Watch_Dogs sur PS4, le test de Moraw

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Moraw
7
Moraw PS4

Partiellement réussi, partiellement raté...

Au terme d'une guerre entre le nouveau protégé de Ubisoft face au célèbre GTA longtemps exploité dans des productions plus ou moins réussies, Watch Dogs a débarqué bien décidé à s'imposer. Il est une parenthèse optimiste et tout bonnement agréable à parcourir, à la fois dans sa narration mais aussi dans son thème intrigant. Cependant il marque également, une fois de plus, le talent hors-norme de Ubisoft pour passer à côté du grand potentiel de ses licences.

 

 

Quelque part, on pourrait s’amuser à penser que Watch Dogs était destiné de toute manière à un semi-échec en connnaissance des possibilités que le jeu avaient à sa disposition. C’est après tout une histoire qui ne peut que ne plus surprendre, Ubisoft ayant la lourde réputation de ne pas exploiter au maximun leurs idées. Mais Watch Dogs, c’est aussi un ton qui tend vers le sombre, une aura maîtrisée mettant en scène un homme, Aiden Pearce, brisé et enclin à un avenir peu reluisant, accoutumé à des actes pour le moins proche du criminel. Le jeu trouve ici un point d’équilibre assez remarquable dans sa narration, poussant régulièrement le joueur à s'impliquer et se mettre à la place d'Aiden pour finalement légitimer ses actes, ou au contraire les désapprouver totalement.

A mi-chemin cependant entre le périple d'une quête de vengeance et celle de justice, l’aventure de notre hackeur solitaire se mue en une œuvre qui correspond peut-être à la plus intéressante de ces dernières années de la part de Ubisoft. Le scénario étant vraisemblablement tellement plus axé réflexion au point que ce dernier parvient à façonner un récit réellement d’ampleur en partant d’un matériau très simple qu’est le thème de la famille. Car si la comparaison avec le célèbre GTA aura été rapidement tentante, il faut finalement voir comment l’écriture finit par s’en émanciper d’une certaine manière. Avec la motivation de son protagoniste principal, chaque obstacle narratif répond véritablement à une réelle rigueur d’écriture. Seuls quelques aléas pour les besoins d'élargir la durée de vie des quêtes principales peuvent véritablement être reprochés, certaines séquences restant par ce mauvais choix un brin trop lourdes et maladroites.

 

Au-delà de ses apparences qui laissent plutôt l'image d'un énième jeu encombrant, Watch Dogs n’est pas qu’une simple aventure efficace coulée dans le moule de la méthode Ubisoft, soit une méthode qui présente des atouts très en dessous de ce que le titre pouvait procurer. Et c’est là où il faut alors réorienter tout le projet et les idées qu’il y transmet. M’interrogeant sur la morale du jeu, il semble que Watch Dogs avait une belle opportunité, celle de présenter un jeu sous le projet principal de traiter des dangers de la technologie. Ubisoft décrit un jeu où le système s’avère en apparence honnête, tout en cachant une volonté de gagner toujours plus d'argent ou de pouvoir sur le dos des citoyens, en abusant d'une des plus grandes faiblesses de l'humanité actuelle: son penchant addictif pour les réseaux sociaux, et l'Internet en général. C’est là la parenthèse non-exploitée, malgré le penchant de la promo du jeu qui accentue clairement ce point, notamment via le groupe de hackeurs Dedsec.

 

D’un récurrent échec comme de sa maladresse à toujours multiplier les quêtes inutiles dans le but de venter sa durée de vie. Chez Watch Dogs si on y retrouve comme expliqué un manque cruel de la volonté d'innover, la propagation de ce qui fait défaut aux autres licences se voit se transformer en une épidémie suffisament ancré pour que le défaut en question soit devenu la patte artistique de Ubisoft. Dans ses descriptions froides s’y oppose évidemment l’idéalisation picturale du paysage de la ville de Chicago, sublimée dans sa vie qui offre une immersion où l'incitation à la découverte de la map reste omniprésente continuellement, attendant patiemment la moindre animation pour intriguer le joueur. On notera toutefois en point négatif un élément qui n’est pas anodin pour un Open World, ce sera la conduite, qui semble être un échec total laissant l'impression que la voiture "glisse" sur la route au lieu d'y rouler.

 

Ubisoft taille également la perspective de son histoire à travers un élégant jeu de ses personnages secondaires d’une ambivalance rarement égalée, le joueur trouve évidemment son bonheur dans les ouvertures scénaristiques qui rendent les scènes d'un rendu d’autant plus incroyable par l’énorme travail narratif établit pour sans cesse pousser à la réléxion tout en créant des parallèles avec la quête d'Aiden Pearce. Mais jamais ils n’entravent la grande fluidité de la narration, pas à l’image de GTA d’ailleurs. Annulant de lui-même toute comparaison (bien tentante pour certains, faut-il croire) en terme de qualité du scénario, pour la faire sembler relativement honteuse pour ce point précis. Cependant en terme de quêtes annexes la comparaison peut en revanche trouver un débat légitime.

 

En effet à l’instar d'Assassin's Creed, Far Cry, ou d'une certaine manière ce qui concerne une belle généralité des jeux Ubisoft, ces quêtes trouvent un point commun, celui de la répétitivité ainsi que d'une abondance folle, presque maladive. Watch Dogs entretient la réputation avec les divers futiles missions, intervenant ainsi régulièrement au cours des balades tout en bloquant malheureusement la progression. Effectivement, cela n’était peut-être pas la peine de nous infliger cette redondance, dès les premières secondes à admirer la carte du jeu l'insupportable rituel de Ubisoft dévoile assez d'icônes pour véritablement peiner à distinguer la map. Le ton est très rapidement donné lors de la découverte des différents objets à débloquer, où beaucoup stipulent une participation relativement importante dans ces quêtes. Le manque d’originalité se répercute même jusque dans la petite synopsis avant certaines d'entre-elles.

La méfiance légitme envers Ubisoft n'a apparement pas encore fait suffisamment parler d'elle, pour ne pas laisser les joueurs miser trop d'espoir dans des jeux persuasifs. La répétitivité ainsi que ses mécaniques redondantes, inscrivent sans surprise Watch dogs dans une parfaite logique de continuité vis-à-vis de ses précédents jeux à monde ouvert. Le scénario représente ainsi le seul gros effort, ce qui qualifie Watch Dogs d'un bon divertissement qui peut sembler encombrant à cause de son manque flagrant de prise de risque.

 

Watch Dogs souffre de la maladie qui touche depuis plusieurs années les jeux de Ubisoft, celle d'une incapacité totale à la prise de risque. Offrant volontier un bon divertissement, le jeu laissera davantage un sentiment d'inachevé en comparaison d'un potentiel si prometteur.

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