Marvel Super Heroes Vs Street Fighter sur Arcade, le test de Le Gamer aux Mains Carrees

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Le Gamer aux Mains Carrees
Le Gamer aux Mains Carrees Arcade

Who on earth is Shuma Gorath ? !

 

LE FOND :


Petite devinette : qu’est-ce qui est vert, visqueux, qui n’a qu’un œil et plein de tentacules autour ?


Non, ce n’est pas un mexicain qui joue du banjo, ni un poulpe périmé échappé d’un mauvais sushi, mais l’un des principaux protagonistes de ce second crossover d’une looooongue et prestigieuse série.

 

 Car Street Fighter, tout le monde connaît, notamment grâce au très émouvant film avec Jean Claude Van Damme (difficile, en effet, de le visionner sans écraser une larme) et au très très émouvant film avec Kristin Kreuk (difficile, en effet, de le visionner sans écraser le dvd tout court), très prisé par les amateurs de paniers garnis bios et de soupe aux navets. Inutile, donc, de présenter les personnages jouables, d’une diversité à s’en retourner la tête à coup de mawashigeri : Ryu, Ken (Ryu en pyjama rouge, lui aussi adepte du Akaktoulakta) (il paraît que ça veut dire « Air Tatsumaki Sempukken » en langage de digit vocale, mais nos experts ne sont pas formels à 200 %), Akuma (Ryu en pyjama noir), Dan (Ryu en pyjama rose)… Neuf persos, rien que ça, dont pas moins de quatre Ryu !

Les amateurs du karatéka en auront pour leur argent (les différences entre ces quatre persos ne concernant que ceux qui savent jouer et/ou ceux qui lisent les livrets). Les autres pourront toujours choisir Zangief et faire comme d’habitude : changer au premier Game Over parce que même si nous respectons toutes les cultures et toutes les inclinations personnelles, nous n’aspirons pas forcément tous à jouer un russe coiffé à l’iroquois et vêtu d’un slip rouge, même assorti à ses bottes.

 

Marvel, tout le monde connaît aussi, ou tout le monde devrait connaître, ou en tout cas, tout le monde devrait croire connaître, car de toute évidence nul ne connaît vraiment (mais tout le monde suit, c’est déjà ça, n’est-ce pas ?). Car une fois face à la grille de sélection, c’est le choc. Spiderman, Hulk, Cyclope, Wolverine, ça va, on grandi avec, on se tirait la bourre au jardin d’enfant. Mais bon sang, qui peut être ce grand échalas de Blackheart ? ! Et surtout, surtout, la question à 200 euros :

 

QUI (ou quoi) PEUT BIEN ETRE SHUMA GORATH ? !

 

Quels comics peuvent bien lire les japonais pour trouver ce poulpe mutant (tout droit sorti de la cuisine perso de sir Lovecraft) plus représentatif de l’univers Marvel que le Docteur Fatalis, Lady Deathstrike ou le Super Bouffon ?

 De quoi nous transformer manu militari en journaliste d’investigation qui parle de lui à la première personne du pluriel, et nous pousser à mener une longue (cinq minutes montre en main : une éternité, sur la toile) et sordide enquête (sordide, parce que nous avons eu recours à Wikipédia. Oui, tout à fait, c’est moche)… ceci, pour découvrir que ce sympathique et néanmoins atypique  personnage, sous ses airs enjoués et quasi-inoffensifs, est en réalité une divinité démoniaque primitive chassée du plan terrestre par… Conan le Barbare en personne. Combattue maintes fois par le Docteur Strange ensuite.

Bon sang mais c’est bien sûr !

 

Pour de l’emblématique, ils ont choisi de l’emblématique ! Dommage qu’ils n’aient pas eu la place pour mettre Impossible Man (si, il existe, vous pouvez vérifier), Antman, l’Homme-Grille-Pain, Capitaine Sports Extrêmes (tm), l’Incroyable Normal-Man ou même le redoutable Square-Handed Player, tant qu’ils y étaient. Alors de deux choses l’une : soit ils n’ont pas eu de chance au moment où Marvel a vendu ses licences BD et ils se sont chopé celles dont personne ne voulait, soit l’équipe en charge du développement n’en avait rien à cirer du crossover et préférait bosser sur une suite officieuse de Darkstalkers, car ces deux derniers personnages (ainsi qu’Omega Red, lui-même tentaculé au carbonium) ont l’exubérance tant physique que combattive des fameux morts-vivants du titre susmentionné.

 

Mais la plus grosse surprise du casting reste encore à venir… car après avoir vaincu Apocalypse, le bad guy en chef et en plein écran, pharaon-immortel-cybernétique-dans-la-bonne-moyenne-de-la-faune-Marvel, on s’apprête à goûter un ending minimaliste et presque mérité (car en mode easy et en vitesse normale, c’est une promenade de santé)… au lieu de quoi on est invité à déguster les pains de… Cyber Akuma (Ryu en kimono noir, cosplayé en Optimus Prime, avec des bouts de métal agrafés dessus).

 

Cyber Akuma.

 

CY-BER-A-KU-MA.

 

 Un combattant rapide, retors, impitoyable, qui ne…

 

Oh et puis zut !


WTF !

 

CYBER AKUMA, BORDEL !

 

Avec, en sus, cette lancinante question :


POURQUOIIIII ????

 

Résultat : retour anticipé sur Wikipédia, nouvelle dose de sordide et d’explications dans le ton. Car ce p’tit malinou d’Apocalypse n’a rien trouvé de mieux que de cyborguiser Akuma pour en faire son fidèle et dévoué soldat. Et là, moi, je dis : chacun ses hobby, il n’y a pas à juger. Mais enfin, quand on est soi-disant un mutant immortel, génial et quasi-divin, je ne vois pas trop l’intérêt qu’on pourrait avoir à transformer UN sociopathe tout de pyjama vêtu en SD de Goldorak. Question plan de domination interstellaire, c’est un peu cheap. Si vous avez des tickets resto, envoyez-les donc à Apocalypse, pour l’aider à conquérir la galaxie. Ça lui remplira l’estomac et ce sera déductible des impôts.

 

Non parce que l’idée pouvait peut-être paraître séduisante, sur les papiers du savant fou qui lui a proposé le truc. Mais dans la pratique, c’est quand même Akuma avec une demi tête de Terminator, les ailes de Mazinger Z dans le dos et un fulguro-poing en caoutchouc-mousse, tellement balèze que dès qu’il change de côté, ses parties biomécaniques changent de côté aussi. Chuck Norris n’a qu’à bien se tenir.

 

La première seconde, on a envie de rigoler très fort. La deuxième seconde, on rigole plus du tout parce qu’on est game-over. Très souple sur ses appuis (pour un cyborg), Cyber-Akuma aura passé le combat à bondir d’un coin à l’autre de l’écran comme un marsupilami sous PCP, ce qui aura donné au joueur la désagréable impression de chasser une grosse mouche (cybernétique, mais ça n’a rien d’une consolation). Sans plus de résultat, d’ailleurs. Cyber Akuma n’est peut-être pas l’ennemi le plus crédible au monde, mais il est le plus fort. Impossible de le battre en faisant n’importe quoi. Sans compter qu’avec lui, cerise sur le gâteau, ça fait un cinquième Ryu au compteur.

 

Du luxe.

 

LA FORME :

 

Un poulpe vert vous a contrarié aujourd’hui au bureau ?

 

Des problèmes avec la cyber-machine à café de l’étage comptabilité ?

 

Défoulez-vous sans craindre le licenciement pour faute grave avec une partie de Marvel versus Street Fighter. Que vous soyez plutôt Marvel ou plutôt Street Fighter, vous aurez le plaisir de retrouver des visages familier, et de les faire se taper dessus jusqu’à ce que lassitude s’ensuive, ou qu’un doubleur hurle le nom de votre coup spécial avec la voix fiévreuse de qui est content d’avoir trouvé du boulot - même de courte durée -, ou que vous arriviez à Cyber Akuma et que vousvous trouviez forcé d’apprendre à jouer (ce qui est tout de suite moins fun, évidemment). Coloré et dynamique, jalonné de quelques clins d’œil sympas, mais pas forcément équitable dans la distribution des atouts et des handicaps, Marvel versus Street Fighter, en jargon technique de gamer, « poutre sa mémé ». Grave. Et c’est tout ce qu’on lui demande.

 

Sans doute les doubles sauts sont-ils un peu too much pour les frénétique de la manette… mais même en appuyant sur tous les boutons sans trop s’occuper de rien, c’est très rigolo et très gratifiant. On ne sort jamais l’attaque qu’on veut sortir, mais on en sort quand même, alors on est tout fier, même si l’adversaire s’en tire sans dommages. Les spécialistes du bourrinage auront même un gros avantage sur les non-spécialistes : en effet, faire n’importe quoi avec la manette à un jeu de baston 2D a tendance à vite ankyloser le poignet des novices, ou leur brûler la plante des pouces. Autant de petits détails qui garantiront la victoire aux moins doués mais aux plus acharnés d’entre nous.

 

Petit plus non négligeable : l’intelligence artificielle est une réussite du genre. Voir Cyber Akuma se planquer dans un coin et vous asséner Hadoken sur Hadoken après avoir repéré que vous aviez les mains carrées et que vous n’étiez pas fichu de sortir autre chose qu’un pauvre coup de pied en solde, ça vous rappellera vos meilleures parties avec vos copains lourdingues adeptes de l’anti-jeu.

 

Et ça, ça n’a définitivement pas de prix.

 

Pour tout le reste, il y a...

                                                             CYBER AKUMA, bien sûr !

 

VERDICT

 

Joueur pourvu de mains normales : 15/20                                                            

Joueur pourvu de mains carrées : 17/20

 

Carré :

 -         Shuma Gorath

-         Cyber Akuma (au deuxième degré).

-         Fluide, technique, rythmé et coloré.

-         Facile à prendre en main (en mode easy et vitesse normale, s’entend).

-         Pas trop moche (comparé aux King of Fighter sur PS2).

-         Des temps de chargement qui laissent le loisir de se faire cuire des pâtes, ce qui est très pratique quand on a faim.

 

Pas carré :

 

-         Cinq Ryu à collectionner

-         Cyber Akuma (au premier degré)

-         Relativement peu de personnages, comparé aux jeux 2D actuels

-         Pas aussi technique que les moutures récentes

-         Intitulé de titre beaucoup trop court et lapidaire quand on est habitué aux « Street Fighter W Z 3 Prime Turbo Express From Outer Space Alpha »

-         Des temps de chargement qui laissent le loisir de se faire cuire des pâtes, mais moins que ceux des King of Fighter sur PS2, ce qui est moins pratique quand on a faim.

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