The Last of Us sur PlayStation 3, le test de otacon74

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otacon74
8
otacon74 PS3

Tu connais Citizen Ken toi?

Le retour de la critique Doritos

Je vous le confesse, mes premières heures sur le jeu ont été laborieuses. J’avais cette joie de retrouver cette unique touche Naughty Dog : direction artistique fabuleuse, animations au poil et la promesse d’une grande aventure. Pourtant j’ai vite déchanté. Apres un prologue qui a quand même réussit à m’arracher une larme, 0 sur l’encéphalogramme et l’impression de me retrouver avec un DLC de Nathan Drake cross The Walking Dead. Avec 96 sur metacritic, je commençais à me dire que les critiques était retombés dans le syndrome Assassin’s Creed 3, à savoir sur-noter un jeu de merde. Mais c’était pour mieux me prendre une gifle plus tard.

 

Je ne suis pas ton père

L’aventure commence réellement après la rencontre avec Ellie, cette gamine sur la pochette aux faux airs d’Ellen Page. Oui The Last of Us c’est avant tout l’histoire d’une relation. Dans un monde dévasté par une pandémie (à l’origine, des champignons. Le coupable dénommé Toad est encore recherché à ce jour) l’humanité vit recluse dans des zones de quarantaines, une version post-pandemic du programme de Jean Luc Mélenchon. A l’extérieur c’est le far west : les survivants sont timbrés et les infectés sont vraiment moches. Mais la pandémie n’est que la scène d’un théâtre où se joue l’histoire de deux écorchés vifs qui vont apprendre à s’apprivoiser. C’est d’ailleurs poignant de voir comme leur relation entre en résonnance avec leur périple à travers des Etats Unis dévastés où la nature reprend ses droits. Les personnages sont extrêmement bien écris et incarnés à la perfection (du moins en VO). A la fin de cet exténuant périple, le joueur se lie d’une sympathie pour ses personnages fait de 0 et de 1, chose que l’on pensait réservée exclusivement aux meilleurs J-RPG.

 

No country for an old a guy and a teenager.

L’autre gifle vient de l’ambiance. The Last of Us est la représentation parfaite d’un univers post-apocalyptique. On a beaucoup cité The Road comme materiau source, mais les inspirations sont plus diverses (Children of Men, No Country for Old Men et bien sûr The Walking Dead). C’est un monde âpre, violent, primitif. Les hommes ne sont plus que des bêtes, la loi du plus fort prévaut, le danger est palpable à chaque recoin : Darwin aurait adoré. C’est simple, depuis les meilleurs épisodes de Silent Hill sur PS2 jamais on n’avait ressenti telle tension. Dans les moments d’exploration comme dans les affrontements, le joueur n’est jamais épargné. On sent le danger roder et prêt à s’abattre sur nous. Chaque session est éprouvante et jamais la clope d’après-partie n’aura été aussi salvatrice. Pourtant on y revient, comme un plaisir malsain. Sans doute un peu par masochisme mais surtout pour la narration et l’histoire qui nous y est contée. Et le gameplay dans tout ça mon général ? Dieu merci il est bien là.

 

Operation Intruder n313

Le gros du gameplay repose sur de l’infiltration. Chaque affrontement ne donne aucun droit à l’erreur. Joel n’est qu’un homme et deux ou trois balles suffiront à l’envoyer ad patres. De même la morsure d’un infecté qui est signe de game over. Ce petit côté die and retry pas déplaisant nous pousse à planifier sa stratégie. C’est amusant, prenant et la tension (encore elle) est palpable. Le système d’inventaire et de craft en temps réel renforce encore plus le sentiment d’urgence et d’insécurité. Après tout IRL, face à 4 gus armés on ne ferait pas les malins bien longtemps.

Toutefois si l’on gratte un peu force est de reconnaitre qu’il n’y a rien de bien révolutionnaire. Encore une fois Naugthy Dog livre un jeu magnifique visuellement mais assez pauvre sur le fond. L’infiltration, d’autre le font mieux (Arkham City pour ne citer que lui). Heureusement les stakhanovistes du high score se retourneront vers le mode survivor pour un vrai challenge ou chaque munition devra être utilisée avec la plus grande parcimonie.

 

Mais pourquoi est-il si méchant ?

Est-il besoin de vous rappeler que le jeu video c’est avant tout un gameplay comme de nombreux critiques semble l’oublier trop souvent ? Si on devait juger The Last of Us sur ce point uniquement je ne pourrais que vous recommander d’attendre les soldes pour vous le procurer. Je comprends toutefois tout le tintamarre autour du soft. L’œuvre prise dans son ensemble forme un tout cohérent. Narration et gameplay sont intimement liés comme rarement et l’expérience prend aux tripes jusqu’à une scène finale ambiguë qui enflammera les forums.

J’ajouterai qu’a l’heure des AAA qui se sentent obligés d’aller toujours plus loin dans la surenchère avec destruction d’immeuble quasi obligatoire sur le cahier des charges, après tout Uncharted du même studio on est l’instigateur, voilà la première grosse production qui se déroule sans quasiment aucune explosion. Mettre une fille sur la pochette du jeu, quelle hérésie ! Lancer une nouvelle IP alors que l’on croule sous les suites ? Allons-y ! Mettre en perso principal un quinqua sans supers pouvoirs ? Fonce coco ! C’est comme si Naughty Dog faisait un gros doigt a toutes les conventions marketing. Pendant qu’Hollywood se « jeux videolise » (sic) en mettant en avant des super héros, The Last of Us prouve que le jeu vidéo peut raconter une histoire tangible, sincère et poignante sans débauche de pyrotechnie. La prochaine fois messieurs de chez Naughty Dog, pensez juste à polir un peu plus le fond. A bon entendeur...

 

Verdict: It ain’t perfect but it’s a damn’ journey!

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