Vigilante 8 sur Nintendo 64, le test de Ravenous Raccoon

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Ravenous Raccoon
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Ravenous Raccoon N64

American dream

Quelques jours après la sortie européenne du nouveau Twisted Metal, il est de circonstance de revenir sur l'un des grands rivaux de cette série mythique des années 90 : Vigilante 8 (V8). Jeu de combat motorisé dû à une équipe de cinq personnes du développeur américain Luxoflux, V8, spin-off console d'Interstate '76, sort en 1998 sur PlayStation avant d'être porté l'année suivante sur Nintendo 64 et Game Boy Color. S'éloignant de la série Twisted Metal par son côté funky puisé dans la culture américaine des seventies, V8 est un concentré de fun à côté duquel il serait dommage de passer.

 

Choc pétrolier

Vigilante 8 nous plonge dans un passé alternatif qui entretient cependant des liens avec l'histoire réelle. Se déroulant dans les années 1970, le jeu met en scène une Amérique économiquement affaiblie par une crise du pétrole mondiale qui attise la désobéissance civile, les violences et le recours au terrorisme. Engagé par un consortium pétrolier étranger, un groupe de mercenaires (les Coyotes) est payé pour aggraver encore le chaos qui s'est emparé du pays.

Un homme se dresse alors contre eux : Convoy, le routier moustachu. S'entourant d'une bande de justiciers à peu près vertueux (les Vigilantes), il décide de mener une guerre sans merci contre ces Coyotes qui l'empêchent de sillonner paisiblement les grands espaces américains à bord de son semi-remorque. Un idéal noble s'il en est, et qui mérite bien de froisser un peu de taule.

 

De la dynamite

Voilà donc le prétexte employé par Luxoflux pour mettre en scène des véhicules armés jusqu'aux dents qui s'arrosent joyeusement de rafales de mitrailleuses, de missiles, de mines et autres rayons laser pour notre plus grand plaisir. A la grande diversité des armes normales s'ajoutent des armes spéciales uniques à chaque personnage (un principe bien connu des amateurs de Twisted Metal) dont le déclenchement s'accompagne d'une petite phrase mémorable de la part du conducteur.

Mais c'est surtout le système de combinaisons de touches permettant de sortir deux coups spéciaux par arme (en plus du mode de tir normal) qui donne une grande profondeur et une indéniable nervosité au gameplay de V8. Un peu à la manière d'un jeu de baston, on se surprend à enchaîner les "gauche, bas, droite, gâchette" et autres "bas, haut, haut" afin d'employer utilement nos munitions. Du mortier qui déforme le sol au missile employé comme turbo, en passant par le canon qui fait gicler vos cibles à plusieurs dizaines de mètres sans aucun souci de réalisme, les attaques ne manquent pas de panache et évitent au joueur le sentiment de lassitude trop souvent associé à une session d'un jeu de combat motorisé.

Fun. Voilà comment caractériser le gameplay de ce V8, et il est fort appréciable de constater que sur N64 la technique suit, quasiment sans chutes de frame rate, même après l'augmentation de la résolution due à un éventuel expansion pak (pas nécessaire pour jouer mais toujours agréable). Le jeu est coloré, rapide, rarement brouillon et souvent bourrin, bien qu'une grande dose de talent soit nécessaire pour remporter la victoire dans le mode de difficulté le plus élevé.


Une tranche d'Amérique

Comme je le laisse entendre depuis le début de ce test, V8 est profondément nourri de l’histoire et de la culture américaines, particulièrement de celles des années 1970. C’est surtout net dans le choix des niveaux proposés, assez largement destructibles, qui vous emmènent aux quatre coins des Etats-Unis réaliser des missions de protection ou de destruction, seul ou en coopération (à deux en écran splitté). Sont ainsi au programme : les casinos de Las Vegas, les montagnes du Colorado, des champs pétrolifères, un cimetière d’avions, la cambrousse californienne, un barrage hydraulique, une ville fantôme traversée par un train destructible (oh yeah !), un canyon parsemé de ruines et quelques niveaux secrets (dont l’un met en scène le siège d’un château fort dans un monde merveilleux, avec des cochons qui se transforment en papillons lorsqu’on les dégomme !).

L’ambiance sonore colle à merveille aux niveaux et, si les bruitages sont de bonne facture, ce sont surtout les musiques qui restent en mémoire. Mélange de disco, de funk et de rock plus ou moins pesant, la bande-son participe ainsi grandement à l’immersion dans ces années 70 revisitées. Les 13 personnages jouables (tous plus ou moins dérangés) et leurs véhicules respectifs sont également très marqués seventies. Au volant des muscle cars, van, pick-up, camion, bus scolaire ou encore soucoupe volante (!) se font face routier, joueur de Vegas, extra-terrestre, hippie, agent secret, pyromane, roi du dance floor, apiculteur ou bien gamins rebelles. On le voit, c’est toute la culture populaire américaine de la deuxième moitié du XXe siècle qui passe à la moulinette dans Vigilante 8, sans trop de souci de réalisme, mais avec un objectif manifeste de créer un jeu fendard où les références culturelles abondent.

 

D’une durée de vie convenable pour un jeu du genre, Vigilante 8 évite l’écueil de la répétitivité et de l’ennui grâce à son gameplay profond et à son ambiance formidable. La diversité des modes de jeu sur N64 (sûrement la meilleure version), le fun constamment renouvelé en jeu et les références culturelles abondantes, alliés à un humour parfois douteux mais toujours savoureux, assurent à Vigilante 8 une place de choix dans la hiérarchie des jeux de combat motorisé. Aujourd’hui, comme en 1999, Vigilante 8 reste une perle rare, de celles qui sentent l’essence, les grands espaces et la moustache.

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