Worms Revolution sur PC, le test de MeeK

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MeeK
2
MeeK PC

Worms Régression

Ahhhh la Playstécheune avec son Worms Armageddon, que de souvenirs ! Que de parties endiablées accompagnées de sucreries et autres boissons gazeuses les rudes journées d’hiver. Et que d’années à attendre une version téléchargeable gratifiée d’un mode multi-joueurs gratos. Puis vint ce jour, où me rappelant cette douce saveur suave de crêpes beurrées au Nutella, tel un Proust face à sa madeleine, je franchis le pas et me délestai de quelques n’euros sur PS3 avec le classique mais non moins excellent Worms 2 Armageddon. Les années ont passé mais le plaisir et le fun demeuraient intacts. Coup de batte, dynamite, corde ninja… Tout l’arsenal du parfait lombric s’offrait à nous. Malgré un mode réseau perfectible (obligation de réinviter après chaque round ; latence chez les uns et les autres), le jeu restait fluide et très plaisant à jouer.

2012, Team17 sort dans l’urgence son nouveau-né : Worms Revolution. Rien que ça. Que se cache-t-il réellement derrière un titre aussi pompeux ? Nouvelles armes ? Nouvelle façon de jouer ? Réelle « Révolution » ? Le fun serait-il toujours au rendez-vous ? Il ne m’aura pas fallu bien longtemps pour me rendre compte que le soufflé allait retomber aussi vite que mon engouement pour un titre acheté le D-Day comme disent les d’jeunz.

Me référant au seul site proposant le test du jeu lui faisant l’apologie du fun à bas prix, je ne me posai guère de question et téléchargeai de facto ce titre tant attendu. Premier effet Kiss(pas)cool, ça rame. Mais alors, façon breakdance. Pour une bécane qui fait tourner des titres comme God Of War 3, Gran Turismo 5, Uncharted et tant d’autres, on a du mal à comprendre qu’un jeu comme Worms, qui n’est en rien comparable, nous fasse saigner les rétines de désespoir. Les asticots se meuvent péniblement (et encore, je ne parle que des vers dits « de base »), mais ô Revolution, il est désormais possible d’effectuer le saut, anciennement arrière (en pressant deux fois la touche saut), de face. C’est effectivement plus confortable puisque cela ne nous oblige plus à faire un tour sur nous-même comme Actarus. Mais ce confort est trop peu appréciable puisque je le répète, ça rame, pour peu que vous déplaciez le curseur sur l’écran (ce que l’on fait 90% du temps dans un Worms) ou dans le menu des armes.

La 3D, parlons-en. Elle est dégueulasse. C’est moche. L’aliasing ferait passer Minecraft pour la quintessence de l’anti-aliasing et qu’est-ce que c’est brouillon ! On ne distingue rien. On a beau (dé)zoomer (ce qui au passage nous écarte de l’action), on se perd dans cet amas de textures dignes d’un jeu PS2. Et ce n’est pas cette soi-disant « eau » à l’aspect « gelée à la menthe » qui risque de justifier un seul instant le sous-titre de ce Worms.

Cette eau, si souvent mise en avant dans les missions tuto du mode solo, on n’y prête finalement que peu d’attention en mode multi-joueurs puisque le gameplay, que l’on nous vend comme révolutionnaire, est ankylosé par une mécanique qui nous oblige à rester sur place. La corde ninja d’abord. Devenue toute molle, elle ne sert plus à rien. Si dans les anciens Worms, on pouvait défier les lois de la physique et se dresser droit comme un I afin d’escalader une falaise tel Alain Robert sous extasie, ici on peste contre le manque évident de possibilités qui nous est offert, et surtout contre toutes celles qui nous ont été retirées. Vient ensuite le jet-pack. Utilisé à bon escient dans les anciens épisodes, on pouvait aisément se barrer d’un endroit propice à la pichenette. Désormais, il ne vous faudra pas moins de 3 jet-packs pour traverser la map. Quand bien même on arrive à décoller du sol (ce qui coûte la bagatelle de 30 points sur les 100 que compte le jet-pack), il ne sera pas rare de se retrouver étrangement bloqué dans un élément du décor sans pouvoir s’en défaire, et ainsi cramer ce qui nous reste de puissance. Oubliez la corde ninja, celle-ci ne pouvant plus être fixée qu’à quelques centimètres devant vous.

Reniflant chaque recoin de gameplay à la recherche d’une évolution (ce qui serait déjà pas mal, à défaut d’une révolution), je m’attarde sur les nouvelles armes. La télékinésie ? Oui, à condition d’être à côté d’un élément du décor qui s’y prête et qu’on sache quoi en faire… Ce qui n’arrive quasiment jamais en multi. Le Boggy B, qui consiste à viser juste (tel le jeu de fléchettes de ShenMue) nous rappelle que la révolution, c’est de rester planquer et d’allumer à distance. On retrouve la grand-mère explosive, la Sainte Grenade, l’Âne de Bronze, les bombes bananes. Bref, tout ce qui a fait le succès de la série depuis… bientôt 15 ans. On préfèrera également le shotgun au pistolet à eau qui, s’il ne remplit pas des crevasses, a au moins le mérite de retirer 50HP.

Et par pitié, ne mettez plus Gilbert Montagné à la bande-son. On esquissera bien un rictus au bruit flasque du worms qui se déplace, mais ça s’arrête là. Fini les rires, les « Abrutis ! » et autres Tada dadattadaaaa de la batte de baseball. D’ailleurs, ils ont tellement révolutionné leur titre qu’ils ont jugé nécessaire de faire l’impasse sur moults options de customisations. On pourra bien embellir notre avatar d’une moustache de paysan polonais, mais pas question de lui en mettre davantage. On aurait bien aimé qu’il ait la classe avec une paire de lunettes disco, mais non. Moustache ou lunettes, faut choisir. Et on aurait aussi aimé qu’il parle Français, comme à l’époque. Faudra aussi s’en passer.

Se voulant communautaire, Worms Revolution surprend encore plus lorsqu’on se rend compte du chemin de croix à parcourir pour jouer en multi local, notamment concernant le choix de l'équipe adverse (impossibilité de faire une équipe pour un ami hormis en créant un nouveau profil ps3 et en refaisant le jeu pour débloquer les vers). Pas très ergonomique tout ça.

On débloquera bien les 3 autres classes de vers, en se laissant convaincre d’un réel changement (exit l’évolution). Sauf que ça nous oblige à passer par le mode le plus chiant que le titre ait à nous offrir, le mode solo. 8 missions de tuto pour nous expliquer comment bouger de gauche à droite et utiliser le bazooka. Ce serait-y pas qu’on nous prendrait pour des assistés ? Cela ne nous suffisant pas pour débloquer ces fichus persos, on se saigne les veines sur quelques missions plus standards où la liberté nous est donnée d’affronter un CPU où la léthargie côtoie le foutage de gueule. Des chargements incompréhensibles suivis d’actions où le plus improbable s’associe aux coups de maître. Fort de nos 240 points (80 pour chaque vers), on fonce dans le mode personnalisation (qui rame aussi ; comme tous les modes de toute façon), on vire nos asticots de base pour ce que l’on pense être l’élite des annélides armées. On rêve l’instant d’un chargement qu’on va dézinguer notre pote en deux temps trois mouvements. Douche froide ! Le gros Malabar est trop fébrile (moi qui l’imaginais tel un tank) tandis que le Scientifique s’avère trop peu décisif dans son rôle de soigneur. L’Eclaireur quant à lui semble gonflé à l’hélium et saute plus haut, plus loin, mais sa barre de vie est en contrepartie amputée afin semble-t-il, d’équilibrer les affrontements. Soit. Reste qu’au final, on cherchera à faire chuter ses adversaires en dehors du décor sans se soucier de savoir quel type de Worm on a entre les mains, et ce à l’aide d’un bon coup de batte des familles.

Le prix ne justifie en rien qu’on se rue sur ce titre, puisque si l’on en croit les annonces de Team17, il faudra en débourser tout autant en DLC (à savoir 14 euros environ) pour pouvoir en profiter pleinement. Seuls les plus chanceux qui auront réservé leur version sur Steam peuvent bénéficier de Worms Armageddon. Un mal pour un bien.

La liste des choses à revoir est non-exhaustive et puisque le dîner est bientôt prêt, je vais m’arrêter là. Tout ce que l’on peut dire sur ce Worms Revolution, c’est qu’à force de vouloir rendre leur jeu plus « beau » graphiquement, en dépit de l’esthétisme que peut avoir un Worms Armageddon (où les graphismes sont certes épurés, mais ô combien léchés, clairs et rafraichissants), ils ont fait l’impasse sur l’essence même du titre, à savoir le FUN. Le rythme du jeu est d’une lenteur affligeante, les vers sont lourds, certaines armes sont devenues obsolètes tandis que d’autres demeurent inutiles. Un jeu sorti à la va-vite et qui n’est pas passé par la case bêta-test, tant les défauts sautent aux yeux dès les premières minutes.

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