God of War : Ascension sur PlayStation 3, le test de Sker

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Sker
8
Sker PS3

Le toboggan Grec

Sans crier garde, alors que la PS4 pointe déjà le bout de son nez, God Of War Ascension rentre à son tour dans la très rude bataille du Printemps 2013. Longtemps présenté comme un jeu multi, c’est pourtant un God of War comme les autres, dont la campagne solo n’est pas qu’une excuse pour vendre du jeu en ligne… bien au contraire ! Alors, épisode au top ou épisode de trop ? 

Je ne m’en cache pas : God of War est devenue en l’espace de quelques années l’une de mes sagas préférées. Je suis tout de suite tombé sous le charme de Kratos, un anti-héros comme on n’en fait pas assez. En assumant sans ciller sa violence et son insoumission à ces Dieux perfides qui le poussèrent à tuer sa propre famille, le Divin Chauve a immédiatement fait l’unanimité chez les joueurs. Il faut dire que la franchise a donné un sacré coup de frais aux beat’em all!  En se réappropriant la mythologie grecque,  Sony Santa Monica trouvait un terrain de jeu idéal pour sa brute : ennemis originaux, boss pantagruéliques, décors ultra variés, armes surpuissantes… la réinterprétation était parfaite, God of War rentrant immédiatement au Panthéon des franchises Sony. Sa suite sublimera la formule jusqu’à pousser la Playstation 2 dans ses derniers retranchements, dérochant au passage le titre officieux de chef d’œuvre de la saga. Malgré une longue attente et des promesses olympiennes, j’avoue pourtant avoir été un petit peu déçu par le troisième opus, que j’ai trouvé moins ambitieux que ses grands frères malgré les possibilités technologiques de la PS3. Quoi qu’il en soit, avec ses trouvailles de gameplay, sa technique implacable et son bestiaire varié, God of War III reste tout de même un jeu d’exception, souvent cité avec justesse comme l’un des incontournables de la machine.

Sa suite s’est faite attendre, à tel point qu’on pensait ne revoir Kratos que sur la prochaine génération. Mais non, lors du dernier E3, contre toute attente Ascension fut dévoilé, présenté comme une mini révolution pour la franchise grâce à l’introduction du jeu en ligne. D’ailleurs, la communication s’est exclusivement concentrée sur le on-line, jusqu’à nous faire douter de la présence d’un mode solo. Qui est bel est bien là, qu’on se rassure !

Je n’attendais qu’à moitié ce solo, un petit peu refroidi par le troisième opus et pas vraiment chauffé par la com’ plus que tiède de Sony… mais diantre que ça commence bien ! L’aventure prend place avant le premier épisode, alors que Kratos rompt unilatéralement son pacte avec Arès, ce qui évidemment le condamne à moult châtiments et punitions. Ses tortionnaires sont les Érinyes, qui le harcèlent moralement afin de lui faire changer d’avis, en le hantant jour et nuit avec la vision de sa famille. Barbé, Kratos part donc à la recherche d’un Oracle puis d’un Artéfact afin de stopper cette torture, aidé par un mystérieux bonhomme ressemblant au président Iranien (ou pas). L’histoire est clairement décevante pour un God of War, et se retrouve de surcroît plombée par une narration à la chronologie morcelée, idéale pour embrouiller le joueur.

Mais qu’importe, tant qu’on peut broyer tout ce qui passe à coup de chaînes ! De ce côté là, nous sommes servis : Kratos ne restera rarement plus de cinq minutes sans éventrer hargneusement la première chimère venue.

 

Le gameplay a connu quelques retouches, avec en premier lieu la possibilité d’agripper un ennemi à distance et de le baldinguer à bout de chaîne, pour le rouer de coups, s’en servir de bouclier ou le jeter sur ses comparses. Très bien implémenté aux commandes historiques de la franchise, cette option ouvre de nouvelles possibilités de combos, et permet surtout de faire rapidement du ménage sur le menu-fretin, particulièrement utile quand les ennemis mineurs viennent nous titiller alors qu’on combat un méchant costaud, voir un boss. Aussi, Kratos ne recevra plus d’armes secondaires, mais pourra se servir temporairement de celles qu’il trouve sur le champ de bataille, en pressant la touche rond. Ces armes sont finalement assez répandues, et certains combats seront plus aisés avec leur appui. Exit enfin l’ancien système de magie : désormais Kratos devra  équiper ses lames avec un des quatre éléments divins (la foudre de Zeus, les flammes d’Ares, les âmes d’Hadès et la glace de Poséidon), trouvés au fur et à mesure de l’aventure. Ces éléments se changent rapidement avec la croix directionnelle, et permettent dans un même combo de passer de l’un à l’autre. En sortant des enchaînements puissants, les coups des lames se parent, sans rien coûter, de feu, de glace, de foudre ou d’âmes. Classe. Comme avant, on upgraderas lames et « magies » à coups d’orbes rouges, leur évolution ultime permettant, enfin, de déclencher une super attaque.

Ces évolutions sont un peu déroutantes à prendre en main pour les habitués de la saga, mais deviennent vite intuitives et bien maîtrisé, le nouveau système de magie permet de faire de très gros dégats. Dans un sens, ça tombe bien car Kratos aura fort à faire. Après quelques minutes de jeu seulement, le premier boss pointe le bout de son immense nez… Aegaeon, une créature titanesque dont le corps sert de prison aux damnés vous attaquera d’entrée avec l’un de ses nombreux bras, qui fait à lui seul la taille d’un petit building.  Lors de cet interminable fight, on ressent pleinement tout ce qui fait la force de la série, et la scène rivalise sans honte avec les mythiques combats contre Poséidon ou face au Kraken.

Dommage qu’aucun des 4 autres boss du jeu ne soit de cet acabit, le dernier étant même très décevant malgré sa taille. La rencontre avec les charismatiques Castor et Pollux, pourtant aidée par une mise en scène de qualité, n’arrive pas non plus à s’élever au niveau de celle face au titan. On retrouve malheureusement ce manque d’imagination dans le bestiaire, anormalement maigre en ennemis ! Cerbères, Centaures, Gorgognes et Cyclopes sont bel et bien de la partie, mais ne font que de timides apparitions. Le gros Elépahntaure est la seule vraie nouvelle tête du casting, mais lui aussi ne nous rentrera dedans qu’à deux ou trois reprises, pas suffisant pour donner au joueur du fil d’Ariane à retordre. Etrangement, la majorité des combats se fait face aux ennuyants Satyrs, ces hommes-chèvres qui ne cesseront de se mettre sur la route du Chauve tout au long de son périple.  Celui ci est un peu court, peut-être qu’avec une ou deux scènes mémorables en plus ce sentiment d’aventure étriquée n’aurait pas eu lieu d’être.

 

Heureusement, les phases de plateformes, de puzzles et de bastons sont toujours aussi bien équilibrées, et c’est un encore un vrai plaisir de parcourir ports, cités et merveilles de l’Antiquité. Le jeu est superbe, la mise en scène léchée, le rythme excellent… mais on sent que la prise de risque a été minime pour le solo, le gros des efforts ayant été fournis pour le multijoueur.

Je ne vais d’ailleurs pas m’étaler sur le multi lors de ce test, car je n’ai pas vraiment accroché au concept. Mon manque évident de temps y est aussi pour quelque chose ! Mais j’ai quand même mis les mains dessus, et outre le classique mode horde, seul ou à deux, God of War Ascension propose pour son mutli un package complet : système d’expérience, cartes originales, modes de jeu variés… On reteindra entre autres le Faveur des Dieux, dont le but est de séduire les divinités en tuant, sécurisant des checkpoints ou en récoltant des orbes… Les niveaux sont truffés de pièges activables, de coffres voir de mostres géants qui’il est possible de contrôler pour maximiser le carnage. Les cartes ont été travaillées pour séduire les afficionados du genre, avec pas mal de stratégies et une bonne marge de progression. A voir si, vu l’offre pléthorique pour jouer en ligne, Ascension réussira à faire perdurer son multijoueurs dans le temps ! Mais en tous cas l’offre est consistante, et les serveurs assez peuplés…

 

Beau, nerveux, violent et prenant, ce God of War Ascension ne prend toutefois aucun risque, alors qu’on était habitué à ce que Kratos nous surprenne d’épisode en épisode. Cet opus manque aussi de moments forts pour entrer au Panthéon de la saga, et mis à part un premier boss de premier choix, le reste du bestiaire est clairement décevant. Malgré les retouches apportées au gameplay, on sent qu’il est certainement temps de faire évoluer la formule, Santa Monica commençant à tourner dangereusement en rond avec l’actuelle. Heureusement, avec l’Egypte, la Rome ou les pays Nordiques, il reste suffisamment de Divinités Antiques à tuer pour ne pas foutre tout de suite Kratos au chômage.

 

PS : mais pourquoi avoir implanté des phases de toboggan ???

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