Killzone : Shadow Fall sur PS4, le test de Nightmare1984

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Nightmare1984
8
Nightmare1984 PS4

Bas les masques.

A chaque Killzone, Guerrilla Games met le paquet pour essayer de tirer à profit les capacités de la console; alors quoi de mieux pour Sony de faire appel au studio néerlandais pour le lancement de la toute nouvelle Playstation 4. Mais Killzone ce n'est pas qu'une vitrine technologique. C'est aussi une série atypique possédant un gameplay qui lui est propre, son univers riche faisant toujours références aux heures sombres du XXe siècle et un online qui n'a jamais cédé aux chants des sirènes «call of dutyesque». Avec Shadow Fall, Guerrilla veut renouveler la série. Faut-il s'en inquiéter?

 

En mode rafale...

 

Nous sommes en 2390. Soit trente années après le Terracide qui a provoqué la destruction de la planète Helghan. Ces habitants, les Helghasts, trouvent refuge, grâce à un accord passé avec l'ISA, sur la planète voisine: Vecta, leur ancien foyer... qu'ils devront partager avec leurs ennemis de toujours. Pour éviter toute nouvelle guerre, le gouvernement vectan a créé un énorme mur, séparant les deux camps sur toute la surface de la planète. La haine étant féroce entre les deux peuples, qu'un groupe dissident de Helghasts planifie des attaques terroristes de l'autre coté du mur tandis que la VSA envoient ses Shadows Mashall pour espionner et attaquer en signe de représailles le camps adverse. C'est ce dernier que l'on incarne du nom de Lucas Kellan. On peut y voir facilement une analogie sur la guerre froide ou le conflit israëlo-palestinien.

Shadow Fall ne s'appelle peut être pas Killzone 4 mais pourtant il s'agit bien de la suite du troisième épisode. Loin de moi l'idée de vouloir spoiler l'aventure, mais les néophytes à la franchise risque d'être un peu paumés. Et puis il faut dire que la mise en scène est un peu trop hachée, passant d'une mission à une autre sans vraiment de lien apparent au départ, qu'il fait perdre au joueur l'immersion. Pourtant il y avait tous les ingrédients réunis pour créer une histoire passionnante. Sans être bâclé, le scénario est trop vite expédié que les scènes touchantes ou qui portent sur la réflexion n'ont que trop peu d'impact sur le joueur. Ici il n'y a plus de méchants, ni de gentils. Lucas est un soldat qui obéit aux ordres sans état d'âme. Mais un soldat c'est avant tout un humain. Lorsque Lucas arrêtera de suivre les ordres aveuglement, il comprendra que l'équilibre diplomatique entre les deux puissances ne se résous pas uniquement avec une arme, mais avec la confiance. Mais à qui faire confiance? C'est ce côté psychologique et les motivations personnelles de Kellan à peine perceptible qui font cruellement défaut au personnage ne le rendant pas attachant.

 

Tapis dans l'ombre.

 

La grosse nouveauté de ce Killzone cuvée PS4, c'est la refonte totale du gameplay qui pourra déconcerter les fans de la première heure. Fini l'ambiance militaire où l'on incarnait un soldat au front épaulé par ses frères d'armes et place maintenant à un seul homme suréquipé envoyé derrière les lignes ennemies, recevant des ordres de son supérieur par radio, avec pour seul compagnon un drone multifonction. Ce dernier dispose de plusieurs capacités bien utiles rendant la tâche un peu moins ardu face aux Helghasts. Avec le pavé tactile, il suffira de sélectionner une direction et de valider avec la touche L1 pour demander au drone d'attaquer, d'envoyer une tyrolienne, de créer un bouclier fixe ou de lancer une surcharge d'énergie pour immobiliser un groupe d'assaillant. Mais il pourra aussi pirater des ordinateurs afin de couper des alarmes ou donner une dose d'adrénaline quand Lucas sera sur le point de trépasser. Lucas aura aussi la possibilité de voir brièvement à travers les murs où de ralentir le temps grâce une fois encore avec une dose d'adrénaline qu'il faudra trouver un peu partout dans le jeu.

L'aspect linéaire de la série a disparu, faisant place à des environnements plus ouverts comme on a pu le voir dans le récent Killzone Mercenary sur Vita. Il faudra désormais prendre en compte la verticalité des niveaux, d'ailleurs le héros pourra grimper sur des hauteurs à la force des bras. Le level design gagne en richesse proposant plusieurs chemins pour parvenir à nos fins, un peu à la manière d'un Deus Ex. Le joueur pourra tenter quelques approches furtives, mais malheureusement l'IA n'a pas été pensée en conséquence qu'au final on passe la majeur partie du temps à tirer dans le tas, dommage. En plus de ses grenades, Lucas pourra transporter seulement deux armes. Son arme de Shadow Marshall et une autre qu'il pourra remplacer à sa guise sur le terrain. Il est regrettable de ne pas pouvoir choisir l'arme de son choix en début de mission comme sur l'épisode Vita qui il faut l'avouer est plus jouissif niveau gunfight tout en proposant un gameplay moins riche... Malgré certaines phases un peu plus originales comme celle en chute libre ou en apesanteur, Killzone Shadow Fall a dû mal à se renouveler et devient par moment répétitif. La faute sans doute aussi à une mise en scène moins grand spectacle que ces aînés sur PS3.

 

Homo gêne?

 

Côté spectacle c'est surtout au niveau de sa réalisation graphique et sonore qu'il faut ce tourner. Killzone Shadow Fall offre un show son et lumière de toute beauté. Malgré quelques textures moches dans les arrières plans, des caches misères ou de l'aliasing par moment, le bébé de Guerrilla est magnifique et justifie le passage à la next gen. Le plus remarquable ce sont ces décors à perte de vue, le soucis du détails porté parfois à l'extrême (même les libellules sont modélisées avec soin), les feuilles des arbres qui bougent indépendamment au gré du vent, les effets de lumières énormes à tel point que les développeurs se sont fait plaisir à certains endroits etc etc... que je pourrai énumérer pendant longtemps encore tous ces aspects anodins mais qui définissent ce travail minutieux qu'ont réalisé les développeurs et le tout dans une fluidité totale.

Après le plaisir des yeux, vient celui des oreilles. Les bruitages sont carrément divins et frôlent la perfection! Le son des armes est flippant de crédibilité et les explosions feront rougir vos caissons basses. Dans les moments plus calmes il suffira de tendre l'oreille pour écouter le chant des oiseaux dans la forêt, le bruit du vent soufflant à l'approche d'un précipice ou le clapotis de la pluie au son différent selon la surface. Les doublages en français sont plutôt corrects dans l'ensemble même si la synchronisation labiale laisse à désirer. Un bémol cependant sur les musiques. Les Killzone ont toujours proposés des musiques faisant référence dans le monde vidéoludique. Mais cette fois, Joris de Man a laissé sa place à deux nouveaux compositeurs pour une approche plus différente. En effet les célèbres compositions symphoniques de la franchise ont laissé place à des sonorités plus discrètes, passant à de l'électro futuriste façon Mass Effect à des musiques tribales. Rien de mémorable. Pour finir sur un aspect plus technique, il n'est pas rare de trouver divers bugs notamment des objets en lévitation par exemple. Rien de dramatique non plus et aucun freeze n'est à signaler.

 

Echo logique.

 

Après avoir écumé la campagne solo longue d'une dizaine d'heures à la rejouabilité plutôt conséquente, Killzone Shadow Fall propose un solide multijoueur online. Contrairement à la logique des développeurs de faire table rase du passé de la saga, le online est un retour aux sources de Killzone et du deuxième épisode pour être plus précis. Il existe trois classes de soldats, chacun ayant ses armes et spécificités propres. L’Éclaireur adepte de la campouse, l'Assaut est le soldat polyvalent et le Soutien qui n'est ni plus ni moins le gros bourrin de service avec ses armes lourdes. Pour chaque classe, le joueur pourra choisir une arme principale, une arme de poing, des grenades, des capacités et des améliorations pour ses armes. Hormis l'armement, tout le reste se débloque en réussissant des objectifs. Si un télé-porteur vous plaît par exemple et bien il faudra réussir le ou les défis correspondant afin de le débloquer, et il y en a en tout 1595!!! Seuls les joueurs les plus doués seront récompensés et non plus ceux qui squattent le PSN jours et nuits.

Je ne vais pas passer en revu tout l'équipement que l'on peut avoir à sa disposition mais ça va du drone protecteur à la tourelle, en passant par le bouclier, l'invisibilité etc... Des améliorations ont été faites du côté des respawns. Après chaque mort on réapparaît dans sa propre base (si un joueur à la compétence de créer des points de respawn on peut choisir sa destination) qui est protégée par un champ magnétique impénétrable. Un bon point pour ne pas mourir inutilement. D'autres petits points noirs qui pouvaient faire grincer des dents les joueurs de Killzone 3 ont subit quelques corrections. Notamment pour soigner un partenaire. Il suffira de lancer son drone vers lui et attendre qu'il accepte. Résultat c'est rapide et le blessé peut attendre avant de se relever si un ennemi est encore dans les parages. Dans le même ordre d'idée, placer une tourelle se fait en un clique. Plus besoin de maintenir un bouton et rester vulnérable pendant de longue secondes durant la construction de cette dernière.

Si plus haut j'ai mentionné que le online était un retour à Killzone 2 c'est que chaque partie peut être customisée. Bien sur on peut choisir le match à mort par équipe ou le Warzone par défaut mais pouvoir choisir ses propres règles de jeu est vraiment grisant. Où comment transformer une partie bourrine en match tactique en paramétrant le tir allié sur «on» , en retirant les armes trop destructrices ainsi que les capacités voir même en supprimant la régénération. Chacun devrait trouver chaussure à son pied tant les possibilités sont nombreuses. Il est même possible de rajouter des bots et d'en choisir la difficulté. Guerrilla propose 10 cartes variées de grandes tailles au level design travaillé permettant aux 24 joueurs de se foutre sur la tronche joyeusement en utilisant plusieurs chemins pour contourner une situation. Malgré de jolies choses et un online stable, le multijoueur ne propose pas de système de clan et le mode Opération est aux abonnés absents.

 

Les plus:

 

- La réalisation.

- Les bruitages.

- Le level design.

- Le online.

 

Les moins:

 

- Un scénario manquant d'ambition.

- Un poil répétitif.

- Sorti trop tôt?

 

Killzone Shadow Fall est truffé de contradictions. Il propose une aventure plus psychologique mais ne va pas jusqu'au bout des choses, il propose une aventure avec un gameplay plus varié mais est aussi plus répétitif que ces prédécesseurs, il propose une réalisation next gen mais possède des bugs et un manque flagrant de finition par moment. Killzone Shadow Fall est un jeu de lancement d'une nouvelle console et ça se ressent... mais ça se ressent aussi que cette console c'est une Playstation 4!

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