Dragon Age : Inquisition sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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Propre et lisse

Dans le monde de Bioware, un humain peut détester un Schtroumpf (je sais plus le nom des E.T. à la peau bleue dans Mass Effect, désolé...), par contre un Blanc ne détestera pas un Noir et vice et versa. Comme ça on dénonce le racisme, mais de loin, on évite dans les dialogues les mots qui pourraient choquer, genre Face de Craie, Bougro ou Négnoule. On déteste pas les homos non plus dans Mass Effect, même que dans le 3 Shepard devient bi (mais avant non, me demandez pas pourquoi). Pas de machisme non plus. Bioware se veut progressiste, mais il a une peur bleue de remuer les sujets qu'il aborde, ainsi attribuer une haine quelconque à un personnage ne se fait pas de peur qu'il y ait confusion entre les opinions dudit personnage, et celles du jeu, de ses créateurs. J'appelle ça perso du politiquement correct, voire de la démagogie, la prise de risque minimum. Cet espèce de truc qui se fond dans la masse avec zéro personnalité, zéro défaut, zéro saveur, et se présente humblement comme un modèle de Bien absolu, sorte de Florent Brunel du jeu vidéo.

Avec Dragon age Inquisition c'est pareil. C'est un monde de fantasy pure, sans écho avec le réel contrairement à Tolkien ou même plus récemment The Witcher. On peut faire ce qu'on veut, femme ou homme, Elfe ou humain ou Nain ou Grotoro Mauve, Blanc ou Noir ou Jaune, hétéro ou homo, voleur ou chevalier ou Mage. La suite sera tellement lisse niveau dialogues que ce perso insignifiant pourra épouser n'importe quelle situation, puisque la trame est sans contrastes ni nuances. Votre triste et terne avatar sera noyé parmi une quantité de clones servant de PNJs, avec un seul gabarit par race, et des faces de cons car modélisées sans support réel.

Et vous voilà le seul (ou la seule) survivant d'une explosion... verte. Drôle de choix de couleur. Y'a des Brèches dans le ciel, comme des cristaux verts, ça ouvre sur le monde des démons, et vous, vous êtes l'Élu. Merci d'éviter les clichés. Vous devez refermer les Brèches grâce à une marque sur la main, car quand même c'est presque la fin du monde quoi, mais vous pouvez aussi chasser des lapins pour le PNJ qui meurt de faim. Oui car un Élu a d'une part juste ça à faire, puis le type qui meurt de faim, au lieu de lui payer un arc pour qu'il aille chasser tout seul sur du long terme, tu lui rapportes trois lapins puis après tu changes de campement. Logique, implacable.

Quand on vient de jouer consécutivement à The Witcher 2 et Metal Gear Solid 5, des titres avec un game-design solide où les actions proposées tentent d'avoir un sens, et où les personnages, définis, ont de la personnalité, il est très difficile de revenir à la soupe indigeste habituelle, avec son gameplay ni vraiment temps réel, ni vraiment pause active, dans un mélange bâtard des deux qui tend vers le hack'n slash monotone avec une quantité monstrueuse de quêtes sans intérêt narratif ni ludique. On court après l'XP, espérant que la prochaine compétence débloquée rendra le jeu meilleur. Mais non.

Le jeu auquel on a joué cinquante fois, même quand c'est la première fois qu'on touche au genre.

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