoft et autres faiseurs de mondes ouverts remplis de collectionnite chiante, de missions répétitives sans justification aucune, et autres joyeusetés. The Phantom Pain n'est pas parfait, il est bien fait, avec ses défauts comme plein de jeux, mais aussi avec des qualités comme plein de... mais en fait non.

Fini la chasse aux animaux lololol c'est drôle de les tuer et de les couper en morceaux sanguinolents pour obtenir un douzième holster car j'ai quand même bien besoin d'un cinquième bazooka pour dégommer le 72 ème avant-poste (non je ne pense pas à Far Cry 3). Ici on récolte des animaux en territoire de guerre pour préserver les espèces. C'est loin d'être anodin. Récupérer une mécanique concurrente, mais sans la recopier. Lui donner du sens au lieu d'y injecter du fun (basé sur la violence et le gore, évidemment). Tout Phantom Pain est là, dans quasi-chaque mécanique reprise chez la concurrence.

Le message de paix grand-guignol de Kojima qui a parcouru tous les épisodes Solid laisse place à une quête de vengeance plus sobre, moins blablatante, et assez troublante au final. Le ton est dur, impitoyable, très inhabituel dans cette saga. Maladroit, mais sincère, comme si suintait l'écoeurement d'un Kojima cinquantenaire par rapport au monde du jeu vidéo dans lequel il a été coincé à produire un dernier Metal Gear Solid, puis un dernier, puis un dernier.

Au départ on joue à un TPS comme les autres, avec des objectifs comme les autres. Mais la solidité du game-design, sa cohérence, la trame scénaristique en retrait et sa force intrinsèque, la marge de progression aussi qui pousse le joueur prudent au départ à toujours plus d'audace et de prises de risques ; il y a une alchimie là-dedans qui a tenu pour moi de l'envoûtement. L'histoire avance sans qu'on s'en aperçoive toujours, on se demande, comme dans les oeuvres-fleuves, quand est-ce que ça va finir, tout en souhaitant que ça dure. Le meilleur du Japon et de l'Occident réuni.

C'est un grand jeu, un jeu qui clôt une gen, comme pouvaient clore la gen PS2 un Final Fantasy 12 ou un Shadow of the Colossus. Le genre qui semble vous dire "Eh ! Sors-moi d'autres jeux comme ça et j'ai pas besoin de passer à la gen suivante !".

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