Assassin's Creed : Revelations sur PlayStation 3, le test de Hakayami

Publiez votre test
Signaler
Hakayami
8
Hakayami PS3

Le retour aux sources?

Je fais partie d'une minorité de joueurs pour qui l'ambiance et l'immersion du premier Assassin's Creed font de celui-ci mon épisode favoris devant les nombreuses innovations techniques des jeux qui ont suivis. Je dois avouer que cet Assassin's Creed Revelations m'a plutôt surpris. J'ai été plutôt déçu de AC 2, assez mitigé sur Brotherhood mais pour ce dernier épisode du papy Ezio, mon appréciation a grimpé en flèche. Merci à l'effort sur l'immersion, la cohérence du gameplay vis à vis à l'environnement et ce dépaysement vraiment saisissant.

NB : durant ce test, je ne parlerai que du mode solo. Payez-moi 10 euros de plus et je vous parlerai peut-être du multi (mais soyons clair messieurs de chez Ubisoft : j'ai acheté le jeu neuf et j'ai accès au multi. Mais je trouve honteux d'utiliser un stupide pass online qui, si il est déjà utilisé, ampute la moitié du jeu. Autant faire pareil avec les test lolilol...) ahem. Je m'égare. Plus sérieusement, je reparlerai peut-être du multi beaucoup plus tard sur mon blog.
NB 2 : Une version plus lisible de ce test est disponible sur mon blog.

Ce que j'ai vraiment aimé dans le premier opus, et vous pouvez retrouver cela sur mon blog, c'est m'immerger complètement dans l'univers. On avait vraiment l'impression de jouer un assassin et non un meurtrier vengeur coureur de jupon mais qui a décidé de se reconvertir dans le terrorisme contre le pape. Pour le coup, la découverte d'un nouveau terrain de jeu qu'est Constantinople a été une vraie claque pour ce nouvel opus. J'insiste. Les pnj sont plus vivant que jamais : on entend vraiment les conversations lorsqu'on passe à côté, les dialogues sont suffisamment varié, les pnj assassins ne sont pas que décoratif, des évènements aléatoire peuvent vous surprendre (un dissident anti-assassin), etc...

Avant d'aller plus loin, rappelons brièvement l'histoire. Ezio Auditore se fait vieux et a terminé sa quête de vengeance, il décide de partir en quête en marchant sur les pas de son ancêtre Altaïr, considéré comme étant une légende chez les assassins. Du jamais vu dans les jeux vidéos, Ezio devra chercher cinq clés cachés quelques part à Constantinople pour ouvrir la porte qui lui révèlera les secrets d'Altaïr. Dès son arrivé dans la ville, les assassins du coin l'accueillent à bras ouvert, au point de l'appeler « Mentor » avec respect. Bref, ce n'est pas vraiment Ezio le chef mais les assassins le considère déjà comme tel.
L'avantage d'avoir une petite fraternité à ses ordres, c'est qu'on peut, comme dans Brotherhood, les envoyer se battre à notre place. Mais ce que j'ai apprécié, et cela paraît dérisoire, c'est que pendant les missions avec les disciples, on les voit vraiment! L'IA contrôle vraiment nos disciples comme de vrai assassins! Cela paraît anodin, mais enclencher une quête principale qui demande de se rendre à un point B, de voir des pnjs assassins courir sur les toits en direction de l'objectif, et de pouvoir les suivre... cela procure une sensation qu'on aurait aimé avoir depuis AC 2! Sachez que les courses avec les pnjs qui défient Ezio, se déroule vraiment comme une course! Et non plus tout seul avec un stupide timer au dessus de la tête! … tout ces efforts sur l'immersion, semblent rien mais ont fait toute la différence à mes yeux. D'ailleurs, concernant nos disciples assassins, on peut les entraîner jusqu'au rang de maître assassin. Ceci se traduit par une quête annexe qui demandera d'interagir directement avec le disciple qui se fera une joie de vous exposer la situation dans laquelle il se trouve. A vous, mentor de la confrérie des assassins, de l'aider à maintenir la notoriété et le crédo tant aimé. Encore une fois, cela paraît inutile mais ces quêtes se font vraiment aux côtés d'un assassin contrôlé par l'IA! Le travail d'équipe, vous connaissez? Rien que le fait de suivre la cible par les toits, pendant que mon disciple le suit à pied (l'inverse est aussi possible), je me sens vraiment dans la peau d'un maître assassin.

Côté gameplay, celui-ci est calqué sur Brotherhood : on a toujours des disciples un peu trop fort, les séries d'assassinats uber cheated (le fait d'enchaîner un kill après l'autre juste en appuyant sur un bouton) et pratiquement les mêmes attaques. A cela, on ajoute une lame-crochet qui peut éventuellement varié l'action à l'écran, sans pour autant être indispensable. Elle facilite encore plus la grimpette, permet d'utiliser des tyroliennes afin de gagner du temps, et peut rattraper un saut in extremis. Malgré ces ajouts qui simplifie clairement le jeu, les gardes se montrent étonnement plus dur à battre. Ils possèdent plus de capacité qui rend les combats moins évident. Je pense par exemple aux janissaires qui esquive plutôt bien, ont un pistolet en main, et se défend comme un pro. Dans Brotherhood, je ne m'étais jamais senti en danger pendant un combat, je partais toujours confiant et j'alignais les corps les uns après les autres avec une facilité déconcertante. Eh ben dans Revelations, je peux vous assurer que j'ai tourné huit fois ma langue dans ma bouche avant de défier un camp de janissaires. Pour la première fois dans un assassin's creed, je me suis senti obligé de la jouer discret (sans compter les objectifs secondaires qui le demandaient spécifiquement). Ceci est suffisamment remarquable pour le noter.

Ensuite, encore dans la ligne des nouveautés du gameplay, il y a la gestion des bombes. La création d'une bombe est étonnement simple, et on se retrouve à essayer un peu n'importe quelle ingrédients histoire de voir ce que cela va donner. Grosso modo, on a trois types de bombes : celles qui tuent, celles qui font diversion, et celles qui diminue l'efficacité des ennemis (aussi appelé bombe tactique). Ezio ne peut en porter trois de chaque type sur lui, il faudra se montrer assez conservateur car l'utilisation abusive des bombes pourraient vous porter préjudice lors des phases de discrétion. En effet, sur ce dernier point, les bombes sont ô combien utile. D'ailleurs, cela me permet d'arriver sur le point de la discrétion : il y en a beaucoup plus que dans Brotherhood. Même si cela manque encore d'améliorations par ci par là (pourquoi diantre n'a-t-on pas de moyens pour endormir les gardes? Solid Snake et Sam Fischer le font bien, eux.), notamment au niveau de l'IA, se la jouer Ezio discret est... changeant. Presque innovant (et pourtant, cela devrait être naturel depuis le début, roh!).
Concernant les objectifs secondaire, lors de mon test sur Brotherhood, j'ai pu faire mon caca nerveux pour dire à quelle point c'était atroce. Pour Revelations? Je suis surpris. Les synchronisations totales ont vraiment de la cohérence! MY GOD! Elles ont vraiment un sens avec l'objectif principal, et poussent vraiment le joueur à jouer correctement. Autant celles-ci m'avaient plombé mon immersion dans Brotherhood, autant cette fois elles ont renforcé mon immersion. Diantre, pourquoi n'avait-on pas ça plus tôt?! Un seul mot me vient à l'esprit : alléluia!

Ensuite, j'aimerai parler des repaires d'assassins. Un peu comme les tours borgia, il faut déloger (et tuer) le capitaine des templiers d'un territoire avant d'allumer les feux de replis, qui feront comprendre aux templiers qu'ils ne sont plus la bienvenue dans le coin. Mais si Ezio se fait trop remarquer, la vigilance des templiers augmente jusqu'à ce qu'ils attaquent le repaire. Et là, vient une phase bien différente de l'esprit Assassin's Creed : les tower defence. Oui, comme le jeu flash que l'on trouve sur la toile. Ezio, mentor de la confrérie devra placer des assassins qui feront office de tourelles durant les nombreux assauts de templiers aux sols. J'avoue que ces phases sont plutôt sympathique puisqu'ils changent de la routine Assassin's Creed. Vraiment agréable mais affreusement peu présente sans possibilité de les recommencer. Et pourtant elles sont sympa à jouer! D'ailleurs, concernant la vigilance des templiers, on ne peut plus la diminuer en enlevant les affiches aux endroits improbable pour la simple et bonne raison que ces affiches ne sont plus. Par ailleurs, rénover une échoppe remonte aussi cette vigilance des templiers, poussant ainsi le joueur a être plus prudent dans ses actions qu'autrefois. Appreciable.

 

Bref, ce que je reprochais à Brotherhood (facilité, objectifs secondaire, immersion) ont été corrigé. C'est pour dire à quelle point Revelations m'a surpris. Mais maintenant que j'ai finis la partie où j'en fais l'éloge, voici venu les petits défauts qui font que ce test n'a que quatre étoiles au lieu de cinq.

D'abord, Altaïr. Un peu comme catwoman de Batman Arkham City, ce bon vieux Altaïr est... incroyablement très peu jouable. En fait, toute la communication pour dire que les deux assassins (Ezio et Altaïr) sont à part entière dans le jeu était un tissu de mensonge. Vous ne jouerez Altaïr que cinq ou six fois, pendant cinq minutes (voir moins) à chaque fois. Pas plus! Ensuite, parlons de ce bon vieux Desmond Miles en l'an 2012 : lui aussi, on le joue très peu de fois. En vérité, dans le jeu, un peu comme les plumes de AC 2, sont cachés des fragments d'animus à collecter. Si vous en obtenez un certain nombre, une séquence où l'on joue Desmond est disponible dans l'animus. Eh beh... Sans spoiler, on est assez surpris (mais dans le mauvais sens, cette fois!) pendant ces phases de jeux. Desmond prend la voix du narrateur et nous raconte sa petite vie pendant que l'on joue à un jeu qui est le croisement douteux entre Matrix, Portal et Splinter Cell Conviction. Je n'ai pas trouvé mieux comme rapprochement mais pour vous garder la surprise, ces phases sont effectivement changeante mais... dénué d'enthousiasmes. Jouer Desmond a été une vraie torture pour moi, et je n'arrivais pas à me concentrer soit sur les paroles du personnage, soit sur le jeu. Bardis! Je veux le nom de l'idiot qui a eut l'idée de ces phases de jeu! Pourquoi n'ont-ils pas garder un truc simple façon entraînement dans l'animus de AC Brotherhood?!

Ensuite, l'histoire n'a absolument rien de palpitant. On regrette l'absence de figure emblématique du camp des templiers façon Borgia. On regrette aussi le manque de charisme des personnes secondaires, qui sont là que pour faire décoratif. Bien sûr, l'histoire garde toutefois une ou deux petites surprises assez anecdotiques. A croire que papy Ezio n'a plus rien à raconter devant le feu de la cheminé? Vraiment, si vous achetez Revelations pour le scénario, préparez-vous à être déçu. Toujours sans spoiler, la fin est elle aussi décevante. Quand on pense aux fins de chaque AC qui se terminait en mode WTF-je-veux-savoir-la-suite, on reste affreusement sur notre faim. Bien sûr, j'ai eu un très léger pincement au cœur en voyant Altaïr pour la dernière fois (bon, ça y est? Vous allez le laisser reposer en paix, maintenant?), mais quand on voit l'épilogue d'Ezio... Zut. Pourquoi le jeu s'appelle-t-il Revelations? Je m'attendais à du lourd avec un titre pareil. Je suis déçu.

Enfin, le dernier point regrettable est sans doute le manque d'innovations. Évidemment, j'en ai cité quelques uns durant ce test, et elles sont admirable. Mais, où est le reste? Si on devait résumer ce qu'on fait dans AC Revelations, je répondrais qu'on fait la même chose que dans AC Brotherhood où on faisait déjà plus ou moins pareil que dans AC 2. Les plus réfractaire de la série diront que c'est le même jeu que l'on joue depuis trois ans. D'un côté, ils n'ont pas tort. Si vous faites partie des joueurs qui n'ont pas aimé Brotherhood, il y a de forte chance pour que vous n'apprécierez pas cet AC Revelations. Il est vraiment temps qu'Ubisoft se pose des questions sur leur série, si elle veut continuer à ramener plus de joueurs. Car oui, les néophytes eux, risquent d'avoir du mal avec ce nouvel opus. Je sais que les didacticiels des précédents Assassin's Creed n'était pas fameux, mais celui de Revelations est... mauvais. On se retrouve trop souvent à manquer une information comme dans le tower defence (j'ai finis le jeu sans savoir qu'on pouvait dépouiller les corps pour monter le morale des troupes, et aussi en ignorant la possibilité de tirer des cannons d'artilleries...), alors pour ce qui est d'apprendre tout l'essence du gameplay, je pense que le nouveau joueur aura beaucoup de mal si il n'a jamais joué à un seul Assassin's Creed de sa vie. C'est simple : il y a trop de choses!

 

Les plus :
- L'immersion et la cohérence du gameplay, enfin!
- Le dépaysement d'une nouvelle région.
- Des quêtes annexes intéressante.
- La difficulté enfin réhaussé.

Les moins :
- Des bugs de l'IA (plus que dans Brotherhood)
- L'IA tout court (autant que dans Brotherhood)
- On fait la même chose que dans Brotherhood.
- Altaïr, Desmond, le sujet 16 et le scénario aux oubliettes.

 

En conclusion, je dirais qu'Assassin's Creed Revelations est un épisode plutôt surprenant pour son immersion. Je me suis surpris moi-même à perdre une heure de jeu à ne faire que marcher, sans aucun HUD à l'écran, le long des ruelles. Le dépaysement est saisissant, et agréable. A quelques exceptions près, c'est la première fois, depuis AC 1, dans lequel on peut enfin faire tout le jeu sans rien d'afficher à l'écran! Même si cela est un petit peu redondant, on prend plaisir de contrôler Ezio pour la troisième et j'espère la dernière fois.
Bref, Ezio, c'est le papy dont le cris de douleur résonne dans la caverne, dont les bombes et le pistolets font un vacarme pas possible et qui s'entendent très bien à l'autre bout de la salle, mais qui arrive quand même à être discret face à des templiers visiblement sourd, aveugle et stupide. Bon, il reste apparemment du travail, mais AC Revelations est vraiment bon.

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Vos tests de Assassin's Creed : Revelations

tous les tests