Discworld sur PC, le test de Shauni & Myster Mask

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Shauni & Myster Mask
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Shauni & Myster Mask PC

Idées noires (Discworld Noir)

En ces temps où tout le monde n’a d’yeux que pour un certain « L.A Noire » (moi y compris, j’avoue), je me suis dit que parler d’un autre jeu à ambiance de film noir serait bienvenu.

Je me souviens… C’était une froide soirée d’hiver, la pluie tombait depuis quelques jours sur la ville et j’étais dans mon bureau en train d’attendre que le temps passe. C’était une après midi qui avait l’air comme les autres, les affaires ne marchaient pas vraiment et j’avais 2 mois de loyer de retard. J’allais me servir un verre de whisky quand soudain quelqu’un entra. Quelqu’un ou plutôt quelqu’une car oui mon visiteur était une femme, le genre de femme qu’on croirait tout droit sortie d’un film d’Hollywood. Le genre de femme avec une paire de jambe interminable, le genre de femme qui attire tous les regards sur elle. C’était surprenant de la voir dans mon bureau, ce genre de femme ne fréquentait généralement pas le quartier bizarre où je travaillais, elles ne fréquentaient généralement pas les endroits où les gars comme moi se trouvaient.

Elle s’avança vers moi et me dit quelques mots : « Myster Mask ? J’ai besoin de vous. »

Ce n’était pas tous les jours qu’une aussi jolie femme avait besoin de mes services, je lui demandai donc en quoi je pouvais lui être utile. Elle mit un petit paquet d’argent sur mon bureau, ainsi qu’un jeu vidéo, puis elle prit la porte en me disant qu’elle me reverrait quand j’aurais fait mon travail.

Le jeu vidéo que j’avais entre les mains répondait au nom de « Discworld Noir ». Devant cela, je me mis à sourire car c’est une vieille connaissance que je retrouvais là. Discworld - ou plutôt le Disque monde en français - est un univers créé par le génial écrivain britannique Terry Pratchett. Cet univers du disque monde est de l’héroïque fantaisie qui a la particularité d’avoir des personnages totalement barrés et décalés, ce qui ajoute une bonne dose d’humour absurde dans le genre Monty Python aux récits narrés par M. Pratchett. Si vous voulez vous lancer dans la lecture de ces excellents romans je vous conseille : « Mortimer », « Au Guet ! », « Accro au Roc » ou encore « Eric, Faust ». Deux jeux avaient déjà pris place dans cet univers « Discworld » et « Discworld II : Mortellement votre » qui étaient de très bons Point n’Click assez durs, avec des énigmes parfois très illogiques dans lesquels on incarnait le célèbre magicien raté Rincevent.

Pour ce troisième épisode, tout change. Vous n’incarnez plus Rincevent mais Lewton, et bien que vous soyez toujours dans le Disque monde et dans la ville d’Ank-Morpork, la magie se fait moins présente pour laisser place à une vraie atmosphère de film noir qui prendra des allures Lovecraftiennes bien plus tard. Le fait que la magie soit présente est finalement une bonne chose car on obtient une ambiance originale qui est bien trop rare : celle d’un film noir prenant place dans un monde fantastique.

Discworld Noir commence sur les chapeaux de roue, avec la mort de Lewton - le personnage principal - et cette phrase culte : « il m’en est arrivé de belles depuis que je suis détective privé, mais je ne m’étais encore jamais réveillé mort… ». S’ensuit un long flashback remontant à plusieurs jours avant la mort du détective.  On y découvre qu’un jour - la bien trop jolie pour être honnête - Carlotta a demandé à Lewton de retrouver son amant Mundy, disparu depuis son retour à Ank-Morpork  3 jours plus tôt. A peine l’enquête commencée, Lewton apprend qu’une série de meurtres a débuté dans sa ville il y a 3 jours, coïncidence ? Mais ce n’est pas tout, un troll sorti de nulle part nommé Malachite demande à notre détective de retrouver une certaine Verma, une chanteuse disparue elle aussi. Comme vous vous en doutez, ces trois affaires sont liées, mais en dire plus serait spoiler et donc gâcher le plaisir de ce scénario qui est une pure merveille.

Au niveau du Gameplay, nous avons affaire à un point n’click basique. On clique pour se déplacer et résoudre les énigmes. L’originalité de ce Point n’click vient du système de questionnement qui repose sur un bloc note. Quand vous trouverez des indices ou quand un personnage vous donnera une information capitale, Lewton notera tout dans son bloc note et pourra se servir de ces notes pour interroger des suspects, des témoins et autres personnes capables de vous renseigner. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ?

Au cours du jeu, à cause d’un événement important, vous pourrez suivre des individus grâce à leur odeur. Chaque odeur sera symbolisée par une couleur, et à partir de là vous pourrez déterminer si un individu se trouvait bien là où il prétendait être, le suivre, ou encore comparer son odeur à celle d’un objet.

Pour les graphismes, il faut bien évidemment se remettre dans le contexte de l’époque et on peut dire que même si les cinématiques ont vieilli, le jeu en lui-même était sublime pour l’époque et aujourd’hui il a gardé du charme et n’a pas trop mal vieilli. Je me souviens qu’à l’époque des fans s’étaient insurgés car la série passait de la 2D à la 3D, finalement une fois le jeu sorti tout le monde se foutait de cette évolution à la vue de la qualité du dernier né.

Discworld Noir dispose d’une ambiance sonore juste parfaite. La musique Jazz colle parfaitement à l’ambiance du titre. Chaque personnage a une voix qui lui sied à merveille. La VF est au top du top et c’est un réel plaisir d’écouter les dialogues, d’attendre la petite remarque sarcastique de Lewton qui fuse quand on ne l’attend pas. Et d’ailleurs, parlons des personnages. Force est de constater qu’un travail immense a été fait sur eux pour qu’ils soient tous aussi attachants, comme Lewton le détective torturé au cœur brisé, Chicard le policier pas très net ou encore Sam le pianiste vampire du Café Ankh.

Maintenant, parlons d’un point important : la difficulté. Soyons clair cet épisode de « Discworld » est moins dur que ses prédécesseurs, mais cela ne veut pas dire qu’il est facile. Un bon nombre d’énigmes vous donnera du fil à retordre, comme par exemple le procédé pour trouver la manière dont une victime a été tuée. Mais, rien n’est infaisable ici et si vous réfléchissez bien et examinez toutes les possibilités aucune énigme ne vous résistera, cela vous prendra du temps certes mais vous arriverez quand même à vos fins.

En conclusion : « Discworld Noir » a tout du jeu parfait pour les amateurs de jeux d’aventure. Si vous aimez les ambiances noires, si vous êtes sensibles à l’humour loufoque de Terry Pratchett et si vous aimez les histoires bien ficelées avec des surprises à la clé, foncez ! Ce jeu est une merveille, malheureusement assez méconnue. Vous pourrez le trouver comme les deux premiers volets en Abandonware, c’est-à-dire gratuitement. Quelques minutes de téléchargement sont la seule chose qui vous sépare de ce chef d’œuvre. Alors si ce test vous a donné envie, n’hésitez pas, vous ne le regretterez pas.

Mon travail était terminé. La femme qui m’avait confié l’affaire me remercia et me paya, je pouvais enfin payer mon loyer et retourner dans mes rêves dans lesquels « Super Dany »,  « Shaq Fu » ou encore  « M&M’s : Shell Shocked » n’existent pas et où tous les jeux vidéo ont la qualité de « Discworld Noir »

 

Myster Mask

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