Hatsune Miku : Project Diva F sur PS Vita, le test de Kaminos

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Kaminos
8
Kaminos PSV

Fille-chat et crampes aux doigts.

Contrairement à de nombreux autres jeux Japonais, pas besoin de parler la langue pour apprécier Project Diva f. La Vita étant Zone Free, n’hésitez pas à aller zieuter la boutique de jeux du coin, ou d’aller sur le net pour faire vos emplettes.


Je ne vous l’ai jamais caché, je considère les Project Diva comme une des très grandes séries de jeux de rythme, et certainement comme le meilleur porte-étendard du genre sur plateforme nomade.

Avant de parler du jeu en lui-même, je me permets de rapidement rappeler le concept de Vocaloid pour les deux ou trois au fond qui pensent que Miku est une idol, une cosplayeuse ou une héroïne de manga porno.

Vocaloid est un synthétiseur logiciel créé par Yamaha permettant d’imiter une voix humaine. Le logiciel propose ainsi différents synthés, dont certains créés par Crypton Future Media, qui a su faire le pont entre le côté muzikos et la fibre otaku des Japonais, en faisant correspondre à leurs synthés des starlettes virtuelles créées pour l’occasion, Hatsune Miku étant la plus connue.

SEGA a acheté les droits à Yamaha pour en faire une série de jeux de rythme, les Project Diva. Succès incontestable de la PSP sur l’archipel Japonais, avec plus d’un million de jeux vendus, les Project Diva s’enchaînent à une vitesse folle. A tel point que les deux derniers jeux en date (Extend sur PSP et Project Mirai sur 3DS) étaient loin d’atteindre l’excellence du second opus de la série. Excellence, oui, le mot n’est pas trop fort. Rarement un jeu de rythme avait su autant me prendre aux tripes, des centaines d’heures durant.

Pour autant, je ne vous cache pas que j’attendais énormément Project Diva f au tournant : nouvelle machine, grosse setlist des familles, usage du tactile à la façon de DJ Max, nouveau moteur graphique… Beaucoup de belles choses en perspective, mais impossible de ne pas voir en Project Diva le syndrome Guitar Hero, et c’est à de nombreuses reprises que je me suis dit qu’à trop tirer sur la corde, SEGA finirait par détruire sa licence.

Parler d’épisode charnière pour Project Diva f est un mot faible. Pour moi comme pour beaucoup d’autres fans de jeux de rythme, il est l’épisode de la confirmation, ou celui des funérailles. Après avoir retourné le jeu dans tous les sens pendant des heures, le verdict est sans appel : à défaut de révolutionner le genre et exception faite de quelques écueils aisément relayables au rang de détails, Project Diva f est un jeu de rythme d’exception. Fait indéniable. Ma chère Miku, ton autopsie n’est pas pour tout de suite, mais montre-nous quand même ce que tu as dans le ventre, ma mignonne.

 

Le game design de Project Diva est sensationnel. Plutôt que de faire descendre des touches sur l’écran en suivant la partie rythmique de la musique, Project Diva fait exploser ses notes en couleur sur l’écran, au rythme des paroles du Vocaloid utilisé. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne suit non pas le beat, mais les syllabes prononcées. Subtil hommage au synthétiseur de Yamaha, où la syllabe est la base de tout. Le gameplay du jeu est toujours aussi simple : on appuie sur la touche au bon moment, ou la bonne combinaison (touche + flèche directionnelle). C’est simple, mais ça fonctionne. Evidemment, certaines touches doivent être tenues et lâchées au bon moment, histoire de faire monter les combos et de gagner un max de point. Jusqu’ici, rien de bien nouveau. Cependant, Project Diva f marque l’arrivée des Scratch Zones, où l’on joue les notes à l’aide de l’écran tactile ou du panel arrière. Rapidement, on sera même amené à utiliser les deux, pour pouvoir suivre des tempos souvent soutenus.

Vous l’aurez compris, l’écran de jeu de Project Diva f, en plus d’être original, est souvent bien rempli. Tout est cependant parfaitement pensé, et une fois qu’on s’habitue à la quantité astronomique d’informations à l’écran (score, touche actuelle et prochaines touches, aiguille de tempo, jauge du combo, réussite de la touche, « HP », arrivée et fin de zones techniques, etc.), Project Diva f est clair comme l’eau de roche. Une belle leçon de jeu vidéo, qui étonnera même les habitués de la série, puisque cet opus Vita est bien plus complexe que ces prédécesseurs. Un régal.

Derrière tout ce beau monde défile le clip vidéo de la musique joué. Mettant en scène Miku ou un de ses copains, ils sont souvent mignons tout plein et parfois totalement barrés. Si vous accrochez aux univers Japonais un brin débiles, aucune doute à avoir : vous adorerez la partie graphique de Project Diva f.

Les personnages sont bien modélisés et arborent de nombreuses tenues (déblocables peu à peu). En revanche, on note que le développeur a choisi de garder la direction artistique des opus PSP, au grand dam des fans de la version PS3 et Arcade. Affaire de goûts, mais j’avoue être fan du design des épisodes de salon.

Le jeu est cependant très propre, détaillé sans être fouillis, permettant de toujours avoir à l’œil les informations à l’écran. Deux minutes et on s’y fait.

 

Jusqu’à aujourd’hui, j’avais un avis assez mitigé sur les setlists des Project Diva. Dans chaque titre, il n’y avait qu’une quinzaine de vrais bons titres, le reste étant souvent bien moins attrayant. Ce problème n’existe plus avec Project Diva f. Il n’y a guère qu’un ou deux titres des 32 morceaux qui me plaisent moins. Plus de Rock / Hard-Rock que de Techno cette fois, même si les adorables musiques débilos sont encore présentes. Oui, vous pourrez matraquer vos touches sur la musique du Nyan Cat. Sans déconner quoi. Les paroles des musiques sont la plupart du temps négligeables, cherchant davantage à être mignonnes qu’à vouloir dire quelque chose. Certaines sont cependant assez différentes, puisqu’on arrive à percevoir à travers elles les pensées du compositeur. Souvent axées vers l’isolement et le malaise ambiant régnant autour de la génération actuelle d’otaku, elles peuvent se révéler touchantes. Et c’est au moment où l’on se dit que ce jeu véhicule peut-être un message que Miku fait « miaou miaou » en montrant sa culotte, et qu’on comprend que non, en fait.

Le tout est proposé dans une excellente qualité audio, à laquelle les haut-parleurs médiocres de la Vita ont du mal à faire honneur. Préférez-leur le casque.

 

Cependant, tout n’est pas rose dans le joyeux monde des Vocaloid, et on sent clairement que SEGA tire à fond sur la corde otaku avec ce nouvel épisode. En plus de le proposer à un prix indécent (près de 75 euro au Japon), aucun doute sur le fait que le jeu proposera moult DLC, vendus au prix fort, comme dans les anciens opus. On sait que SEGA ne va pas spécialement bien, mais c’est à n’en pas douter une stratégie à court terme. Cela ne retire cependant rien aux qualités du jeu. Même chose pour la console en elle-même, dont les touches, plus petites que celles d’une PSP, forcent le joueur à être crispé sur sa console. En suivant des avalanches de centaines de notes à l’écran, la crampe ne met pas longtemps à se faire sentir. Les parties à jouer sur le tactile sont donc les bienvenues pour faire des pauses.

Le jeu propose de nombreux autres modes, avec en premier lieu le fameux Edit Mode. Créer sa propre chorégraphie, dans son propre stage, avec ses propres boutons, l’associer à sa propre musique, et l’échanger avec le reste du monde, ça n’a pas de prix. Cela rend même presque caduc l’achat des futurs DLC, si vous réussissez à télécharger et créer de bons morceaux. Cela confère donc à Project Diva f une durée de vie infinie, pour peu qu’on aime le titre. On ajoute à cela un mode AR mignonnet mais creux à souhait, une pièce à personnaliser, histoire que Miku se repose entre deux morceaux, et on se rend rapidement compte que le seul et unique intérêt de Project Diva f est son mode principal, couplé à l’Edit Mode par la suite. Encore heureux, c’est pour ça qu’on l’aime. Et pas qu’un peu.

 

Solide dans sa réalisation, profitant d’une setlist exceptionnelle, d’une difficulté progressive mais relevée, de graphismes chatoyants et d’un Edit Mode aux petits oignons, Project Diva f est à n’en pas douter le meilleur de la série. Arrivant à point nommé au Japon à un moment où les ventes de la Vita sont au plus bas, Project Diva f est indispensable pour tous les fans de jeux de rythme, ainsi que les curieux. Vous n’aurez pas grand-chose à lui regretter, si ce n’est une vilaine crampe en fin de session. Bien joué p’tite, et à l'an prochain.

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