Okami HD sur PlayStation 3, le test de ThePrince

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ThePrince
6
ThePrince PS3

Un joli jeu, bien éloigné des éloges qu'on lui fait.

Je ne pense pas qu’on puisse traiter d’un jeu comme Okami en deux trois paragraphes de 5 lignes. Je vous préviens d’avance, ça va être un peu long.

Une réédition HD de qualité pour un jeu qui la mérite.

Au niveau des contrôles, rien n’a vieilli. Le jeu se joue toujours très bien. C’est très fluide. A aucun moment je n’ai senti que quelque chose aurait pu être fait autrement pour améliorer le confort ou divertir d’avantage manette en main. C’est un plaisir d’en dire si peu sur le traitement technique d’un jeu vidéo. 

Okami est frai, positif, léger et ludique. Bien loin du nihilisme foireux et du pessimisme maladroit qui règnent de trop dans les productions actuelles, j’aime à placer Okami aux côtés de DQVIII et Kingdom hearts. Ce sera aussi l’occasion d’apprendre deux/trois trucs sur la culture japonaise. 

Le jeu se permet également d’arborer un aspect contemplatif. J’ai l’habitude de m’intéresser à des jeux que je trouve artistiquement réussis. C’est pour moi une composante essentielle du jeu vidéo. C’est le cas dans Okami. Le jeu n’est pas magnifique, mais il est au moins joli. Si la dimension purement artistique est réussie, la technique elle, m’a moins convaincu. Même si le jeu n’est pas radin en éléments affichés à l’écran ou en textures, il m’est compliqué de m’extasier devant du cell shading aujourd’hui. Surtout lorsque j’ai pu goûter aux teintes et aux effets de lumières des productions actuelles. Flower en tête. Je peux comprendre le côté estampe japonaise, c’est cohérent en soit, c’est vrai. Mais ça peine quand même à prendre 6 ans plus tard.

La réédition HD est réussie. Okami HD est la version supérieure.

Le digne représentant de la génération Playstation 2.

Le jeu est très long. La totalité des touches sont utilisées. Les menus sont nombreux, les possibilités également, il y a pas mal de boss. Il y a de nombreuses choses à débloquer, de nombreux coins à découvrir… On a l’impression d’avoir à faire à un jeu vidéo tel qu’on le concevait à l’époque de la Playstation 2. Pour le pire ou pour le meilleur, je ne sais pas.

Je considère cependant qu’un jeu doit m’amuser, m’accrocher dès les premiers instants. Et nul besoin de forcement lorgner vers la grosse distribution et ses Call of Duty ou ses Assassin’s Creed. Hotline Miami représente aussi bien ce coté de plaisir immédiat. En 12 heures de jeu sur Okami, je n’avais toujours pas trouvé de plaisir à jouer ou l’envie de continuer. Je me suis vraiment forcé pour finir le jeu. 

Le début du jeu est chiant, en plus d’être long. Je suis patient, ouvert je pense, mais devoir aider des villageois/des passants/des paysans en galère lorsque vous êtes une déesse de la lumière vouée à sauver le monde, ça fait chier. Les objectifs des missions sont de toutes façon très cons en général. Les quêtes annexes sont également assez pourries. Comme souvent dans le jeu vidéo cependant.

L’aspect le plus lourd du soft est bien entendu les dialogues principaux que vous ne pouvez pas passer. Vous ne pouvez pas les accélérer non plus. En plus des bruitages de dialogues qui donnent envie de péter la manette contre le sol. Okami est un jeu qui a nécessité du monde, c’est une évidence. A aucun moment une de ces personnes ne s’est dit que cet aspect du soft allez faire chier du monde ? D’autant que vous pouvez passer tous les dialogues du jeu. Je suis sérieux. Il ne se passe quasiment rien qui ne puisse pas se lire à l’écran pendant que les textes défilent.

Une immersion ratée et un jeu qui vous laisse largement le temps de vous en rendre compte.

Je n’ai jamais vraiment plongé dans le jeu puisque tout est fait (involontairement, j’imagine) pour ne pas vous immerger. L’utilisation d’un très fort cell shading, des figures déifiées à peine crédibles, des enjeux difficilement transposables, le chara design cartoon, le burlesque omniprésent… Tout ça vous tient à distance d’une immersion sérieuse. Dans Journey aussi, l’enjeu central, le tout est assez abstrait. Cependant le jeu ne vous demande pas de le comprendre, ni même de ramener quoique ce soit à vous même. Là où Okami insiste sur le fil des événements et les enjeux de la quête de Shiranui. On vous demande d’être impliqué, rien n’est implicite, ni imagé. Tout est dit. Il n’y a presque aucune subtilité d’imprégnation.

Il est également difficile de ressentir quelque chose pour des personnages aussi burlesques. Il est difficile de se mettre dans la peau d’un loup, d’un dieu. Il est aussi difficile de s’imaginer dans sa situation ou de réellement comprendre des enjeux qui nous dépassent de loin. Le personnage qu’on incarne n’est pas en proie à des sentiments humains, et les enjeux sont difficilement transposables. De plus, Journey durait 1H30. Là où Okami vous demande de passer 30/40 heures pour en voir le bout.

C’est sur que le jeu va vous occuper pendant un long moment si vous décidez de le prendre au sérieux. Cependant, laver les voitures du parking de ma résidence aussi m’occuperait pendant un long moment. Ca ne veut pas dire que ça sera drôle, amusant ou épanouissant.

Encore une fois, je constate que la profondeur et l’empreinte laissée par le jeu sur le joueur sont franchement exagérés par ces derniers. Au vu des éloges, je m’attendais à autre chose. Je m’attendais à quelque chose de plus poétique, de moins burlesque. Une sorte d’expérience, sérieuse, profonde qu’on n’oublie pas. Une expérience qui nous transporte. Je me suis finalement retrouvé devant un jeu vidéo tout ce qu’il y a de plus commun dans son traitement. C’est donc une déception pour ma part.

Okami reste un très bon jeu vidéo, il n’y a aucun doute là dessus. Malgré de gros points noirs qui mettront votre patience à l’épreuve, le jeu fourmille de points positifs. Cependant, l’enrobage laisse clairement à penser qu’il y a une sorte de décalage entre ce qu’on vous sert, et ce que vous êtes en droit d’attendre d’une production du genre.

La louve est belle. La musique est envoûtante, calme, très stylisé. La direction artistique très appuyées, jolie. Les thèmes repris sont sérieux, ésotériques. Pourtant tout est tourné au ridicule par une mise en scène burlesque et un chara design puéril, très imprécis. Le jeu donne la lourde impression de vous empêcher toute sérieuse tentative d’immersion. Okami est au passé, en 50 heures, ce que Journey réussit à faire aujourd’hui en 1h30.

Même si le jeu peinera surement à atteindre le joueur, il soulève une question intéressante  Est ce que les joueurs veulent vraiment revenir à ce format de jeu là ? Des jeux d’une durée proche des 50 heures, qui peinent à démarrer et qui sont à jouer seul devant votre écran ? Est ce que ce genre de jeux a une réelle place face à des jeux qui vous accrochent de suite et qui vous procurent une addiction quasi immédiate ?

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